Coups de coeur : J'ai aimé

Mystères sous les toits…

 

Cet ouvrage mystérieux vous invite à parcourir trois histoires qui ont eu lieu dans un même appartement sous les toits parisiens, la fameuse mansarde… Chacun de ces contes est teinté d’étrangeté, de phénomènes anormaux, mais qui sont étroitement liés aux comportements des locataires successifs. Le surnaturel se manifeste, ici, comme l’expression des maux des personnages principaux, une frissonnante critique de la société et de ses impacts psychologiques. Un petit côté Black Mirror ou encore Contes de la crypte, qui ravit notre curiosité des limites humaines, traitant de la mort, de la confiance en soi, de la peur de vieillir et bien d’autres… Le tout avec un fil rouge malin et un dessin efficace en bi-chromé qui intensifie chacune des nouvelles.

Un coup de cœur qui reste en tête !

 

Contes de la mansarde / Elizabeth Holleville & Iris Pouy / L’employé du moi

 

Les Sentiers d’Anahuac

Antonio Valerio est un jeune indien Mexicas qui n’a pas connu le monde avant la conquête des Espagnols. En revanche, il maîtrise la langue de ses ancêtres, il connaît les mœurs, les coutumes, les rites, bref la mémoire du peuple aztèque. En croisant la route du prêtre Bernadino de Sagahun, il va devenir un pont entre deux civilisations. Si la démarche du prêtre est bien l’évangélisation et le prosélytisme, il ne l’envisage pas par la force mais par la connaissance et la conviction.

Et pour convaincre, il faut s’exprimer juste et comprendre son interlocuteur.

Peu à peu, ils vont coucher sur le papier toute une civilisation qui est en train de disparaître par les flammes et le sang. Et pire : par l’oubli.

Jean Dytar se pare une nouvelle fois d’une nouvelle approche graphique pour restituer visiblement l’histoire de ces deux sociétés. Un excellent ouvrage !

 

 

Les Sentiers d’Anahuac / Romain Bertrand & Jean Dytar / Éditions Delcourt

L’escape game Elles : unissez-vous face à Bleue !

Vous avez envie d’occuper toute la famille lors d’une journée pluvieuse mais vous en avez ras-le-bol de perdre au Uno ou de vous faire racketter au Monopoly ? Faites cette fois front commun : unissez-vous pour vaincre la terrible Bleue et aider Elle à récupérer le contrôle de son corps !

Dans ce livre escape game, vous évoluerez dans les multiples univers fascinants de la trilogie Elles.

Les énigmes ludiques et originales, jouant astucieusement du format du livre, vous amèneront à parcourir des plaines enneigées, à piloter un vaisseau spatial ou à fuir des crocodiles sans bouger de votre salon. Et cette fois, tout le monde sera gagnant !

 

 

 

Escape game Elles – Le piège de Bleue / Rémi Prieur & Mélanie Vives / Editions Le Lombard

 

Fille des rages farouches…

Saviez-vous que, bien des millénaires après Rahan, une jeune aventurière tout aussi remarquable avait fait, elle aussi, d’incroyables rencontres ? Intrépide et colérique jeune fille aux cheveux de feu et aux yeux vairons, Euy la bien-nommée ne veut plus être traitée comme une enfant, bien qu’elle ait encore besoin des adultes : bannie par sa tribu à la suite d’un drame dont on la tient pour responsable, Euy se lance alors dans une quête qui la mènera vers des contrées lointaines, où vivent des peuplades aux langages très différents du sien…   À la fois scénariste et dessinateur, Léon Maret nous propose ici un imaginaire atypique, remarquablement décalé et fort peu semblable aux albums habituels qu’offre la BD Jeunesse. S’appuyant sur une profusion permanente de mots-valises et de conjugaisons fantaisistes (qui rappellent parfois les aventures du Prince de Motordu), l’auteur nous immerge dans une époque où différents langages commencent à se structurer (un dossier pédagogique en fin d’album revient d’ailleurs plus en détail sur cet aspect). Les possibilités humoristiques qu’offre cette période de l’Histoire humaine sont exploitées ici avec humour et inventivité, et s’accompagnent de péripéties et rebondissements tout aussi frénétiques.   « Euy », épais one-shot d’environ 150 pages, est publié par les éditions Dupuis, dans la collection « Ondines « .
 

Briar, la rebelle au bois dormant

La Belle au Bois Dormant s’est réveillée 100 ans trop tard, trahie par un prince égoïste qui n’a pas voulu l’embrasser : le royaume a sombré, exit le conte de fée, la fête du « sleep » s’est mal terminée. Abandonnée, oubliée par son peuple et traumatisée, princesse Bisou n’est plus que rage et peur…

Un premier tome original et convaincant dans son propos : non seulement le mélange des genres entre conte classique et Dark-Fantasy fonctionne avec fluidité, mais l’on prend en outre un plaisir jubilatoire à suivre la transformation d’une héritière candide en vengeresse désespérée. Un récit au tempo expéditif, qui doit beaucoup au dynamisme du dessinateur ainsi qu’à une colorisation parfois explosive. C’est fun, tranchant, un peu foutraque et un poil vulgaire, mais bon, on déconne pas avec les princesses !

Ichi the witch

Ichi est un jeune garçon qui a grandi seul dans la montagne, un peu à l’écart, il vit sans trop connaître le fonctionnement du monde. Alors quand il voit une bête étrange dans la montagne, il le prend comme un challenge de chasse, sans savoir que cette bête cache un grand pouvoir. Dans ce monde, les sorcières obtiennent leurs pouvoirs en combattant de curieuses créatures et Ichi va devenir l’un d’entre elles sans le savoir. Un shonen dynamique !

 

 

Ichi the Witch / Osamu Nishi &  Shiro  Usazaki  / Editions Ki-oon

Tchou-tchou !!

Marly vient de naître et fait la joie de sa maman, qui rêve déjà de la voir lui succéder sur les longs trajets de la ligne Nord : car Marly est une petite locomotive ! Un peu chétive et maladroite car née avant terme, mais pleine d’énergie et de curiosité. Et même si elle n’est pas vraiment à la hauteur des attentes qui pèsent sur elle, Marly est bien décidée a bousculer son destin…
Conçu à l’origine comme un album jeunesse, « Marly » est devenu, au fil de sa conception, un album hybride que petits et grands pourront lire avec autant de plaisir : la fluidité remarquable du découpage, l’agencement subtil de la narration, le dessin d’une fascinante simplicité concourent au plaisir immédiat que l’on éprouve à la lecture de ce récit captivant.
Tour à tour tendre ou poétique, fantaisiste ou rocambolesque, l’aventure de Marly est un émouvant parcours initiatique palpitant, accessible à tous, abordant les thèmes de la  résilience et de la détermination, de la liberté et de l’autorité, dans cette grande aventure désordonnée que l’on appelle « grandir »… Dans ce monde parfois éprouvant, Marly fait ce qu’elle peut : ce n’est peut-être pas toujours assez, mais c’est déjà pas mal !
 
Scénarisé et dessiné par Emmanuel Lantham, « Marly », bel ouvrage de 376 pages, est publié
par les éditions Réalistes.

Les Coups de cœur du Lundi : Sarah (ép.01)

Les plus attentifs d’entre vous auront certainement remarqué que de nouvelles têtes se chargent de vous distiller de petites doses de plaisir bédéphilique sur nos réseaux sociaux.

Les voici ici relayés afin de leur proposer un nouvel écrin.

Voici donc les dernières recommandations de Sarah.

Happy Endings / L.Bryon / Sarbacane

Pourquoi n’avoir qu’un seul bonbon quand on peut en avoir trois ?

Dans cette nouvelle BD, Lucie Bryon nous offre un trio d’histoires tendrement déjantées : dessin de nu au nouvel an, voyage spatio-temporel vers un salon de coiffure et jardinage au milieu des fantômes ! Des récits teintés de couleurs douces et acidulées, parcourus de personnages attachants, où l’amour naissant et la découverte de soi et de l’autre sont au centre.

Un shot sucré de tendresse réconfortante !

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Petits Dieux / M.Salvia & Krystel / Dargaud

Un mal mystérieux envahit la forêt, prenant l’apparence d’une créature féroce qui engloutit tout sur son passage… même la réalité ! Alors que le petit peuple qui y habite est en fuite, trois d’entre eux sont retenus par une force énigmatique. Une seule solution: aller questionner la déesse de la forêt.

Ce récit semblant au premier abord narrer la classique quête épique de héros sauvant leur peuple opère un tournant inattendu qui vous rappellera le roman Cœur d’Encre de Cornelia Funke. Soulignée par un graphisme dynamique flirtant aux influences du film d’animation et du jeu vidéo, cette nouvelle série saura éveiller l’intérêt des jeunes lecteurs !

 

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Quand j’ai froid / V.Choquet / La Gouttière

Les plus belles histoires peuvent se passer de mots.

La BD Quand j’ai froid réalise cette prouesse avec brio. Dans cette œuvre où le texte est presque entièrement absent vous découvrirez la relation naissante de deux voisines. L’une, étudiante, est à l’aube de sa vie, tandis que l’autre a moultes expériences et souvenirs à partager.

Les dessins de Valentine Choquet dépeignent avec une grande justesse les émotions de ses personnages si attachants, construisant un récit magnifique, empli d’humanité, où l’âge et les mots n’ont pas d’importance.

Une amitié intergénérationnelle qui cueillera le cœur de tous ses lecteurs !

Une rentrée colorée.

Ils sont beaux mes albums ! ils sont beaux ! Venez goûter les albums primeurs de cette nouvelle rentrée 2020 ! Vous allez vous en prendre plein les mirettes !

La production sera foisonnante et il va y en avoir pour tous les goûts comme d’habitude. Mais là, voici une sélection aux couleurs chatoyantes. 

Celestia, Manuele Fior, éditions Atrabile. Cet album vous emportera dans un voyage extraordinaire dans cette cité prise dans les eaux, avec des personnages dont les noms pourront vous sembler familier, Pierrot, Arlequin… toute une symbolique enivrante portée aux nues par l’art graphique de Manuele Fior. Une pérégrination où un couple essaye de sortir du carcan qui les enserre. Ils ne sont pas « ensemble », mais ils partagent le poids de leur talent. La présence de la femme réveille autour d’elle des visions lourdes de sens pour celui ou celle qui se retrouve lié à elle , mais malgré cela, Pierrot surmonte les images qui ravivent un souvenir douloureux pour conduire Dora hors du monde qu’ils connaissent, cette petite Venise où les habitants se sentent privilégiés, pour découvrirent le vaste monde. Eh oui, Dora l’exploratrice. Outre une ambiance graphique de toute beauté, la force du mot a sa part belle également, donc voici une oeuvre qui vous invite à vous laisser portés à l’onirisme et la douce rêverie.

Après le monde, Timothée Leman, éditions Sarbacane.

Ce n’est pas le premier album ou la première histoire à parler d’un phénomène mondial où après une apparition étrange, une partie de l’humanité à disparue, laissant une minorité d’êtres livrés à eux-même. Pour le coup, on pourrait rapidement dire que c’est un mix entre Seuls et Trees, mais très rapidement alors.

Des énormes colonnes font leur apparition au milieu des cités, entraînant la disparition d’une partie de la population de façon spontanée, sans en laisser une seule trace. Un jeune garçon, décide après un certain temps de sortir de chez lui et affronter le monde extérieur afin de se rendre au pied de la plus grande tour apparue récemment. En chemin il croisera certains individus semblant bloqués hors le temps dans leur dernière activité lors de l’apparition du phénomène. Un très bel album laissant libre court au lecteur sur l’interprétation.

Gentlemind, Diaz Canales, Valero, Lapone, éditions Dargaud.

Le scénariste de Blacksad revient pour une collaboration sur une histoire en deux parties, qui se déroule dans le direct après-guerre à New-York avec la destinée d’une jeune femme, après avoir été l’amante d’un multi milliardaire, elle se retrouve héritière d’une partie de son patrimoine, non sans déboires avec les membres légitimes de la famille, et notamment à la tête d’un magazine qui végète dans la surproduction de choix en kiosque. Grâce à l’aide d’un avocat qui l’aura aidée lors de la succession, elle va repartir à zéro dans la ligne éditoriale de ce magazine, avec en trame de fond, une volonté de changer la condition de la femme ainsi que l’exploitation de son image.

Carbone & Silicium, Mathieu Bablet éditions Ankama, Label 619.

Non ! il, n’est pas encore paru, mais il arrive très vite, le Bablet nouveau va pouvoir se déguster sans modération.

Toujours aussi généreux dans ses illustrations, nous soutenons cet auteur depuis ses débuts qui nous avait séduits avec La belle mort, enchantés avec Adrastée (mon préféré), titillés avec Changrila, et ben voilà qu’il nous ravit avec Carbone & Silicium. Une revisite de la recherche d’identité d’intelligence artificielle avec ces deux androïdes créés dans une concurrence effrénée entre deux grands trusts. Dotés d’une particularité d’évolution émotionnelle et d’apprentissage, ils souhaitent découvrir le monde mais ne sont pas libres de leurs mouvements. Avec la continuité de toujours vouloir partager son regard sur le monde et les idées qui le taraude, Mathieu Bablet risque fortement de continué son ascension du succès et de la reconnaissance du public chevronné ou néophyte.

Un peu d’amour, Une nouvelle aventure de Lapinot, Lewis Trondheim, éditions L’Association.

Et oui ! Cette année nous avons le droit à deux albums de Lapinot, en plus de la très agréable surprise du retour de Donjon, et avec Un peu d’amour, Lewis Trondheim se surpasse en humour. Une succession de gags avec toutefois une histoire en trame de fond, j’ai tellement ri que j’en ai réveillé ma voisine du dessus, et à deux heures du matin cela permet de tisser des liens cordiaux je peux vous l’assurer. Trondheim tu es mon dieu, après  Desprosges bien évidemment.