Coups de coeur : Du grand libraire

Oh, oh, oh, oh, la BD à l’Italienne…

Hello chers amis lecteurs, en ce début d’année on peut dire que l’actualité met l’Italie en avant, et  si ce sont plutôt les relations politiques franco-italiennes qui font la une de l’information, gardons un peu plus de légèreté afin de découvrir que l’édition de la Bande Dessinée Française fait la part belle aux auteurs Italiens. Voici donc quelques morceaux choisis des nouveautés de ce début d’année 2019.

Tout d’abord Sissi, une femme au-delà du conte de fées, Giorgia Marras, éditions Steinkis. Cet album a été réalisé au cours d’une résidence de l’auteur à Angoulême, cela ne vous apport rien de plus que de le savoir. Il est amusant d’avoir l’occasion de le lire alors que l’année dernière les éditions Dargaud ont publié Charlotte impératrice, le premier tome d’une nouvelle série de Fabien Nury (Il était une fois en France, La mort de Staline…) et mise en images par Matthieu Bonhomme (L’homme qui tau Lucky Luke, Le marquis d’Anaon, Messire Guillaume…). pourquoi amusant ? Tout simplement que le fait d’avoir deux biographies consacrées à ces deux belles soeurs, se différencient qu’en fonction du choix des auteurs d’avoir choisie l’une l’autre, dans les deux cas, la « garce » c’est « l’autre ». Blague à part, il vaut mieux effectivement avoir lu les deux pour garder une certaine objectivité sur leur personnalité.

Cependant Giorgia Marras relate la vie de Sissi en tenant compte de la perception de ses contemporains, que ce soit la noblesse, mais la population également et ce, qu’ils soient Autrichiens ou Hongrois, les implications n’étant pas les mêmes.

Outre la part biographique et historique, c’est surtout sur sa personnalité que nous allons nous attarder. De part ses origines et sa condition, son intégration dans la famille impériale ne va pas se faire aisément. Elle arrive néanmoins à ne pas être le jouet des intérêts de chacun, y compris de l’éducation de ses enfants, car son fils, l’héritier, sera amené à être non seulement un chef d’état mais aussi un chef de guerre, mais elle arrive à reprendre en main son éducation afin qu’il soit un homme de son temps et non un esprit formaté.

Nico et le coeur de Cronos, Edoardo Natalini, éditions Akiléos. Nous n’avons jamais caché l’intérêt que nous avons pour cette maison d’éditions, et avec les deux titres que je vais vous présenter cette fois, l’originalité est encore au rendez-vous.

Cet album est une histoire accessible pour un jeune public, un récit complet, ce qui je le sais en satisfait plus d’un aujourd’hui. C’est un récit Fantastique, avec des créatures étranges, une confrontation entre deux civilisations.

Nico est membre de la tribu des Crooks, mais n’est pas physiquement tout à fait comme ses congénères. Alors qu’ils sont plutôt petits, la peau blanchâtre, les yeux noirs profonds ainsi que les cheveux noirs de jais, lui est grand, les cheveux roux, les yeux clairs. Ces différences font qu’il a été marginalisé, on le cantonne à la frontière afin de surveiller d’éventuelles incartades des humains sur leur territoire, à lui la charge de les effrayer muni de son habit de Krampus, une créature effrayante qui tient les intrus à distance.

Une chance pour lui, c’est qu’il est l’ami du fils du chef, Shinn, trop content d’avoir un ami rigolo, car trop bizarre physiquement, et qui lui ramène des objets du monde des humains, et plus précisément des jouets. Seulement un raid éclair parvient à franchir la frontière et kidnappé le jeune Shinn.

Nico par seul à l’aventure tenter de sauver son ami. Il va passer la frontière, découvrir un monde inconnu à lui, croiser le chemin de soldats qui en ont assez des combats incessants, de voir leurs camarades tombés et ont décidé de déposer les armes. Il semble également qu’il y ait un problème avec le Jour, ou la Nuit, dans tous les cas il règne une drôle d’ambiance. 

Voici une aventure foisonnante, de personnages, d’idées et de surprises.

Toujours chez Akiléos: Emma Wrong, de Lorenzo Palloni & Laura Gugliemo.

Un bon polar cela vous tente ?

Les recettes les meilleures peuvent parfois être les plus simples, un huis-clos, un casting comme Agatha Christie était capable de nous les pondre, un contexte particulier impliquant que les personnages ne sont pas aussi libres de leurs mouvements tels qu’ils pourraient l’espérer.

Emma Wong, cette belle et grande jeune femme débarque trois jours avant le premier essai nucléaire sur le sol américain en plein coeur du désert du Nevada, dans un motel à proximité du site, où quelques touristes sont venus assister à l’événement (ATTENTION !!! L’abus d’exposition aux radiations des essais nucléaires est dangereux pour la santé, du moins une étude est en cours). Emma vient dans un but bien précis, elle poursuit l’homme qu’elle aime, un problème… elle ignore à quoi il ressemble. Michaël, elle connait son nom, elle connait son étreinte, ils ne sont pas des inconnus l’un pour l’autre, mais Michaël est un espion ! Après avoir passé un bout de chemin ensemble, Michaël a repris son indépendance, surtout afin de préserver sa compagne des risques de représailles, et puis ses missions l’amène aux quatre coins du monde, toujours sur la brèche. 

Mais Emma a décidé de n’en faire qu’à sa tête, et bravant tous les dangers, elle suit son amour sans cesse, sur tous les terrains, quels que soient les circonstances et les risques encourus. Dans sa course effrénée, elle ne se trompe quasiment jamais et talonne Michaël, et aujourd’hui, elle est convaincue de sa présence dans ce motel.

Un cadavre flotte au beau milieu de la piscine: que s’est-il déroulé au cours des trois derniers jours, quel casting se cache derrière le florilège de personnages présents, du couple américain idéal ou idéalisé, aux migrants clandestins qui bossent en cuisine, c’est l’Amérique dans toute sa splendeur et se décadence qui se tient devant nous.

Le charme du dessin et de la colorisation renforce cette ambiance de polar cinématographique des années 50′ avec une luminosité radicale dont bénéficie ce désert exposé au soleil implacable. Vous aussi soyez les bienvenus au Hot Rock motel !

This is the end my friend, et quoi de mieux qu’un bon Western Spaghetti pour finir cette présentation: Kids with guns, Capitan Artiglio (Julien Cittadino), éditions Casterman.

Kids with guns ! Après Negalyod, également aux éditions Casterman, on va se dire qu’il n’y a rien de plus normal maintenant d’avoir des Westerns avec du dinosaure à toutes les sauces.

C’est un premier tome d’un nouveau titre que l’on peut conseiller pour adolescents/adultes, une histoire très déjantée, tout dans la finesse, trois frangins, desperados de profession, il viennent trouver refuge dans ce rade isolé au milieu de nulle part. 

Ces trois visages ne vous seront pas inconnus, très fortement inspirés du bon, la brute et le truand. Ah ! Au fait,ils ne sont pas trois, mais QUATRE, le plus jeune a oublié de présenter sa fille à ses deux tontons, à leur grande surprise, le jeunot à adopter une gamine qui l’accompagne partout maintenant et qui va se montrer foutrement douée pour le maniement des flingues et une prédisposition pour flinguer son prochain.

On aura le droit d’avoir notre petite dose chamanique, c’est pas parce que l’on vous a déjà collé des dinos que l’on ne peut pas pousser la plaisanterie encore plus loin, non ?!

Vive l’Italie ! Vive le cinéma ! Vive Roberto Benigni ! Vive les Fumetti !

Un début 2019 très artistique

L’art est mis à l’honneur et ce grâce à deux artistes de talent: Christian Lax qui sort le nouvel album de la collection issue du partenariat Futuropolis & Le musée du Louvre, Une maternité rouge. Taiyô Matsumoto quant à lui présente un titre chez Kana en lien avec l’art, éveil. Il est mis à l’honneur à l’occasion de l’exposition d’Angoulême, l’éditeur Kana publie le troisième et dernier volet de: Le rêve de mon père. Une édition à tirage unique de sa série Number 5 en deux intégrales. Pour ne pas être en reste, Delcourt vient de réimprimer Amer Béton et début février représente, dans une collection « prestige », Ping Pong. Que des bonnes nouvelles.

Les derniers récits de la collection Futuropolis et Louvre éditions m’avaient pleinement satisfait, Naoki Urasawa avec Mujirushi, Le signe des rêves et Taiyô Matsumoto et ses Chats du Louvre. Et si d’autres auteurs avant eux m’avaient séduits comme Liberge, De Crécy, M.A.Mathieu, je dois bien reconnaître que Christian Lax vient de marquer un grand coup avec Une maternité rouge.

En choisissant une histoire qui met en avant le pavillon des sessions, consacré aux arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, Christian Lax peut développer son récit sur plusieurs points. En premier lieu nous sommes témoins du « pillage » dans les années 60′ des oeuvres culturelles qui ont quitter leur terre d’Afrique pour finir dans les musées occidentaux. Nous enchaînons avec Alou, jeune Malien d’aujourd’hui, qui gagne sa vie en revendant le miel qu’il récolte de manière traditionnelle et ancestrale. Respectueux de l’enseignement de son art il vénère les gestes transmis et respecte ses dieux, mais ce n’est pas au goût des membres de l’état islamique qui fait régner la terreur et détruit toute trace culturelle qui ne correspond pas à leur vision du monde.

De cette rencontre explosive rejaillit un autre témoignage de ces ancêtres, une sculpture Dogon d’une figure de maternité, et l’un de ses aînés va lui confier la tâche de l’amener au musée du Louvre afin qu’elle retrouve une de ses soeurs qui y ait déjà exposée et qu’elle échappe ainsi au massacre culturel. Son chemin sera celui des migrants qui continuent de faire la une des journaux du mondes entiers, qui bravent mille périls avant d’échouer sur nos côtes. Nous croisons avec lui la route de ceux qui partagent ces périls, les volontaires et les associations qui leur apportent leur aide dans les camps de fortune, en l’occurrence sur les bords de seine aux abords du musée du Louvre.

Une nouvelle fois Christian Lax est en mesure de mettre en valeur une profonde humanité au coeur de son récit, son dessin nous dépayse dès les premières planches, nous partageons la quête de Alou, de la majestuosité d’un baobab au coeur du désert, auquel il rend hommage avant d’y prélever son miel, jusqu’à la terreur de la traversée à bord d’un frêle esquif perdu dans les méandres incertains de la mer Méditerranéenne, ne sachant pas qui arrivera vivant au bout du voyage.

Taiyô Matsumoto

Ce n’est pas la première fois que j’essaye du vous convaincre de l’intérêt ou ne serait-ce que la curiosité qu’il faut porter à cet auteur, mais quand l’actualité me donne une nouvelle fois l’occasion d’en faire des tonnes, il n’y a pas besoin de me pousser trop fort.

éveil, une histoire publiée dans un format équivalent à nos format franco-belge classiques (24*32 cm environ) couverture cartonnée, mais qui se lit dans le sens de lecture original de l’oeuvre. C’est une histoire complète qui va se dérouler au sein d’une tribu, constituée notamment de sculpteurs et de danseurs.

Les danseurs sont en charge de communiquer avec les divinités, mais celles-ci ne répondent à leur appel que si les danseurs portent des masques cérémoniels qu’elles reconnaissent dignes d’elles. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, la cérémonie ne fait pas écho aux oreilles des divinités.

C’est Tsubaki qui a été désigné pour réaliser les masques des danseurs, le sculpteur désigne son successeur, et c’est son plus jeune fils qui a hérité de sa charge, mais cela irrite les danseurs, à leurs yeux seul Yuri, le fils aîné, a les faveurs des dieux, arrive à les percevoir et à les sensibiliser au travers de ses créations misent en scène dans les danses. Seulement Yuri est hyper sensible, il appréhende le monde extérieur et n’ose s’aventurer en-dehors de sa maison ou de son atelier, ce qui ne l’aide pas non plus à s’intégrer au sein du groupe.

éveil est un récit initiatique, onirique et plein d’autres choses en « ique » genre magnifique, merveille artistique ou Mr Boombastic… 

L’autre perle est le dernier tome de sa trilogie, Le rêve de mon père, toujours chez Kana.

Nous sommes au début des années 90′ Shigeo vit seul avec sa mère, nous sommes à l’approche des grandes vacances et parce qu’elle a besoin de temps pour elle, Shigeo va devoir aller vivre quelques temps avec son père Hanao.

Hanao a passé la trentaine mais reste ancré dans son rêve d’intégrer la fameuse équipe des Giants, la meilleure équipe du circuit de Base Ball au Japon et ce malgré son âge avancé pour une carrière professionnelle. En attendant il fait parti de l’équipe du quartier, entraîne les enfants et les adultes au moyen de ses idées les plus farfelues, mais il n’empêche que malgré tout, ses talents sont indéniables et Shigeo ne peut que constater l’aura dont bénéficie son père. 

Shigeo fait tout autant montre d’intelligence et de précocité que son père Hanao semble être bête, pour ma part je préférerais dire qu’il est naïf face à la vie et agit dans la spontanéité de ses envies. Leur relation va être des plus tumultueuse, Shigeo se sentant l’obligation d’endosser la responsabilité de faire tourner la baraque comme il se doit.

Ce qui est touchant dans cette histoire, c’est entre autre chose, comment la perception de Shigeo évolue et ce dès le premier tome, le regard sur son père change malgré lui, il aimerait pouvoir garder son oeil critique et réprobateur vis à vis de son père, mais l’amour filial resurgit malgré tout. Après Sunny, Taiyô Matsumoto nous enchante une nouvelle fois sur la vie perçue par le regard d’enfants.

Et comme je le disais vous pouvez bénéficier des nombreuses rééditions ou remises en avant de ses différentes histoires.

 

 

 

Bandit bandit

Hello, outre ce petit clin d’oeil à ce truculent film de Terry Gilliam, aujourd’hui je vous propose de revoir votre vision des bandits, car si leurs actes pouvaient être condamnables, il faut également tenir compte du parcours qui les a amener à ce choix de vie, si on peut parler de choix, ce qui bien évidemment n’excuse pas tout. 

Claire Fauvel nous propose le portrait de Phoolan Devi, reine des bandits aux éditions Casterman. Cette femme était déjà présentée dans le tome 2 de Culottées de Pénélope Bagieu qui reste pour moi une très bonne base de sources avec ses différents portraits pour se tourner ensuite vers des oeuvres plus importantes consacrées à ces femmes. 

L’album de Claire Fauvel en est un parfait exemple. Dans celui-ci, outre le parcours de Phoolan Devi, de son enfance à sa libération de prison et son élection au parlement indien, on découvre (? selon votre culture personnelle) le système de caste, la condition de la femme en Inde, la place des musulmans dans le pays… 

Elle est mariée à 11 ans, voit comment sa famille est dépossédée du peu qu’elle a, est rabrouée tout au long de sa vie de part sa condition sociale et de son statut de femme, subira plusieurs viols tout au long de sa vie. On comprend la haine qu’elle aura face à  ses êtres sans scrupules et sa volonté de leur faire payer. 

C’est un parcours qui blessera le lecteur mais jamais à la hauteur de ce qu’elle a subi. La réalisation graphique et narrative de Claire Fauvel est faite avec brio, il n’y a aucune remarque négative que je pourrai lui faire tant j’ai été happé par son histoire, bravo, tout simplement.

L’autre personnage mis en avant à l’occasion de cette rentrée n’est autre que Jules Bonnot dans l’album La bande à Bonnot de Pierce, Moravn, Vogel & Futari aux éditions Glénat.

Ces attaques et ses actions sont célèbres de par les différentes adaptations à l’écran, et c’est surtout ses actes de violence qui étaient mis en avant. Mais aujourd’hui l’accent est mis sur les conditions particulières qui ont amené Jules Bonnot à se tourner vers le grand banditisme, voire même à en donner une définition de ce qui sera le procédé: braquage à main armée + fuite en voiture. 

La volonté des auteurs est également de rétablir les faits et cause du mouvement anarchiste du début du siècle, trop souvent associé à la violence et aux attentats, de montrer qu’il était intimement lié au milieu ouvrier et à l’exploitation de ceux-ci. on découvre toute la machination mise en place par la police pour provoquer les anarchistes à passer à l’acte de violence, les mettre sur le reculoir et décrédibiliser leur combat auprès du grand public.

Là encore, les auteurs ont réussi leur pari, le dessin donne une très chouette ambiance flirtant avec les meilleurs récits policiers. Il y a eu d’autres bons albums dans ces 2 premières semaines de sorties et n’en doutez pas, il va y en avoir plein d’autres à venir. Bonne lecture.

Des BD très animées.

Chers amis lecteurs, n’allez surtout pas imaginez que l’on vous délaisse ou bien que l’on se repose sur nos lauriers, mais il faut bien reconnaître que cela fait déjà un moment que l’on a pas partagé nos coups de coeur sur notre site. Il ne tient qu’à nous de nous rattraper et de vous dévoiler ce que vous auriez pu rater. 

Pour commencer, Grégory Panaccione, le co-auteur de l’énorme carton Un océan d’amour (avec W. Lupano), mais aussi de Chronosquad, Match, Toby mon ami, Âme perdue et Qui ne dit mot (avec l’humoriste S. de Groodt), il est de retour juste avant l’été avec: Mini & Super VIP – Le mystère du Va-et-Vient, de Bozzetto & Panaccione, dans la collection Métamorphose aux éditions Soleil.

Dans quel contexte se situe l’histoire ? Le réchauffement climatique se porte à merveille, rassurez-vous ! Le moteur à explosion ne s’est pas vu supplanter par le petit nouveau électrique et les pots d’échappement pétaradent à tout-va, libérant leur gaz et donnant une belle couleur grise à toute la planète ainsi qu’aux poumons. Vous vous doutez bien que toute cette grisaille donne du baume au coeur et favorise la moindre dépression.

Il n’empêche que pour remonter le moral, on peut compter sur des personnages emblématiques, des modèles pour chacun d’entre nous de courage et d’abnégation LES VIP, Mini & Super. Depuis l’aube des temps, leurs gènes se sont transmis de générations en générations afin qu’ils puissent aider l’humanité de par leur pouvoir hors du commun.

Et si aujourd’hui Super VIP est le parfait exemple d’une force Herculéenne, d’une résistance à toute épreuve, d’une capacité à défier les lois de la gravité etc, etc… Mini VIP quant à lui est le plus parfait représentant de la faiblesse incarnée. Oh en tant que super héros, il peut tout de même sous le coup d’une énorme, que dis-je, d’une COLOSSALE concentration lévité à quelques centimètres du sol sur… ben… quelques centimètres de longueur. Mais qu’à ne cela ne tienne, il ne perd pas courage et tente à tout pris d’inventer la machine de ses rêves qui lui permettra d’égaler les pouvoirs de son frère.

Comme je vous le disais, le moral est au beau fixe, alors que Mini VIP essaye de ne plus être un looser, le seul super héros sur lequel tous nos espoirs reposent, Super VIP, lui est en pleine déprime, sa petite amie la quitté, et depuis il est incapable de mener la moindre mission à bon terme. C’est dans cet état de fait que Mini VIP va trouver une espèce de lampe torche, Le va-et-vient, qui ne marche pas, bien évidemment, du moins pas comme il s’y attendrait, et qui est liée au plus grand de tous les périls qui menace notre planète: une créature extraterrestre prépare de longue date une invasion de notre monde pour y élever ses rejetons. Si on ajoute à ça, le tournage du dernier King Kong, pardon du dernier Sing Song, un gorille dépressif et amateur de poésie, voici un album qui vous invite à un désopilant récit burlesque, le dessin de Panaccione se prêtant toujours aussi bien à une ambiance cartoonesque.

Le carton plein du succès pré-estival n’est autre que: Il faut flinguer Ramirez – Acte 1, de Nicolas Petrimaux aux éditions Glénat. A peine sorti qu’il a déjà été réédité, il a été mis en avant par un grand nombre de libraires et d’articles l’encensant et pour cause: il est d’une efficacité redoutable.

Lorsque nous l’avons reçu au milieu des nouveautés au fond du carton, il nous tout de suite fait de l’oeil avec sa couverture d’un orange bien chaud correspondant tout à fait à l’idée que l’on se fait de l’atmosphère Texane, la chaleur, la luminosité, la moiteur ainsi que les esprits rapidement mis à vif.

Ramirez: dans un dictionnaire c’est sa tête qui illustrerait la définition de l’employé modèle, plein d’abnégation, ne rechignant devant rien pour un travail parfait et le succès de son entreprise, mais toujours dans un cadre légal. Grâce à lui, son patron est Le n° 1 de l’aspirateur dans le monde, et en avance toujours sur ses concurrents.

Ramirez est capable de prouesses pour tenir les délais, exiger le meilleur de la machine, et ce malgré un petit chef juste au-dessus de lui qui lui en fait voir des vertes et des pas mûres. Il a une autre particularité: il est muet; donc en règle générale, il n’est pas une source de nuisance sonore pour ses collègues, d’autant plus qu’il est doté d’une réserve et d’une discrétion à toute épreuve.

Seulement pour faire de l’histoire de Ramirez un bon polar, il faut rajouter un ou deux ingrédients supplémentaires et si possible, bien pimentés, du genre, un duo de braqueuses qui vient de débarquer en ville, mais surtout la mafia mexicaine qui semble-t’il porte un intérêt tout particulier à notre représentant en aspirateurs, au point de vouloir le voir assez rapidement, et si possible d’une manière brutale et exemplaire.

Comme dans un film de Tarrantino ou de Guy Ritchie, de Jim Jarmusch avec Ghost Dog, le casting est à tomber, chaque personnage dont vous croiserez la route apporte sa touche à l’histoire, l’auteur agrémente en plus des pages de publicités supplémentaires qui enrichissent encore plus l’histoire et permet de s’immerger un peu plus dans l’ambiance, une perle je vous dis. Vous pouvez même vous faire un petit kif supplémentaire en allant voir les trailers qui existent sur le web. Vous voulez du rab ? Lorsque l’on sort son nez du bouquin, l’écriture est si superbement bien menée, que vous allez avoir plein d’idées pour la suite de l’histoire, Nicolas Petrimaux s’offre le luxe d’avoir écrit un récit dense, immersif et qui risque de receler un paquet de surprises au lecteur pour la seconde partie, des Bandes dessinées de cette qualité, cela devient rare, si! si!

Mon petit dernier, dans la lignée directe de Cowboy Bebop et de Samouraï Chamùploo: Renjoh Desperado de Ahndongshik aux éditions Kurokawa.

Un savant mélange de Western et de culture nippone, on y retrouve entre autre quelques créatures du patrimoine fantastique, dans la première histoire du deuxième volume qui vient de sortir, l’histoire se base sur un classique de la littérature fantastique avec des Tanuki qui prennent l’apparence d’humains et tendent un piège aux voyageurs esseulés en leur faisant croire qu’ils arrivent dans une auberge alors que c’est une maison abandonnée.

On s’y bat aussi bien à coup de sabre qu’à coup de Winchester, et notre héroïne, Monko, a, tout comme Guts dans Berserk, un canon à la place du bras gauche. Le design des personnage va chercher dans tous les genres, donc on ne s’étonne pas d’avoir des samouraïs avec une coupe « afro ».

Monko est un loup solitaire, on découvrira au fur et à mesure de l’histoire dans quelles conditions elle a perdu son bras. pour le moment vous n’avez juste à savoir qu’elle est à la recherche de l’amour de sa vie, et les beaux ténébreux vont se succéder sur sa route, pour leur plus grand malheur car cette femme fatale, l’est surtout pour la scoumoune qu’elle se trimbale et qui bénéficie toujours à autrui.

Nous plongeons dans tous les stéréotypes du genre: fille à gros seins, un peu niaise sur les bords, les méchants dans l’histoire sont tout aussi crétins et cela se lit sur leur visage, leur faciès et leur bande rappelle Ken le survivant ou encore Nicky Larson.

Voilà les 3 petites perles qui m’ont agréablement séduites et que je trouve tellement dynamiques et fluides que j’aimerais bien avoir l’opportunité de voir en version animées, d’où le titre. Très bel été à vous.

 

En route pour de grandes aventures.

Nous avons encore plein de belles choses à nous mettre sous la dent avant de les ranger sur nos étagères, bien écrites, bien dessinées, mais dans ma sélection du jour, vous trouverez pour une partie de ces titres, une thématique commune.

Avant tout, je vais commencer par 2 titres qui sont méchamment bons: Le coeur des amazones, de Christian Rossi et Géraldine Bindi, aux éditions Casterman, ainsi que Gagner la guerre, livre 1 Ciudalia, de Frédéric Genêt d’après l’oeuvre de Jean-Philippe Jaworski, Le Lombard.

Christian Rossi est un auteur dont j’apprécie énormément le travail, nous avions mis en avant précédemment Deadline aux éditions Glénat, un western en one-shot, les lecteurs le connaissent peut-être un peu mieux grâce à West, chez Dargaud, un western également ou quasi assimilé puisque nous sommes au début du XXème siècle, une série en 6 tomes comprenant 3 récits en diptyques qui allient Histoire et ésotérisme, avec au scénario un certain Fabien Nury (Il était une fois en France, La mort de Staline, L’or et le sang, Katanga, Silas Corey…) mais pour ma part je crois que je l’ai découvert pour la première fois grâce à La gloire d’Héra et Tirésias que vous pouvez lire actuellement dans une version regroupant les 2 récits aux éditions Dargaud. Ces deux titres abordaient déjà la thématique de la mythologie, avec Le coeur des amazones nous revenons au temps de la guerre de Troie.

L’histoire prend place au moment où Achille a décidé de rompre le combat, il refuse de servir le roi Agamemnon qui vient de mettre la main sur la prisonnière qu’Achille venait de faire. Ce désistement a pour conséquence entre-autre de faire perdurer la guerre. Le public ignore parfois que ce conflit a duré plus de 10 ans, mais garde en mémoire que c’est l’histoire de la belle Hélène, qui s’en ai pris plein la poire et s’est vue attribuer tout un tas de noms d’oiseaux. Mais ce sont d’autres femmes qui nous intéressent: les Amazones.

Elles sont à proximité du conflit qui oppose les grecs et les troyens, et approche la cérémonie de la fête des fleurs des amours, elles doivent mettre la main sur des mâles reproducteurs afin d’agrandir leur tribu et préparer une nouvelle génération de guerrières. Elles lancent des raids éclairs sur le champ de bataille, s’en prenant à un camp ou à l’autre sans aucune distinction. Leur jeune reine, Penthésilée, a cependant un problème de taille, elle ne peut s’accoupler qu’avec un homme de sang royal, et c’est l’annonce de la présence du demi-dieu Achille qui va l’inciter à tout mettre en oeuvre pour se saisir de celui-ci.

En dehors du fait que l’histoire est à tomber, le dessin de Christian Rossi la met en valeur d’une façon encore plus éclatante, au fur et à mesure de ses albums il estompe ses traits préparatoires, et cette fois il se permet des zones blanches dans ses planches, leur donnant une luminosité captivante. Avec un tel album vous êtes partis pour une immersion dans la Grèce antique.

Gagner la guerre, livre 1 Ciudalia, de Frédéric Genêt d’après l’oeuvre de Jean-Philippe Jaworski, Le Lombard. Ce mois-ci, la version noir & blanc paraît en librairie, pour la version couleur vous devrez patienter un petit mois.

Tout comme Javier Negrete, J.R.R. Tolkien, Franck Herbert, ou encore feu Terry Pratchett et quelques grands autres auteurs, Jean-Philippe Jaworski a développé un univers de grande ampleur: géographiquement, peuplades, religions, politique, guildes… ; vous pouvez découvrir ses romans aux éditions Gallimard (folio en format « poche ») et aux Moutons électriques.

Avec ce premier album, Ciudalia, vous avez le récit complet d’une de ses nouvelles, Mauvaise donne, que vous pouvez retrouver dans le recueil Janua Vera, qui est une bonne opportunité pour découvrir cet univers, car il regroupe différents récits qui vous permet de comprendre la grande variété de personnalités, de contextes ainsi que les bases sur lesquelles tout est construit.

L’histoire se déroule à Ciudalia, capitale de la république du même nom, dirigée par la tripartie: Ploutocrate, Belliciste et Souverainiste. Notre personnage principal se nomme Don Benvenuto Gesufal, personnage peu recommandable de prime abord, il l’est encore moins lorsque l’on sait qu’il est membre de la guilde des Chuchoteurs, une société secrète d’assassins crainte et respectée par les différents pouvoirs en place. Il se voit convoqué par l’un de ses supérieurs, Don Mascarina (que l’on interpelle souvent en chantonnant de la façon suivante: Hey Mascarina) afin de se voir attribué un contrat. A partir du moment où vous êtes le commanditaire, vous pouvez exiger une façon bien précise de procéder, et si Don Benvenuto est un arbalétrier hors pair, ce contrat devra être exécuté à l’arme blanche et au corps à corps. Bien évidemment rien ne va se dérouler comme prévu et l’intrigue ne fera que s’épaissir au grand dam de Don Benvenuto. Après l’adaptation de La horde du Contrevent, voici une très belle opportunité de s’immerger dans un autre univers tout aussi haletant et mis en images avec maestria.

C’est à l’occasion de la sortie d’un album que Le chevelu et moi-même avons beaucoup aimé que j’aimerai aborder une thématique actuellement récurrente dans différentes histoires, les mondes parallèles.

L’album en question est le suivant: Ceux qui restent, de Josep Busquet & Alex Xöul, aux éditions Delcourt

Il existe depuis longtemps, sous la forme de romans, de bandes dessinées, de films des récits où un ou plusieurs personnages basculent de notre monde dans un monde fantastique parallèle au notre, et c’est ce qui arrive à ce jeune garçon, Ben, qui dormait bien sagement dans sa chambre jusqu’à ce qu’une créature, un Wumple, vienne le solliciter car seul lui est en mesure de sauver le royaume d’Auxfanthas.

A ce stade de l’histoire habituellement, le lecteur part à l’aventure avec le héros, découvre ce monde merveilleux, suit les péripéties du garçon, et après d’innombrables rebondissements le verra bien souvent rentrer chez-lui, grandit de cette expérience enrichissante. Cependant dans notre cas de figure, ce sont les parents dont allons partager l’inquiétude de la disparition de leur enfant.

Comment réagir dans pareille situation, quelles sont les questions qui peuvent nous tarauder, comment procéder. tout le monde sait que les mondes fantastiques, cela n’existe que dans les contes. Si au beau milieu de la nuit votre enfant venait à ne plus se trouver dans sa chambre, soit il a fugué, soit une personne mal intentionnée s’est introduite dans votre demeure et l’a kidnappé. Entre l’empathie de vos proches et du public pour le drame qui vous touche, et la suspicion que les enquêteurs peuvent avoir sur votre responsabilité, voilà une façon originale et novatrice d’aborder ce thème. Je ne vous en dit pas plus afin de conserver tout le charme de cet album.

Et donc, actuellement, vous pouvez découvrir Birthright, de Joshua Williamson, Andrei Bressan & Adriano Lucas, également chez Delcourt, en Comic. Une série en cours où dans ce cas de figure, nous suivons les événements des deux côtés du miroir, l’histoire familiale dans notre monde et la partie fantastique, les deux se télescopant allègrement, et là encore de manière particulièrement judicieuse.

De façon plus classique, en manga, vous avez: Moi, quand je me réincarne en slime, de Fuse, Taiki Kawakami & Mitz Vah, aux éditions Kurokawa; ainsi que Mushoku Tensei, nouvelle vie, nouvelle chance, de Fujikawa Yuka, Rifujin na Magonote & Shirotaka, chez Doki Doki.

Pour ces deux histoires, les personnages principaux meurent de notre côté, pour se voir l’opportunité d’un nouveau départ dans un autre univers mais avec leur souvenir de leur ancienne vie. Nous nous retrouvons dans des univers d’Heroic Fantasy classiques, avec une multitude de créatures fantastiques. L’originalité  de Moi, quand je me réincarne en Slime, est que l’intervention et l’imagination du personnage interfère sur l’univers et les créatures qu’il va croiser, modifiant leur apparence ou leur spécificité. Et puis il est vrai que de base, on ne se sentirait pas spécialement à son avantage en se redécouvrant sous la forme physique d’une grosse boule de matière visqueuse, et pourtant…

Et pour finir… roulement de tambour…

Final fantasy, Lost Stranger, de Hasuki Minase & Itsuki Kameya, aux éditions Mana Books, d’après l’univers mondialement connu des studios Square Enix. Final Fantasy est l’une des licences de jeux vidéos qui a le plus révolutionné le genre, et chaque sortie d’un nouvel opus est un événement. Il y a déjà eu précédemment d’autres mangas ou romans, en plus des films d’animations ou de la série animée, mais Final Fantasy, Lost Stranger est la première formule papier que je trouve vraiment à la hauteur. Cela fait près de 30 ans que je reste un fan invétéré de cette licence, et quasiment aucun autre jeu vidéo ne m’a apporté satisfaction comme ceux-là, et il y a 21 ans déjà, Final Fantasy VII marqua d’une pierre blanche l’histoire du jeu vidéo. Alors lorsqu’une histoire propose de suivre des joueurs (et employés de Square Enix) propulsés au sein de cet univers, cela titille ma curiosité et mon envie. Et le résultat est à la hauteur de mes espérances. 

Ben ?! Qu’est-ce t’as ? T’es zuka !

Bouarf. Quel jeu de mot pourri pour commencer un article en l’honneur d’un dieu. Eh bien mes chers amis, il semblerait qu’il ait fallu attendre l’anniversaire posthume d’ Osamu Tezuka pour que certains éditeurs se réveillent enfin pour nous représenter certaines de ses oeuvres, mais attention, c’est un démarrage en douceur.

le 20 juin prochain les éditions Delcourt rééditent 2 de ses titres dont l’un n’est pas des moindres: L’histoire des 3 Adolf (que l’on me demande en moyenne une fois par mois) et Ayako. L’histoire des 3 Adolf sera en 2 parties tandis qu’ Ayako sera en one-shot, et chaque album sera vendu pour la modique somme de 29.99 euros (même pas 30 ma bonne dame, il y’en a un peu plus je vous le mets quand-même?). Sinon d’ores et déjà, vous pouvez remettre la main sur la biographie hallucinante de ce monstre sacré, sans qui le manga, les films d’animations ainsi que les séries animées tels que vous les connaissez ne seraient peut-être pas les mêmes. Osamu Tezuka, une vie en manga, chez Pika Graphic pour 35 euros cette fois, mais c’est du 900 pages dont une quinzaine consacrées uniquement à sa bibliographie, et c’est écrit en tout petit, je vous préviens.

Astroboy, Blackjack, Le roi Léo, Phénix, Métropolis… Si vous souhaitez tout voir et tout lire la production de celui qui encore aujourd’hui est considéré comme le dieu du manga, vous en auriez pour très très longtemps. Au long de sa carrière, l’auteur a consacré certaines de ses séries à effectuer une rétrospective de l’histoire du Japon, du moment où il va quitter sa période « médiévale » pour rentrer dans l’ère moderne, marquant ainsi la quasi disparition du peuple Aïnou dans la seconde moitié du XIX ème siècle avec Shumari, jusqu’à la domination économique du pays sur le reste du monde dans les années 80′ avec Gringo. Entre ces deux titres, vous trouverez: L’arbre au soleil, Ikki Mandara, Barbara, BlackJack, Kirihito, MW, Nanairo Inko, Midnight  et bien sûr Ayako et L’histoire des 3 Adolf.

Ces 2 histoires vont se dérouler à peu près à la même époque, pour Adolf, vous vous doutez bien que c’est pendant THE world war II, Ayako juste après la reddition du Japon pendant l’occupation Américaine. Si Osamu Tezuka invente une histoire qui permette de suivre la destinée de 3 hommes portant le même nom, il n’empêche qu’il utilise des infimes (et pas que) éléments de la réalité pour la située et l’étayer par la même occasion. 

Ainsi, lorsque l’histoire va débuter, nous nous retrouvons au moment des jeux olympiques de Berlin, l’un de nos personnages principaux (mais qui ne s’appelle pas Adolf, lui) est un journaliste sportif venu couvrir l’événement et par la même occasion rendre visite à son frère venu suivre ses études en Allemagne, mais l’accession dans les phases finales du saut à la perche de l’un de ses compatriotes va le faire arriver en retard à leur rendez-vous. Son frère malheureusement viendra d’être arrêté par la police secrète et n’oubliez pas que nous sommes en pleine montée du nazisme.

Les deux autres Adolf qui nous intéressent sont deux enfants qui vivent au Japon à la même époque. Le premier est fils d’un boulanger juif qui a fuit l’Allemagne pour sauver sa famille de ce qu’il pressentait comme une fin radicale (comme quoi avoir de l’instinct en sauve quelques-uns). Le deuxième, est le fils croisé d’un diplomate allemand et d’une japonaise. Bien que le Japon et l’Allemagne soient alliés, et que le deuxième est semble-t’il le leader, notre petit Adolf, mi-allemand, mi-japonais, mi-ours et mi-sanglier puis mi-scorpion derrière, bref le petit gars y’vient p’têt d’un milieu aisé, et issu de la « race supérieure », il n’empêche qu’il se prend des roustes comme n’importe lequel des petits autres européens qui va à l’école avec des japonais qui n’aiment pas trop, ben tout ce qui n’est pas japonais en fait. C’est de là que va naître l’amitié entre ces 2 enfants, au coeur des événements de notre Histoire.

Concernant Ayako, nous nous situons dans l’après guerre, le Japon s’est rendu et vient le temps du retour chez eux des prisonniers de guerre. Rappelons que jusqu’à peu de temps, l’empereur était considéré comme un dieu vivant, obligé de renoncer à son statut, cela a créé des tensions au sein de la communauté Nippone, peu osaient dire tout haut qu’ils étaient heureux de la fin de la guerre, tandis que les autres se retranchaient dans les valeurs traditionnelles. Tout ça pour vous indiquer qu’il était plus que honteux d’avoir survécu aux combats, les personnes qui rentraient chez elles pouvaient être rejetées ou marginalisées. Ayako est la petite soeur de l’un d’entre-eux, elle appartient à une famille de propriétaires terriens, situés à la campagne. Dans le cadre de la reconstruction du Japon, le nouveau gouvernement sous la tutelle des américains a déposséder les propriétaires en morcelant leurs terrains en parcelles et les a redistribuées afin de reloger ceux qui avaient tout perdu avec la guerre. C’est dans ce contexte que notre soldat rentre chez lui et découvre les tensions au sein de sa famille, et petit à petit va découvrir les secrets inavouables des événements qui se sont déroulés en son absence. De plus, il se trouve que les américains ne l’ont pas lâché comme ça, il est devenu un agent de renseignement à leur service.

Et pour finir, j’aimerai également vous annoncer d’autres bonnes nouvelles pour ceux et celles que cela intéressent:

Taiyô Matsumoto est de retour ! Une première fois en ce premier trimestre avec la seconde partie des chats du Louvre, aux éditions conjointes de Futuropolis et Louvre éditions. Mais au cours de l’année nous allons pouvoir le retrouver pour 2 autres rendez-vous. Le 13 juin doit sortir chez Pika Graphic, Red corner, et le 7 septembre Kana devrait commencer à publier une nouvelle série, Hanaoko, que des bonnes nouvelles, c’est moi qui vous le dit.

Concernant Les chats du Louvre, rappelons que le principe de cette collection, laisse le champ libre à des auteurs au trait original, de réaliser une histoire autour du musée. Pour ce récit, nous nous intéressons a différents individus, une guide et deux gardiens, ainsi qu’une bande de chats qui vivent dans les greniers et sur les toits du Louvre.

Encore une fois Taiyô Matsumoto fait preuve d’une extrême sensibilité, joue avec la fragilité de l’âme enfantine et ce, grâce à son dessin empli d’une délicatesse et finesse de trait qui me ravissent toujours autant depuis la première fois où j’ai découvert son travail.

Cécile travaille comme guide au musée du Louvre, alors qu’elle aspire à d’autres horizons, mais toujours dans le milieu artistique, elle croise Patrick, nouvel arrivant dans l’équipe des gardiens du musée.

Patrick quant à lui s’est vu mis en équipe avec le doyen des gardiens, Marcel, vieil homme patibulaire qui se soucie du bien être des quelques chats qui squattent le musée, et ce depuis des générations. Marcel a un secret: cela fait des années qu’il cherche désespérément sa soeur, Arrietta, qui, selon lui, se serait réfugiée dans l’un des tableaux du Louvre.

Tous 3 éprouvent un attachement particulier, tout comme au sein de la communauté des chats, pour le plus petit d’entre-eux: Flocon. Flocon a ceci d’exceptionnel, qu’il est un « passe-tableau », entendez par-là qu’il a la possibilité de se réfugier au sein des différentes oeuvres du musée et de s’y promener comme vous iriez faire une marche en campagne ou en bord de mer. 

Une étrange aventure se profile à l’horizon…

 

 

Y’ des zazous dans ma BD.

Il y a des albums, des bouquins ou que sais-je encore, qui tombent pile-poil au bon moment, ou encore qui ont l’avantage de pouvoir y plonger n’importe quand: L’automne à Pékin de Gaëtan & Paul Brizzi d’après le roman de Boris Vian aux éditions Futuropolis est de ceux-là. 

Je suis toujours partant pour un grain de folie, qu’il soit organisé d’avance ou encore mieux qu’il surgisse à l’improviste, alors lorsque j’ai ouvert L’automne à Pékin pour la première fois en librairie, le charme agit d’emblée, et du coup je le referme vite fait pour pouvoir l’apprécier avec un maximum de surprise lorsque je pourrai le lire dans les meilleures conditions possibles. Déjà de base, j’adore Boris Vian, que ce soit en tant qu’écrivain, chanteur ou musicien, donc je sais à quoi m’attendre: à tout ! Du possible à l’inimaginable, n’importe quoi peu surgir du cerveau de ce génie. Alors, pourquoi ne pas, une fois encore se laisser porter par sa folie douce ?

 

L’histoire commence avec cet homme qui prend le bus et s’endort à son bord pour enfin être réveillé par le contrôleur au terminus qui se situe aux portes du désert. Pas décontenancé pour si peu, au contraire c’est bien là qu’il se rendait, et d’un pas décidé, il s’enfonce au milieu de nulle part.

Enchaînons maintenant avec nos personnages principaux. Si Boris Vian est aux commandes, quoi de plus naturel que se retrouver dans le quartier de Saint-Germain des Prés dans une boîte de Jazz (mais sans Michel Jonas). Anne (c’est un homme) et Angel (c’est un homme aussi) sont entrain de s’encanaillés avec Rochelle, la petite amie du moment d’Anne. Après une nuit bien arrosée, ils prennent leur automobile pour rentrer chez eux, mais en route il renverse Cornélius, ingénieur pour la Wacco.

Ils le conduisent à l’hôpital, où le médecin de garde est plus préoccupé par par sa passion du modélisme aéronautique que par ses patients.

Les choses vont s’enchaîner pour nos deux ingénieurs désoeuvrés, et une opportunité s’offre à eux. comme Cornélius n’est plus en mesure de tenir ses engagements, ils le remplacent au pied levé et partent eux aussi pour le désert afin de réaliser pour la Wacco, la construction d’une voie de chemin de fer.

Ils en profitent au passage pour faire embaucher Rochelle comme secrétaire, ainsi que le médecin qui y voit là une opportunité de profiter de tout cet espace vide pour faire voler son aéronef, ainsi que son assistant, qui lui ne tenait pas tant que çà, à quitter le calme de son lieu de travail, surtout pour aller se perdre au milieu du désert. Sur place, Angel fera la rencontre d’une équipe d’archéologues, car un milieu désertique peut parfois révéler des trésors insoupçonnés, et l’aventure va enfin pouvoir commencer.

La commission artistique du centenaire de la première guerre mondiale, regroupant The lakes international Comic Art festival, On a marché sur la bulle et 14_18 Now, soutenue par le Heritage Lottery Fund & Arts Council England, et la liste est encore longue, commémore ce triste souvenir de l’histoire de l’humanité par un grand nombre de projets, parmi eux, une commande a été adressée à Dave Mckean: Black Dog: Les Rêves de Paul Nash. Nous avons la chance de voir cette très grande oeuvre traduite et publiée en France aux éditions Glénat.

Parfois le hasard fait vraiment bien les choses, si les organisateurs souhaitaient faire appel à Dave Mckean pour un projet si ambitieux, ils ne se doutaient pas de la fascination de l’auteur pour le travail de Paul Nash, artiste peintre et poète qui établit des passerelles entre l’homme et la nature.

C’est une oeuvre d’art à part entière, un récit magistral porté aux nues par le talent sans communes mesures de Dave Mckean (quoi j’en fais trop, cet auteur fait partie de mes illustrateurs préférés et je n’en ferai jamais assez pour dire tout le bien que je pense de son travail).

Au travers des rêves de Paul Nash, nous allons suivre son parcours qui l’a amené à se retrouver confronté à l’horreur de la guerre, et le travail graphique de l’auteur rend hommage au travail du peintre qui le fascine tout en faisant basculer le lecteur dans ces visions d’horreur auxquelles tant d’hommes ont été confrontés. Il ne faut jamais oublier que si maintes et maintes tentatives de témoignages, sous toutes les formes que ce soient ont essayé de nous faire prendre conscience de ce qu’à été ce conflit sans précédent, il ne faut pas s’étonner que la plupart des témoins sont restés prostrés dans leur mutisme, car nul mot ne pourra jamais exprimer leurs sentiments.

Et pourtant Dave McKean réussi à en transmettre une part, et vous ne ressortirez pas indemne de votre lecture de cet ouvrage qui fait déjà partie de ma bibliothèque idéale et indispensable. il y a tellement de choses à voir que vous ne pourrez pas attendre avant de rouvrir cet album et pour autant garder la « fraîcheur » de votre première lecture et de vos impressions.

Et mon dernier petit plaisir n’est autre qu’un nouvel album des éditions çà & là, une maison d’éditions qui me rend toujours curieux, cette petite perle n’est absolument pas à lire si vous ne souhaitez pas vous spoiler la majeur partie des films que vous n’auriez pas vus et qui vont être abordés dans ce livre: Filmographique de Edward Ross.

Si vous souhaitez découvrir l’histoire du cinéma ou les dessous des films; ce que l’image animée a modifier le regard de nous, spectateurs, et notre perception du monde; comment l’arrivée de la parole a fait perde de l’expression corporelle et de la force narrative; l’omniprésence devant et derrière la caméra du genre masculin entraînant une vision erronée de la société et des thèmes abordés concernant le gente féminine ou bien les transgenre…

C’est toujours chouette de pouvoir s’instruire en s’amusant, d’apprendre des anecdotes qui épateront vos amis en soirée , de découvrir que ce film que vous croyiez connaître sur le bout des ongles vous réserve encore plein de surprises, et qu’une fois que vous refermerez ce livre, vous ne percevrez plus le monde comme avant. Comme disait Tarantino: « Vive le cinéma ».

 

 

Pour tous les goûts.

Une envie de vous dégourdir les jambes dans les steppes glacées ? Ou préférez-vous une course de bolides en plein milieu du désert en compagnie d’une bande de tarés ? Si vous restez dans le doute, peut-être vous tournerez vous vers des personnages qui vont plonger dans le questionnement.

La collection « 7 » des éditions Delcourt: chaque album est une histoire complète, avec différents auteurs pour chaque histoire, ce qui vous permet de découvrir tout un tas d’auteurs et de variés les plaisirs, tant sur le plan graphique que narratif. Vous pouvez piocher selon vos goûts et n’en prendre que certains, ou bien vous faire toute la « collec » pour voir le beau chiffre sept apparaître sur la tranche de vos albums bien alignés sur votre étagère. 7 macchabées vient de clore la troisième saison, il y a donc 21 albums de parus, ira-t’on jusqu’à 7 séries de 7 albums ? L’histoire ne le dit pas. Etant donné la diversité des genres, on peut facilement être en désaccord sur quel album nous a séduit si vous en discuté avec un autre lecteur.

Le hasard veut que pour nous trois, il y a juste un album par saison qui a fait mouche sur vos 3 libraires en même temps, d’autres nous ont plu bien évidemment mais jamais à l’unanimité. Dans la saison 1, 7 Missionnaires, de Alain Ayroles & Luigi Critone où comment le clergé face aux invasions incessantes des vikings décident de se « débarrasser » de 7 brebis galeuses parmi ses moines pour une mission d’évangélisation des hordes barbares ou bien d’éradication dans la douleur des frères qui se sont détournés du droit chemin.

Saison 2, le retour, cette fois c’était 7 Détectives de Herik Hanna & Eric Canete qui nous prenait sous son charme, avec un hommage à la littérature policière classique, une enquête réunissant les plus grands détectives du monde chargés par Scotland Yard de résoudre une vague de crimes, une histoire quasi interactive pour le lecteur qui pouvait s’amuser à retrouver à quels enquêteurs les auteurs faisaient référence et démêler l’affaire en même temps que les protagonistes. Cette histoire à donné lieu à la série Détectives, sept beaux albums remettant dans leur contexte d’origine chaque personnage.

Saison 3, la revanche du fils du beau frère du cousin de la vieille dame croisée chez le boulanger il’y à six ans: 7 Macchabées, de Henri meunier & Etienne Le Roux.

les anglais ont toujours eu un sens de l’humour un peu douteux et une susceptibilité très prononcée, alors lorsque en 1909, ils se rendent comptent que leur suprématie maritime prend un coup dans l’aile par les allemands, ils profitent d’une innovation technologique mais balbutiante pour doubler leur concurrents dans la course à la conquête du pôle histoire de reprendre les devants dans un autre secteur: réanimer les morts. Pourquoi ? Eh ben, comme ils sont déjà morts, ils ont une meilleure résistance au froid, une force surdéveloppée… la Dreamteam de l’exploration.

Si la série 7 s’arrêtait là, entre 7 Psychopathes et 7 Macchabées, nous aurions deux des plus belles idées de scénarios pondues ces dernières années.

Streamliner t2, All-in day, de  ‘Fane, aux éditions Rue de Sèvres. Suite et fin de ce récit customisé aux petits oignons, par l’un des dessinateurs qui illustra avec brio la série Joe Bar team.

Un rade perdu au milieu du désert tenu par un ancien as du pilotage de course de vitesse et sa fille, des gangs férus d’adrénaline, des hordes féministes à moto, l’ennemi public n°1 poursuivi par le F.B.I. qui est prêt à tout pour le mettre hors d’état de nuire.

Voici les ingrédients qui composent cette recette pimentée à souhait, les personnages y mettent toutes leurs tripes, et ce n’est rien de le dire, pour que le lecteur partage leur expérience. c’est toujours un réel plaisir de retrouver le trait de ‘fane, l’un des concurrents nous rappelle carrément son personnage de Tunny Head, ce qui fait bien plaisir.

Deux hommes en guerre,T1 Le ministre et l’espion, de Jef, Desberg et Claude Moniquet, chez Le Lombard collection Troisième Vague.

Je l’ai déjà dit, la politique fiction du genre Largo Winch, I.R.S et consorts, ce n’est pas ma tasse de thé, mais il arrive que parfois je me laisse convaincre, ce fut déjà le cas avec Koralovski chez le même éditeur.

Jef, c’est le dessinateur de Balles perdues, Corps et âme, Jéronimo… parus récemment chez Rue de Sèvres, son style donne une ambiance très atypique à chacune de ses histoires et c’est grâce à lui que j’obtiens ma première accroche.

Ce qui me botte dans ce récit, c’est que l’on va retrouver les ingrédients qui font que notre réalité politique, la vie de nos hommes politiques plus précisément ainsi que leur parcours rivalisent avec l’ingéniosité de nos meilleurs scénaristes. Alors à la lecture, on ne peut s’empêcher de penser à toutes les affaires en cours ou bien celles de ces dernières quarante dernières années.

Un membre des services secrets français qui a été en activité sur tous les fronts chauds, au courant de certains dérapages de personnes du premier plan politique, se voit contacté par l’un d’entre-eux qui se présente aux primaires de son parti pour les prochaines élections présidentielles. L’affaire n’est pas que glissantes, elle est poisseuse, dégueulasse même, et y être mouillé risque d’apporter un tas d’emmerde et pas que pour lui, ses maigres connaissances pourraient en pâtir également.

La saga de Grimr, Jérémie Moreau, aux éditions Delcourt.

Un hommage aux sagas nordiques, tout comme nous avions déjà eu Snaergard de Vincent Wagner aux éditions du Long Bec un petit peu plus tôt dans l’année. Une histoire de destinée, le drame omniprésent. Un jeune orphelin, rejeté de tous qui se retrouve en compagnie d’un personnage patibulaire (mais presque) qui vit en marge de la société.

Leur indépendance est leur force autant qu’elle est leur faiblesse, notamment parce que la liberté des uns provoque la jalousie des autres. Grimr continuera son parcours bravant les coups du sort, et ce, quelqu’en soit les conséquences. L’Islande est une terre de contraste, un lieu ou le forces de la nature se déchaînent peut-être pus fortes que nul part ailleurs, et notre histoire se déroule au XVIII ème siècle, alors que l’île vit ses heures les plus sombres de son histoire.

On retrouve Jérémie Moreau aux commandes, scénario & dessin, on a aimé son travail précédemment sur Le singe de Hartlepool en collaboration avec Wilfried Lupano (décidément il est partout ce garçon) et Max Winson, l’histoire de ce jeune joueur de tennis prodigieux et imbattu qui voit sa carrière chapeautée d’une main de fer par son père.

Jérémie Moreau a un trait atypique, qui confère à ses histoires une accroche toute aussi forte que le récit lui-même. Sur Grimr, le dessin donne de l’ampleur à ses décors d’extérieur, une très belle découverte, dépaysante à n’en pas douter.

Et le petit dernier: Ces jours qui disparaissent, de Timothé le Boucher, chez Glénat.

Il se trouve que nous allons recevoir l’auteur en dédicace samedi 30 septembre.

Imaginez-vous un instant à voir le temps filer de telle manière, que du jour au lendemain, vous sautiez une journée. Un jour sur deux, vous vivez votre vie normale, sans jamais vous rappeler de ce que vous avez fait la veille, et dans l’angoisse de rater la journée suivante. c’est ce qui arrive à notre personnage, qui se pointant au travail, un jour qu’il pense être le lundi et débuté sa semaine, apprend que nous sommes déjà le mardi. Comment continuer vos activités, professionnelles, artistiques si comme Lubin maréchal vous faites parti d’une troupe de spectacle, louper les répétitions et ne pas entretenir son corps pour les performances qu’il doit réaliser.

et que se passe-t’il durant ces jours d’absence ? heureusement que la technologie est là pour se filmer et garder une trace des événements. Comment vous sentiriez-vous, si, un autre vous, décidait de suivre un autre parcours que le votre lorsque il vit les journées à votre place ?

Force de caractère.

Il en faut de la force de caractère pour les protagonistes des histoires que je m’en vais vous présenter. Trois comics, deux suites de séries et une nouveauté en One Shot, des histoires violentes mais pas dénuées d’intérêt, chacune avec son propre univers graphique, la première: Wild Blue Yonder, les aventuriers du ciel, de Mike Raicht, Zach Howard, Austin Harrison & Nelson Daniel, chez Glénat Comics.

Tout d’abord, ce récit m’a remis en mémoires des ambiances similaires, le film de Mamoru Oshii, The sky crawlers. Mamoru Oshii, vous le connaissez peut-être, réalisateur de génie de films comme les premiers Ghost in The Shell, Avalon, Jin-Roh la brigade des loups et tant d’autres encore. Avec The Sky Crawlers, nous nous situions demain dans notre monde, un conflit sans précédent à vu le jour et perdure depuis un certain temps.

L’origine de cette guerre s’est perdue, mais deux camps continuent de s’affronter, ayant toutefois des scrupules à causer des victimes, ils ont développer des soldats génétiquement à partir des gènes de combattants, et c’est maintenant de la chair à canon, des adolescents qui ne vieilliront pas, d’ailleurs au vu de leur destinée, leur espérance de vie est bien courte. et nous nous intéressons à un jeune pilote d’avion qui arrive sur la base où il est affecté, s’intégrer à un petit groupe d’intervention. Comme à son habitude Mamoru Oshii développe une histoire avec beaucoup de philosophie et c’est le genre de film que vous regarderez un bon nombre de fois, ne serait-ce que pour son basset Hound, son animal fétiche qu’il nous glisse à toutes les sauces.

L’autre film d’animation qui m’est venue en tête est une série plus grand public, il y a deux saisons, c’est Last Exile de  Koichi Chigira à la réalisation et  Range Murata au character design. Une histoire plus Steam Punk dans l’esprit, deux enfants, pilotes d’un avion et messagers/coursiers, dans un contexte de conflit entre différents pays, des guerres à l’ancienne, « tirez les premiers messieurs », où l’on aligne les soldats les uns en face des autres, et on compte les victimes par milliers. Néanmoins, la poésie et le charme est de rigueur dans cette série.

Wild Blue Yonder, l’Homme ne se refait pas et a bien évidemment foutu en l’air la planète en faisant exploser ses bombes nucléaires, le monde est plongé dans le chaos et des bribes d’humanités subsistent çà et là. 

Le salut est dans les airs, il existe des vaisseaux, véritables villes volantes où les survivants se sont réfugiés et tout le monde sur chaque navire se considère comme une seule et même famille. L’aurore est un navire un petit peu particulier, déjà, il n’a pas d’alliés, mais surtout, il a la particularité de pouvoir se passer de carburant, ce qui a alimenté les légendes à son propos et suscite la convoitise de ses adversaires. Ses habitants ont déjà subis plusieurs attaques, et leur défense aérienne n’est plus réduite qu’à quelques avions. Ceux-ci sont accompagnés de pilotes de jet-packs, chargés des opérations délicates ainsi que les abordages. Une vie mouvementée, le risque d’y rester est permanent,ce qui renforce les liens qui les unissent.

Cola est l’actuelle meilleure pilote de défense de L’Aurore, véritable risque tout qui ne laisse jamais l’un de ses acolytes face au danger, et ce, même si cela doit contredire les ordres de sa mère qui dirige le vaisseau. Elle va se voir adjoindre un nouveau coéquipier, Tug, ancien mineur qui vient d’être recueilli à bord et qui va devoir apprendre le maniement du jet-pack.

c’est un récit complet en un seul volume, suffisamment dense pour satisfaire vos attentes, mettre en place l’histoire, le dessin est très chouette. La couleur est un peu sombre, mais coïncide avec le confinement des personnages dans leur navire, ou bien les conditions extérieures qui, bien qu’elles se passent dans les airs, sont sujettes à un environnement saturés de nuages radioactifs. Ah çà, c’est violent, mais c’est la guerre ma bonne dame, que voulez-vous, on ne se refait pas, et ceux qui ont essayé de se battre à coup de fleurs ne sont plus là pour en parler.

La suite! La suite! Les suites!

Deux sorties pour des séries qui nous avaient bien plus auparavant, en commençant par le troisième tome de Manifest Destiny t3, Chiroptères et carnivores, de Chriss Dingess, Mathew Roberts & Owen Gieni, aux éditions Delcourt.

Connaissez-vous dans l’histoire de l’Amérique et l’exploration de l’ouest sauvage, la mission de Lewis & ClarkSacagawea? Non? Alors je vous invite à re-regarder les Simpsons, Lisa interprétant le rôle de la guide de ces deux explorateurs, joués par Lenny & Carl (je reste fidèle à mes classiques), dans l’un de ces épisodes qui regroupe trois histoires classiques détournées par la famille en jaune (pour les curieux, c’est le onzième épisode de la saison 15).

Thomas Jefferson, troisième président des Etats-Unis, envoie les deux hommes en exploration jusqu’à la côte Ouest en prévision des prochains convois de colon qui s’installeront sur ces terres, et en l’occurrence, se débarrasser des éventuels dangers qu’ils pourraient rencontrer.

Contrairement à la réalité, où il n’y a eu qu’une seule victime, notre histoire va réserver de biens étranges rencontres, toutes plus dangereuses et surprenantes les unes que les autres. Les chefs de missions savent à l’avance que des périls les menacent, et que des créatures fantastiques peuplent ces territoires inconnus. les zones les plus dangereuses coïncident avec la présence d’étranges arches qui émergent du sol, sur une hauteur vertigineuse et de textures des plus insolites.

L’expédition est constituée de soldats, de repris de justice, de scientifiques et quelques volontaires. Tous vont frôler la folie face aux rencontres improbables qu’ils vont faire, des bisons/centaures, des insectes géants, des êtres végétaux et tant d’autres encore. Cela va être une véritable hécatombe, mais qu’à ne cela ne tienne Lewis & Clark n’ont d’autre choix que de continuer et de mener leur expédition jusqu’au bout, et nul mutinerie ne sera tolérée. C’est en chemin qu’ils font la rencontre de Sacagawea et de son mari Toussaint Charbonneau, union bien particulière, elle n’avait que 15 ans alors, ils se tolèrent mais ne s’apprécient pas plus que ça, seulement Sacagawea ne peut plus rentrer dans sa tribu, c’est pourquoi elle accepte de guider la mission. Là aussi, nous sommes sur un récit violent, mais qui fait preuve d’une richesse d’ingéniosité dans le bestiaire qui est proposé, sur les relations humaines au sein de cet équipage et bénéficiant lui aussi d’une belle ambiance graphique.

Deadly Class t5 – Carousel, par Rick Remender, Wes Craig & Jordan Boyd, chez Urban Comics collection Indies.

Alors là, le titre vous annonce la couleur: une classe ou on apprend à tuer, cool non ?! 

Marcus, adolescent, est orphelin et est devenu SDF, la vie au jour le jour n’est pas facile, trouver un abri, se nourrir, protéger le peu d’affaire en sa possession, tout est un combat du quotidien. il va cependant intégrer la Deadly Class, car une histoire circule sur son passé et sa responsabilité d’un massacre, lui conférant un talent inné de tueur. 

Cette école accueille l’élite de la progéniture de toutes les mafias du monde entier, toute la lie de la société, les pires vicelards qui tiennent bien de leurs parents. L’esprit de camaraderie n’est que bien trop souvent qu’apparence, mais de belles histoires naissent quand même.

Pour ceux qui ne connaissent pas la série, je ne vais rien dévoiler de l’histoire si ce n’est que vous trouverez un peu de tous les ingrédients d’une histoires d’adolescents qui fréquentent le lycée.

Pour, les autres, j’espère que vous vous souvenez de la fin de la première année d’études et sa cérémonie dans le tome précédent. Si ce n’est pas le cas, relisez-le avant de vous plonger dans ce nouvel épisode. 

Qui dit, fin d’année, dit obligatoirement, nouvelle année, nouvelle rentrée, et donc… nouveaux élèves. Comme si, les anciens n’avaient pas déjà assez de casseroles au c** et que leur histoire personnelle pouvait rejaillir à n’importe quel moment.

Un dessin et une mise en page dynamiques accompagnent ces personnages hauts en couleur. un mélange de gore, d’humour et de cynisme, tout pour me plaire et peut-être vous aussi. A bientôt.