N’allez pas par là, c’est la peste monseigneur !

2020 fait la part belle au dessin ! N’est-il pas vrai que c’est l’année de la BD ?

Dans tous les cas voici une des plus belles surprises de ce début d’année avec une production locale et le nouvel album de la maison d’éditions Vide Cocagne vient de frapper un grand coup avec une petite tuerie: Peste de Gauvain Manhattan.

C’est une prouesse graphique pour un récit très original, 250 pages de lecture vous plongeant dans un univers médiéval où la haute couture a une place prépondérante car comme chacun sait au royaume Bordevalinois: « Chez nous le style est d’une importance capitale si on veut se faire respecter ». Gauvain Manhattan a développé un monde d’une richesse magnifique, avec un dessin généreux, des personnages attachants au tempérament bien trempé pour certains, un bestiaire foisonnant de diversité et d’ingéniosité visuelle.

Je reste dans le médiéval avec une autre tuerie, à savoir que ma sélection va tenir du génocide tellement tous ces albums sont merveilleux.

Après La terre des fils, Gipi revient avec une autre histoire de fiction, et il s’associe pour l’occasion à un dessinateur que nous apprécions tous trois particulièrement: Luigi Critone, dessinateur entre autre de 7 missionnaires chez Delcourt et l’adaptation de Je François Villon de Jean Teulé, toujours chez Delcourt. Ce nouvel album s’intitule Aldobrando, sort aux éditions Casterman et est un récit complet.

Cette histoire aux accents burlesques est un récit initiatique pour ce jeune homme confié aux bons soins d’un sage, qui, estimant Aldobrando en âge de découvrir le monde, lui confie une chasse au dahu: Aldobrando est responsable des problèmes de santé de son père adoptif et doit trouver une plante médicinale lui permettant de se rétablir et ses temps sont comptés.

Enchaînant les rencontres et les quiproquos, Aldobrando se retrouve en prison, accusé de la mort du jeune prince et va vivre des aventures, croisé des personnages hauts en couleur et découvrir par lui-même qu’il ne faut jamais se fier aux apparences. Cette histoire est, à n’en pas douter, l’une de nos plus belles découvertes de ce début d’année.

Le grand retour d’un auteur culte à nos yeux, Miguelanxo Prado.

Cet auteur à fait les grandes heures de Casterman aux cours des années des romans (A SUIVRE), il revient tel Albator avec un oeuvre originale, Le Triskel volé, récit complet, et l’éditeur en profite pour remettre à disposition un album qui n’a pas pris une ride et qui reste toujours aussi exceptionnel, Trait de craie, agrémenté d’un supplément ? Non ! de deux suppléments mesdames & messieurs, rien que ça. A la fin de l’histoire vous bénéficiez dans un premier temps du récit en hommage à Hugo Pratt, un numéro spécial d’(A suivre) lui était consacré regroupant les témoignages de plusieurs auteurs, et dans un deuxième temps, pour le dernier numéro de ce magazine, Prado revenait avec un mini récit évoquant Trait de craie.

Le Triskel volé est une histoire abordant l’héritage du petit peuple qui s’est retrouvé confronté à un moment de son histoire à l’expansion de l’humanité, ce qui mettait leur existence en péril et une cohabitation périlleuse; mais l’heure du réveil est peut-être arrivé ?

Trait de craie: un homme fait une escale en voilier sur une île qui ne figure sur aucune carte marine. Peu de temps avant lui, une femme s’est arrêtée elle aussi, ses compagnons qui avaient leur propre bateau ont continué leur route et doivent repasser afin qu’ils reprennent la mer ensemble. Sur l’île, un phare abandonné et qui ne fonctionne plus. Une femme et son fils qui tiennent ce qui tient lieu d’auberge occasionnelle et de drugstore où le troc est parfois de rigueur. Une digue d’une longueur indécente laisse une trace au milieu de l’océan tel un trait de craie sur ce grand tableau bleu, où tout un chacun à laisser un message ou une trace de son passage. Un huis-clos toujours aussi haletant.

Et pour finir, deux auteurs que j’ai déjà mis à l’honneur, en premier une anthologie d’histoires courtes d’Inio Asano, auteur emblématique de Bonne nuit Pun Pun, Dead dead  demon dededede destruction etc… la quasi totalité de ses titres sont disponibles aux éditions Kana. Ce recueil vous permettra de découvrir la diversité de ses histoires, des thématiques qu’il a l’habitude de développer et de savourer complètement la qualité de son dessin.

L’autre perle n’est autre que la nouvelle série de Naoki Urasawa, l’auteur de Monster, Billy Bat, 20th century boys, Pluto et tant d’autres récits qui auront marqué l’histoire du manga.

Asadora aux éditions Kana s’inspire d’une série télé japonaise qui a commencé dans les années 60 et qui perdure encore, met en avant une jeune fille qui n’a de cesse de s’engager pour le bien être d’autrui. A n’en pas douter connaissant l’auteur, cette nouvelle histoire risque de nous valoir plein de surprise et d’en déconcerter plus d’un.

 

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