Coups de coeur : Du grand libraire

Pop pop pop, y’a du lourd en ce moment.

Ceci est une invitation au voyage, pas toujours voulu, pas tout à fait dans les conditions souhaitées mais comme le disaient si bien les Pet Shop Boys: GO WEST ! 

Rome West, Justin Giampaoli, Brian Wood & Andrea Mutti, éditions Jungle Comics. Brian Wood est un scénariste brillant, s’intéressant à l’histoire et aimant bien jouer avec à l’occasion. Nous avons déjà pu apprécier certaines des ses oeuvres avec entre autre Northlanders ainsi que Rebels aux éditions Urban Comics. Concernant Northlanders vous avez pour la version française 3 tomes consacrés le premier aux îles Anglo-Normandes, le deuxième à l’Islande et le troisième à l’Europe, et tous trois regroupaient différentes histoires, illustrées par plusieurs dessinateurs et s’intéressant aux différents aspects de la culture Viking. Pour Rebels, nous suivions le parcours d’un américain rejoignant les troupes « rebelles » décidant de s’insurger contre l’empire Britannique en 1775 afin de conquérir leur indépendance, une succession de différents actes et batailles qui ont émaillés ce combat.

Pour Rome West, Brian Wood fait le choix de l’Uchronie et prend le parti qu’une escouade de navires Romains pris dans une tempête au large de l’Ibérie et va s’échouer mille avant Christophe Colomb sur les côtes Américaines. En un volume et plusieurs histoires courtes, vous allez suivre les descendants de l’un des membres d’une des grandes familles Romaines les Valerius. A peine débarqués, les romains vont très vite se rendre compte, que malgré leurs grandes compétences stratégiques et de combats, ils ne feront jamais le poids pour s’imposer face aux autochtones, ils décident donc de parlementer et se faire tolérer dans ce qui deviendra leur nouvelle patrie. 

L’idée est intéressante et habilement montée, car en voyant une nouvelle civilisation voir le jour, les tribus qui dans la réalité se sont succédées, vont cohabiter et faire évoluer un nouvel empire sur le continent américain tandis que pour le reste du monde l’évolution restera la même. L’Espagne ne va donc pas gagner son hégémonie avec le débarquement de Christophe Colomb et le commerce d’épices et autres denrées et richesses qui s’en suivra mais je préfère vous laisser la surprise à la lecture de cet album des quelques modifications de l’Histoire que l’auteur a apportées.

J’ai déjà eu l’occasion de vous présenter la série Manifest Destiny le t 04 – sasquatch – est paru il y a peu. Les auteurs Chris Dingess, Matthew Roberts & Owen Gieni, aux éditions Delcourt. présentent une version originale de la mission du Capitaine Merriwether Lewis et du lieutenant William Clark.

Les nouveaux états américains viennent de racheter aux Français leurs territoires et décident d’envoyer une mission d’exploration afin de savoir si les migrants et nouveaux colons pourront s’implanter sur ces terres ou bien si elles sont inhospitalières. Si on vous en a fait une bande dessinée c’est que bien évidemment tout ne va pas se dérouler paisiblement. Au fur et à mesure de leur pérégrination, la mission va tomber sur des arches toujours liées à un élément naturel, impliquant un développement de la faune et de la flore toujours hostile à l’homme. Dans cette série on reste pantois devant l’ingéniosité et la créativité des auteurs sur cette version alternative de l’Amérique plus que sauvage étant donné qu’elle est plutôt horrifique. De plus on pourra s’amuser à se demander quelle sera la prochaine victime à chaque instant et sur quelle type de créature ils vont bien pouvoir tomber à la prochaine rencontre.

Un destin de trouveur – un récit des contes de la Pieuvre – Gess, éditions Delcourt. La malédiction de Gustave Babel

Nous avons été heureux de recevoir une nouvelle fois à la librairie notre ami Gess pour qui nous avons beaucoup d’affection et un grand intérêt pour ces créations, alors lorsqu’il s’agit de son bébé Les contes de de la Pieuvre nous éprouvons encore plus de fierté à vous le faire (re)découvrir.

Ce projet date d’il y a quelques années déjà avant qu’il est pu voir le jour sous la forme d’un premier album: La malédiction de Gustave Babel, qui bénéficia d’une édition le présentant sous la forme d’un bel ouvrage, et voici qu’un deuxième opus vient de voir le jour: Un destin de Trouveur.

Les contes de la pieuvre se déroulent en France principalement, dans un Paris qui vient de connaître son fameux et néanmoins tragique destin de la Commune de Paris et avant les grands travaux de Haussmann. Le postulat de départ: certains êtres sont nés avec des talents, celui de Gustave Babel étant de parler et de comprendre dès la naissance tous les langages du monde, dans le cas de Trouveur c’est de pouvoir dénicher tout ce qu’il cherche, y compris le grand amour. Pour des raisons que vous découvrirez au sein de l’album, il a décidé de mettre ses talents au profit de la justice en intégrant la police de Paris et ce même si certains de ces collègues haïssent ceux que l’on appelle les talents. Vous allez être entraîner dans le milieu des petites gens qui font la vie du ventre de Paris, avec des personnages tous plus troublant les uns que les autres. Il vous savoir que ces deux premiers récits sont indépendants l’un de l’autre, Gess vous invite dans son univers, et les histoires des contes de la Pieuvre feront apparaître des personnages à différents moment de leur vie, les histoires n’ayant pas spécialement de lien les unes avec les autres, vous pourrez vous amuser à observer ce qui se passe en arrière plan et voir si vous reconnaissez tel ou tel personnage et découvrir comment leur vie à évoluer, un petit peu comme on avait l’occasion de le voir dans les Sin City de Franck Miller. Gess est au sommet de son art avec son bébé et c’est une très très bonne opportunité de découvrir son oeuvre.

Amertumes, Filipe Melo & Juan Cavia éditions Paquet.

Un recueil de deux petites nouvelles comme il est bon parfois de se mettre sous la dent, les auteurs du truculent Dog Mendonça & PizzaBoy aux éditions EP comics sont de retour.

La première histoire s’inspire d’une histoire vraie qui s’est passée pendant la seconde guerre mondiale, la deuxième se déroule dans les années 80 dans le désert du Névada. toutes deux tournent autour du côté savoureux de la nourriture ou bien de la boisson.

L’histoire d’un polonais qui s’implanta avant la seconde guerre mondiale à Berlin, monta un restaurant qui attire les foules mais aussi une clientèle bien qu’indésirable à qui on ne peut interdire l’accès: les S.A. . L’histoire d’une bouteille de champagne, une touche de luxe dans bien souvent des cas, que l’on peut garder pour les grandes occasions ou bien pour un plaisir intime.

L’autre récit évoquera une tarte aux pommes, un met réputé de cette cuisinière qui travaille dans un de ces « diners » qui jalonnent les bords des grandes routes américaines. Un client vient pour lui en passer commande, mais il se trouve qu’elle a déjà décidé depuis quelques temps de ne plus en réaliser, mais l’homme n’en démord pas et ne quittera pas le restaurant sans sa commande.

Pour rappel Dog Mendonça & PizzaBoy était un récit complètement déjanté et bien débile comme j’aime, avec un livreur de pizza qui se fait piquer son scooter lors d’une livraison par un …gobelin ??? et qui va faire appel à un privé versé dans l’ésotérique et affublé d’une assistante, une gamine d’à peine une dizaine d’année et qui recèle en son sein un démon de plusieurs millénaires, tout un programme. Enjoy !

 

 

Biohazard !

« Tiens, mais qu’est ce que j’ai ce matin, quel friton putain !
Mais j’ai une pêche d’enfer … ça va le faire
C’est la vie qui éclate, j’ai vraiment la patate… »  Voilà un petit extrait de « La patate » de Pigalle, une chanson qui met en joie et qui vous donne vraiment la niaque au réveil. Et c’est dans un pareil engouement que je vous propose, pas spécialement un coup de coeur, mais plutôt une thématique récurrente ces derniers temps, la propagation de virus ou l’attaque bactériologique, étonnant non ?

Un premier coup de coeur commun à vos 3 libraires Le bateau de Thésée de Toshiya Higashimoto aux éditions Véga. Cette nouvelle maison d’éditions propose quelques histoires aux sujets originaux, Peleleliu, Guernica of paradise, un pan de l’histoire de la guerre du Pacifique pendant la seconde guerre mondiale, une des batailles les plus sanguinaires qui ait été, vous pouvez en voir un aperçu dans la deuxième saison de Band of brothers. Deep sea aquarium, consacrée à un jeune homme féru des animaux marins des grandes profondeurs. Dans le cas du Bateau de Thésée, l’histoire se base sur une affaire d’empoisonnement au cyanure de potassium, le lieu et les victimes sont changées pour l’occasion. On s’intéresse également à la façon dont sont traitées les affaires criminelles au Japon. Concernant l’histoire, elle est vue par le regard du fils de la personne incarcérée malgré le manque de preuves évidentes de sa culpabilité. En voulant en apprendre plus sur son père et se rendant sur place dans le village où le drame a eu lieu, il voyage dans le passé, quelques jours à peine avant que les enfants et les professeurs victimes de l’empoisonnement ne meurent et tente non seulement de savoir ce qui s’est passé mais également de l’empêcher.

Autre manga, Contamination (Rendez-vous avec Rieux) de AO Agato éditions Kana. Rendez vous avec Rieux était le titre possible de cette histoire étant donné l’hommage volontaire au roman La peste de Camus.

Un mini récit en trois tomes qui vient tout juste de se terminer, dans une petite ville touristique située au pied du mont Fuji, une jeune médecin va devoir faire face à la plus improbable des menaces, des victimes de se qui semblerait être une forte grippe se révèle être une simple et banale peste, mais qui mutera en cours de route sur une variante beaucoup plus virulente.  Dans ce cas de figure nous nous intéressons plus au côté technique et médical de ce genre de situation, de la gestion des soins au confinement, de la médiatisation au réaction des personnes et ce qu’elles soient du bon ou du mauvais côté du cordon de sécurité sanitaire.

Passons aux autres réjouissances,  Manhole de Tetsuya Tsutsui éditions Ki-oon. Ce n’est pas une nouveauté, mais cet autre mini série de 3 tomes est l’un des perles de cet auteur qui réalise des histoires de phénomènes sociaux ou, comme dans le cas présent, l’auteur invente une attaque terroriste comme celle de la secte Aum au gaz Sarin dans le métro de Tokyo. Pour ceux qui sont suffisamment âgés, la secte Aum a fait largement parler d’elle à l’époque car elle s’est répandue sur plusieurs pays et a fait beaucoup de dégâts.

King of eden de Takashi Nagasaki & Ignito éditions Ki-oon. Une série en cours de parution avec au scénario le co-scénariste de Naoki Urasawa sur Pluto, Master Keaton et Billy Bat. Je reconnais que pour celui-ci, on s’éloigne légèrement, mais alors très légèrement du côté réaliste de ma thématique, mais une crise d’anthropophagie, ça reste crédible, non ? Un mal resurgi de temps à autre depuis quelques millénaires. Lorsque un cas apparaît, un individu se retrouve contaminé et infecte son entourage, s’en suit une curie où chacun s’entre-dévore jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un, mais qui ne survivra que sur une durée de 3 jours. Ce mal est issu d’une entité maléfique, et comme bien souvent dans ce genre d’histoire, il existe un ordre d’humain, possédant quelques capacités exceptionnelles qui leur permettent de combattre ce mal. Mais de nos jours certains états mal intentionnés désirent ardemment mettre la main sur la souche qui déclenche les symptômes afin de la militariser et faire plier le reste du monde sous leur joug.

Virus de Sylvain Ricard & Rica, éditions Delcourt. Le libraire chevelu et moi-même avant déjà mis en avant cette histoire depuis sa sortie en début d’année, sans grand résultat probant malheureusement, et pourtant, ce huis-clos à bord d’un navire de croisière, mis en quarantaine par l’état Français afin de circoncire la propagation d’un virus est des plus intéressant, je vous invite à relire l’article de mon collègue pour l’occasion, je peux juste ajouter que cette histoire sera en 3 tomes et que nous ne manquerons pas de vous en reparler à l’occasion.

Aujourd’hui est un beau jour pour mourir.de Colo aux Editions du long bec.

Alors dans le cas de cet album, c’est un beau pavé, vous aurez de quoi vous en mettre sous la dent. D’un côté on appréciera si je puis me permettre, l’évolution de notre société excluant les plus démunis, les marginaux, les handicapés… de façon encore plus significative que cela ne peut déjà être le cas aujourd’hui. pour exemple, si vous avez le même humour que moi, un aveugle qui se prend une prune parce qu’il n’a pas pu présenter le papier démontrant son handicap, et s’en prend une deuxième parce qu’il n’a pas lu le papier derrière son interlocuteur stipulant qu’il devrait présenter le dit papier, et je vous ai bien préciser dès le départ qu’il était aveugle, AAAAHHHH les stéréotypes de l’administration. Le contexte lié a ma thématique, avec le réchauffement climatique, un virus de la préhistoire resurgi hors de la calotte glaciaire, reléguant le virus Ebola au statut de petite pucelle. La densité de l’histoire, des éléments que vous assemblerez au fur et à mesure en fait un récit original et captivant. 

J’espère vous avoir suscité une légère curiosité sur ces possibilité de lecture, et par la même occasion, provoqué une vague de terreur chez les probables hypocondriaques que nous pouvons compter parmi celles et ceux qui fréquentent notre librairie.

Portrait d’un buveur (et c’est pas moi)

La boisson, la picole, la biture, l’alcool à l’excès , quel magnifique programme en perspective, on va se la mettre à l’envers comme c’est pas permis. Si d’habitude on vous parle de modération, profitons du Portrait d’un buveur de Olivier Schrauwen et Ruppert & Mulot, dans la collection Aire-libre des éditions Dupuis.

Tout d’abord, je ne vous cache pas ma déception par le flop que j’ai fait fin 2018 avec le précédent album de Ruppert & Mulot, Soirée d’un faune à L’Association. J’y croyais à mort, j’étais persuadé qu’une nouvelle fois, leur idée originale susciterait de la curiosité, mais voilà, le rendez-vous, si il a eu lieu, ne se tenait pas chez nous, à la Mystérieuse.

Et pourtant, imaginez-vous rentrant tranquillement à la maison avec votre dernier achat de BD sous le bras, vous vous installez bien confortablement, et vous déplier l’équivalent d’une carte routière à vous en désarticuler les bras.

 

Cela ressemble à un beau merdier, présenté comme ça, non ?! Et non seulement il y a plein de monde, mais ils ont réussi à y coller un hélicoptère, et comme toute « carte routière » qui se respecte, l’histoire est recto/verso.

Ces auteurs ne travaillent pas toujours en duo, et ne font pas que des livres « objet » mais quand ils s’y mettent, ils me ravissent. Ils ne se baladent pas toujours, que chez des éditeurs indépendants, ils font des petites incartades chez les plus gros, et concernant Dupuis, c’est chez cet éditeur qu’une partie du grand public les a découvert avec La grande odalisque et Olympia, en collaboration avec un petit jeune du nom de B. Vives, mais peut-être n’en entendrez-vous jamais parler.

Revenons à notre poivrot.

Un peu de respect messieurs-dames, il a un nom, il s’appelle Guy, il n’a de cesse de vous le chanter (ou hurler) au creux de l’oreille jusqu’à ce que vous craquiez pour lui payer un verre, peu diront de lui que c’est un joyeux drille, mais beaucoup diront qu’il est lourd, pesant… imbuvable, c’est un comble !

A ce stade on ne voit que ses errances nocturnes, comme tant d’autres ont pu vaquer de bar en bar jusqu’à plus soif, pardon, dans cet état on dit pussssouaafff. Mais Guy n’en est plus au simple stade de soiffard, jovial ou non. Son addiction est telle qu’elle le pousserait aux pires actions pour assouvir sa soif, du plus simple vol au pire meurtre crapuleux (c’est un meurtre où vous faites une sieste juste après).

Tout cela n’était qu’une simple introduction, une mise en bouche, Guy a une vie figurez-vous, il est maître charpentier dans la marine, et c’est entre deux campagnes en mer qu’il se permet de faire la bringue. Dans son quotidien, nous voyons les séquelles de l’alcoolisme, lorsqu’il n’a pas sa dose, il est sujet de crise de delirium tremens, ses gestes manquent d’assurance. Sa personnalité aussi varie selon son taux d’alcool dans le sang: du bravache soiffard ne reste nulle trace lorsque le sobre et pleutre charpentier reprend sa place.

Guy ne va pas être seul dans son périple, l’expression populaire, c’est bien avoir un cadavre dans son placard, ben avec Guy, c’est une sacrée penderie que vous visiterez. 

Si j’ai dit précédemment qu’il était prêt à aller jusqu’au meurtre, il y a aussi les dommages collatéraux, et toutes ces victimes se retrouvent spectateurs de le vie de Guy, dans une espèce de non-monde, séparé du notre par un simple rideau.

On perçoit la frustration qu’ils peuvent ressentir lorsqu’ils se rendent compte combien Guy traverse la vie sans rendre de compte à qui que ce soit, sa lâcheté, sa traîtrise et la moindre de ses frasques restent toujours impunies.

L’approche graphique vous paraîtra peut-être singulière, l’alternance des cases en couleur et celles qui vous sembleraient des cases préparatoires lui donne un charme fou.

J’ai pris autant de plaisir à lire ce livre que ce petit bijou qui se cache au fond de la librairie, l’alcool en moins, ou plus modérément (ça y est, il l’a dit ! Et pourtant je ne voulais pas jouer au consensuel), ce petit chef-d’oeuvre En mer de Drew Weing aux éditions çà & là, qui garde en commun le périple maritime et le poids de la vie sur les frêles épaules de nos personnages de bande dessinée.

Oh, oh, oh, oh, la BD à l’Italienne…

Hello chers amis lecteurs, en ce début d’année on peut dire que l’actualité met l’Italie en avant, et  si ce sont plutôt les relations politiques franco-italiennes qui font la une de l’information, gardons un peu plus de légèreté afin de découvrir que l’édition de la Bande Dessinée Française fait la part belle aux auteurs Italiens. Voici donc quelques morceaux choisis des nouveautés de ce début d’année 2019.

Tout d’abord Sissi, une femme au-delà du conte de fées, Giorgia Marras, éditions Steinkis. Cet album a été réalisé au cours d’une résidence de l’auteur à Angoulême, cela ne vous apport rien de plus que de le savoir. Il est amusant d’avoir l’occasion de le lire alors que l’année dernière les éditions Dargaud ont publié Charlotte impératrice, le premier tome d’une nouvelle série de Fabien Nury (Il était une fois en France, La mort de Staline…) et mise en images par Matthieu Bonhomme (L’homme qui tau Lucky Luke, Le marquis d’Anaon, Messire Guillaume…). pourquoi amusant ? Tout simplement que le fait d’avoir deux biographies consacrées à ces deux belles soeurs, se différencient qu’en fonction du choix des auteurs d’avoir choisie l’une l’autre, dans les deux cas, la « garce » c’est « l’autre ». Blague à part, il vaut mieux effectivement avoir lu les deux pour garder une certaine objectivité sur leur personnalité.

Cependant Giorgia Marras relate la vie de Sissi en tenant compte de la perception de ses contemporains, que ce soit la noblesse, mais la population également et ce, qu’ils soient Autrichiens ou Hongrois, les implications n’étant pas les mêmes.

Outre la part biographique et historique, c’est surtout sur sa personnalité que nous allons nous attarder. De part ses origines et sa condition, son intégration dans la famille impériale ne va pas se faire aisément. Elle arrive néanmoins à ne pas être le jouet des intérêts de chacun, y compris de l’éducation de ses enfants, car son fils, l’héritier, sera amené à être non seulement un chef d’état mais aussi un chef de guerre, mais elle arrive à reprendre en main son éducation afin qu’il soit un homme de son temps et non un esprit formaté.

Nico et le coeur de Cronos, Edoardo Natalini, éditions Akiléos. Nous n’avons jamais caché l’intérêt que nous avons pour cette maison d’éditions, et avec les deux titres que je vais vous présenter cette fois, l’originalité est encore au rendez-vous.

Cet album est une histoire accessible pour un jeune public, un récit complet, ce qui je le sais en satisfait plus d’un aujourd’hui. C’est un récit Fantastique, avec des créatures étranges, une confrontation entre deux civilisations.

Nico est membre de la tribu des Crooks, mais n’est pas physiquement tout à fait comme ses congénères. Alors qu’ils sont plutôt petits, la peau blanchâtre, les yeux noirs profonds ainsi que les cheveux noirs de jais, lui est grand, les cheveux roux, les yeux clairs. Ces différences font qu’il a été marginalisé, on le cantonne à la frontière afin de surveiller d’éventuelles incartades des humains sur leur territoire, à lui la charge de les effrayer muni de son habit de Krampus, une créature effrayante qui tient les intrus à distance.

Une chance pour lui, c’est qu’il est l’ami du fils du chef, Shinn, trop content d’avoir un ami rigolo, car trop bizarre physiquement, et qui lui ramène des objets du monde des humains, et plus précisément des jouets. Seulement un raid éclair parvient à franchir la frontière et kidnappé le jeune Shinn.

Nico par seul à l’aventure tenter de sauver son ami. Il va passer la frontière, découvrir un monde inconnu à lui, croiser le chemin de soldats qui en ont assez des combats incessants, de voir leurs camarades tombés et ont décidé de déposer les armes. Il semble également qu’il y ait un problème avec le Jour, ou la Nuit, dans tous les cas il règne une drôle d’ambiance. 

Voici une aventure foisonnante, de personnages, d’idées et de surprises.

Toujours chez Akiléos: Emma Wrong, de Lorenzo Palloni & Laura Gugliemo.

Un bon polar cela vous tente ?

Les recettes les meilleures peuvent parfois être les plus simples, un huis-clos, un casting comme Agatha Christie était capable de nous les pondre, un contexte particulier impliquant que les personnages ne sont pas aussi libres de leurs mouvements tels qu’ils pourraient l’espérer.

Emma Wong, cette belle et grande jeune femme débarque trois jours avant le premier essai nucléaire sur le sol américain en plein coeur du désert du Nevada, dans un motel à proximité du site, où quelques touristes sont venus assister à l’événement (ATTENTION !!! L’abus d’exposition aux radiations des essais nucléaires est dangereux pour la santé, du moins une étude est en cours). Emma vient dans un but bien précis, elle poursuit l’homme qu’elle aime, un problème… elle ignore à quoi il ressemble. Michaël, elle connait son nom, elle connait son étreinte, ils ne sont pas des inconnus l’un pour l’autre, mais Michaël est un espion ! Après avoir passé un bout de chemin ensemble, Michaël a repris son indépendance, surtout afin de préserver sa compagne des risques de représailles, et puis ses missions l’amène aux quatre coins du monde, toujours sur la brèche. 

Mais Emma a décidé de n’en faire qu’à sa tête, et bravant tous les dangers, elle suit son amour sans cesse, sur tous les terrains, quels que soient les circonstances et les risques encourus. Dans sa course effrénée, elle ne se trompe quasiment jamais et talonne Michaël, et aujourd’hui, elle est convaincue de sa présence dans ce motel.

Un cadavre flotte au beau milieu de la piscine: que s’est-il déroulé au cours des trois derniers jours, quel casting se cache derrière le florilège de personnages présents, du couple américain idéal ou idéalisé, aux migrants clandestins qui bossent en cuisine, c’est l’Amérique dans toute sa splendeur et se décadence qui se tient devant nous.

Le charme du dessin et de la colorisation renforce cette ambiance de polar cinématographique des années 50′ avec une luminosité radicale dont bénéficie ce désert exposé au soleil implacable. Vous aussi soyez les bienvenus au Hot Rock motel !

This is the end my friend, et quoi de mieux qu’un bon Western Spaghetti pour finir cette présentation: Kids with guns, Capitan Artiglio (Julien Cittadino), éditions Casterman.

Kids with guns ! Après Negalyod, également aux éditions Casterman, on va se dire qu’il n’y a rien de plus normal maintenant d’avoir des Westerns avec du dinosaure à toutes les sauces.

C’est un premier tome d’un nouveau titre que l’on peut conseiller pour adolescents/adultes, une histoire très déjantée, tout dans la finesse, trois frangins, desperados de profession, il viennent trouver refuge dans ce rade isolé au milieu de nulle part. 

Ces trois visages ne vous seront pas inconnus, très fortement inspirés du bon, la brute et le truand. Ah ! Au fait,ils ne sont pas trois, mais QUATRE, le plus jeune a oublié de présenter sa fille à ses deux tontons, à leur grande surprise, le jeunot à adopter une gamine qui l’accompagne partout maintenant et qui va se montrer foutrement douée pour le maniement des flingues et une prédisposition pour flinguer son prochain.

On aura le droit d’avoir notre petite dose chamanique, c’est pas parce que l’on vous a déjà collé des dinos que l’on ne peut pas pousser la plaisanterie encore plus loin, non ?!

Vive l’Italie ! Vive le cinéma ! Vive Roberto Benigni ! Vive les Fumetti !

Un début 2019 très artistique

L’art est mis à l’honneur et ce grâce à deux artistes de talent: Christian Lax qui sort le nouvel album de la collection issue du partenariat Futuropolis & Le musée du Louvre, Une maternité rouge. Taiyô Matsumoto quant à lui présente un titre chez Kana en lien avec l’art, éveil. Il est mis à l’honneur à l’occasion de l’exposition d’Angoulême, l’éditeur Kana publie le troisième et dernier volet de: Le rêve de mon père. Une édition à tirage unique de sa série Number 5 en deux intégrales. Pour ne pas être en reste, Delcourt vient de réimprimer Amer Béton et début février représente, dans une collection « prestige », Ping Pong. Que des bonnes nouvelles.

Les derniers récits de la collection Futuropolis et Louvre éditions m’avaient pleinement satisfait, Naoki Urasawa avec Mujirushi, Le signe des rêves et Taiyô Matsumoto et ses Chats du Louvre. Et si d’autres auteurs avant eux m’avaient séduits comme Liberge, De Crécy, M.A.Mathieu, je dois bien reconnaître que Christian Lax vient de marquer un grand coup avec Une maternité rouge.

En choisissant une histoire qui met en avant le pavillon des sessions, consacré aux arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, Christian Lax peut développer son récit sur plusieurs points. En premier lieu nous sommes témoins du « pillage » dans les années 60′ des oeuvres culturelles qui ont quitter leur terre d’Afrique pour finir dans les musées occidentaux. Nous enchaînons avec Alou, jeune Malien d’aujourd’hui, qui gagne sa vie en revendant le miel qu’il récolte de manière traditionnelle et ancestrale. Respectueux de l’enseignement de son art il vénère les gestes transmis et respecte ses dieux, mais ce n’est pas au goût des membres de l’état islamique qui fait régner la terreur et détruit toute trace culturelle qui ne correspond pas à leur vision du monde.

De cette rencontre explosive rejaillit un autre témoignage de ces ancêtres, une sculpture Dogon d’une figure de maternité, et l’un de ses aînés va lui confier la tâche de l’amener au musée du Louvre afin qu’elle retrouve une de ses soeurs qui y ait déjà exposée et qu’elle échappe ainsi au massacre culturel. Son chemin sera celui des migrants qui continuent de faire la une des journaux du mondes entiers, qui bravent mille périls avant d’échouer sur nos côtes. Nous croisons avec lui la route de ceux qui partagent ces périls, les volontaires et les associations qui leur apportent leur aide dans les camps de fortune, en l’occurrence sur les bords de seine aux abords du musée du Louvre.

Une nouvelle fois Christian Lax est en mesure de mettre en valeur une profonde humanité au coeur de son récit, son dessin nous dépayse dès les premières planches, nous partageons la quête de Alou, de la majestuosité d’un baobab au coeur du désert, auquel il rend hommage avant d’y prélever son miel, jusqu’à la terreur de la traversée à bord d’un frêle esquif perdu dans les méandres incertains de la mer Méditerranéenne, ne sachant pas qui arrivera vivant au bout du voyage.

Taiyô Matsumoto

Ce n’est pas la première fois que j’essaye du vous convaincre de l’intérêt ou ne serait-ce que la curiosité qu’il faut porter à cet auteur, mais quand l’actualité me donne une nouvelle fois l’occasion d’en faire des tonnes, il n’y a pas besoin de me pousser trop fort.

éveil, une histoire publiée dans un format équivalent à nos format franco-belge classiques (24*32 cm environ) couverture cartonnée, mais qui se lit dans le sens de lecture original de l’oeuvre. C’est une histoire complète qui va se dérouler au sein d’une tribu, constituée notamment de sculpteurs et de danseurs.

Les danseurs sont en charge de communiquer avec les divinités, mais celles-ci ne répondent à leur appel que si les danseurs portent des masques cérémoniels qu’elles reconnaissent dignes d’elles. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, la cérémonie ne fait pas écho aux oreilles des divinités.

C’est Tsubaki qui a été désigné pour réaliser les masques des danseurs, le sculpteur désigne son successeur, et c’est son plus jeune fils qui a hérité de sa charge, mais cela irrite les danseurs, à leurs yeux seul Yuri, le fils aîné, a les faveurs des dieux, arrive à les percevoir et à les sensibiliser au travers de ses créations misent en scène dans les danses. Seulement Yuri est hyper sensible, il appréhende le monde extérieur et n’ose s’aventurer en-dehors de sa maison ou de son atelier, ce qui ne l’aide pas non plus à s’intégrer au sein du groupe.

éveil est un récit initiatique, onirique et plein d’autres choses en « ique » genre magnifique, merveille artistique ou Mr Boombastic… 

L’autre perle est le dernier tome de sa trilogie, Le rêve de mon père, toujours chez Kana.

Nous sommes au début des années 90′ Shigeo vit seul avec sa mère, nous sommes à l’approche des grandes vacances et parce qu’elle a besoin de temps pour elle, Shigeo va devoir aller vivre quelques temps avec son père Hanao.

Hanao a passé la trentaine mais reste ancré dans son rêve d’intégrer la fameuse équipe des Giants, la meilleure équipe du circuit de Base Ball au Japon et ce malgré son âge avancé pour une carrière professionnelle. En attendant il fait parti de l’équipe du quartier, entraîne les enfants et les adultes au moyen de ses idées les plus farfelues, mais il n’empêche que malgré tout, ses talents sont indéniables et Shigeo ne peut que constater l’aura dont bénéficie son père. 

Shigeo fait tout autant montre d’intelligence et de précocité que son père Hanao semble être bête, pour ma part je préférerais dire qu’il est naïf face à la vie et agit dans la spontanéité de ses envies. Leur relation va être des plus tumultueuse, Shigeo se sentant l’obligation d’endosser la responsabilité de faire tourner la baraque comme il se doit.

Ce qui est touchant dans cette histoire, c’est entre autre chose, comment la perception de Shigeo évolue et ce dès le premier tome, le regard sur son père change malgré lui, il aimerait pouvoir garder son oeil critique et réprobateur vis à vis de son père, mais l’amour filial resurgit malgré tout. Après Sunny, Taiyô Matsumoto nous enchante une nouvelle fois sur la vie perçue par le regard d’enfants.

Et comme je le disais vous pouvez bénéficier des nombreuses rééditions ou remises en avant de ses différentes histoires.

 

 

 

Bandit bandit

Hello, outre ce petit clin d’oeil à ce truculent film de Terry Gilliam, aujourd’hui je vous propose de revoir votre vision des bandits, car si leurs actes pouvaient être condamnables, il faut également tenir compte du parcours qui les a amener à ce choix de vie, si on peut parler de choix, ce qui bien évidemment n’excuse pas tout. 

Claire Fauvel nous propose le portrait de Phoolan Devi, reine des bandits aux éditions Casterman. Cette femme était déjà présentée dans le tome 2 de Culottées de Pénélope Bagieu qui reste pour moi une très bonne base de sources avec ses différents portraits pour se tourner ensuite vers des oeuvres plus importantes consacrées à ces femmes. 

L’album de Claire Fauvel en est un parfait exemple. Dans celui-ci, outre le parcours de Phoolan Devi, de son enfance à sa libération de prison et son élection au parlement indien, on découvre (? selon votre culture personnelle) le système de caste, la condition de la femme en Inde, la place des musulmans dans le pays… 

Elle est mariée à 11 ans, voit comment sa famille est dépossédée du peu qu’elle a, est rabrouée tout au long de sa vie de part sa condition sociale et de son statut de femme, subira plusieurs viols tout au long de sa vie. On comprend la haine qu’elle aura face à  ses êtres sans scrupules et sa volonté de leur faire payer. 

C’est un parcours qui blessera le lecteur mais jamais à la hauteur de ce qu’elle a subi. La réalisation graphique et narrative de Claire Fauvel est faite avec brio, il n’y a aucune remarque négative que je pourrai lui faire tant j’ai été happé par son histoire, bravo, tout simplement.

L’autre personnage mis en avant à l’occasion de cette rentrée n’est autre que Jules Bonnot dans l’album La bande à Bonnot de Pierce, Moravn, Vogel & Futari aux éditions Glénat.

Ces attaques et ses actions sont célèbres de par les différentes adaptations à l’écran, et c’est surtout ses actes de violence qui étaient mis en avant. Mais aujourd’hui l’accent est mis sur les conditions particulières qui ont amené Jules Bonnot à se tourner vers le grand banditisme, voire même à en donner une définition de ce qui sera le procédé: braquage à main armée + fuite en voiture. 

La volonté des auteurs est également de rétablir les faits et cause du mouvement anarchiste du début du siècle, trop souvent associé à la violence et aux attentats, de montrer qu’il était intimement lié au milieu ouvrier et à l’exploitation de ceux-ci. on découvre toute la machination mise en place par la police pour provoquer les anarchistes à passer à l’acte de violence, les mettre sur le reculoir et décrédibiliser leur combat auprès du grand public.

Là encore, les auteurs ont réussi leur pari, le dessin donne une très chouette ambiance flirtant avec les meilleurs récits policiers. Il y a eu d’autres bons albums dans ces 2 premières semaines de sorties et n’en doutez pas, il va y en avoir plein d’autres à venir. Bonne lecture.

Des BD très animées.

Chers amis lecteurs, n’allez surtout pas imaginez que l’on vous délaisse ou bien que l’on se repose sur nos lauriers, mais il faut bien reconnaître que cela fait déjà un moment que l’on a pas partagé nos coups de coeur sur notre site. Il ne tient qu’à nous de nous rattraper et de vous dévoiler ce que vous auriez pu rater. 

Pour commencer, Grégory Panaccione, le co-auteur de l’énorme carton Un océan d’amour (avec W. Lupano), mais aussi de Chronosquad, Match, Toby mon ami, Âme perdue et Qui ne dit mot (avec l’humoriste S. de Groodt), il est de retour juste avant l’été avec: Mini & Super VIP – Le mystère du Va-et-Vient, de Bozzetto & Panaccione, dans la collection Métamorphose aux éditions Soleil.

Dans quel contexte se situe l’histoire ? Le réchauffement climatique se porte à merveille, rassurez-vous ! Le moteur à explosion ne s’est pas vu supplanter par le petit nouveau électrique et les pots d’échappement pétaradent à tout-va, libérant leur gaz et donnant une belle couleur grise à toute la planète ainsi qu’aux poumons. Vous vous doutez bien que toute cette grisaille donne du baume au coeur et favorise la moindre dépression.

Il n’empêche que pour remonter le moral, on peut compter sur des personnages emblématiques, des modèles pour chacun d’entre nous de courage et d’abnégation LES VIP, Mini & Super. Depuis l’aube des temps, leurs gènes se sont transmis de générations en générations afin qu’ils puissent aider l’humanité de par leur pouvoir hors du commun.

Et si aujourd’hui Super VIP est le parfait exemple d’une force Herculéenne, d’une résistance à toute épreuve, d’une capacité à défier les lois de la gravité etc, etc… Mini VIP quant à lui est le plus parfait représentant de la faiblesse incarnée. Oh en tant que super héros, il peut tout de même sous le coup d’une énorme, que dis-je, d’une COLOSSALE concentration lévité à quelques centimètres du sol sur… ben… quelques centimètres de longueur. Mais qu’à ne cela ne tienne, il ne perd pas courage et tente à tout pris d’inventer la machine de ses rêves qui lui permettra d’égaler les pouvoirs de son frère.

Comme je vous le disais, le moral est au beau fixe, alors que Mini VIP essaye de ne plus être un looser, le seul super héros sur lequel tous nos espoirs reposent, Super VIP, lui est en pleine déprime, sa petite amie la quitté, et depuis il est incapable de mener la moindre mission à bon terme. C’est dans cet état de fait que Mini VIP va trouver une espèce de lampe torche, Le va-et-vient, qui ne marche pas, bien évidemment, du moins pas comme il s’y attendrait, et qui est liée au plus grand de tous les périls qui menace notre planète: une créature extraterrestre prépare de longue date une invasion de notre monde pour y élever ses rejetons. Si on ajoute à ça, le tournage du dernier King Kong, pardon du dernier Sing Song, un gorille dépressif et amateur de poésie, voici un album qui vous invite à un désopilant récit burlesque, le dessin de Panaccione se prêtant toujours aussi bien à une ambiance cartoonesque.

Le carton plein du succès pré-estival n’est autre que: Il faut flinguer Ramirez – Acte 1, de Nicolas Petrimaux aux éditions Glénat. A peine sorti qu’il a déjà été réédité, il a été mis en avant par un grand nombre de libraires et d’articles l’encensant et pour cause: il est d’une efficacité redoutable.

Lorsque nous l’avons reçu au milieu des nouveautés au fond du carton, il nous tout de suite fait de l’oeil avec sa couverture d’un orange bien chaud correspondant tout à fait à l’idée que l’on se fait de l’atmosphère Texane, la chaleur, la luminosité, la moiteur ainsi que les esprits rapidement mis à vif.

Ramirez: dans un dictionnaire c’est sa tête qui illustrerait la définition de l’employé modèle, plein d’abnégation, ne rechignant devant rien pour un travail parfait et le succès de son entreprise, mais toujours dans un cadre légal. Grâce à lui, son patron est Le n° 1 de l’aspirateur dans le monde, et en avance toujours sur ses concurrents.

Ramirez est capable de prouesses pour tenir les délais, exiger le meilleur de la machine, et ce malgré un petit chef juste au-dessus de lui qui lui en fait voir des vertes et des pas mûres. Il a une autre particularité: il est muet; donc en règle générale, il n’est pas une source de nuisance sonore pour ses collègues, d’autant plus qu’il est doté d’une réserve et d’une discrétion à toute épreuve.

Seulement pour faire de l’histoire de Ramirez un bon polar, il faut rajouter un ou deux ingrédients supplémentaires et si possible, bien pimentés, du genre, un duo de braqueuses qui vient de débarquer en ville, mais surtout la mafia mexicaine qui semble-t’il porte un intérêt tout particulier à notre représentant en aspirateurs, au point de vouloir le voir assez rapidement, et si possible d’une manière brutale et exemplaire.

Comme dans un film de Tarrantino ou de Guy Ritchie, de Jim Jarmusch avec Ghost Dog, le casting est à tomber, chaque personnage dont vous croiserez la route apporte sa touche à l’histoire, l’auteur agrémente en plus des pages de publicités supplémentaires qui enrichissent encore plus l’histoire et permet de s’immerger un peu plus dans l’ambiance, une perle je vous dis. Vous pouvez même vous faire un petit kif supplémentaire en allant voir les trailers qui existent sur le web. Vous voulez du rab ? Lorsque l’on sort son nez du bouquin, l’écriture est si superbement bien menée, que vous allez avoir plein d’idées pour la suite de l’histoire, Nicolas Petrimaux s’offre le luxe d’avoir écrit un récit dense, immersif et qui risque de receler un paquet de surprises au lecteur pour la seconde partie, des Bandes dessinées de cette qualité, cela devient rare, si! si!

Mon petit dernier, dans la lignée directe de Cowboy Bebop et de Samouraï Chamùploo: Renjoh Desperado de Ahndongshik aux éditions Kurokawa.

Un savant mélange de Western et de culture nippone, on y retrouve entre autre quelques créatures du patrimoine fantastique, dans la première histoire du deuxième volume qui vient de sortir, l’histoire se base sur un classique de la littérature fantastique avec des Tanuki qui prennent l’apparence d’humains et tendent un piège aux voyageurs esseulés en leur faisant croire qu’ils arrivent dans une auberge alors que c’est une maison abandonnée.

On s’y bat aussi bien à coup de sabre qu’à coup de Winchester, et notre héroïne, Monko, a, tout comme Guts dans Berserk, un canon à la place du bras gauche. Le design des personnage va chercher dans tous les genres, donc on ne s’étonne pas d’avoir des samouraïs avec une coupe « afro ».

Monko est un loup solitaire, on découvrira au fur et à mesure de l’histoire dans quelles conditions elle a perdu son bras. pour le moment vous n’avez juste à savoir qu’elle est à la recherche de l’amour de sa vie, et les beaux ténébreux vont se succéder sur sa route, pour leur plus grand malheur car cette femme fatale, l’est surtout pour la scoumoune qu’elle se trimbale et qui bénéficie toujours à autrui.

Nous plongeons dans tous les stéréotypes du genre: fille à gros seins, un peu niaise sur les bords, les méchants dans l’histoire sont tout aussi crétins et cela se lit sur leur visage, leur faciès et leur bande rappelle Ken le survivant ou encore Nicky Larson.

Voilà les 3 petites perles qui m’ont agréablement séduites et que je trouve tellement dynamiques et fluides que j’aimerais bien avoir l’opportunité de voir en version animées, d’où le titre. Très bel été à vous.

 

En route pour de grandes aventures.

Nous avons encore plein de belles choses à nous mettre sous la dent avant de les ranger sur nos étagères, bien écrites, bien dessinées, mais dans ma sélection du jour, vous trouverez pour une partie de ces titres, une thématique commune.

Avant tout, je vais commencer par 2 titres qui sont méchamment bons: Le coeur des amazones, de Christian Rossi et Géraldine Bindi, aux éditions Casterman, ainsi que Gagner la guerre, livre 1 Ciudalia, de Frédéric Genêt d’après l’oeuvre de Jean-Philippe Jaworski, Le Lombard.

Christian Rossi est un auteur dont j’apprécie énormément le travail, nous avions mis en avant précédemment Deadline aux éditions Glénat, un western en one-shot, les lecteurs le connaissent peut-être un peu mieux grâce à West, chez Dargaud, un western également ou quasi assimilé puisque nous sommes au début du XXème siècle, une série en 6 tomes comprenant 3 récits en diptyques qui allient Histoire et ésotérisme, avec au scénario un certain Fabien Nury (Il était une fois en France, La mort de Staline, L’or et le sang, Katanga, Silas Corey…) mais pour ma part je crois que je l’ai découvert pour la première fois grâce à La gloire d’Héra et Tirésias que vous pouvez lire actuellement dans une version regroupant les 2 récits aux éditions Dargaud. Ces deux titres abordaient déjà la thématique de la mythologie, avec Le coeur des amazones nous revenons au temps de la guerre de Troie.

L’histoire prend place au moment où Achille a décidé de rompre le combat, il refuse de servir le roi Agamemnon qui vient de mettre la main sur la prisonnière qu’Achille venait de faire. Ce désistement a pour conséquence entre-autre de faire perdurer la guerre. Le public ignore parfois que ce conflit a duré plus de 10 ans, mais garde en mémoire que c’est l’histoire de la belle Hélène, qui s’en ai pris plein la poire et s’est vue attribuer tout un tas de noms d’oiseaux. Mais ce sont d’autres femmes qui nous intéressent: les Amazones.

Elles sont à proximité du conflit qui oppose les grecs et les troyens, et approche la cérémonie de la fête des fleurs des amours, elles doivent mettre la main sur des mâles reproducteurs afin d’agrandir leur tribu et préparer une nouvelle génération de guerrières. Elles lancent des raids éclairs sur le champ de bataille, s’en prenant à un camp ou à l’autre sans aucune distinction. Leur jeune reine, Penthésilée, a cependant un problème de taille, elle ne peut s’accoupler qu’avec un homme de sang royal, et c’est l’annonce de la présence du demi-dieu Achille qui va l’inciter à tout mettre en oeuvre pour se saisir de celui-ci.

En dehors du fait que l’histoire est à tomber, le dessin de Christian Rossi la met en valeur d’une façon encore plus éclatante, au fur et à mesure de ses albums il estompe ses traits préparatoires, et cette fois il se permet des zones blanches dans ses planches, leur donnant une luminosité captivante. Avec un tel album vous êtes partis pour une immersion dans la Grèce antique.

Gagner la guerre, livre 1 Ciudalia, de Frédéric Genêt d’après l’oeuvre de Jean-Philippe Jaworski, Le Lombard. Ce mois-ci, la version noir & blanc paraît en librairie, pour la version couleur vous devrez patienter un petit mois.

Tout comme Javier Negrete, J.R.R. Tolkien, Franck Herbert, ou encore feu Terry Pratchett et quelques grands autres auteurs, Jean-Philippe Jaworski a développé un univers de grande ampleur: géographiquement, peuplades, religions, politique, guildes… ; vous pouvez découvrir ses romans aux éditions Gallimard (folio en format « poche ») et aux Moutons électriques.

Avec ce premier album, Ciudalia, vous avez le récit complet d’une de ses nouvelles, Mauvaise donne, que vous pouvez retrouver dans le recueil Janua Vera, qui est une bonne opportunité pour découvrir cet univers, car il regroupe différents récits qui vous permet de comprendre la grande variété de personnalités, de contextes ainsi que les bases sur lesquelles tout est construit.

L’histoire se déroule à Ciudalia, capitale de la république du même nom, dirigée par la tripartie: Ploutocrate, Belliciste et Souverainiste. Notre personnage principal se nomme Don Benvenuto Gesufal, personnage peu recommandable de prime abord, il l’est encore moins lorsque l’on sait qu’il est membre de la guilde des Chuchoteurs, une société secrète d’assassins crainte et respectée par les différents pouvoirs en place. Il se voit convoqué par l’un de ses supérieurs, Don Mascarina (que l’on interpelle souvent en chantonnant de la façon suivante: Hey Mascarina) afin de se voir attribué un contrat. A partir du moment où vous êtes le commanditaire, vous pouvez exiger une façon bien précise de procéder, et si Don Benvenuto est un arbalétrier hors pair, ce contrat devra être exécuté à l’arme blanche et au corps à corps. Bien évidemment rien ne va se dérouler comme prévu et l’intrigue ne fera que s’épaissir au grand dam de Don Benvenuto. Après l’adaptation de La horde du Contrevent, voici une très belle opportunité de s’immerger dans un autre univers tout aussi haletant et mis en images avec maestria.

C’est à l’occasion de la sortie d’un album que Le chevelu et moi-même avons beaucoup aimé que j’aimerai aborder une thématique actuellement récurrente dans différentes histoires, les mondes parallèles.

L’album en question est le suivant: Ceux qui restent, de Josep Busquet & Alex Xöul, aux éditions Delcourt

Il existe depuis longtemps, sous la forme de romans, de bandes dessinées, de films des récits où un ou plusieurs personnages basculent de notre monde dans un monde fantastique parallèle au notre, et c’est ce qui arrive à ce jeune garçon, Ben, qui dormait bien sagement dans sa chambre jusqu’à ce qu’une créature, un Wumple, vienne le solliciter car seul lui est en mesure de sauver le royaume d’Auxfanthas.

A ce stade de l’histoire habituellement, le lecteur part à l’aventure avec le héros, découvre ce monde merveilleux, suit les péripéties du garçon, et après d’innombrables rebondissements le verra bien souvent rentrer chez-lui, grandit de cette expérience enrichissante. Cependant dans notre cas de figure, ce sont les parents dont allons partager l’inquiétude de la disparition de leur enfant.

Comment réagir dans pareille situation, quelles sont les questions qui peuvent nous tarauder, comment procéder. tout le monde sait que les mondes fantastiques, cela n’existe que dans les contes. Si au beau milieu de la nuit votre enfant venait à ne plus se trouver dans sa chambre, soit il a fugué, soit une personne mal intentionnée s’est introduite dans votre demeure et l’a kidnappé. Entre l’empathie de vos proches et du public pour le drame qui vous touche, et la suspicion que les enquêteurs peuvent avoir sur votre responsabilité, voilà une façon originale et novatrice d’aborder ce thème. Je ne vous en dit pas plus afin de conserver tout le charme de cet album.

Et donc, actuellement, vous pouvez découvrir Birthright, de Joshua Williamson, Andrei Bressan & Adriano Lucas, également chez Delcourt, en Comic. Une série en cours où dans ce cas de figure, nous suivons les événements des deux côtés du miroir, l’histoire familiale dans notre monde et la partie fantastique, les deux se télescopant allègrement, et là encore de manière particulièrement judicieuse.

De façon plus classique, en manga, vous avez: Moi, quand je me réincarne en slime, de Fuse, Taiki Kawakami & Mitz Vah, aux éditions Kurokawa; ainsi que Mushoku Tensei, nouvelle vie, nouvelle chance, de Fujikawa Yuka, Rifujin na Magonote & Shirotaka, chez Doki Doki.

Pour ces deux histoires, les personnages principaux meurent de notre côté, pour se voir l’opportunité d’un nouveau départ dans un autre univers mais avec leur souvenir de leur ancienne vie. Nous nous retrouvons dans des univers d’Heroic Fantasy classiques, avec une multitude de créatures fantastiques. L’originalité  de Moi, quand je me réincarne en Slime, est que l’intervention et l’imagination du personnage interfère sur l’univers et les créatures qu’il va croiser, modifiant leur apparence ou leur spécificité. Et puis il est vrai que de base, on ne se sentirait pas spécialement à son avantage en se redécouvrant sous la forme physique d’une grosse boule de matière visqueuse, et pourtant…

Et pour finir… roulement de tambour…

Final fantasy, Lost Stranger, de Hasuki Minase & Itsuki Kameya, aux éditions Mana Books, d’après l’univers mondialement connu des studios Square Enix. Final Fantasy est l’une des licences de jeux vidéos qui a le plus révolutionné le genre, et chaque sortie d’un nouvel opus est un événement. Il y a déjà eu précédemment d’autres mangas ou romans, en plus des films d’animations ou de la série animée, mais Final Fantasy, Lost Stranger est la première formule papier que je trouve vraiment à la hauteur. Cela fait près de 30 ans que je reste un fan invétéré de cette licence, et quasiment aucun autre jeu vidéo ne m’a apporté satisfaction comme ceux-là, et il y a 21 ans déjà, Final Fantasy VII marqua d’une pierre blanche l’histoire du jeu vidéo. Alors lorsqu’une histoire propose de suivre des joueurs (et employés de Square Enix) propulsés au sein de cet univers, cela titille ma curiosité et mon envie. Et le résultat est à la hauteur de mes espérances. 

Ben ?! Qu’est-ce t’as ? T’es zuka !

Bouarf. Quel jeu de mot pourri pour commencer un article en l’honneur d’un dieu. Eh bien mes chers amis, il semblerait qu’il ait fallu attendre l’anniversaire posthume d’ Osamu Tezuka pour que certains éditeurs se réveillent enfin pour nous représenter certaines de ses oeuvres, mais attention, c’est un démarrage en douceur.

le 20 juin prochain les éditions Delcourt rééditent 2 de ses titres dont l’un n’est pas des moindres: L’histoire des 3 Adolf (que l’on me demande en moyenne une fois par mois) et Ayako. L’histoire des 3 Adolf sera en 2 parties tandis qu’ Ayako sera en one-shot, et chaque album sera vendu pour la modique somme de 29.99 euros (même pas 30 ma bonne dame, il y’en a un peu plus je vous le mets quand-même?). Sinon d’ores et déjà, vous pouvez remettre la main sur la biographie hallucinante de ce monstre sacré, sans qui le manga, les films d’animations ainsi que les séries animées tels que vous les connaissez ne seraient peut-être pas les mêmes. Osamu Tezuka, une vie en manga, chez Pika Graphic pour 35 euros cette fois, mais c’est du 900 pages dont une quinzaine consacrées uniquement à sa bibliographie, et c’est écrit en tout petit, je vous préviens.

Astroboy, Blackjack, Le roi Léo, Phénix, Métropolis… Si vous souhaitez tout voir et tout lire la production de celui qui encore aujourd’hui est considéré comme le dieu du manga, vous en auriez pour très très longtemps. Au long de sa carrière, l’auteur a consacré certaines de ses séries à effectuer une rétrospective de l’histoire du Japon, du moment où il va quitter sa période « médiévale » pour rentrer dans l’ère moderne, marquant ainsi la quasi disparition du peuple Aïnou dans la seconde moitié du XIX ème siècle avec Shumari, jusqu’à la domination économique du pays sur le reste du monde dans les années 80′ avec Gringo. Entre ces deux titres, vous trouverez: L’arbre au soleil, Ikki Mandara, Barbara, BlackJack, Kirihito, MW, Nanairo Inko, Midnight  et bien sûr Ayako et L’histoire des 3 Adolf.

Ces 2 histoires vont se dérouler à peu près à la même époque, pour Adolf, vous vous doutez bien que c’est pendant THE world war II, Ayako juste après la reddition du Japon pendant l’occupation Américaine. Si Osamu Tezuka invente une histoire qui permette de suivre la destinée de 3 hommes portant le même nom, il n’empêche qu’il utilise des infimes (et pas que) éléments de la réalité pour la située et l’étayer par la même occasion. 

Ainsi, lorsque l’histoire va débuter, nous nous retrouvons au moment des jeux olympiques de Berlin, l’un de nos personnages principaux (mais qui ne s’appelle pas Adolf, lui) est un journaliste sportif venu couvrir l’événement et par la même occasion rendre visite à son frère venu suivre ses études en Allemagne, mais l’accession dans les phases finales du saut à la perche de l’un de ses compatriotes va le faire arriver en retard à leur rendez-vous. Son frère malheureusement viendra d’être arrêté par la police secrète et n’oubliez pas que nous sommes en pleine montée du nazisme.

Les deux autres Adolf qui nous intéressent sont deux enfants qui vivent au Japon à la même époque. Le premier est fils d’un boulanger juif qui a fuit l’Allemagne pour sauver sa famille de ce qu’il pressentait comme une fin radicale (comme quoi avoir de l’instinct en sauve quelques-uns). Le deuxième, est le fils croisé d’un diplomate allemand et d’une japonaise. Bien que le Japon et l’Allemagne soient alliés, et que le deuxième est semble-t’il le leader, notre petit Adolf, mi-allemand, mi-japonais, mi-ours et mi-sanglier puis mi-scorpion derrière, bref le petit gars y’vient p’têt d’un milieu aisé, et issu de la « race supérieure », il n’empêche qu’il se prend des roustes comme n’importe lequel des petits autres européens qui va à l’école avec des japonais qui n’aiment pas trop, ben tout ce qui n’est pas japonais en fait. C’est de là que va naître l’amitié entre ces 2 enfants, au coeur des événements de notre Histoire.

Concernant Ayako, nous nous situons dans l’après guerre, le Japon s’est rendu et vient le temps du retour chez eux des prisonniers de guerre. Rappelons que jusqu’à peu de temps, l’empereur était considéré comme un dieu vivant, obligé de renoncer à son statut, cela a créé des tensions au sein de la communauté Nippone, peu osaient dire tout haut qu’ils étaient heureux de la fin de la guerre, tandis que les autres se retranchaient dans les valeurs traditionnelles. Tout ça pour vous indiquer qu’il était plus que honteux d’avoir survécu aux combats, les personnes qui rentraient chez elles pouvaient être rejetées ou marginalisées. Ayako est la petite soeur de l’un d’entre-eux, elle appartient à une famille de propriétaires terriens, situés à la campagne. Dans le cadre de la reconstruction du Japon, le nouveau gouvernement sous la tutelle des américains a déposséder les propriétaires en morcelant leurs terrains en parcelles et les a redistribuées afin de reloger ceux qui avaient tout perdu avec la guerre. C’est dans ce contexte que notre soldat rentre chez lui et découvre les tensions au sein de sa famille, et petit à petit va découvrir les secrets inavouables des événements qui se sont déroulés en son absence. De plus, il se trouve que les américains ne l’ont pas lâché comme ça, il est devenu un agent de renseignement à leur service.

Et pour finir, j’aimerai également vous annoncer d’autres bonnes nouvelles pour ceux et celles que cela intéressent:

Taiyô Matsumoto est de retour ! Une première fois en ce premier trimestre avec la seconde partie des chats du Louvre, aux éditions conjointes de Futuropolis et Louvre éditions. Mais au cours de l’année nous allons pouvoir le retrouver pour 2 autres rendez-vous. Le 13 juin doit sortir chez Pika Graphic, Red corner, et le 7 septembre Kana devrait commencer à publier une nouvelle série, Hanaoko, que des bonnes nouvelles, c’est moi qui vous le dit.

Concernant Les chats du Louvre, rappelons que le principe de cette collection, laisse le champ libre à des auteurs au trait original, de réaliser une histoire autour du musée. Pour ce récit, nous nous intéressons a différents individus, une guide et deux gardiens, ainsi qu’une bande de chats qui vivent dans les greniers et sur les toits du Louvre.

Encore une fois Taiyô Matsumoto fait preuve d’une extrême sensibilité, joue avec la fragilité de l’âme enfantine et ce, grâce à son dessin empli d’une délicatesse et finesse de trait qui me ravissent toujours autant depuis la première fois où j’ai découvert son travail.

Cécile travaille comme guide au musée du Louvre, alors qu’elle aspire à d’autres horizons, mais toujours dans le milieu artistique, elle croise Patrick, nouvel arrivant dans l’équipe des gardiens du musée.

Patrick quant à lui s’est vu mis en équipe avec le doyen des gardiens, Marcel, vieil homme patibulaire qui se soucie du bien être des quelques chats qui squattent le musée, et ce depuis des générations. Marcel a un secret: cela fait des années qu’il cherche désespérément sa soeur, Arrietta, qui, selon lui, se serait réfugiée dans l’un des tableaux du Louvre.

Tous 3 éprouvent un attachement particulier, tout comme au sein de la communauté des chats, pour le plus petit d’entre-eux: Flocon. Flocon a ceci d’exceptionnel, qu’il est un « passe-tableau », entendez par-là qu’il a la possibilité de se réfugier au sein des différentes oeuvres du musée et de s’y promener comme vous iriez faire une marche en campagne ou en bord de mer. 

Une étrange aventure se profile à l’horizon…