Coups de coeur

Vous allez vibrer, frémir, pleurer, rire…

Nous continuons à recevoir plein de nouveaux titres et les surprises s’enchaînent, il y a de quoi s’en prendre plein les mirettes, de découvrir ou redécouvrir certains des sujets abordés, bref de passer de sacrés moments de lecture encore une fois.

Les temps retrouvés, Kei Fujii & Cocoro Hirai éditions Ki-oon collection Latitudes

Un premier tome pour une histoire en 2 parties, de quoi faire vibrer votre petit coeur, une belle histoire d’amour entre deux retraités au pays du soleil levant. 

Lui c’est Ippei, il est veuf, son fils aîné vit chez lui et tient une supérette de quartier avec sa femme, la situation n’est pas aussi florissante qu’ils l’espéraient ce qui entraîne quelques petites tentions au sein de la famille. Les enfants ne comprennent pas que le grand père ne veuille pas sacrifier son plan retraite pour les aider financièrement, lui de son côté trouve qu’il est déjà bien généreux de les héberger gracieusement, même si c’est une habitude courante au Japon que le fils aîné d’une famille s’installe dans la maison familiale ou bien reprenne l’activité paternelle.

Elle, c’est Kotoko, veuve également, elle vient d’arriver au centre Gin, un lieu d’activités et de rencontres pour personnes retraitées, pour y donner des cours de chants. Une idylle va naître entre les deux protagonistes, de façon malhabile, les sentiments seront mis à nus, mais leur âge avancé les laisse perplexes quant à se lancer dans une nouvelle vie amoureuse. Il s’en suit des rencontres et sorties variées qui vont leur permettre d’échanger leurs souvenirs de la vie de chacun, et pas seulement sur leur parcours personnel, mais leur vie amoureuse passée.

Là où le bas blesse, c’est que c’est de leur entourage que viendront les problèmes, n’y voyant là que les caprices de personnes âgées se comportant avec la désinvolture d’un enfant. Outre cette histoire touchante, on retrouve le duo Kei Fujii & Cocoro Hirai, les auteurs de Sous un ciel nouveau aux éditions Ki-oon également, mais le fait de le publier en couleurs et dans le sens de lecture occidental, permettra peut-être de lui trouver un nouveau lectorat.

Dracula, Bess adapte Bram Stoker aux éditions Glénat.

Une énième adaptation de l’un des plus grands classiques de la littérature et pas spécialement de la littérature Fantastique. Il y peu de temps les éditions Delcourt ont publié la version de Mike Mignola, l’auteur de Hellboy, à savoir que c’est à cette occasion qu’il développa son style graphique devenu une référence avec ses grands à-plats de noir. Mais pour l’heure Georges Bess est le maître aux commandes.

Georges Bess a déjà une belle carrière d’auteur, mais pour le grand public, ce sera sa collaboration ace Jodorowsky pour la série Le lama blanc qui risque fort de vous parler.

C’est avec une grande maîtrise du Noir & Blanc, des doubles pleines pages dès le début de l’album que vous vous en prenez plein les mirettes. L’adaptation est parfaite, respectant l’oeuvre originale et la mettant en valeur visuellement, le simple fait de jouer avec la polymorphie du comte Dracula renforce la terreur dans laquelle le personnage de Jonathan Harker va plonger.

Je ne vais pas vous faire l’affront de vous poser les bases de l’histoire tout de même, si ?! Un clerc de notaire, Jonathan est envoyé au coeur de l’un des territoires les plus isolés et les plus effrayants, la Pennsylvanie, (ah non ça c’est dans les Simpsons), la Transylvanie, les Carpates quoi. Sa tendre fiancée, Wilhelmina Murray, l’attend auprès de son amie Lucy, jeune fille de noble famille qui se trouve harcelée, et ce n’est pas pour lui déplaire par toute une ribambelle de prétendants.

Le client de Jonathan est un noble Slave, le comte Dracula, souhaitant venir s’installer en Angleterre et sur Londres en particulier. Nous sombrerons dans le milieu de l’aliénisme car l’on ne ressort pas indemne d’une telle rencontre, le prédécesseur de Jonathan Harker, le sombre Renfield en a subit les conséquences et est soigné par l’un des prétendants de Lucy.

Si après ça vous souhaitez continuer à lire du grand classique dans le genre de l’Horreur et du Fantastique, enchaînez avec Frankenstein de Mary Wollstonecraft Shelley illustré par Bernie Wrightson, un autre grand maître du Noir & Blanc édité en France aux éditions Soleil.

Miles et Juliette, Salva Rubio & Sagar, éditions Delcourt.

Même pour les néophytes Miles Davis est connu pour être une référence en matière de Jazz, on sait que c’est particulier et qu’on l’entend moins souvent que les autres grands noms. 

Il les a côtoyés Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Billie Holiday, il leur doit ses premières armes, mais sa rigueur et sa droiture dans son approche de la musique ne va pas de paire avec le monde du Jazz où bien des musiciens sont tombés. Alors qu’il fait bande à part, à la recherche de son Son, une sonorité nouvelle, hors du commun, ne se rattachant à aucun des genres l’ayant précédé. On lui reproche de ne pas avoir su prendre soin de son mentor Charlie Bird Parker, trop défoncé pour assurer la tournée, ses sets sur scène, c’était trop pour le jeune Miles, il ne peut assumer d’être spectateur de la déchéance de son maître ainsi que son manque de rigueur professionnelle.

C’est dans ce contexte, alors qu’il regroupe atour de lui des musiciens capables de le suivre dans son génie créatif, qu’il prépare enregistrement et tournée, qu’il se voit proposé un séjour à Paris lors d’un festival de Jazz, et que les organisateurs se battent comme de beaux diables afin de l’avoir sur scène.

Tous les musiciens, noirs faut-il le préciser, noirs et américains, ayant connu, et aujourd’hui encore la ségrégation, tous tombent des nus de l’accueil qui leur est réservé, ils découvrent une liberté de mouvements qu’ils ne connaissaient pas, et ils n’ont pas à subir le poids du regard et du jugement des gens qu’ils croisent dans la rue.

Derrière cette frénésie musicale et artistique se cache une drôle de bande de zouaves, ou de zazous en particulier.

Miles Davis croise Boris Vian, le trublion l’entraîne jusqu’à St Germain-des-Près, là il croise Marguerite Duras, Jean Paul Sartre, Pablo Picasso… et tant d’autres, la liste n’en finit plus, mais une apparition change tout dans l’univers de Miles Davis, elle incarne sa Lady Bird, Elle, c’est Juliette Gréco.

C’est une rencontre intense de quelques jours à peine, des certitudes qui s’effondrent, des promesses échangées, une course à la vie d’une intensité folle, ce sont toutes possibilités qui s’offrent à ceux qui vivent leur amour comme si c’était le premier et le dernier. P***** c’est beau ce que j’écris, je me ferais chialer. Non, en revanche ce qui est beau c’est l’approche du dessin offrant une intensité visuelle à la musique, et se permettant également des scènes drôles comme celle du téléphone (et oui pour la connaître celle-là il faudra lire l’album).

Chaplin en Amérique, Laurent Seksik & David François, éditions Rue de Sèvres.

Un premier tome d’une trilogie consacrée à Charlot, à savoir qu’un autre album est paru chez chez Dupuis par Bruno Bazile et Bernard Swysen, en un seul tome.

Mon coeur penche tout de même pour celui de Selsik et François, car il offre au lecteur une mise en images qui sert proprement et admirablement une retranscription du cinéma muet pour la bande dessinée. Il y a des prouesses d’ingéniosité, un mouvement en action, en bref il est terrible.

De son arrivée aux Amériques, en passant par ses débuts à Hollywood, du choix de son costume à sa première prestation, tout y passe. Alternant le ton de l’humour avec le soucis professionnel de bien monter sa carrière, nous suivons Charlie Chaplin devenir le grand Charlot.

Je le disais plus haut, le dessin de David François (David le prénom et François le nom), sert magistralement le personnage de Charlot, comme au cinéma, il crève l’écran, il joue avec les cases, avec la planche, cinéma et bande-dessinée ne font qu’un et on en redemande. Le fait que cette histoire soit prévue en 3 tomes laisse présager de s’attarder sur des moments intéressants de la vie du grand petit homme.

The Kong Crew #1- Manhattan Jungle, Eric Hérenguel, éditions Ankama.

Alors là ! C’est la grande surprise pour nous trois. La couverture est chouette, c’est sûr. Elle envoie du lourd, on sent une ambiance cinématographique, un gorille badass, comme le disait Franck Cho, auteur de comics et créateur de la série Liberty Meadows, « de toute manière mettez un singe, ça marche toujours et cela fait toujours plaisir« .

Amateurs de Road Runners, de Pin Ups, de pilotes et leur chien mascotte, de gorille géant (ben oui il n’y en a qu’un) et de tas d’autres bestioles, soyez les bienvenus.

Imaginez un peu, c’est facile il faut faire appel à votre mémoire, et quelque soit la version du film que vous ayez pu voir, du moment que King Kong finissait par débarquer à New-York. Apparemment on nous a pas montré la bonne fin du film, ils lui ont pas la pâtée, il est pas tombé du haut de l’Empire State Building et la belle n’a pas pleuré dans le creux de sa mimine, pas du tout ma bonne dame. 

C’est plutôt l’inverse, Kong est devenu le King, il s’habille en costard pattes-d’eph à paillettes, et chante Be bop a lula. King Kong domine Manhattan, il n’y a plus d’humains sur son territoire, les habitants ont fui l’île, et il est dorénavant interdit de s’y rendre.

La frontière est gardée par des pilotes émérites de l’armée américaine et leur virtuosité du pilotage n’a d’égale que leur indiscipline.

Un hydravion vient de braver l’interdit et s’est glisser aux abords de Manhattan, à son bord, un aventurier aguerri à l’exploration des territoires les plus hostiles, et affronter les plus grands prédateurs connus. L’autre passager est un scientifique qui tient à voir par lui-même l’évolution de la faune et de la flore de l’île depuis que Kong en a pris possession, il a une théorie et redoute d’avoir raison. Le tout sur un air de Rock & Roll, on lit à tombeau ouvert, la capote est relevée et on ne s’arrêtera qu’une fois en enfer.

Une petite histoire, l’air de rien.

Entrez dans la danse, les soucis n’ont pas de chances, la musique commence, ça c’est Fraggle Rock ! Que de souvenirs, mais que de souvenirs mes aïeux. Ah, il faut bien être quarantenaire pour avoir connu les Fraggle Rock, mais pour le coup, de puis que le dernier Richard Guérineau est arrivé en librairie, dès que je vois la couverture, je ne peux m’empêcher d’avoir cet air en tête. 

Entrez dans la danse, Richard Guérineau d’après Jean Teulé, éditions Delcourt, collection Mirages

Les éditions Delcourt présentent dans leur catalogue plusieurs adaptations des oeuvres de Jean Teulé: Le magasin des suicidés, Le Montespan, Je, François Villon, mais trois autres titres ont émergés sous les coups de crayons de Richard Guérineau, Charly 9, Henriquet et aujourd’hui… Entrez dans la danse.

Bien évidemment que l’on peut ne pas adhérer au style littéraire de Jean Teulé ou bien encore ne pas avoir de curiosité sur les sujets qu’il a abordé, mais pour ma part, après y avoir pis un oeil une première fois, j’y retourne allègrement.

Reprendre la destinée d’un personnage historique, un moment de sa vie, ou dans le cas qui nous intéresse, revenir sur des faits complètement improbable, voilà la démarche singulière de l’auteur. Dans Entrez dans la danse, grand nombre de lecteurs vont certainement découvrir, tout comme moi, ce phénomène qui toucha la ville de Strasbourg au début du XVI ème siècle. Cela vous est -il déjà arrivé, qu’au cours de votre journée, tout se déroule normalement, quand tout à coup… vous vous levez et vous mettez à chanter, à danser, vous êtes pris d’une inextinguible frénésie qui vous fait décrocher le contact avec votre entourage. Non ? Et bien que diriez vous si l’on vous apprenait que c’est ce qui est arrivé à plusieurs centaines de personnes en Juillet 1518 à Strasbourg, et qu’ils ne se sont pas lever comme ça, pour la déconne, qu’ils ont entamés une chenille, autour de la place de l’hôtel de ville et qu’au bout de 3 tours, tout le monde est rentré chez soi, non, non, pas du tout, cette danse frénétique à duré 2 mois.

Les dirigeants de la cité, les religieux, les médecins… comment tout ces braves gens ont-ils décidé de gérer la détresse de leur concitoyens ?

Richard Guérineau nous offre encore un très chouette livre, j’aimais ses variations graphiques présentent dans Charly 9 et Henriquet qui servaient l’histoire, effectivement ici, cela ne s’y prêtait guère, mais son style dynamique, avec les trognes qu’il a distribuées au casting et l’humour tant narratif que visuel vont donneront l’occasion de passer une nouvelle fois une très bon moment de lecture.

Prince of cats, Ronald Wimberly, éditions Dargaud.

Que vous en ayez lu ou non, je ne pense pas que vous soyez en mesure d’ignorer qui William Shakespeare, ne serait-ce que par l’adaptation cinématographique avec Léonardo Di Caprio, dit « le beau Léo ».

Prince of cats, ou Le prince des chats, n’est autre que le personnage de Tybalt issu de Roméo & Juliette, sur les bancs de l’église, Tybalt s’assoit du côté de la mariée. Dans cette adaptation, vous allez sentir le dépaysement au même titre que le film que je vous mentionnait à l’instant, Prince of cats vous propulse au coeur des années 80′.

Sortez les Ghettos Blasters !! Pas ces petites merdes hyper boostées qui, pas plus grosses qu’une trousse d’écolier débordent de puissance, vous savez bien, la plupart des livreurs à vélo se ballade avec. Non moi je vous parle du vrai Ghetto Blaster, celui de 20 kilos minimum, qui vous déboîte l’épaule, qui prend plus de place qu’un pilier de rugby quand vous le posez à côtés de vous, et qui, lorsque vous pousserez le volume à fond, fera sauter les plombages de mémé.

L’idée est vraiment bien sentie, remarquez plutôt, une ville comme New-York peut largement rivaliser avec la Vérone de Shakespeare. Entre la multiplicité d’ethnies, de mouvements identitaires, communautaires, artistiques et bien d’autres encore que recèle New-York en son sein, y projeter la rivalité qui uni les familles Capulet et Montagüe était des plus judicieuse, notamment dans un contexte de culture Hip Hop.

La défense de ses couleurs, de son gang ou de sa famille, les battles de break-danse ou les conquêtes de territoires via l’apposition de tags bien sentis, voilà le genre d’ambiance que Ronald Wimberly nous balance dans la gueule. Non seulement ses idées sont superbement mises en scène, mais son dessin est une tuerie, avec une dynamique… on a vraiment l’impression d’avoir Public Ennemy ou N.W.A. à fond à côté de soi. Le choix de couleurs pétantes en alternance avec ses à plats de noirs, tout dans cet album est là pour me plaire.

L’amirale des mers du Sud, Carlos Nine & Jorge Zentner, éditions de la Cerise, collection La cerise sur le gâteau.

Qui n’a jamais souhaité voir le soleil souverain guidé ses pas, au coeur du pays Inca, vers la richesse et l’histoire des Mystérieuses Cités d’Or… non je déconne. Si vous souhaitez du dépaysement, vous allez être servis, mais pas dans la recherche de l’Eldorado, on va laisser cela à Guarnido & Ayrolles. Carlos Nine & Jorge Zentner évoquent eux aussi des aventuriers avides de rêves, de richesses et d’aventure, mais qui, après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb vont aller par au-delà du continent pour partir à l’exploration de l’immensité de l’océan Pacifique.

Une mission d’exploration, les premiers contacts avec les autochtones, les promesses de fortunes à venir, nous allons suivre cette flottille parti après 20 de tractation afin de trouver les fonds nécessaires pour lancer cette aventure et tenter de retrouver un archipel sur lequel ils s’étaient arrêtés avant, et grâce à l’autorisation du roi, en revendiquer la possession, pour les « sauvages » qui vient sur place, on trouvera bien un arrangement.

Mais, même si cela se passait ce de nos jours avec toute la technologie à notre disposition, retrouver une île au coeur de la plus grande surface maritime du globe et qui peut être la plus hostile. Ce récit épique digne des plus grands romans d’aventures fut la première collaboration des deux auteurs et d’après la petite introduction du livre Carlos Nine qui était en pleine recherche créative graphique ne reconnait pas la paternité de L’amirale des mers du sud. Et pourtant il n’y a vraiment pas de quoi avoir honte tellement c’est Beau.

The red rat in Hollywood, Osamu Yamamoto, éditions Véga

La maison d’éditions Véga continue d’agréablement me surprendre avec entre autre Peleliu, mais aujourd’hui je souhaite vous présenter une perle: The red rat in Hollywood, où la chasse aux sorcières pendant la période du Maccarthysme dans le milieu Hollywoodien.

A compter du tome 2, vous bénéficierez d’un dossier en fin de volume d’explications afin de déterminer quels sont les documents officiels sur lesquels l’auteur se base, quelles sont les parts de liberté qu’il prend.   

Dans un contexte de Guerre Froide, l’histoire des Etats-Unis s’est auréolée d’une sacrée réputation avec sa chasse aux communistes. Avec l’hégémonie du monde du cinéma à cette époque (déjà) et d’Hollywood en particulier. le gouvernement avait bien mis en tête, de la même manière que l’on pouvait le constater de l’autre côté du mur de Berlin, la suspicion de l’autre et ce quel qu’il soit. Alors dans un cadre phobique, quoi de plus naturel de penser que si les communistes essayent de « laver » le cerveau des « honnêtes » citoyens, ils ont investi le milieu du cinéma, regroupant comme tout le monde le sait: des dépravés, des pervertis, des drogués… les raccourcis sont faciles.

La mise au ban du personnel d’Hollywood va commencer. Pour les idées subliminales qui seraient glissées dans les films, les premiers ciblés seront donc les scénaristes, puis les réalisateurs. 

De cette première présentation devant la commission, la solidarité du milieu Hollywoodien afin de soutenir leur dix confrères entendus, le premiers des nombreux jalons qui vont constituer la chasse aux sorcières vient de se clore: s’exposer publiquement, c’est s’afficher politiquement, et qu’importe l’argumentaire de l’amendement de la constitution qui protège leur droit. Les délations vont suivre, les vies personnelles et professionnelles vont se briser, mais envers et contre tout, certains ne baisseront pas les bras et continueront de lutter. Une docu-fiction hyper/super/méga intéressante et très bien documentée, avec un dessin semi réaliste qui permet d’apprécier encore plus le casting Hollywoodien. La série est en cours de parution et le quatrième tome vient de sortir.

La fin du monde en trinquant, Krassinsky, éditions Casterman.

Un gros délire autour du phénomène qui frappa (et c’est peu de le dire) la région de Toungouska à la fin du dix-huitième siècle: une météorite.

Une histoire anthropomorphique, au casting, un cochon, savant de son état et astronome en particulier. Un chien jeune apprenti arrivé aux côtés du maître, par obligation, jeune noble mais totalement crétin. Le casting recèle encore nombre de protagonistes hauts en couleur. 

On pourrait penser qu’astronome, c’est un boulot ou une activité pépère, le cul dans son fauteuil on observe les coins les plus reculés de l’univers, on spécule sur les origines de la création et on en discute autour du feu. Seulement quand dans son champ de vision apparaît un phénomène qui pourrait finir sa trajectoire en plein dans votre tronche, vous voilà bien obligé de vous extirper de votre cocon.

Dans le cas de notre astronome, il se soucie de son prochain et après maints calculs, arrive à déterminer quelle région risque de pâtir des conséquences, et il se rend au gouvernement afin que les moyens nécessaires soient déployés. La région en question n’est autre que l’endroit ou l’on envoie en goulag, les opposants au régime, les meurtriers, les voleurs… la lie de la société, donc quel intérêt de se préoccuper de leur sort, si cela lui tient tant à coeur, il n’y a qu’à aller tout seul les prévenir, les aider à s’organiser. Vous vous doutez bien que tout ne se déroulera pas exactement comme il l’espérait. 

Léonard2Vinci, Stéphane Levallois, éditions Futuropolis/Louvre éditions

Je termine par la tuerie de la semaine, un album magistral, rien que ça. Originalité scénaristique! Dominance graphique ! Mister bombastic (ah tient, cela n’a rien à faire là). 

Stéphane Levallois n’est pas un inconnu pour les lecteurs des éditions Futuropolis et il a déjà eu l’opportunité de mettre en avant le monde de la peinture avec Le modèle ainsi que Les disparues d’Orsay.

Léonard2Vinci.

Le partenariat entre les éditions du Louvre et Futuropolis a ceci de particulier de toujours faire appel à un auteur à l’approche graphique et narrative originale, lui offrant l’opportunité de s’approprier le thème abordé, en l’occurrence Léonard de Vinci, Stéphane Levallois décide donc de nous offrir une réalisation généreuse.

La générosité commence par le choix de son histoire: non content de pouvoir présenter une biographie de l’illustrissime peintre, celle-ci serait tellement dense que nous aurions un tout autre ouvrage entre les mains. Du coup, vous aurez en partie une biographie par morceaux choisis, dans un contexte particulier, un récit de Science-Fiction se met en place.

L’humanité a quasiment disparue, erre à travers l’univers à bord d’un navire conservant en son sein les vestiges de notre Histoire. Alors que « quelque chose » poursuit les hommes et tente d’éradiquer l’humanité, on décèle sur un tableau de Léonard, une empreinte de doigt avec une trace d’ADN du maître. L’idée qui émerge de leurs réflexions: cloner Léonard de Vinci, peintre de génie certes, mais également inventeur des plus avant-gardistes. Serait-il en mesure de trouver une arme permettant de les sauver et d’éliminer le péril qui les menace.

Si vous avez déjà l’eau à la bouche par les éléments que je vous ai dévoilés, sachez que la générosité de Stéphane Levallois ne s’arrête pas là, l’auteur dévoile également l’étendu de la palette de ses techniques de dessins, de peintures… C’en est presque une leçon. Dans tous les cas, il est présentement l’un des plus beaux albums de cette fin d’année 2019.

 

Apprendre en lisant de la Bédaie.

Chers vous, oui vous lecteurs de nos coups de coeur, vous qui le lisez maintenant, et que ce « maintenant » soit au moment ou cet article vient d’être publié, ou bien que ce « maintenant » se situe dans quelques années, auquel cas il ne faut pas tenir compte de mes repères temporels évoqués dans l’article. Nous sommes à la rentrée éditoriale 2019/2020 et c’est l’occasion pour moi de remettre en avant deux/trois titres du début d’année et certains qui viennent d’arriver qui vous donne l’impression de mourir moins con, ou qui agrémenteront vos discussions d’une prochaine soirée entre amis ou chez l’ambassadeur du coin de la rue.

De la Vierge à Vénus de Patrick Chambon aux Impressions Nouvelles. (Artemisia de Nathalie Ferlut & Tamia Baudoin collection Mirages aux éditions DelcourtLa vision de Bacchus de Jean Dytar collection Mirages aux éditions Delcourt).

Soutenu par un travail graphique exceptionnel (si, si), voici un ouvrage qui nous propose un regard sur l’évolution de la peinture consacré à la représentation féminine par les peintres mais également sur le regard des spectateurs devant les tableaux. Au même titre que l’émission D’art D’art, l’approche est très accessible pour les néophytes, et permet d’éveiller la curiosité de creuser un peu plus le sujet. Je me permets par la même occasion de remettre en avant deux autres ouvrages s’inspirant pour le coup de personnages et faits réels, mais qui disséminaient quelques clés de compréhension techniques.

A la recherche de Moby Dick d’après Herman Melville, Isaac Wens & Sylvain Venayre chez Futuropolis.

C’est le 200 ème anniversaire de la naissance de Melville en cette année 2019, et les auteurs reconnaissent eux-même que voici une énième adaptation de ce titre majeur de la littérature, mais pour le coup, j’avoue avoir eu une belle surprise à la redécouverte de cette oeuvre. En effet nous allons suivre une journaliste de France Culture allant à la rencontre de spécialistes et qui va retracer l’historique de ce livre ainsi que tous les éléments qui le composent. Vous avez donc en alternance, les rencontres et discussions qui vous amènent les éléments d’informations que vous découvrirez peut-être, voire même sûrement, avec l’adaptation en Bande-Dessinée de l’histoire elle-même, mettant en évidence ce qui vient de vous être expliqué. Pour exemple, on y apprend les intentions premières de Melville derrière son oeuvre, le fait qu’il a fallu attendre 90 ans avant sa traduction, la symbolique du cachalot dans diverses écritures… une mine d’informations je vous l’assure. Et pour agrémenter tout ça le dessin colle parfaitement, à mon humble avis, à une adaptation de roman d’aventure.

El commandante Yankee de Gani Jakupi collection Aire Libre aux éditions Dupuis. ( La baie des cochonsRendez-vous avec X (France-Inter), Dobbs & Mr Fab, Comix Buro éditions ).

L’histoire vraie de cet américain, William Morgan, qui est allé se battre auprès des révolutionnaires cubains, tout comme certains avaient rejoint les républicains en Espagne. A noter qu’au même moment est paru une adaptation en bande Dessinée de l’émission de France-Inter Rendez-vous avec X, et le deuxième n° était consacré à l’affaire de la baie des cochons, ce qui permet de faire un beau complément d’apport d’informations. El commandante Yankee bénéficie d’un dossier complémentaire à la fin de l’album, avec même parfois la réaction de certains survivants à la réalisation de cet ouvrage. Personnellement je trouve ce travail assez exceptionnel et m’a réellement apporté un regard nouveau sur un sujet que je croyais avoir déjà abordé sous différents points de vue.

Ceux qui construisent des ponts, Alfonzo Zapico aux éditions Futuropolis. (Eduardo Madina, homme politique socialiste et survivant d’un attentat de l’ETA en 2002. Fermin Muguruza leader du groupe punk Kortatu).

Un échange autour d’un verre de deux individus ayant des parcours et des points de vue différents de l’histoire du Pays Basque, mis en image par Alfonso Zapico. Un échange très instructif sur l’expérience de chacun, leur vie, leur engagement, mais surtout la volonté de vouloir construire une société où chacun aurait sa place dans un pays qui a subi au cours de son histoire suffisamment de péripéties qui ont marquées et scindées en plusieurs morceaux ses habitants.

C’est aujourd’hui dimanche, Mary Aulne & Clémentine Pochon aux éditions Les enfants rouges.

C’est en se baladant à proximité de chez elle que l’auteur a découvert un pan de l’histoire de sa région mais également de la France dont on a eu tendance à vouloir faire disparaître des mémoires. Bien souvent on accentue le fait que chez nos voisins allemands, ceux qui vivaient à proximité des camps de concentration ne pouvaient pas ne pas savoir. Dans ce cas présent, c’est la même chose, et parfois, les habitants participaient au fonctionnement de l’un des 2 camps de concentration présents sur le territoire français qui ne regroupaient que des femmes, résistantes, juives, tziganes, homosexuelles… C’est en découvrant une toute petite stèle commémorative qu’elle a décidé de creuser en profondeur et tenter de retrouver des témoins encore vivantes et de leur consacrer ce devoir de mémoire.

Le théorème funeste, Alexandre Kha, éditions Tanibis.

Un regard original sur l’histoire de l’évolution des mathématiques et d’un théorème en particulier, qui a marqué plus d’une vie de mathématiciens. personnellement, j’ai découvert qu’il n’y avait pas 1 mais 2 Pythagore, et que c’est au deuxième que l’on doit le fameux théorème. On y apprend les ramifications entre les observations de la nature déclinant sur la géométrie au développement de l’algèbre. Même si l’on se doute de l’implication de certains de ces hommes qui ont consacré leur vie à leur passion, mais parfois jusqu’à y laisser leur santé.

Là où nos pas nous mènent, Jérôme Bouquet, éditions Fllbl.

Je fais une légère entorse à ma thématique, mais au coeur de cette histoire, on revoit tout de même la migration des peuples primitifs, leurs croyances et révérences face aux éléments de la nature. Comment ils passèrent à la sédentarité, ou bien obligés face à l’hostilité d’autres tribus, obligés de reprendre la route. L’apparition de l’agriculture, le développement d’outils, mais surtout dans le cas présent, l’utilisation de ce qu’ils ont à portée de main pour développer des instruments de musique. Un très chouette dessin au bénéfice d’une histoire originale, un très agréable moment de lecture dans tous les cas.

A partir de la semaine prochaine, l’avalanche de nouveautés se fera sentir et ce jusqu’à Noël, et cette année encore, votre portefeuille ainsi que vos étagères vont le sentir passer.

 

One shot en comics

Hello everybody, nous continuons de crouler sous les nouveautés et du côté du rayon Comics, il y a de quoi satisfaire les lecteurs les plus exigeants, en terme de narration ou bien de dessin, mais également pour tous ceux qui viennent en librairie et qui espèrent mettre la main sur une histoire complète, et bien cette addition de demandes est satisfaite avec ma sélection qui suit.

Mais tout d’abord je ne peux m’empêcher de vous signaler vite fait Fela back to Lagos de Loulou Dedola & Luca Ferrara aux éditions Glénat, une histoire qui n’est pas sans rappeler Le Montreur d’histoires de Zidrou et Raphaël Beuchot aux éditions du Lombard, en effet, le récit vous présentera d’une part Fela Kuti, précurseur de L’Afro-Beat et militant afin de dénoncer la corruption dans les états africains, les ingérences des pays étranger et la défense culturelle africaine. De l’autre, on suivra le parcours d’un jeune africain, traînant le plus souvent dans les rues, enchaînant les mauvais coups avec ses copains et s’attirant ainsi un bon paquet d’emmerdes, et tout cela est sans compter la part des esprits et leur influence sur les destinés.

L’épée sacréeGabriel Rodriguez & Lovern Kindzierski, Delcourt.

Gabriel Rodriguez ? Peut-être le connaissez-vous, c’est entre-autre le dessinateur de la série Locke & Key écrite par Joe Hill et disponible actuellement aux éditions Hi-Comics. L’aueur a deux actualités en ce moment, la réédition de Secret Show, une adaptation du roman de Clive Barker, une version intégrale aux éditions Akiléos de ce récit du genre Fantastique et horrifique où l’on retrouve le trait si atypique que l’on avait dans Locke & Key et qui rajoute une petite touche de malaise dans l’ambiance.

Concernant L’épée sacrée, vous allez avoir une sacrée surprise tant l’auteur change de style, et pour cause, c’est un projet où Gabriel Rodriguez se lâche et rend hommage à ses auteurs fétiches qui ont pu l’influencer, le faire rêver ou tout simplement bouleverser son petit coeur de lecteur en herbe. L’artiste qui se dénote parmi toutes les références évoquées, et qui domine de par son influence n’est autre que Moëbius, le seul artiste qui aura réussi a être respecté à ce point dans le monde entier par son travail. L’épée sacrée est une revisite du mythe Arthurien avec une certaine part de liberté qui ne gâche en rien l’oeuvre originelle. Une version S.F. offrant des clins d’oeil de l’Incal à Mad Max, avec dans le rôle de l’élu de l’épée des dieux UNE éluE: Avalon ! Nous retrouvons cependant certains personnages du casting originel, Merlin, Gawyn, Le Chevalier Noir

O D Y – CMatt Fraction & Christian Ward, Glénat Comics.

Dans la famille « Je revisite les grands classiques » les deux zigotos qui s’y collent sont Matt fraction & Christian Ward et l’oeuvre choisie est l’incontournable: Odyssée d’Ulysse (il faut savoir décrypter les sigles sur la couverture).

Pour cette ré interprétation les auteurs ont également choisi une version S.F. du mythe, avec des vaisseaux spatiaux et tout et tout. 

Non seulement là aussi nous nous retrouvons avec une héroïne à la place du Ulysse classique que l’on connait. Non contents de remplacer le personnage principal, allez hop, on fait valdinguer tout ça et s’en suit que les dieux sont également devenus des déesses, qu’après un moment de réflexions, il ont décidé que l’homme a trop été source de problème, conséquence: les mâles ne sont quasiment plus. 

L’histoire commence par la chute de Troie après cette guerre interminable qui coûta la vie à tant et tant de braves, mais il ne faut jamais oublié que les dieux ont toujours jalousées les créatures terrestres et leur mettre des bâtons dans les roues est un sport divin. Là encore, en respectant l’oeuvre initiale, nous parcourons le voyage du héros originel avec le même enchaînement des rencontres et des événements du mythe de départ, mais dans le rôle d’Ulysse, vous retrouverez Odyssia

Nous allons suivre Odyssia sur une partie seulement de son parcours, et l’on nous rappelle que deux autres nefs sont parties en même temps que Odyssia, et l’une d’elles est dirigée par Enée. Dans l’histoire de base, Enée est prince troyen, l’un des rares à survivre, il partira lui aussi en errance, il sera également le jouet des dieux et son errance n’a rien a envier à celle d’Ulysse. Pour notre histoire, Enée est une femme également, qui cette fois est grecque et s’est battue aux côtés d’Odyssia. Un troisième récit vient conclure cette histoire épique, on s’intéresse aux soldats qui se battirent aux côtés de nos deux héroïnes, eux aussi ont un passé tourmenté avec les dieux qui implique des répercussions au long terme. O.D.Y.C. varie les plaisir avec sa réinvention originale mais mûrement réfléchie, son aspect graphique proche de la folie qui vous immerge dans un mode onirique qui peut être remodeler au gré des envies des dieux.

The magic orderMark Millar & Olivier Coipel, Panini Comics & NETFLIX

Pour commencer, vous avez effectivement bien lu, c’est une production Netflix, pour cette première Bande Dessinée ils viennent de collaborer avec un maître du Box-Office, Mark Millar dont les histoires Kick Ass, Wanted ont été adaptées au cinéma. Disponibles aux éditions Panini, vous avez actuellement disponibles plusieurs titres de la collection Millar World, une série de titres, en règle générale des histoires complètes, qui revisitent et détournent les histoires stéréotypées de super-héros, posent quelques questions pertinentes et peuvent surprendre plus d’un lecteur.

The magic order, tout commence par un tour de magie, le fameux coup de la balle arrêtée avec les dents, de quoi traumatiser la petite vieille que l’on vient d’inciter à appuyer sur la gâchette de l’arme. Mais certains de ces pseudo magiciens, sont en réalités de véritables maîtres et gardiens des sphères magiques et mystérieuses qui pourraient mettre en péril notre monde.

Qui dit pouvoir dit ambition et convoitise,  et nous voilà au début de l’histoire avec un assassin qui élimine les maîtres de l’ordre les uns et après les autres et apparemment avec une déconcertante facilité.

Les destin va donc rattraper Gabriel, fils prodige du chef de l’Ordre magique détenteur d’un pouvoir hors du commun, mais qui a préféré vivre une vie ordinaire avec sa femme et comme de bien entendu, qui c’est qui va être contraint et forcé de se relever les manches et sortir sa baguette magique du fond de son chapeau au milieu de charmants petits lapins ? C’est Gaby (l’ami des tout petits).

JoyrideJackson Lanzing, Collin Kelly, Marcus To & Irma Kniivila, Glénat.

Le genre de Space-Opera débridé avec un casting très hétéroclite qu’il est bon de lire parfois histoire de se détendre sans se prendre la tête. L’équipe est jeune, belle et sent bon sous les bras, en tout cas avant d’avoir passé quelques mois enfermés dans un vaisseau spatial. L’humanité vit sous des dômes érigés au-dessus des cités humaines, coupée de la vue des étoiles, elle a perdu le goût de l’imaginaire et de l’aventure, sans horizon à franchir point d’espoir.

Mais voilà  l’opportunité pour la plus improbable des équipes de s’alliée et de partir jusqu’aux confins de l’univers. Les destinées se mettent en place, les révélations pleuvent, les trahisons et les surprises s’enchaînent mais aussi de belles choses se profilent à l’horizon. Dans le côté complètement foutraque, cela restera comme une des très rares Bandes Dessinées où les personnages se permettent d’interrompre l’histoire pour un break ambiance Techno ou boîte de nuit.

Les auteurs s’essayent au type d’histoires où les protagonistes sont condamnés à être pourchassés et rejeter par la société tout en étant les seuls à pouvoir les sauver d’eux-même ou bien d’un péril extérieur, et tout ça sans espoir de reconnaissance ou de rédemption, le plus bel exemple de ce genre de récit restant ALBATOR

 

Je me suis, permis un ,aparté en début d’article, pourquoi me priverais-je d’en faire un autre pour le bouclage: Quoi de plus jouissif que de revoir en librairie cette petite perle enfin rééditée, Henri, le lapin à grosses couilles de L L de Mars aux éditions 6 Pieds Sous Terre. Une magnifique fable à raconter aux enfants avant de s’endormir. 

Pop pop pop, y’a du lourd en ce moment.

Ceci est une invitation au voyage, pas toujours voulu, pas tout à fait dans les conditions souhaitées mais comme le disaient si bien les Pet Shop Boys: GO WEST ! 

Rome West, Justin Giampaoli, Brian Wood & Andrea Mutti, éditions Jungle Comics. Brian Wood est un scénariste brillant, s’intéressant à l’histoire et aimant bien jouer avec à l’occasion. Nous avons déjà pu apprécier certaines des ses oeuvres avec entre autre Northlanders ainsi que Rebels aux éditions Urban Comics. Concernant Northlanders vous avez pour la version française 3 tomes consacrés le premier aux îles Anglo-Normandes, le deuxième à l’Islande et le troisième à l’Europe, et tous trois regroupaient différentes histoires, illustrées par plusieurs dessinateurs et s’intéressant aux différents aspects de la culture Viking. Pour Rebels, nous suivions le parcours d’un américain rejoignant les troupes « rebelles » décidant de s’insurger contre l’empire Britannique en 1775 afin de conquérir leur indépendance, une succession de différents actes et batailles qui ont émaillés ce combat.

Pour Rome West, Brian Wood fait le choix de l’Uchronie et prend le parti qu’une escouade de navires Romains pris dans une tempête au large de l’Ibérie et va s’échouer mille avant Christophe Colomb sur les côtes Américaines. En un volume et plusieurs histoires courtes, vous allez suivre les descendants de l’un des membres d’une des grandes familles Romaines les Valerius. A peine débarqués, les romains vont très vite se rendre compte, que malgré leurs grandes compétences stratégiques et de combats, ils ne feront jamais le poids pour s’imposer face aux autochtones, ils décident donc de parlementer et se faire tolérer dans ce qui deviendra leur nouvelle patrie. 

L’idée est intéressante et habilement montée, car en voyant une nouvelle civilisation voir le jour, les tribus qui dans la réalité se sont succédées, vont cohabiter et faire évoluer un nouvel empire sur le continent américain tandis que pour le reste du monde l’évolution restera la même. L’Espagne ne va donc pas gagner son hégémonie avec le débarquement de Christophe Colomb et le commerce d’épices et autres denrées et richesses qui s’en suivra mais je préfère vous laisser la surprise à la lecture de cet album des quelques modifications de l’Histoire que l’auteur a apportées.

J’ai déjà eu l’occasion de vous présenter la série Manifest Destiny le t 04 – sasquatch – est paru il y a peu. Les auteurs Chris Dingess, Matthew Roberts & Owen Gieni, aux éditions Delcourt. présentent une version originale de la mission du Capitaine Merriwether Lewis et du lieutenant William Clark.

Les nouveaux états américains viennent de racheter aux Français leurs territoires et décident d’envoyer une mission d’exploration afin de savoir si les migrants et nouveaux colons pourront s’implanter sur ces terres ou bien si elles sont inhospitalières. Si on vous en a fait une bande dessinée c’est que bien évidemment tout ne va pas se dérouler paisiblement. Au fur et à mesure de leur pérégrination, la mission va tomber sur des arches toujours liées à un élément naturel, impliquant un développement de la faune et de la flore toujours hostile à l’homme. Dans cette série on reste pantois devant l’ingéniosité et la créativité des auteurs sur cette version alternative de l’Amérique plus que sauvage étant donné qu’elle est plutôt horrifique. De plus on pourra s’amuser à se demander quelle sera la prochaine victime à chaque instant et sur quelle type de créature ils vont bien pouvoir tomber à la prochaine rencontre.

Un destin de trouveur – un récit des contes de la Pieuvre – Gess, éditions Delcourt. La malédiction de Gustave Babel

Nous avons été heureux de recevoir une nouvelle fois à la librairie notre ami Gess pour qui nous avons beaucoup d’affection et un grand intérêt pour ces créations, alors lorsqu’il s’agit de son bébé Les contes de de la Pieuvre nous éprouvons encore plus de fierté à vous le faire (re)découvrir.

Ce projet date d’il y a quelques années déjà avant qu’il est pu voir le jour sous la forme d’un premier album: La malédiction de Gustave Babel, qui bénéficia d’une édition le présentant sous la forme d’un bel ouvrage, et voici qu’un deuxième opus vient de voir le jour: Un destin de Trouveur.

Les contes de la pieuvre se déroulent en France principalement, dans un Paris qui vient de connaître son fameux et néanmoins tragique destin de la Commune de Paris et avant les grands travaux de Haussmann. Le postulat de départ: certains êtres sont nés avec des talents, celui de Gustave Babel étant de parler et de comprendre dès la naissance tous les langages du monde, dans le cas de Trouveur c’est de pouvoir dénicher tout ce qu’il cherche, y compris le grand amour. Pour des raisons que vous découvrirez au sein de l’album, il a décidé de mettre ses talents au profit de la justice en intégrant la police de Paris et ce même si certains de ces collègues haïssent ceux que l’on appelle les talents. Vous allez être entraîner dans le milieu des petites gens qui font la vie du ventre de Paris, avec des personnages tous plus troublant les uns que les autres. Il vous savoir que ces deux premiers récits sont indépendants l’un de l’autre, Gess vous invite dans son univers, et les histoires des contes de la Pieuvre feront apparaître des personnages à différents moment de leur vie, les histoires n’ayant pas spécialement de lien les unes avec les autres, vous pourrez vous amuser à observer ce qui se passe en arrière plan et voir si vous reconnaissez tel ou tel personnage et découvrir comment leur vie à évoluer, un petit peu comme on avait l’occasion de le voir dans les Sin City de Franck Miller. Gess est au sommet de son art avec son bébé et c’est une très très bonne opportunité de découvrir son oeuvre.

Amertumes, Filipe Melo & Juan Cavia éditions Paquet.

Un recueil de deux petites nouvelles comme il est bon parfois de se mettre sous la dent, les auteurs du truculent Dog Mendonça & PizzaBoy aux éditions EP comics sont de retour.

La première histoire s’inspire d’une histoire vraie qui s’est passée pendant la seconde guerre mondiale, la deuxième se déroule dans les années 80 dans le désert du Névada. toutes deux tournent autour du côté savoureux de la nourriture ou bien de la boisson.

L’histoire d’un polonais qui s’implanta avant la seconde guerre mondiale à Berlin, monta un restaurant qui attire les foules mais aussi une clientèle bien qu’indésirable à qui on ne peut interdire l’accès: les S.A. . L’histoire d’une bouteille de champagne, une touche de luxe dans bien souvent des cas, que l’on peut garder pour les grandes occasions ou bien pour un plaisir intime.

L’autre récit évoquera une tarte aux pommes, un met réputé de cette cuisinière qui travaille dans un de ces « diners » qui jalonnent les bords des grandes routes américaines. Un client vient pour lui en passer commande, mais il se trouve qu’elle a déjà décidé depuis quelques temps de ne plus en réaliser, mais l’homme n’en démord pas et ne quittera pas le restaurant sans sa commande.

Pour rappel Dog Mendonça & PizzaBoy était un récit complètement déjanté et bien débile comme j’aime, avec un livreur de pizza qui se fait piquer son scooter lors d’une livraison par un …gobelin ??? et qui va faire appel à un privé versé dans l’ésotérique et affublé d’une assistante, une gamine d’à peine une dizaine d’année et qui recèle en son sein un démon de plusieurs millénaires, tout un programme. Enjoy !