Coups de coeur

Seulement trois des Sept

Alors que « 7 Macchabées »,  le dernier tome de la Saison 3 de la collection 7 (éd.Delcourt) paraît, plusieurs phénomènes s’enchaînent.

Tout d’abord, la satisfaction de lire un album bien maîtrisé, scénaritiquement, graphiquement et narrativement, le triangle parfait de la BD.

Ensuite, le soulagement de voir que, comme les deux saisons précédentes, un album se démarque largement du reste de la collection par ses qualités, même si c’est à la fin.

Enfin, la joie de voir que mon opinion est partagé par Gérald qui a dégainé plus vite que moi 🙂 et Romain qui n’en pense pas moins.

J’éviterai donc les redites : lisez son article. Je me contente seulement de souligner que chaque saison a proposé un album qui a su saisir l’essence même du concept de Sept. La première saison s’est épanouie avec « 7 Missionnaires« , la deuxième avec « 7 Détectives » et la troisième (et dernière selon l’éditeur) avec « 7 Macchabées« .

En quoi consiste-t-il, ce concept ? A trouver un équilibre extrêmement subtil entre une histoire de groupe et une histoire d’individualités. Il est indispensable que l’intrigue concerne chacun, le groupe des 7, mais pas comme un bloc sans aspérité, mais comme une mini société. Les réactions aux événements et aux péripéties doivent se décliner selon les caractéristiques de chacun, tout en gardant une harmonie globale.

D’autre part, chaque personnage doit avoir une épaisseur, un passé, un caractère qui l’individualisent des autres, sans toutefois qu’apparaisse une juxtaposition de personnages autonomes. La pagination réduite ne permettrait pas d’en dire suffisamment et une frustration en résulterait. Chaque personnage doit trouver sa place aussi bien dans l’économie de l’intrigue que dans le champs des archétypes. Et doit éviter donc l’écueil du personnage « sacrifiable », du « traître évident » etc. 

Quant à l’intrigue, elle doit être sobre dans ses objectifs pour que que puissent apparaître tous le talent des auteurs. Trop alambiquée ou ambitieuse, et elle n’a pas le temps de se dévoiler. Trop simpliste, elle n’apparaît que comme un jeu d’écriture imposé.

 

« 7 Macchabées« , c’est avant tout l’association vertueuse d’Henri Meunier au scénario et Etienne Leroux au dessin. Le premier est un scénariste rare et donc précieux, qui sait manier l’art difficile du one-shot avec doigté. Il avait magnifié le western avec « Après la Nuit » en compagnie de Richard Guérineau au meilleur de son art (éd.Delcourt). Il avait bousculé la série concept « Le Casse » (toujours chez le même éditeur avec le même dessinateur) en transformant le postulat du thriller-braquage en rapt de la dépouille du Christ !

Ici, l’intrigue est limpide : l’armée anglaise a réussi à redonner vie à des défunts par des moyens scientifiques. De plus, elle veut symboliquement affirmer sa suprématie en damant le pion à l’empire allemand en étant la première à revendiquer l’Antarctique. La Couronne décide donc de faire d’une pierre deux coups, vérifier la viabilité de ces résurrections en envoyant ces morts-vivants planter l’Union Jack sur la banquise. Un but simple, une intrigue simple : cela permet de faire évoluer sereinement ses personnages et proposer une histoire aux enjeux solides.

Etienne Le Roux est un vrai caméléon, au bon sens du terme. Il se coule graphiquement dans chacun des projets qu’il réalise tout en gardant sa propre patte. Ses personnages sont humains, attachants, réalistes. Son sens du cadrage permet un rythme qui maintient le lecteur attentif que cela soit dans des pages d’action ou des scènes d’explication. Il joue avec les codes classiques pour gagner en efficacité.

Je vous ai dit que cela m’avait plu ? 

Ne nous méprenons pas, d’autres albums de cette collection ont été de grande qualité. Comme l’a dit mon collègue, nous ne citerons pas les mêmes selon nos propres goûts. Certains ont frôlé la perfection, d’autres se sont perdus dans des concepts pourtant séduisants. Il en résulte une collection où l’on a pu voir de grands noms et de nouveaux venus se casser la tête avec un postulat simple et produire des œuvres de qualité.

Lors de votre prochain passage à la librairie, nous vous montrerons ceux qui ont fait vibrer nos cœurs.

 

Pour tous les goûts.

Une envie de vous dégourdir les jambes dans les steppes glacées ? Ou préférez-vous une course de bolides en plein milieu du désert en compagnie d’une bande de tarés ? Si vous restez dans le doute, peut-être vous tournerez vous vers des personnages qui vont plonger dans le questionnement.

La collection « 7 » des éditions Delcourt: chaque album est une histoire complète, avec différents auteurs pour chaque histoire, ce qui vous permet de découvrir tout un tas d’auteurs et de variés les plaisirs, tant sur le plan graphique que narratif. Vous pouvez piocher selon vos goûts et n’en prendre que certains, ou bien vous faire toute la « collec » pour voir le beau chiffre sept apparaître sur la tranche de vos albums bien alignés sur votre étagère. 7 macchabées vient de clore la troisième saison, il y a donc 21 albums de parus, ira-t’on jusqu’à 7 séries de 7 albums ? L’histoire ne le dit pas. Etant donné la diversité des genres, on peut facilement être en désaccord sur quel album nous a séduit si vous en discuté avec un autre lecteur.

Le hasard veut que pour nous trois, il y a juste un album par saison qui a fait mouche sur vos 3 libraires en même temps, d’autres nous ont plu bien évidemment mais jamais à l’unanimité. Dans la saison 1, 7 Missionnaires, de Alain Ayroles & Luigi Critone où comment le clergé face aux invasions incessantes des vikings décident de se « débarrasser » de 7 brebis galeuses parmi ses moines pour une mission d’évangélisation des hordes barbares ou bien d’éradication dans la douleur des frères qui se sont détournés du droit chemin.

Saison 2, le retour, cette fois c’était 7 Détectives de Herik Hanna & Eric Canete qui nous prenait sous son charme, avec un hommage à la littérature policière classique, une enquête réunissant les plus grands détectives du monde chargés par Scotland Yard de résoudre une vague de crimes, une histoire quasi interactive pour le lecteur qui pouvait s’amuser à retrouver à quels enquêteurs les auteurs faisaient référence et démêler l’affaire en même temps que les protagonistes. Cette histoire à donné lieu à la série Détectives, sept beaux albums remettant dans leur contexte d’origine chaque personnage.

Saison 3, la revanche du fils du beau frère du cousin de la vieille dame croisée chez le boulanger il’y à six ans: 7 Macchabées, de Henri meunier & Etienne Le Roux.

les anglais ont toujours eu un sens de l’humour un peu douteux et une susceptibilité très prononcée, alors lorsque en 1909, ils se rendent comptent que leur suprématie maritime prend un coup dans l’aile par les allemands, ils profitent d’une innovation technologique mais balbutiante pour doubler leur concurrents dans la course à la conquête du pôle histoire de reprendre les devants dans un autre secteur: réanimer les morts. Pourquoi ? Eh ben, comme ils sont déjà morts, ils ont une meilleure résistance au froid, une force surdéveloppée… la Dreamteam de l’exploration.

Si la série 7 s’arrêtait là, entre 7 Psychopathes et 7 Macchabées, nous aurions deux des plus belles idées de scénarios pondues ces dernières années.

Streamliner t2, All-in day, de  ‘Fane, aux éditions Rue de Sèvres. Suite et fin de ce récit customisé aux petits oignons, par l’un des dessinateurs qui illustra avec brio la série Joe Bar team.

Un rade perdu au milieu du désert tenu par un ancien as du pilotage de course de vitesse et sa fille, des gangs férus d’adrénaline, des hordes féministes à moto, l’ennemi public n°1 poursuivi par le F.B.I. qui est prêt à tout pour le mettre hors d’état de nuire.

Voici les ingrédients qui composent cette recette pimentée à souhait, les personnages y mettent toutes leurs tripes, et ce n’est rien de le dire, pour que le lecteur partage leur expérience. c’est toujours un réel plaisir de retrouver le trait de ‘fane, l’un des concurrents nous rappelle carrément son personnage de Tunny Head, ce qui fait bien plaisir.

Deux hommes en guerre,T1 Le ministre et l’espion, de Jef, Desberg et Claude Moniquet, chez Le Lombard collection Troisième Vague.

Je l’ai déjà dit, la politique fiction du genre Largo Winch, I.R.S et consorts, ce n’est pas ma tasse de thé, mais il arrive que parfois je me laisse convaincre, ce fut déjà le cas avec Koralovski chez le même éditeur.

Jef, c’est le dessinateur de Balles perdues, Corps et âme, Jéronimo… parus récemment chez Rue de Sèvres, son style donne une ambiance très atypique à chacune de ses histoires et c’est grâce à lui que j’obtiens ma première accroche.

Ce qui me botte dans ce récit, c’est que l’on va retrouver les ingrédients qui font que notre réalité politique, la vie de nos hommes politiques plus précisément ainsi que leur parcours rivalisent avec l’ingéniosité de nos meilleurs scénaristes. Alors à la lecture, on ne peut s’empêcher de penser à toutes les affaires en cours ou bien celles de ces dernières quarante dernières années.

Un membre des services secrets français qui a été en activité sur tous les fronts chauds, au courant de certains dérapages de personnes du premier plan politique, se voit contacté par l’un d’entre-eux qui se présente aux primaires de son parti pour les prochaines élections présidentielles. L’affaire n’est pas que glissantes, elle est poisseuse, dégueulasse même, et y être mouillé risque d’apporter un tas d’emmerde et pas que pour lui, ses maigres connaissances pourraient en pâtir également.

La saga de Grimr, Jérémie Moreau, aux éditions Delcourt.

Un hommage aux sagas nordiques, tout comme nous avions déjà eu Snaergard de Vincent Wagner aux éditions du Long Bec un petit peu plus tôt dans l’année. Une histoire de destinée, le drame omniprésent. Un jeune orphelin, rejeté de tous qui se retrouve en compagnie d’un personnage patibulaire (mais presque) qui vit en marge de la société.

Leur indépendance est leur force autant qu’elle est leur faiblesse, notamment parce que la liberté des uns provoque la jalousie des autres. Grimr continuera son parcours bravant les coups du sort, et ce, quelqu’en soit les conséquences. L’Islande est une terre de contraste, un lieu ou le forces de la nature se déchaînent peut-être pus fortes que nul part ailleurs, et notre histoire se déroule au XVIII ème siècle, alors que l’île vit ses heures les plus sombres de son histoire.

On retrouve Jérémie Moreau aux commandes, scénario & dessin, on a aimé son travail précédemment sur Le singe de Hartlepool en collaboration avec Wilfried Lupano (décidément il est partout ce garçon) et Max Winson, l’histoire de ce jeune joueur de tennis prodigieux et imbattu qui voit sa carrière chapeautée d’une main de fer par son père.

Jérémie Moreau a un trait atypique, qui confère à ses histoires une accroche toute aussi forte que le récit lui-même. Sur Grimr, le dessin donne de l’ampleur à ses décors d’extérieur, une très belle découverte, dépaysante à n’en pas douter.

Et le petit dernier: Ces jours qui disparaissent, de Timothé le Boucher, chez Glénat.

Il se trouve que nous allons recevoir l’auteur en dédicace samedi 30 septembre.

Imaginez-vous un instant à voir le temps filer de telle manière, que du jour au lendemain, vous sautiez une journée. Un jour sur deux, vous vivez votre vie normale, sans jamais vous rappeler de ce que vous avez fait la veille, et dans l’angoisse de rater la journée suivante. c’est ce qui arrive à notre personnage, qui se pointant au travail, un jour qu’il pense être le lundi et débuté sa semaine, apprend que nous sommes déjà le mardi. Comment continuer vos activités, professionnelles, artistiques si comme Lubin maréchal vous faites parti d’une troupe de spectacle, louper les répétitions et ne pas entretenir son corps pour les performances qu’il doit réaliser.

et que se passe-t’il durant ces jours d’absence ? heureusement que la technologie est là pour se filmer et garder une trace des événements. Comment vous sentiriez-vous, si, un autre vous, décidait de suivre un autre parcours que le votre lorsque il vit les journées à votre place ?

Tout n’est qu’une histoire de Lettres

Rares sont les albums où le langage, les dialogues, la matière littéraire font l’objet d’un travail méticuleux. Non pas que les scénaristes ou autres auteurs délaissent cet aspect de la création, mais dans leur souci d’efficacité, de vraisemblance ou de concision, ils sont contraints à de nombreuses concessions.

 

Parfois, au détour d’un album, se nichent le dialogue bien ciselé, la verve truculente, le bon mot bien placé. Quand l’auteur est bien inspiré, on touche à des moments de pure poésie. Le décalage avec le discours habituel peut apporter son lot d’élévation et/ou d’humour. Alain Ayroles, entre autres, s’est ainsi frotté à l’alexandrin dans « De cape et de croc » (éd.Delcourt).

 

 

Ici aussi, l’alexandrin est bien au centre du nouveau récit de Pascal Rabaté et Alain Kokor. Dans son titre, tout d’abord (« Alexandrin ou l’art de faire des vers à pied« ), également dans le nom du personnage principal (le si bien nommé Alexandrin de Vanneville), mais avant tout dans les paroles de ce poète errant. Pas tout à fait vagabond, presque philosophe, assurément philanthrope, Alexandrin propose ses vers à qui sera suffisamment sensible pour les recevoir. Pour adoucir les vicissitudes de l’existence, il se fait un devoir de rimer et rythmer chacune de ses phrases. Tout y est, de la césure aux douze pieds ! Sa route va croiser celle de Kévin, jeune garçon en rupture de ban familial. Alexandrin va le prendre sous son aile, le faire rimailler et surtout lui proposer une autre existence où la poésie pourrait changer le cœur des hommes…

 

 Quel plaisir de retrouver Alain Kokor et son talent d’ « émerveilleur » ! Quel joie de le voir s’associer avec Pascal Rabaté, l’artisan des petites joies. Leurs univers étaient faits pour se rencontrer, s’enrichir l’un l’autre. La poésie de l’un, la bonhomie de l’autre et le génie des deux permettent à cet album édité chez Futuropolis de se hausser très vite dans mes recommandations de la rentrée !

 

 

 

 

 

Un autre auteur que j’ai plaisir à retrouver en cette rentrée est Kenji Tsuruta. Auteur rare tant au Japon qu’en France, il m’avait émerveillé avec « Spirit of Wonder » il y a presque 20 ans puis avec « Forget-me-not » tous deux aux éditions Casterman. Depuis, plus grand chose à se mettre réellement sous la dent. Enfin, vient de paraître aux éditions Latitudes (émanation de Ki-oon) le premier tome de « L’Île errante« .

 

Mikura Amelia est pilote dans une compagnie de fret, assurant les liaisons aériennes entre les minuscules îles de la Mer du Japon. Avec son hydravion, elle sillonne mer et ciel pour apporter colis et courrier à tous ces habitants. Élevée par son grand-père qui a créée cette entreprise de transport, elle se retrouve désemparée à la mort de celui-ci. Elle décide toutefois de prendre les rênes de la société et d’habiter dans sa maison. Elle y retrouve ainsi un colis qui n’a pas été livrée pour une certaine Amelia. Cette dernière réside sur l’île d’Electriciteit. Or cette île n’existe pas…

 

 

 

Kenji Tsuruta nous plonge dans un récit où s’entremêlent fantastique et mélancolie, tout en silence et légèreté. Son trait n’a rien perdu de sa précision et il n’est pas avare de détails. Nous espérons que la suite ne se fera pas attendre. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, Latitudes annoncent la sortie d’un récit complet du même auteur au premier semestre 2018 !

Bonne lecture.

Alexandrin ou l’art de faire des vers à pied / A.Kokor & P.Rabaté / éd.Futuropolis

L’Île errante / K.Tsuruta / éd.Latitudes

 

 

Force de caractère.

Il en faut de la force de caractère pour les protagonistes des histoires que je m’en vais vous présenter. Trois comics, deux suites de séries et une nouveauté en One Shot, des histoires violentes mais pas dénuées d’intérêt, chacune avec son propre univers graphique, la première: Wild Blue Yonder, les aventuriers du ciel, de Mike Raicht, Zach Howard, Austin Harrison & Nelson Daniel, chez Glénat Comics.

Tout d’abord, ce récit m’a remis en mémoires des ambiances similaires, le film de Mamoru Oshii, The sky crawlers. Mamoru Oshii, vous le connaissez peut-être, réalisateur de génie de films comme les premiers Ghost in The Shell, Avalon, Jin-Roh la brigade des loups et tant d’autres encore. Avec The Sky Crawlers, nous nous situions demain dans notre monde, un conflit sans précédent à vu le jour et perdure depuis un certain temps.

L’origine de cette guerre s’est perdue, mais deux camps continuent de s’affronter, ayant toutefois des scrupules à causer des victimes, ils ont développer des soldats génétiquement à partir des gènes de combattants, et c’est maintenant de la chair à canon, des adolescents qui ne vieilliront pas, d’ailleurs au vu de leur destinée, leur espérance de vie est bien courte. et nous nous intéressons à un jeune pilote d’avion qui arrive sur la base où il est affecté, s’intégrer à un petit groupe d’intervention. Comme à son habitude Mamoru Oshii développe une histoire avec beaucoup de philosophie et c’est le genre de film que vous regarderez un bon nombre de fois, ne serait-ce que pour son basset Hound, son animal fétiche qu’il nous glisse à toutes les sauces.

L’autre film d’animation qui m’est venue en tête est une série plus grand public, il y a deux saisons, c’est Last Exile de  Koichi Chigira à la réalisation et  Range Murata au character design. Une histoire plus Steam Punk dans l’esprit, deux enfants, pilotes d’un avion et messagers/coursiers, dans un contexte de conflit entre différents pays, des guerres à l’ancienne, « tirez les premiers messieurs », où l’on aligne les soldats les uns en face des autres, et on compte les victimes par milliers. Néanmoins, la poésie et le charme est de rigueur dans cette série.

Wild Blue Yonder, l’Homme ne se refait pas et a bien évidemment foutu en l’air la planète en faisant exploser ses bombes nucléaires, le monde est plongé dans le chaos et des bribes d’humanités subsistent çà et là. 

Le salut est dans les airs, il existe des vaisseaux, véritables villes volantes où les survivants se sont réfugiés et tout le monde sur chaque navire se considère comme une seule et même famille. L’aurore est un navire un petit peu particulier, déjà, il n’a pas d’alliés, mais surtout, il a la particularité de pouvoir se passer de carburant, ce qui a alimenté les légendes à son propos et suscite la convoitise de ses adversaires. Ses habitants ont déjà subis plusieurs attaques, et leur défense aérienne n’est plus réduite qu’à quelques avions. Ceux-ci sont accompagnés de pilotes de jet-packs, chargés des opérations délicates ainsi que les abordages. Une vie mouvementée, le risque d’y rester est permanent,ce qui renforce les liens qui les unissent.

Cola est l’actuelle meilleure pilote de défense de L’Aurore, véritable risque tout qui ne laisse jamais l’un de ses acolytes face au danger, et ce, même si cela doit contredire les ordres de sa mère qui dirige le vaisseau. Elle va se voir adjoindre un nouveau coéquipier, Tug, ancien mineur qui vient d’être recueilli à bord et qui va devoir apprendre le maniement du jet-pack.

c’est un récit complet en un seul volume, suffisamment dense pour satisfaire vos attentes, mettre en place l’histoire, le dessin est très chouette. La couleur est un peu sombre, mais coïncide avec le confinement des personnages dans leur navire, ou bien les conditions extérieures qui, bien qu’elles se passent dans les airs, sont sujettes à un environnement saturés de nuages radioactifs. Ah çà, c’est violent, mais c’est la guerre ma bonne dame, que voulez-vous, on ne se refait pas, et ceux qui ont essayé de se battre à coup de fleurs ne sont plus là pour en parler.

La suite! La suite! Les suites!

Deux sorties pour des séries qui nous avaient bien plus auparavant, en commençant par le troisième tome de Manifest Destiny t3, Chiroptères et carnivores, de Chriss Dingess, Mathew Roberts & Owen Gieni, aux éditions Delcourt.

Connaissez-vous dans l’histoire de l’Amérique et l’exploration de l’ouest sauvage, la mission de Lewis & ClarkSacagawea? Non? Alors je vous invite à re-regarder les Simpsons, Lisa interprétant le rôle de la guide de ces deux explorateurs, joués par Lenny & Carl (je reste fidèle à mes classiques), dans l’un de ces épisodes qui regroupe trois histoires classiques détournées par la famille en jaune (pour les curieux, c’est le onzième épisode de la saison 15).

Thomas Jefferson, troisième président des Etats-Unis, envoie les deux hommes en exploration jusqu’à la côte Ouest en prévision des prochains convois de colon qui s’installeront sur ces terres, et en l’occurrence, se débarrasser des éventuels dangers qu’ils pourraient rencontrer.

Contrairement à la réalité, où il n’y a eu qu’une seule victime, notre histoire va réserver de biens étranges rencontres, toutes plus dangereuses et surprenantes les unes que les autres. Les chefs de missions savent à l’avance que des périls les menacent, et que des créatures fantastiques peuplent ces territoires inconnus. les zones les plus dangereuses coïncident avec la présence d’étranges arches qui émergent du sol, sur une hauteur vertigineuse et de textures des plus insolites.

L’expédition est constituée de soldats, de repris de justice, de scientifiques et quelques volontaires. Tous vont frôler la folie face aux rencontres improbables qu’ils vont faire, des bisons/centaures, des insectes géants, des êtres végétaux et tant d’autres encore. Cela va être une véritable hécatombe, mais qu’à ne cela ne tienne Lewis & Clark n’ont d’autre choix que de continuer et de mener leur expédition jusqu’au bout, et nul mutinerie ne sera tolérée. C’est en chemin qu’ils font la rencontre de Sacagawea et de son mari Toussaint Charbonneau, union bien particulière, elle n’avait que 15 ans alors, ils se tolèrent mais ne s’apprécient pas plus que ça, seulement Sacagawea ne peut plus rentrer dans sa tribu, c’est pourquoi elle accepte de guider la mission. Là aussi, nous sommes sur un récit violent, mais qui fait preuve d’une richesse d’ingéniosité dans le bestiaire qui est proposé, sur les relations humaines au sein de cet équipage et bénéficiant lui aussi d’une belle ambiance graphique.

Deadly Class t5 – Carousel, par Rick Remender, Wes Craig & Jordan Boyd, chez Urban Comics collection Indies.

Alors là, le titre vous annonce la couleur: une classe ou on apprend à tuer, cool non ?! 

Marcus, adolescent, est orphelin et est devenu SDF, la vie au jour le jour n’est pas facile, trouver un abri, se nourrir, protéger le peu d’affaire en sa possession, tout est un combat du quotidien. il va cependant intégrer la Deadly Class, car une histoire circule sur son passé et sa responsabilité d’un massacre, lui conférant un talent inné de tueur. 

Cette école accueille l’élite de la progéniture de toutes les mafias du monde entier, toute la lie de la société, les pires vicelards qui tiennent bien de leurs parents. L’esprit de camaraderie n’est que bien trop souvent qu’apparence, mais de belles histoires naissent quand même.

Pour ceux qui ne connaissent pas la série, je ne vais rien dévoiler de l’histoire si ce n’est que vous trouverez un peu de tous les ingrédients d’une histoires d’adolescents qui fréquentent le lycée.

Pour, les autres, j’espère que vous vous souvenez de la fin de la première année d’études et sa cérémonie dans le tome précédent. Si ce n’est pas le cas, relisez-le avant de vous plonger dans ce nouvel épisode. 

Qui dit, fin d’année, dit obligatoirement, nouvelle année, nouvelle rentrée, et donc… nouveaux élèves. Comme si, les anciens n’avaient pas déjà assez de casseroles au c** et que leur histoire personnelle pouvait rejaillir à n’importe quel moment.

Un dessin et une mise en page dynamiques accompagnent ces personnages hauts en couleur. un mélange de gore, d’humour et de cynisme, tout pour me plaire et peut-être vous aussi. A bientôt.

gangs, brigades, équipes et autres crews.

Georges Brassens disait que le pluriel ne valait rien à l’homme, mais dans certains cas, il est plutôt salvateur de ne pas se retrouver tout seul.

Ce sont des histoires de teams, de bandes (organisées ou non), mais celles-ci ne manqueront pas de vous surprendre. vous avez déjà été réveillés au beau milieu de la nuit par des miaulements de chats en train de s’affronter, en vous disant que, peut-être c’était insupportable, mais que vous n’iriez pas vous interposer entre-eux de peur d’y perdre certainement un bras: Street fighting Cat. Mais si c’était le cas, alors vous feriez appel aux Brigades immunitaires, les petites cellules de votre corps qui se battent incessamment pour vous garder sur pied. Et une fois remis de vos émotions pourquoi ne pas partir à l’aventure, à la rencontre de l’inconnu, mais le ventre plein, car il faut bien se nourrir: Gloutons & Dragons.

Street Fighting Cat de SP*Nakatema aux éditions Doki Doki

Qu’ils sont mignons les chatons, on leur donnerait le bon dieu sans confessions, quoique… A y regarder de plus près, si vous êtes assez discrets pour qu’ils ne vous remarquent pas, vous serez assez surpris de leur organisation. Ils sont constitués en bandes, ils se répartissent les territoires, et déroger à la règle entraîne de sévères conséquences: Hige en a fait les frais.

Torao & Hige sont 2 chats de gouttières, comme tout un chacun, ils ont des rêves, notamment celui de se hisser tout au sommet de la gloire et de la hiérarchie féline, dominer les autres, c’est aussi ne plus avoir à se soucier d’avoir un abris, de la nourriture, mais pour le moment ce n’est pas le cas.

Ils se font la promesse de changer tout ça, mais pour se faire, il va falloir conquérir les territoires, un serait déjà bien suffisant, mais ils veulent être les chefs de toute la ville. Il va falloir défier les leaders les uns après les autres, mais voilà, dès la première bataille, tout tombe à l’eau, leur plan ne se déroule pas comme ils le souhaitent, et Hige, plus peureux que jamais fuit et laisse son ami Torao aux pattes et aux griffes de leurs adversaires, il finira dans la rivière, et de là, le destin de Hige est scellé, il restera le Tocard, le Lâche, celui qui jamais ne sera accepté dans aucune des bandes existantes et sera sujet à toutes les brimades.

Hors, un jour, toujours habité par les remords, il va découvrir se qui se trame en ville: un nouveau venu chamboule tout, et sen prend à tous ceux qui se dresse sur son chemin pour devenir le maître de la ville.

C’est une bête, un chat énorme et que rien n’arrête, il remporte ses combats haut la main et Hige voit en Nobunaga (du nom du célèbre général) la clé de sa vengeance. Il va découvrir, en s’imposant aux côtés du nouveau venu, qui n’a pourtant pas l’envie de s’encombrer de ce looser, que Nobunaga, contrairement à tous les chats du quartier, est issu d’une maison. Un chat dorloté et choyé, qui n’avait aucun soucis du quotidien de tous ces chats des rues pour qui la vie est âpre, et qui a quitté son cocon pour conquérir tous les territoires et s’imposer par la force. Hige arrive toutefois à rester dans le giron de Nobunaga, car celui-ci ignorants quels sont ses futurs adversaires et quelle est la répartitions des territoires, a besoin d’un guide capable de le renseigner, voilà le duo improbable errant dans la ville, et les chats ne parlent déjà plus que de ça.

Street fighting Cat est une série en quatre tomes et les 2 premiers sont déjà parus.

Et voici la viiiie, la belle vie qui coule dans nos veines… Si vous n’avez pas reconnu l’air (oui, j’ai bien dit l’air car je le chantais en écrivant), ni les paroles, c’est le générique de Il était une fois la vie.

AAAHHHH, les séries « Il était une fois », comment apprendre en se divertissant, l’homme, l’espace, les inventeurs, les explorateurs, ET la vie. Le temps a beau passer, elles n’en restent néanmoins toujours cultes. 

Dans les nouveautés du moment, vient de paraître le deuxième volume des Brigades Humanitaires de Akane Shimizu, publié en France par Pika éditions.

Dans un cadre où notre corps humain ressemble à une grand usine à gaz, une société technologique qui fourmille d’un nombre incalculable d’habitants, où tous ont leur rôle a jouer. Point de prénom pour chacun, mais un nom qui correspond à sa fonction, et c’est en suivant Hématie (un(e) globule rouge) que nous allons parcourir le corps humain.

Chaque chapitre présente la diversité de ce qui compose notre métabolisme, leur rôle, leurs fonctions, de l’acheminement des bulles d’oxygène à la défense contre les virus et autres bactéries, une véritable documentation des plus complètes. Cependant ATTENTION ! le réalisme choisi par l’auteur implique parfois de la violence visuel, les globules blancs ressemblent à de véritables psychopathes, il ne faut pas oublier que ces anticorps sont là pour éradiquer tout intrus à notre corps; mais on oublie pas de rigoler, surtout lorsque l’on voit comment il décide d’illustrer le virus de la grippe: souvenez vous dans quel état vous vous êtes retrouvé la dernière fois que vous êtes tombé malade, tout comateux, vidé de toutes vos forces, et bien il la représente sous la forme d’une horde de zombie qui se balade dans notre organisme pour nous contaminer.

Et, pour finir, une histoire bien délirante comme je les aime. Cette semaine est sorti le deuxième tome de Gloutons & dragons, de Ryoko Kui aux éditions Casterman.

Le titre fait bien évidemment référence au jeu de rôle Donjons & Dragons, série cultissime, vous prenez une équipe d’aventuriers propres à l’héroic fantasy, constituée, d’un chevalier, d’un mage, d’un voleur… Elle est composée de différentes races, homme, nain, elfe… Vous les mettez dans un donjon, à la recherche d’un trésor, ou dans tous les cas, assortis d’une quête, un soupçon de monstres par-ci, par-là, laissez mijoter et dégustez le résultat.

Vous connaissez les ingrédients, mais vous ne savez pas encore si vous êtes en mesure de le digérer ? Et ben c’est là que réside l’histoire. Jusqu’à preuve du contraire, tous parmi vous, amis lecteurs, vous vous nourrissez, et vous avez même, peut-être un plat de prédilection. peut-être encore, vous êtes vous essayés à créer vos propres recettes, ou tester un ingrédient dont vous ignoreriez tout jusqu’à présent. L’histoire de l’humanité est ce qu’elle est, parce que depuis la nuit des temps, on a mangé ce qui nous tombait sous la main, des fois on s’en sortait bien, des fois on en mourrait, et parfois même, dans d’atroces souffrances. 

Notre équipe dans cette histoire vient de s’aventurer dans un donjon. En affrontant une créature monstrueuse, l’un d’entre-eux s’est sacrifié afin que les autres puissent être sauver et se retrouver comme par magie (ben non, pas « comme ») PAR MAGIE, à l’extérieur du donjon. Le chef d’équipe n’écoutant que son courage et sa responsabilité, il décide de repartir, seul, sauver son acolyte qui, pense-t’il, est encore vivant dans la panse de la bête. si les autres comprennent qu’il ne veut pas les mettre en péril, ils décident quand même de l’accompagner, on est une équipe soudée ou ne l’est pas.

Le « HIC », c’est que leurs réserves sont vides, et ils n’ont pas le temps si ils veulent réussir leur mission de sauvetage de retourner faire le plein. Une seule solution s’offre à eux, se nourrir sur place avec ce qu’ils trouveront, ou tueront, c’est selon. certaines créatures sont ragoûtantes, d’autres dégoûtantes, mais faut-il toujours se fier à l’apparence ? En chemin, ils vont rencontrer un nain qui erre depuis quelques temps dans les méandres du donjon, pour la simple et bonne raison qu’il souhaite justement découvrir et développer l’art culinaire de l’aventurier en milieu hostile. C’est drôle, c’est con, donc c’est bon. Bonne lecture.