Enfant, avez vous déjà eu peur du noir ?
A l’occasion de la sortie de, Le coeur de l’ombre de Marco d’Amico, Laura Iorio & Roberto Ricci aux éditions Dargaud, je reviens avec un nouvel article dédié aux enfants, et comme on me connait pour mon esprit sournois, j’ai décidé de jouer à leur faire peur WOUAHAHAHAHAAAAAA !!!!!!
La thématique de la peur du noir à déjà été traitée à plusieurs occasions, de différentes manières et pour différents âges. Que cela soit pour les plus petits avec la collection Petit Poilu et le titre La maison brouillard, de Pierre Bailly & Céline Fraipont aux éditions Dupuis.
Alors pour celui-ci, la véritable thématique est: Désamorçons la peur grâce à l’humour. Petit Poilu est une série afin d’initier les plus petits à la Bande Dessinée et ce dès 3 ans. A chaque récit Petit Poilu quitte la maison pour une aventure complète avant de rentrer chez lui à la fin de l’aventure. A défaut de la nuit ou du noir, c’est le brouillard qui rend les choses difficiles à percevoir, les châteaux hantés et autres vampires que Petit Poilu apprend à appréhender.
Séverine Gauthier est à mes yeux l’une des meilleures scénaristes actuelles pour la jeunesse lorsqu’il s’agit d’aborder des thématiques particulières avec un soucis éducatif, et elle a l’art et la manière de s’allier à des illustrateurs de talent. En l’occurrence Jérémie Almanza a mis en image Aristide broie du noir aux éditions Delcourt jeunesse. Aristide est un garçon très intelligent (comme tous les enfants si on écoute leur parents respectifs, mais lui plus que d’autres) au grand dam de sa maîtresse et de sa maman. Pourquoi ? parce qu’il en est arrivé à un point où il ne sort plus le nez de ses livres et à du mal à être sociable avec ses camarades d’école, ça c’est pour la maîtresse. En ce qui concerne sa mère, c’est une autre histoire, certes c’est un garçon accaparé par ses livres, sage et tout, et tout, mais surtout Aristide à peur du noir, et ne cesse de chercher tous les subterfuges pour tromper sa mère lorsque vient l’heure du coucher afin de ne pas se retrouver dans le noir dans sa chambre et garder la lumière allumée. Il ira même jusqu’à inventer une machine à broyer du noir, histoire de faire disparaître l’objet de ses craintes, mais bien évidemment vous vous doutez que cela ne sera pas sans peine, pour lui, et pas sans surprises, pour vous !
Petit à petit, tout en restant dans le thème de la peur du noir, on affine avec l’autre sujet développé dans Le coeur de l’ombre, quand le héros va basculer dans un autre univers et/ou rencontrer des personnages qui incarnent les terreurs enfantines, le croquemitaine et autres monstres qui se cachent sous le lit ou dans les placards.
C’est un auteur complet, scénariste et dessinateur, Civiello a abordé le thème du croque mitaine par 2 fois aux éditions Delcourt Jeunesse avec, Humphrey Dumbar, le croquemitaine, et sa suite Jimmy l’apprenti croquemitaine.
Dans le premier récit, on découvre Humphrey Dumbar, croquemitaine de son état, on y voit son quotidien, ses habitudes, ses fréquentations, pas toujours des plus honorables. Mais un soir, il va se laisser distraire dans son travail, boire un petit coup de trop à n’en plus avoir les idées claires. Le turbulent Jimmy en profitera pour se cacher dans son sac et lui jouer un chien de sa chienne afin de le faire tourner chèvre, ou bourrique c’est selon. Dans le deuxième histoire, Jimmy se proposera de remplacer Humphrey, mais je ne peux pas vous dire pourquoi, étant donné que cela vous révélerait la fin du premier récit, mais il découvrira par lui-même que n’est pas croquemitaine qui veut.
Deux autres récits, Tigres & Nounours de Mike Bullock, Jack Laurence & Paul Guttierez, aux éditions Bamboo et L’étoffe des légendes de Raicht, Smith & Wilson aux éditions Soleil.
Dans l’une comme dans l’autre, nous voilà avec les jouets à la rescousse de leur propriétaire. Dans Tigre & Nounours, le petit Joseph doit déménager avec sa maman, et sa grand-mère, en grande protectrice, lui offre un cadeau bien original: une boîte contenant 4 peluches de grands félins, à placer aux 4 coins de son lit la nuit venue, afin de pouvoir dormir tranquille sous bonne garde. Mais voilà t’y pas qu’en pleine nuit, un boucan de tous les diables le réveil, et en soulevant ses draps, il aperçoit un passage qui vient de s’ouvrir en plein milieu de son lit, menant dans une autre dimension, où ses nouvelles peluches sont en train de mener un combat. Sous le coup de la surprise, il bascule à son tour dans cette autre dimension, et de trépidantes aventures vont bientôt s’offrir à lui…
Dans L’étoffe des légendes, (petite aparté avant de commencer, le tome 1 est épuisé depuis un moment, presque aussi longtemps que l’on attend le tome 4), c’est un petit garçon qui va être kidnappé au beau milieu de la nuit par un être monstrueux sorti du placard, et ses jouets n’ont pu s’interposer. Du clown à ressort au petit soldat en plastique, en passant par l’ours en peluche… tous vont partir à la rescousse de leur protégé au péril de leur vie. Il est fort dommage que l’on ne puisse vous les présenter en magasin étant donné la rupture de titre, car l’univers graphique du dessinateur est a couper le souffle.
Venons en au fait avec Le coeur de l’ombre de Marco d’Amico, Laura Iorio & Roberto Ricci aux éditions Dargaud.
Luc est un jeune garçon d’origine Italienne, quelle importance selon vous ? Les histoires qui bercent son enfance. Sa grand-mère lui chante une berceuse typique sur L‘Uomo Nero, l’Homme Noir en traduction littérale, le Croquemitaine dans la fonction.
Ses parents voient d’un mauvais oeil l’influence que cette chanson peut avoir sur Luc, qui est un enfant vraiment trop impressionnable, il manque vraiment de confiance en lui et a peur de tout, du chien du voisin à ses camarades d’école, mais surtout lorsqu’il se retrouve tout seul dans le noir, le soir dans sa chambre.
Les enfants peuvent s’inventer tout un tas d’histoires, et les adultes oublient trop souvent d’voir la moindre compassion pour les peurs enfantines, alors lorsque Luc prétend que L’Uomo Nero le harcèle chaque soir en sortant du placard, ses parents mettent ça sur le coup de son imagination et lui somme de dormir, de faire un somme en quelque sorte.
C’est bien parce que ces monstres sont imaginaires, qu’habituellement il n’y a rien à craindre de ses peurs nocturnes, mais pour Luc cette fois, cela va être une autre paire de manche, car lorsque L’Uomo Nero va apparaître devant lui, en tentant de se blottir sous ses draps tout en se recroquevillant, leur tête vont s’entrechoquer.
La chose étant inconcevable, et ce même pour L’Uomo Nero, celui-ci va revenir chercher Luc et le faire basculer dans le monde des cauchemars et des terreurs nocturnes. Il n’y eut qu’un seul précédent d’interaction avec les êtres cauchemardesques, La Nullificatrice, et c’est auprès d’elle que va être conduit Luc afin de résoudre ce mystère.
Il y a bien des manières à dédramatiser la peur du noir, avec ces récits voici déjà quelques idées, bonne lecture.
« Allez vas’y te fait prier, raconte nous une histoire !! – Bon apparemment certains d’entre vous ont été sages, vous allez en avoir droit à deux. – OUAIS !!!!! » Ah que c’est beau de voir tant d’enthousiasme dans vos petits yeux de grands n’enfants. Aujourd’hui vous avez effectivement le droit à deux histoires, pas une, Deux, et qui se trouvent être aussi bien pour les jeunes et les moins jeunes d’entre vous.
4 personnages pour 5 histoires: voici comment on pourrait aborder cet album, vous avez 4 premiers récits qui pourraient correspondre à 4 interprétations de la même moralité selon que vous vous trouviez soit en Europe avec en symbole le Loup. En Europe de l’est avec le Vampire. Sur le continent Africain avec un Sorcier. Et enfin sur le continent Sud-Américain avec un Ogre.
En effet quelque soit les cultures et leurs contes, on peut trouver assez souvent le même genre d’histoire, en l’occurrence dans ce cas précis, la créature fantastique qui règne dans une région au dépend des habitants qui ont plus tendance à leur servir de pâture.
Au terme de chacune de ces histoires, la créature n’a d’autre choix que de partir vers de nouvelles contrées, poussée par la faim et la pénurie de denrées à se mettre sous la dent.
Les pérégrinations de chacun va les amener à croiser leur chemin au coeur du monde.
Rassurez vous, je ne vous ai pas tout raconté, il y a quelques surprises à découvrir pour chacune de ces histoires, et lorsque vous terminerez de lire la dernière, une belle morale vous attend sur ce que votre imaginaire d’enfant a pu développer et vous apporter pour le reste de votre vie.
Restons dans le macabre et le lugubre, mais pas trop quand même, je vous rappelle que je vous propose des titres accessibles pour les jeunes lecteurs: Le concile des arbres de Pierre Boisserie & Nicolas Bara aux éditions Dargaud.
C’est une histoire en un seul tome, on pourrait même le regretter tellement les personnages sont attachants par leur caractère, ainsi que par l’ambiance graphique, ronde et agréable, et en plus bourrée d’humour… HHAAA L’HUMOUR !!!!
Imaginez: nous sommes dans une ambiance XIXe siècle, dans un hôpital situé en campagne, voire maison de repos, pour femmes & enfants. Mais attention, il est de classe royal l’hôpital, alors déconnez pas.
Afin d’étudier et résoudre le mystère de ce qui semble être une possession multiple, le ministre Pomerol, du Ministère Public des Affaires Privées (qui est privée de public, puisque c’est privé, en effet essayez de rentrer dans un ministère, cela vous fera peut-être de la publicité mais vous serez privé de liberté le temps de passer devant le tribunal public… mais je digresse). Bref, Pomerol, ancien camarade du directeur Tournepied, va faire appel à ses deux meilleurs agents, Casimir Dupré & Artémis d’Harcourt pour élucider l’affaire.
On ne peut pas vraiment dire qu’entre les deux agents, ce soit l’entente cordiale et la collaboration s’annonce plutôt houleuse. Dès leur arrivée, ils doivent faire face à une hostilité et à un empressement de les voir déguerpir qui ne peut qu’aiguiser d’autant plus la curiosité des agents chevronnés.
Tant de mystères accumulés au même endroit, au même moment ne laisse rien présager de bon pour les deux agents. Comment diable vont-ils bien pouvoir progresser dans leur enquête, si en plus ils ne peuvent pas se sentir. Jeux de mots, railleries, humour vont être au rendez-vous. Une enquête haletante et trépidante pour les amateurs de sensations fortes, mais pas trop quand même.
Pourquoi délires graphiques ? oui, pourquoi ? Eh ben parce que ! Et c’est déjà une bonne raison. En effet parmi les sorties que nous voyons actuellement défilées: un nouvel album de Craig Thompson, Space Boulettes, aux éditions Casterman, un récit de Sciences-Fictions à destination de enfants, mais pas que; Rat Queens t1- Donjons & Draguons, un comics publié par Urban Comics dans leur collection Indies de Kurtis J. Wiebe & Roc Upchurch, un récit déjanté d’ Héroic Fantasy, une équipe de 4 mercenaires, Betty (une lutin folle du c**) Hannah (une elfe aux cuites mémorables) Dee (adepte d’un culte sataniste) et Violet (une naine… ben… une naine quoi), avec un prix de lancement à 10 euros jusqu’au 30 juin; Morgane de Kansara & Fert, chez Delcourt dans la collection Mirages, la légende Arthurienne vue par la demi-soeur du roi… tout cela est bien agréable, mais ce n’est pas ce que j’ai décidé de vous mettre en avant cette fois-ci.
Pour l’heure, j’aimerais vous vous parler de contrées majestueuses, de décors à vous couper le souffle, d’histoires trépidantes, de récits qui vous vont vider la tête et attiser les cendres de votre imagination, tout cela en trois titres seulement.
L’odeur des garçons affamés, c’est le nouveau titre du plus Moebiusien des auteurs actuels, j’ai nommé Frédérik Peeters, avec au scénario Loo Hui Phang, et publié aux éditions Casterman, et ce n’est pas peu dire que c’est un chef-d’oeuvre étant donné que l’éditeur leur à même consacré un tirage spécial.
Loo Hui Phang ne vous est peut-être pas connue, mais elle n’est pas novice dans le monde de la Bande-dessinée, jonglant entre Futuropolis, L’Association et Atrabile, elle a l’habitude de travailler avec des auteurs au style graphique qui sort des sentiers battus.
Aujourd’hui c’est pour un Western que vous allez embarquer, une histoire qui se déroule au milieu d’une zone désertique, avec presque aussi peu de personnages que vous risquez de croiser de vie en plein désert. J’aimerais même définir ce récit de huis-clos à ciel ouvert, c’est antinomique mais c’est fait exprès, à partir du moment où l’on reste dans la relation qui va unir ces 4 personnages. Oscar, note personnage principal, photographe de son état, gentleman dandy, mais pas si sympathique que cela de prime abord. Stingley, géologue chevronné prêt à parcourir le terrain qui reste toutefois en mesure de savoir rappeler que c’est lui le patron et que l’on ne mélange pas les petites gens avec ceux de son rang. Milton, jeune homme qui les accompagne, on sent chez lui une personne malhabile, peu sûr d’elle-même et dont la pudeur laisse un peu gauche.
il semblerait également que Oscar ait un faible pour les jeunes garçons encore pubères comme Milton, tandis que Stingley, sous ses couverts d’explorateurs soit également annonciateurs du funeste destin des autochtones Amérindiens que l’on peut leur connaître. Si vous ajoutez à ce trio, cet étrange et inquiétant Cow-Boy au visage émacié, à la mine quasi porteuse de mort qui semble les avoir pris en chasse, voici la base qui se pose pour ce récit qui vous surprendra bien plus que vous ne pourriez le supposer. Bien sûr, vous aurez quelques indiens de-ci de-là, des étalons gambadant joyeusement et quelques échanges d’armes à feu, et vous voilà en route pour un récit complet qui est l’une de mes plus belles et intéressantes lectures depuis ce début d’année, à tel point que je ne souhaite pas vous en dire plus.
Dans la continuité des albums où il ne faut pas avoir de paroles superflues pour vous le décrire, voici Helios de Etienne Chaize aux éditions 2024.
Très franchement, il faut l’avoir entre les mains pour comprendre ce que j’aimerais vous faire ressentir. Voici déjà le texte d’introduction de l’histoire, uniquement visuelle que vous découvrirez:
Avec à peine quelques titres par an à leur catalogue, vous devinerez que les éditions 2024 choisissent judicieusement les albums auxquels ils croient, à savoir que c’est eux qui ont édités l’année dernière la Bande Dessinée du chanteur M.
Bref, avec Helios, nous allons partir en voyage, mais pas n’importe lequel, un épique, à la découverte de l’inconnu, avec bon nombre de péripéties à la clef.
Ce voyage, vous allez l’effectuer en leur compagnie, sans paroles, cette histoire va captiver votre attention. L’album est plutôt grand alors que le peuple que vous suivez est minuscule face aux paysages qu’ils vont traverser.
Il y a une infinité de détails à observer, et lorsque vous revenez sur des pages que vous avez déjà lues, sans nul doute,vous découvrirez de nouveaux éléments que vous n’aviez pas captés au premier regard. pour ceux qui aimeraient argumenter que ce n’est pas de la Bande Dessinée, je leur répondrai que l’on s’en fout, c’est de l’art graphique, avec une magnifique prouesse narrative, qu’importe la forme si l’auteur est capable de vous transporter dans son univers, donc oui, j’ai adoré cet ouvrage, et je ne cesse de prendre plaisir à le rouvrir pour le présenter à de possibles futurs lecteurs, merci Etienne Chaize ainsi que 2024.
Et bien évidemment je m’en vais terminer avec une perle (comme toute bonne digestion), une beauté sud-américaine…
Nos chouchous Fàbio Moon & Gabriel Bà sont de retour aux éditions Urban dans la collection Graphic avec leur premier titre publié aux Etats-Unis: Détails d’une vie brésilienne. Ce recueil d’histoire courtes en Noir & Blanc est le précurseur de l’oeuvre qu’ils publieront par la suite et qui sera reconnue dans maintes contrées comme une chef-d’oeuvre: Daytripper.
Le panel de récits que vous êtes amenés à lire dans cet album est vraiment chouette, du récit fantastique, en commençant par un rêve incitant deux frères à passer le cap de prendre confiance dans leur capacité à écrire et dessiner les histoires qui alimentent leur imaginaire, en passant par des récits réalistes et plus intimistes.
Fàbio & Gabriel alternent les histoires où ils peuvent se mettre en scène et les personnages fictifs, mais on peut se demander dans chacune de ces histoires où commence et où se termine la part d’intimité qu’ils partagent avec nous.
Le cadre intimiste d’une rencontre de deux inconnus, jouant au jeu de la séduction le temps d’une journée et se quittant ignorant encore tout de l’identité de l’autre même après ce moment inoubliable. Une soirée entre amis, à boire des coups et à se remémorer leur adolescence, les amis et les amours, à ceci près que l’un d’entre eux est… mort, et oui rien que çà, mais personne ne s’en offusque, bien au contraire, rien de plus normal à leurs yeux. Et cerise sur le gâteau, vous allez pouvoir lire une histoire, interprétée successivement par chacun des deux frères, et leur gémellité se ressent jusque dans leur narration, cela en est vraiment surprenant.
Tebori, ce terme étrange fait-il écho à vos oreilles et votre mémoire, ou bien vous est-il totalement étranger ?
Outre d’être le titre de la nouvelle série du duo, Robledo/Toledano, les auteurs espagnols de la série policière Ken Games, reviennent aux éditions Dargaud avec une nouvelle trilogie: Tebori.
Le personnage ? Une jeune homme, Yoshi. A force de traîner dans la rue avec ses camarades, Yoshi a glissé doucement de la petite délinquance au regroupement en bande organisée, ces fameuses bandes de motards que l’on appelle Bosozuku, qui écument les rues des grandes mégapoles Japonaises, dans des courses ou des rixes sanglantes.
Les hauts-faits d’armes qui apportent la gloire sont tout de même moins courants que les problèmes occasionnés par ces occupations tapageuses. Suite à sa dernière interpellation par la police, Yoshi est mené par son grand-père auprès d’un vieil ami de celui-ci. C’est ainsi que le jeune homme devient apprenti auprès de l’un des 8 grands maîtres du tatouage traditionnel, Le Tebori.
C’est par son talent et toute l’intensité qu’il mis à la pratique de son art que Yoshi est amené à succéder à son maître, mais un événement va bouleverser l’ordre des choses. Si déjà son travail lui prenait beaucoup de temps et d’énergie, la reprise de la fonction de son mentor va lui en demander encore plus, mais il va découvrir l’autre aspect de ce rapport privilégier avec ses clients, de ce moment où ils livrent leur corps aux soins du maître-tatoueur, mais également le temps où ils délient leur âme et livrent une partie de leur histoire, et ces secrets doivent le rester, c’est l’une des règles les plus importantes de ce travail original.
Dilemma. Ah là là, quel dilemme, je ne sais quelle couverture alternative de Dilemma choisir. Comment cela quelle couverture choisir ?
Oui mesdames et messieurs, ce n’est pas suite une erreur de manipulation, de maquettage ou d’une bonne blague d’imprimeur, vous avez bien deux couvertures différentes pour le nouveau titre de Clarke: Dilemma, aux éditions Le Lombard. Et pourquoi donc ? Pas pour vos beaux yeux, bien évidemment. Evidemment que vous avez de beaux yeux, mais bien évidemment, aussi, que l’on ne va pas systématiquement plier le monde à votre convenance sous prétexte que vous avez un regard charmeur. Deux couvertures donc, car en fonction de l’album que vous allez acheter, vous aurez une fin alternative que vous n’aurez pas en achetant l’autre album. Quel intérêt ? Ben vous faire acheter deux albums à 20.00 euros pour pouvoir lire 4 pages de différence, je ne vois pas où est le problème… Mais non, bien sûr que l’éditeur ne vous croit pas assez c** pour acheter les deux exemplaires, c’est pourquoi en faisant un choix, vous obtenez un code d’accès sur internet pour lire gratuitement la fin alternative. Bon, là aussi, on peut se demander pourquoi un éditeur veut inciter son lectorat à lire sur internet plutôt que sur de beaux livres, avec du vrai papier et tout et tout.
Deux histoires, deux salles, deux ambiances. Plus sérieusement, deux périodes de l’Histoire qui vont se répondre: nous sommes en 1937, Michaël Dorffman est Allemand, c’est peut-être en détail pour vous, mais dans le contexte historique, cela peut changer votre vie… beaucoup. Michaël Dorffman est archéologue, et lors des fouilles qu’il mène actuellement en Egypte, il vient de faire une découverte qui risque d’ébranler jusqu’à la moindre parcelle du monde actuel, et ouais, rien que çà.
Au fond d’une grotte reposent par centaines, des rouleaux stockés à l’abri de l’air dans des jarres. C’est une somme de connaissances qui a été rangée à l’insu de tous, ou tout du moins l’eut-il mieux fallu. Les textes ont été rédigés aux alentours de 350 avant J.C. et ils regroupent les échanges entre Diogène de Sinope, Aristocratès d’Athènes dit Platon, Aristote de Stagire (comme c’est le plus jeune, les autres l’appelle « le stagiaire ») et Xénophon d’Enrichista.
Au fur et à mesure que Michaël va s’attabler à la traduction des écrits qu’il vient de mettre à jour, un choc phénoménal va le saisir, les quatre Grecs auraient programmé à partir d’un pari qu’ils se sont posé à eux-même, les deux mille années à suivre de l’évolution de l’histoire des hommes. Lorsque l’on met à jour ce genre d’information, les sueurs froides ne tardent pas à venir, comment une telle prédiction d’une telle ampleur peut-elle être envisageable ? Cela implique t-il une organisation d’une démesure mondiale, oeuvrant au moindre niveau afin que le grand schéma cosmique soit respecté tel qu’il a été défini.
Si déjà dans un contexte de guerre imminente, dans un pays au bord du chaos, où l’épuration promise par Hitler commence a être appliquée, ce genre de découverte ne vous fait pas virer paranoïaque, cela ne serait tarder.
Quand on est petit, je parle de l’âge pas de la taille, l’Histoire, cela peut-être barbant, et la littérature, n’en parlons pas. Heureusement il y a les BD… Voici donc l’occasion de vous présenter deux nouveautés pour nos chères têtes blondes (expression ridicule n’est-ce pas, car je ne m’adresse pas exclusivement aux blonds).
Jean-Blaise Djian, le scénariste des Quatre de Baker Street, revient avec une nouvelle série coécrite avec Nathaniel Legendre, mise en images par Nacho Arranz Estevez, et aux couleurs Catherine Moreau. Toute la petit équipe vient de produire Les chamions d’Albion t 1– Le Pacte de Stonehenge- pour les éditions Jungle (prononcez « Djeunegueule »).
Pour couronner le tout (« couronner » – roi Richard– reine Aliénor– humour… promis j’arrêterai un jour… mais pas aujourd’hui…), notre personnage principale, avec un E, s’appelle Robyn, et coïncidence inouïe, elle manipule un arc dis donc, c’est dingue çà, mais très franchement elle n’est pas aussi douée que son homonyme masculin susnommé plus haut à maintes reprises. « Bon tu vas enfin nous dire de quoi ça parle oui ou flûte !!? (« flûte » – Fifrelin – joueur de Hamelin… non ? bon tant pis – comme les orgues des années 80′ mais ça ne s’écrit pas pareil).
Comme inscrit en quatrième de couverture (le dos du bouquin pour ceux qui l’ignorent): « 1199. De retour des croisades, le vindicatif roi d’Angleterre, Richard Coeur de Lion, est mortellement blessé lors de l’attaque d’un château limousin. Il a juste le temps (mais tout juste hein, parce que sinon il n’y a pas d’histoire et ce serait trop bête – mais cette remarque n’apparaît pas au dos du livre…) de confier une mission de la plus haute importance à sa mère, la grande Aliénor d’Aquitaine. Pour la réussir, Aliénor demande de l’aide aux plus valeureux héros qui soient, Les Champions d’Albion, Ivanhoé, El Cid, Fifrelin, Spring Heeled Jack, Puck rejoints par la jeune Robyn dans une magnifique et trépidante aventure. » Robyn prend part à l’aventure en s’éclipsant discrètement de la maison familiale après avoir écouté aux portes, il serait malvenu de voir sa fille partir au combat, même accompagnée des plus grands héros de votre pays, d’autant plus qu’il faut qu’elle se fasse passer aux yeux de ceux-ci pour une guerrière aguerrie et pas pour un boulet qui risque de les encombrer et les retarder. Là où c’est plus drôle, c’est l’excuse qu’elle va donner à sa mère concernant son absence: la drôlesse est partie retrouver un jeune noble à Londres. Rosamund d’Huntingdon, la maman, considère plus sain que sa fille s’absente en catimini retrouver un probable futur gendre, plutôt qu’elle continue à se comporter comme un véritable garçon manqué. Ai-je omis de vous dire que Robyn est adoptée ? cela nous réserve très certainement des rebondissements pour les histoires futures… Les lecteurs bénéficient d’un dossier complémentaires à la fin de l’album pour en apprendre un peu plus sur chacun des personnages, ainsi que de savoir quelle sera la base de la prochaine aventure des Champions d’Albion dans le tome 2 qui les conduira en Espagne.
L’autre titre original que je vous conseille aujourd’hui est publié par les éditions Rue de Sèvres: Tritons, épisode 1 – L’invasion des Lezzarks sanguinaires– de Doug Tennapel.
L’auteur a déjà été publié en France avec Ghostopolis (Milady Graphics éditions – album plus disponible). Comme dans son histoire précédente, Doug Tennapel place son récit dans un univers sombre, mais ce n’est que pour mieux en faire jaillir la lumière, bien entendu.
Le village est sous la protection de la Garde, mais voilà, lorsque l’on tergiverse trop longtemps sur les sandwichs jambon/fromage ou fromage/jambon, il ne faut pas s’étonner que l’on fisse envahi par des Lezzarks sanguinaires…
Zak, malgré son handicap, va réussir à s’échapper, via les conduites d’eau souterraines, et nager au fil de la rivière. Le courant va l’entraîner vers de nouvelles aventures, rencontres de tout poils/écailles…
« Underwater« , « sous l’eau », une thématique humide avec deux ouvrages que j’ai trouvé très agréables, tant graphiquement que narrativement : Le maître des crocodiles de Stéphane Piatzszek & Jean-Denis Pendanx aux éditions Futropolis, et Underwater –Le village immergé– tome 1 de Yuki Urushibara aux éditions Latitudes.
Le maître des crocodiles, ce n’est pas la première collaboration pour Stéphane Piatzszek & Jean-Denis Pendanx qui avaient réalisé Tsunami, toujours chez Futuropolis, les deux auteurs sont d’ailleurs des habitués de la maison d’éditions.
L’histoire va se dérouler en Indonésie, dans l’archipel des îles Banyak, et elle commence avec cet homme, Léo (Léonard), assis seul sur le sable, les yeux dans l’eau (ça y’est, j’ai réussi à vous mettre l’air dans la tête ?), sur cette plage désolée, on le découvre dans une scène symbolique où il se débarrasse de ses papiers, derniers vestiges de son attachement à la civilisation ?
Flashback: retournons 30 ans en arrière, Léo, sa femme Isabelle et leur ami Bernard, arrivent dans l’archipel afin d’y tourner un documentaire. La situation est tendue car à ce moment là des indépendantistes militent de façon armée, les militaires qui accueillent notre équipe en profitent même pour leur soutirer de l’argent contre leur protection. Le sujet de leur reportage sera également mal accueilli par les autochtones: Les habitants de l’île ont la particularité de pratiquer la pêche à l’explosif, et donc les reporters souhaitent montrer comment ils foutent en l’air leur écosystème, à plus grande échelle leur volonté est de dénoncer comment l’humanité détruit la planète et ses ressources.
Après négociations, ils peuvent s’implanter sur l’une des îles à proximité, mais peu de temps après, Isabelle va être victime d’une attaque de crocodile. L’animal est gigantesque et bénéficie d’une aura légendaire locale. Avec les villageois, une partie de chasse se met en place.
Dans la lignée du K de Dino Buzzati, ou encore de Moby Dick, un récit haletant, qui vous réserve un certains nombre de surprises. Beaucoup d’émotions et sujets de réflexions en perspective, portés par un magnifique travail graphique, très lumineux et dépaysant.
Il est parfois vraiment difficile de vous pondre un nouvel article, notamment pour la période de fin d’année. Du coup cela fait bien cinq mois que je n’ai pas fait de mise en avant, et pourtant il y a de très belles histoires de parues, comme Le maitre des crocodiles de Stéphane Piatzsek (scrabble avec 3 lettres à 10 points plus mot compte triple) et Jean Denis Pendanx aux éditions Futuropolis, mais j’essaierai de vous en parler dans un prochain article.
Mais pour l’heure, laissez moi vous parler de GON de Masashi Tanaka, cet ovni était déjà paru il y a déjà bien longtemps en France, publié par Casterman, et après une longue absence, voilà que Pika l’a remis au goût du jour. Cette série est plutôt courte, et les deux premiers tomes sont disponibles. A savoir que certains pourraient se dire, « Tiens, mais je le connais celui-là… où c’est-y donc que j’ai pu le voir ? » GON était une guest star du jeu Tekken.
C’est probablement le plus grand mystère de la nature, bien que GON soit un dinosaure, acceptez le fait qu’il puisse côtoyer des animaux qui nous sont contemporains, vous croiserez aussi bien un ptérodactyle qu’un lion ou un ti’ lapin. « L’absurde » est de rigueur, si GON n’hésitera pas à mettre une raclée à un ours ou un requin, on le retrouvera baby-sitter d’une portée d’oisillons, ou encore à vivre parmi les manchots.
Chaque volume regroupe plusieurs histoires courtes, on y retrouve des récits violents ou attachants, parfois même les deux, tous sont sans paroles mais, terriblement expressifs.
Voici un grand maître de la plume et du pinceau, un virtuose de la mise en scène. Il y a une force impressionnante qui se dégage de ses dessins et on en redemande encore et encore. GON va vous surprendre et saura vous attendrir, le dessinateur est tout aussi capable de le rendre mignon comme tout, que de vous faire comprendre que GON est très certainement l’arme ultime que dame nature a su créer pour se protéger… ou se suicider.








































