Monsieur désire ? Si cette phrase sonne bien à votre oreille, qu’elle vous fait savourer un doux instant et vous donne un sentiment de puissance, d’une place privilégiée ou encore de suprématie… passez votre chemin car il y a fort à parier que vous n’apprécierez pas que Hubert et Virginie Augustin vous tiennent le miroir.

Monsieur désire ? C’est la nouvelle bande dessinée des éditions Glénat avec pour scénariste Hubert, qui récemment en a séduit plus d’un avec les deux titres de la série « Les ogres dieux » –Petit– et –Demi-sang– avec son compère Gatignol aux éditions Soleil, et il collabore cette fois avec Virginie Augustin connue pour son merveilleux travail pour « Alim le tanneur » en partenariat avec Lupano aux éditions Delcourt. Deux couvertures car deux éditions, une première en Noir & Blanc en tirage limité avec quelques bonus -crayonnés, recherches de personnages…- et l’édition classique en couleurs.
Monsieur désire ? Bienvenue en Angleterre au tout début de l’époque Victorienne, la jeune reine Victoria vient d’accéder au trône et les remouds des années précédentes, tant politiques que religieuses, laissent encore leurs traces dans la société. Monsieur désire ? c’est l’histoire de Lisbeth, Bonne au service d’un Lord, jeune homme de bonne famille, projeté très tôt à la tête de la fortune familiale. Edouard est semble t’il le noble le mieux pourvu du royaume, et j’entends par là bien évidemment, le mieux membré, ce qui alimente bon nombre de ragots et autres légendes autour du jeune homme, tant dans les hautes sphères de la noblesse que parmi les petites gens. Sa lubricité et ses débordements sont tout aussi légendaires que sa particularité physique, et le jeune Lord en joue allègrement (des deux, si vous voyez ce que je veux dire).
Les genres ne se mélangent pas… en règle général, ou alors c’est toujours au détriment de celles et ceux qui se trouvent tout en bas de l’échelle et ça Lisbeth en est bien consciente, et l’une de ses anciennes collègues en a fait les frais. Rien que part le langage on peut déterminer la position sociale de chacun, tandis que Lisbeth se doit de vouvoyer le maître de maison mais également les membres du personnel qui se situent au-dessus d’elle, eux de leur côté ne manque pas, de par leur propos de la rabaisser ou de lui rappeler en permanence son statut, comme par exemple Ms Oliver la chargée de maison: « Baisse les yeux jeune fille ! Ne sois pas outrecuidante ! »
Mais tout n’est pas aussi sombre pour Lisbeth que vous pourriez l’envisager, Madge, la cuisinière « ordinaire » va faire partie des soutiens occasionnels, de par une parole réconfortante, un geste attentionné. Son quotidien va être chamboulé par un événement inattendu: Une nuit où Edouard rentrera dans un piteux état, abruti par l’alcool, il fut victime d’une agression, Lisbeth se trouvait être la seule à disposition pour le déshabiller et le mettre au lit. Au lendemain de cette expérience, elle est convoqué par Edouard, et suite à cette conversation, il va chargé la bonne de l’accueillir chaque nuit qu’il rentrera de ses virées nocturnes. Là encore ne laissez pas vagabonder votre imagination, il n’y a rien de scabreux la-dessous. Il se trouve que Edouard a vu sa curiosité aiguisée par le fait que Lisbeth n’a montrer aucune gêne dans ses propos et sa conduite, et contrairement à James son valet-de-pied, il trouve en Lisbeth une confidente qui jusqu’à présent lui a toujours fait défaut: « Je ne cherche pas l’avis d’un spécialiste. Seulement celui d’une personne honnête et franche. Je pense que vous l’êtes, ça n’est guère courant dans mon entourage. » Il va même jusqu’à l’appeler affectueusement « Lisbeth, mon ange du matin« .
Etre l’auditrice privilégiée d’un Lord à la vie scabreuse n’est pas sans conséquences, elle s’attire l’animosité de James et de Ms Oliver, qui dominaient jusqu’à présent la hiérarchie des gens de maison et voient d’un très mauvais oeil ce comportement qui ne respecte en rien les règles de la bienséance: « Mais quand même… Qu’il profite des faiblesses des plus écervelées, soit, c’est malheureusement dans la nature des choses. Mais qu’il se mette en tête de leur parler ! » Et que dire des propos que ses chastes oreilles vont bien pouvoir entendre, dévoilant un pan de la société Victorienne qui lui est inconnue, et un mode de vie des plus crus: « Fourrer ma queue dans le con saignant et dégouttant de foutre d’une fille à matelots qui ne se relève même plus entre deux passes. Elle est saoule de chair et de mauvais gin. Elle dodeline de la tête pendant que je la pilonne, et il n’est pas certain qu’elle se soit même rendu compte qu’elle a changé de partenaire. A un pas derrière moi un autre attend son tour en s’astiquant le manche. Je décharge et je lèche le jus qui perle de la fente, provoquant des murmures de dégoût alentour. « Vicieux ». Je me relève en m’essuyant le menton. On me dévisage et je souris. Que peuvent-ils comprendre ? »
Oups ! Aurais-je omis de préciser auparavant que certains propos pourraient choquer les oreilles les plus chastes ? Cela ne me ressemble vraiment pas. Allez, je vous en remets une petite couche avec un savoureux échange entre Edouard et son ami Archibald: « Je vous voudrais que vous déclariez publiquement lors du bal de Lady Spencer… votre passion pour les queues, et tout particulièrement pour celles -Héroïques des « Horses Guards » de sa majesté. Contre une nuit d’amour avec moi. Ce n’est pas cher payer. »
Lors de ma lecture je me suis remémorer des ambiances comme dans le film de Robert Altman « Gosford Park » ou encore celui de James Ivory « Les vestiges du jour« , où le rapport des classes sociales et de la hiérarchie au sein d’une maison de maître marquaient le tempo du récit.
Pour une nouvelle fois Hubert saura vous surprendre par une histoire originale et attachante: Monsieur désire ?.
Nous sommes toujours dans une continuité de très chouettes parutions et nous touchons du bout du doigt le divin, en commençant par La divine comédie de Dante Alighieri adapté par Go Nagai aux éditions Black Box, d’après les illustrations de Gustave Doré.
En adaptation littéraires, nous avons également, Néo Faust d’Osamu Tezuka aux éditions Flblb, d’après l’oeuvre originale de Johann Wolfgang Von Goethe, une des toutes dernières oeuvres du maître incontesté du manga qui transpose l’action au moment des émeutes de la fin des années 60′ et du début 70′ au Japon avec dans le rôle de Faust, une revisite du savant Einstein ; La forêt des renards pendus de Arto Paasilinna adapté par Nicolas Dumontheuil chez Futuropolis, l’occasion de découvrir cet écrivain Finlandais à l’humour truculent sous la houlette, la plume et les pinceaux d’un dessinateur bourré d’humour lui aussi; on effleure Les contes des mille et une nuits avec la seconde partie de Hâsib et la reine des serpents de David B. aux éditions Gallimard; et aux éditions Philippe Picquier, spécialistes de la littérature étrangère et de l’Asie en particulier, une adaptation de Je suis un chat de Sôseki par Tirol Cobato, un roman phare de l’un des plus grands romanciers Nippons, une référence si vous souhaitez comprendre les bouleversements de l’ère Meiji et la philosophie moderne du Japon.
Mais si je parle de divine comédie, c’est surtout pour deux, non trois ouvrages à vrai dire, une seule de ces bandes dessinées est une vraie nouveauté, mais très certainement n’avez vous jamais eu l’opportunité de lire les deux autres. Tout d’abord l’édition en Français de Neil Gaiman & P. Craig Russell de Murder Mysteries: Le premier meurtre; aux éditions Delcourt.
Ce n’est pas une nouveauté car Neil Gaiman l’a écrite une première fois dans son recueil d’histoires Miroirs & fumées en 1992 et qui fut interpréter en pièce radiophonique, puis l’adapta avec son acolyte P. Craig Russell en bande dessinée en 2002, et c’est en 2016 que vous pouvez le lire en Français. Les deux hommes se connaissent bien et récemment on a pu lire chez le même éditeur leur dernière collaboration pour l’adaptation de L’étrange vie de Nobody Owens, un autre roman de Neil Gaiman, et bien évidemment P. Craig Russell a travaillé sur LE projet Sandman.
Un homme vous raconte son histoire, comment il fut obligé de faire escale à Los Angeles et d’attendre pour raison d’intempéries pendant plusieurs jours une correspondance afin de rentrer en Angleterre. Il en vient à être contacté par une ex copine qui réside à L.A., l’invite a passer la soirée ensemble et le raccompagne à son hôtel. La nuit n’est pas encore trop avancée, il décide de s’attarder dehors car il lui semble qu’il ne va pas trouver le sommeil, lorsque un homme vient lui taper une clope. Refusant la pièce de 25 cents que l’homme lui tend en retour de sa cigarette, notre narrateur se voit offrir alors une histoire en remerciement de sa générosité: « les histoires histoires ont toujours été un bon paiement, de nos jours plus tellement ».
Petite aparté, Neil Gaiman aime la mise en abîme dans ses histoires. Donc notre narrateur se retrouve auditeur, et d’après le vieil homme, c’est une histoire vraie: comment il est né ange dans la grande cité d’argent, attendant sa fonction comme toute autre création du NOM, et le rôle qui lui est échu, lui va être révélé par celui que l’on sait, deviendra le déchu (désolé je n’ai pas pu m’en empêcher), le nommé Lucifer.
Notre ange est Raguel, la vengeance du seigneur, et il est car le crime existe, et que le premier meurtre vient d’être commit, un meurtre au paradis. Sa fonction prime sur toute autre action de ses congénères, et l’assassinat de Phanuel exige une réponse et une divine punition et ce même si le monde est en pleine création.
Et voilà que Mathieu Bablet revient une nouvelle fois nous enchanter avec sa nouveauté: Shangri-la, un récit de Science-Fiction aux éditions Ankama, et il bénéficie d’une double actualité, car l’éditeur n’a rien trouvé de mieux que de nous présenter en intégrale son aventure précédente, Adrastée, et qui plutôt que d’être en 2 tomes sur un format « comics », est présenté en un seul et grand volume qui rend hommage à la densité graphique de Mathieu Bablet.
Mathieu nous avait octroyer le plaisir de sa présence pour Adrastée, et en échange nous lui avions offert un bel exemple de l’hospitalité Nantaise, avec une magnifique manifestation avec cordon de CRS interdisant l’accès à la librairie, une journée mémorable pour laquelle j’étais malheureusement absent.
En traversant le monde des hommes, il croise des créatures de la mythologie, tel le Sphinx (La Sphinge), les Harpies, Talos (protecteur de l’île de Crète, royaume du roi Minos), Polyphème le cyclope (fils de Poséidon)…
Mais le monde des hommes n’est pas des plus calmes, les guerres entre cités font rage, et ce parce que l’Homme est toujours avide et jaloux de ce qu’il ne possède pas. Alors, lorsque notre personnage découvre que lui aussi fait partie, au même titre que tous les personnages fantastiques qu’il a croisé, de ces récits qui alimentent l’imaginaire des hommes, et attisent leur convoitise. Un homme venu des lointaines contrées marcherait parmi eux, traversant les âges, possédant le secret de l’immortalité.
cette réédition est à tomber par terre, le choix de l’avoir agrandi rend honneur au dessin de Mathieu Bablet. Il offre au lecteur des pleines pages consacrées aux cités, renforçant l’aspect de solitude et d’isolement de cet immortel perdu dans les vestiges de sa civilisation, traversant dans son périple des contrées désolées pour ensuite se perdre dans la foule au risque de se noyer par cette surenchère de population.
Shangri-la: notre jeune auteur revient en cette rentrée bédéphile avec un nouveau récit de Science-Fiction. Et à n’en pas douter, il sait gérer ses effets avec une entrée théâtrale:
Après cette fin « d’un » monde, nous retrouvons Scott, UN MILLION d’années plus tard, l’Humanité s’est réfugiée dans des stations satellitaires autour de la terre, entièrement dépendante de la société Tianzhu. Vous mangez, vous travaillez, vous vous habillez, vous consommez, vous dormez… Tianzhu.
Scott enquête actuellement pour Tianzhu sur une série d’accidents dans différentes stations annexes, où ils effectuaient des recherches, il subsiste des traces d’explosions et toute trace de vie a disparue de chaque lieu d’accident. Avec son frère virgile, ils vivent dans cette société aseptisée, mais où perce un esprit de rébellion auquel Scott n’adhère pas, comme quoi la société sait parfois bien dresser ses moutons.
Laissez vous tenter pour basculer dans un récit intrigant, avec une force narrative et graphique peu commune, très franchement à peine sortis, ces 2 albums risquent de s’épuiser très rapidement, la preuve, nous avons déjà vendu la quasi totalité de notre premier stock, sachant que l’on s’était blindé sachant que l’on aimait son travail.
Gen d’Hiroshima n’est pas à vraiment dire une nouveauté, mais bénéficie en cette rentrée d’une nouvelle édition par la maison Vertige Graphic. Hadashi no Gen ou Gen d’Hiroshima en français est l’oeuvre de Keiji Nakazawa, publiée entre 1973 et 1985 au Japon, et peut s’enorgueillir d’être, avec Maus d’Art Spiegelman, un des très rares ouvrages à bénéficier d’une aura et d’une reconnaissance mondiale.
Donc si vous n’avez jamais lu Gen d’Hiroshima, cette série que l’on trouvait jusqu’à aujourd’hui sous la forme de 10 tomes au format roman graphique, ou bien pendant un temps en format Manga plus classique, cette réédition regroupera les albums par 2 nous allons donc avoir une nouvelle présentation de 5 volumes dont le premier vient tout juste de paraître, le suivant sortira fin octobre. Keiji Nakazawa avait 6 ans lorsque la bombe « Little Boy » est tombée sur sa ville natale d’Hiroshima et avec cette histoire il souhaitait témoigner de ce dont il fut témoin, mais également raconter « l’après » catastrophe nucléaire, ce qu’il est advenu des survivants, de comment les Américains et le gouvernement Japonais ont contrôlé l’information mais également comment les Japonais ont repris le cours de leur vie.
L’histoire commence au printemps 45, peu de temps avant l’explosion, on y découvre Gen d’Hiroshima, vivant avec sa famille, les Nakaoka, ses deux parents et son petits frère et sa petite soeur. On apprend comment s’organisent les comités de défense par quartier avec les exercices obligatoires, le père de Gen refuse d’ailleurs d’y participer car il est contre la guerre, ce qui à l’époque est un acte répréhensible, allant contre l’empereur qui a décidé de l’entrée en guerre du Japon et qui est encore à ce moment là considéré comme un dieu vivant. Il inculque à ses enfants un principe de vie de respect et d’entre aide, et que fasse à l’adversité il faut être comme le blé qui se couche face à la tempête mais est capable de se redresser. Dans les exceptions familiale, ils font parti des rares Japonais à se comporter humainement avec les citoyens Coréens comme leur voisin Mr Pak, ceux-ci furent contraints par la force de venir travailler et vivre au Japon, mais étaient traités tels des esclaves et dont la vie ne valait pas grand-chose.
A peine nous sommes nous habitués au quotidien de Gen que le cataclysme arrive, et c’est là que le style de dessin propre au manga peut aider à la lecture, car Keiji Nakazawa fait le choix de tout montrer, car c’est dès le premier volume que l’on voit les effets de la bombe: l’explosion, le souffle, l’incendie et les premières victimes. Comment pourrions nous supporter la succession d’images comme cette femme et ces enfants qui se sont réfugiés dans les bassins anti-incendie et qui ont littéralement cuits sous l’effet de la chaleur. Certains survivants voient leur peau se liquéfiée, les corps explosent et déversent les organes internes alors que leur propriétaire est encore vivant, tout cela l’auteur l’a vécu, l’a vu, tout comme il a vu brûler son père et son frère et sa soeur cadets pris sous les décombres de leur maison.
C’est pendant les 8 années qui vont suivre que nous accompagnons Gen d’Hiroshima, nous verrons son parcours, sa survie. Il sera confronté à la présence des Américains qui tout se temps tiennent dans le silence absolu les conséquences de leur nouveau jouet, pratiquent des tests sur les survivants, abreuvent le marché noir et contrôle ce pays vaincu.
Mais quelle beauté! mais quelle beauté mes aïeux! Le sixième Dalaï-Lama de Guo Qiang & Zhao Ze aux éditions feï est assurément mon premier coup de coeur de la rentrée littéraire 2016/2017, les suivants ont intérêt d’être à la hauteur. Pour rappel, les éditions Feï nous ont déjà fait découvrir Le juge Bao, La balade de Yaya et tant d’autres titres dont les très gros coffrets que l’on est content d’offrir ou de se voir offrir en fin d’année, Les 3 royaumes, Rêve dans le pavillon rouge, Au bord de l’eau et Voyage vers l’ouest, des grands classiques de la littérature chinoise illustrés.
Le sixième Dalaï-Lama sera une mini-série de 3 tomes, accessible pour un jeune public, dès 9/10 ans, et en dehors de Georges Bess, on a peu souvent eu l’occasion de découvrir par le biais de la Bande Dessinée la culture Tibétaine, des histoires qui se déroulent dans l’Himalaya, il y en a eu quelques unes dont Jonathan de Cosey, Les chevaux du vent de Fournier & Lax, mais tous ces récits étaient destinés à un public adulte. Une exception me vient à l’esprit, Jade de Ulysse Malassagne chez Glénat dans la collection Tchô, s’adressait à un jeune public et abordait l’occupation Chinoise et la présence de l’ancienne colonie Anglaise en Inde (comme quoi… en creusant un peu sa mémoire, on trouve des vestiges d’anciennes lectures, c’est ça l’archéologie littéraire).
Revenons à nos lamas voulez vous. L’histoire du sixième Dalaï-Lama se déroule à la fin du XVIIe siècle, vous bénéficiez au début du livre d’une carte de l’époque, d’une explication sommaire comment se décline l’organigramme des responsabilités des dirigeants du pays sous la tutelle de la Chine, ainsi qu’un trombinoscope des personnages que nous allons suivre, si avec tout ça vous ne trouvez pas que c’est du travail pédagogique en plus d’une belle histoire, je comprends pas.
Nous sommes donc en 1682 à Tawang, dans le sud du Tibet, où vit Lobsang Rinchen, un jeune garçon qui aide ses parents dans la vie de tous les jours notamment pour le travail dans les champs. Nous sommes dans un système de caste, et bien évidemment Lobsang est issu de la caste la plus basse, qui ne vaut guère mieux que des esclaves.
Lobsang n’est pas un garçon ordinaire comme vous pouvez vous en douter étant donné le titre de l’histoire, la bonté et la générosité débordent de ce garçon, et c’est sans surprise que l’on constate son amour pour n’importe quel être vivant, il a même pour compagnon, Gelaï, un jeune renard blanc.
La tâche de Depa Sangyé Gyatso ne va pas être sans soucis, intrigues et guet apens vont se succéder, car le grand mongol Khossud Khan Lkhazana depuis longtemps des vues sur les terres tibétaines, et seule la présence du Dalaï-Lama retenait sa main. Il va donc tout faire pour le sixième Dalaï-lama n’accède pas à son poste.
Comment ne pas être séduit avec tous ces éléments dans une seule et même aventure. Rappelez vous combien les aventures de Marco Polo ont pu abreuver votre imaginaire d’enfant, en partant aux confins de l’orient, découvrant une culture riche en couleurs et en histoire.
Le petit plus? Les éditions Feï vont organiser une exposition dans leurs locaux du 
Tokyo vice ? Tokyo vice ? est-ce là un guide touristique pour pervers Tokyoïte que je me propose de vous présenter cette fois ? Non point ma mie (et je ne critique en rien les tricots de ma grand-mère). Tokyo vice est l’une de mes lectures du début de l’été que je souhaiterais partager avec vous.
Pour la suite je reviens une nouvelle fois vous faire la promotion de la fameuse maison d’éditions nantaise L’Atalante, avec un nouveau titre de Dmitry Glukhovsky, l’auteur de Métro 2033/2034 et bientôt 2035, et Sumerky. Cette fois c’est FUTU.RE, un récit de Science-Fiction incontournable, et si vous ne l’appréciez pas, vous fera un gros, même très gros cale-pied pour le canapé.
Nous sommes donc dans le future, dans Notre future, la civilisation s’est développée et s’est étendue sur la quasi totalité du globe. Les cités sont démesurées, et les tours qui peuvent atteindre un kilomètre de circonférence à leur base, montent au-delà des nuages. Bien entendu la fracture sociale, la fameuse existe toujours, mais dans sa grande générosité, l’élite a offert un bien des plus précieux à l’humanité: l’immortalité. Si vous prenez bien sagement vos petits cachets, la jeunesse éternelle s’offre à vous. En contre-partie, pour des raisons bassement de surpopulation, vous devez faire une croix sur toute éventualité d’avoir des enfants, sauf sous contrôle bien réglé, pour qu’un nouvel être puisse voir le jour, quelqu’un doit laissé sa place, et pour les contrevenants, c’est l’un des parents qui doit se porter volontaire.
Et pour finir, une perle qui combine jubilation, richesse d’écriture, personnage déjanté et scènes toutes plus surprenantes les unes que les autres: Féroces infirmes retour des pays chauds de Tom Robbins, aux éditions Gallmeister. En lisant ce livre, j’ai retrouvé la même BONNE impression que lorsque j’ai lu pour la première fois La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole, c’est à dire un réel plaisir à plonger dans le livre, à me marrer tout seul dans mon coin, et à ne pas vouloir que le livre se termine trop rapidement.
Akileos par-ci, Akileos par là, tralala, tout le monde devrait lire ça!
Qu’est-ce qui m’arrive ? je rentre de vacances, m’aperçois que le monde éditorial ne s’est pas pour autant arrêté et que j’ai 3 semaines de parutions à rattraper, et v’là t’y pas que les éditions Akileos remettent ça.
Vous avez déjà pu apprécier le fait que nous aimons cette maison d’éditions au point d’organiser avec eux quelques rencontres au sein de notre librairie: Edouard Cour, deux fois déjà pour Herakles, et qui vient par ailleurs de sortir une nouvelle histoire, Ô Senseï.
Je comptais bien vous le présenter mais comme l’album est momentanément indisponible, je vous tiens au moins informé de sa parution et vous conseille ardemment de suivre sa nouvelle disponibilité, c’est une biographie, du moins de moments choisis, du maître qui inventa l’Aïkido: Moriheï Ueshiba.
Edouard nous surprend une nouvelle fois avec un album qui va se décliner avec trois styles graphiques correspondant chacun à une période précise de la vie de Moriheï Ueshiba, des moments révélateurs.
Cette année, nous avons reçu Ronan Toulhoat pour la sortie du tome 2 de la série, Le Roy des Ribauds écrit avec son collaborateur Vincent Brugeas. Les deux auteurs sont déjà les instigateurs de deux autres séries chez Akileos, Block 109, une histoire d’Uchronie, qui bénéficie d’une actualité puisque le nouvel opus, Maruta avec Ryan Lovelock au dessin vient de paraître. Et l’autre titre est Chaos Team, récit de Science-Fiction.
Pour montrer que nous sommes une librairie tournée vers l’international, parmi les différents auteurs étrangers que nous avons reçus chez nous, Akileos nous a permis d’accueillir des auteurs venus d’outre-Atlantique pour deux Comics, Ed Brisson (scénariste) & Johnnie Christmas (dessinateur), qui ont réalisé ensemble Sheltered, et par la même occasion Akileos avait publié Cluster du même scénariste.
Sheltered, un récit pré-apocalyptique, où comment une bande d’individus, américains moyens, et qui admettons le ont une éducation limitée, décident d’anticiper, de par le climat ambiant, un conflit nucléaire, et construisent sous leurs mobil-homes tout un réseau d’abris anti-atomiques. La promiscuité n’aidant pas, vous avez le droit à un scénario catastrophe des plus surprenant. Cluster quant à lui, est un récit où l’on découvre une planète que l’humanité tente de terraformer, et étant donné les conditions hostiles, on y envoie les condamnés y purger leur peine contre la promesse d’une remise en liberté au terme de leur contrat. L’arrivée de la fille d’un sénateur risque de bouleverser cette organisation si bien huilée. Personnellement, c’est cette histoire que j’ai préféré.
Dans l’actualité du moment, outre Maruta, Ô Senseï, et Poussières de Michaël Ribaltchenko, un récit d’Heroïc-Fantasy en Noir & Blanc, une production digne de l’Akileos que j’apprécie, voici donc le titre qui m’a mis une bonne paire de baffes: Pear Cider & Cigarettes de Robert Valley.
Pourquoi un tel album ne me laisse pas indifférent ? Déjà parce que dès l’ouverture et en feuilletant à la va-vite, j’y vois un dynamisme et une mise en scène des plus originales, et pour cause, en faisant des recherches avant de me lancer dans ce nouvel article, et grâce à certains de nos fidèles visiteurs à la librairie, je découvre que Robert Valley n’est autre que l’animateur des clips de Gorillaz dont Jamie Hewlett était le character designer.
L’histoire commence, le narrateur est chez lui, lorsque l’on sonne à la porte… Sur le pallier, alors q’une voiture s’éloigne, il trouve sur le paillasson, une lettre contenant un chèque de 1000 Dollars et un mot de son ami d’enfance Techno Stypes, lui annonçant que s’il lit ces lignes… c’est qu’il est mort, et le chèque… c’est pour le dédommager pour ses services rendus.
Tout le récit ne va être autre que les souvenirs du narrateur, qui va raconter comment son pote d’enfance, ce mec qui était doué pour le sport; qui courrait si vite qu’il aurait du s’envoler; qui relevait n’importe quel défi sans jamais trembler ni baisser les yeux a sombrer dans la drogue et l’alcool, au point d’avoir trahi quasiment tous ses amis et d’avoir été rejeté par la même occasion, et de n’avoir qu’une seule issue qui se présente à lui afin de ne pas mourir: subir une transplantation d’un nouveau foie.
Pourquoi faire les choses simples quand on peut les faire compliquées ?
L’opération devra se dérouler en chine, dans des conditions pas très légales, mais qu’importe, Techno Stypes va découvrir que son ami sera présent jusqu’au bout, et que c’est vraiment dans les pires moment que se font les plus grandes révélations.
Etunwan, cela pourrait être un cri poussé vers le ciel, une ode à la liberté, que l’on souhaiterait voir crever l’abcès de l’indifférence ou encore lutter contre la disparition d’une nation… mais non ! Etunwan, nous le prononcerons avec révérence et discrétion, propre à sa signification: Etunwan-Celui-qui-regarde.
Thierry Murat revient sur le devant de la scène avec un nouvel album aux éditions Futuropolis: Etunwan Celui-qui-regarde; un récit magnifique, pour lequel le style bien particulier de Thierry Murat correspond tout à fait pour cette histoire d’un photographe, Joseph Wallace, qui parti accompagner une équipe de scientifiques vers les territoires encore inexplorés (par l’homme blanc, ce salaud) du grand Ouest Américain.
Si le personnage est fictif, il rend hommage à ce grand homme qui a photographié les indiens pendant un grand nombre d’années, Edward Sheriff Curtis, vous connaissez certainement malgré vous son travail car la plupart des photos d’Amérindiens que l’on peut voir à différentes occasions sont de lui. Je ne saurais que trop vous conseiller l’ouvrage Pieds nus sur la terre sacrée, regroupant plusieurs textes et déclarations de la nation Indienne, vous permettant de (re-)découvrir leur culture et leur philosophie, le tout copieusement illustré par un grand nombre de photos.
Joseph Wallace tient un journal intime au quotidien, histoire de retranscrire ses expériences, et permet à l’auteur Thierry Murat de jouer subtilement avec la composition de sa page en insérant le texte entre les images, qui parfois tiennent du témoignage photographique, sinon vous permet de découvrir la touche graphique que j’apprécie chaque fois avec cet auteur, qui donne des ambiances si particulières à chacun des ses albums.
Il fait la connaissance des membres de l’équipe d’exploration et se lie d’amitié rapidement avec leur guide, un homme blanc tout comme lui, mais qui est bien loin du stéréotype bourru et massacreur d’indiens. Non! Lui est allé à la rencontre de maintes tribus, parlent leurs dialectes, comprend leur rythme de vie et leurs coutumes, et c’est allègrement qu’il va les partager avec Joseph Wallace.
La colonne va bien évidemment croiser différentes tribus sur son chemin et être témoins des tensions qui relèvent du massacre des bisons, source de vie de la nation Indienne. C’est pourtant la fascination de Joseph pour les indiens et leur mode de vie qui va lui permettre de les rencontrer plus intimement, quitte à ce mettre à dos le reste de l’expédition, et lorsque le guide tentera d’expliquer à un jeune indien, que le blanc qui l’accompagne est capable de rendre la majestuosité de la forêt sur un « dessin », de là le premier contact sera établi et il pourra commencer sa série de portraits.
Au fur et à mesure de ses déambulations, il découvre que les indiens ont un système de transmission de l’information des plus efficaces et que sa réputation le précède. Si les indiens l’acceptent aussi facilement, c’est encore une fois dans le cadre de cette allégorie, de l’extermination des bisons (symbole de vie) qui à terme mènera à la disparition de toutes les tribus, tandis qu’ils reconnaissent en Joseph et surtout en son travail la concrétisation qu’ils ne disparaîtront pas complètement des mémoires car il restera toujours une trace d’eux grâce à ses photos.
Bien que fictif, Etunwan est un hommage fort à tous ceux qui sont allés à la rencontre de l’autre, afin de comprendre leur culture, leur vie, leur philosophie… et ce, bien au-delà de l’exemple des Amérindiens, et qui ont rapporté que ce soit par l’écrit, l’oral ou quelque soit la manière visuelle, leur témoignage.
Si j’ai choisi de vous parler de cet album: Etunwan; en dehors du fait qu’il m’a profondément séduit, c’est d’autant plus que cette année, nous avons eu le droit à une vague d’histoires concernant l’exploration de l’Ouest Américain à cette même époque: la colonisation des terres indiennes et des régions inhospitalières, ou le voyage de curieux qui souhaitaient voir de leurs yeux ces farouches guerriers qui faisaient trembler l’américain moyen, mais qui dans la réalité n’étaient déjà plus que l’ombre d’eux-même, abrutis par l’alcool et cantonnés dans des réserves, véritables mouroirs des êtres et de leur civilisation.
Truckee Lake de Christopher Hittinger chez les éditions Hoochie Coochie, l’histoire du convoi Donner, qui se mit en route depuis l’état du Missouri vers la Californie en 1846 et qui passa tout l’hiver 46/47 bloqués dans les montagnes rocheuses, ils partirent à 87 et seuls 48 survécurent. Alors qu’est-ce qui selon vous et arrivés aux 39 autres ? Je vous laisse deviner ou bien je vous donne un indice ? Habituellement on traite ceux qui pratiquent ceci de sauvages, d’êtres pire que des bêtes… Alors? Alors? Ben oui ! ils les bouffés bien sûr. Un récit à dégusté si je puis dire.
Pour les autres albums, nous avons reçu en dédicace le tout jeune scénariste et dessinateur Kevin Bazot pour Tocqueville vers un nouveau monde, un premier album publié par Casterman, d’après le récit de Tocqueville, Quinze jours dans le désert. Lorsque en 1831 Alexis de Tocqueville se rend en Amérique
Il a déjà eu le droit de paraître dans l’un de mes articles consacré aux éditions Vide Cocagne, Chateaubriand au nom de la prose, par Nena-Witko. Lui aussi se rendit sur place, mais ce fut surtout pour leur révéler que le vrai secret pour réussir sa blanquette, c’est de lier la sauce avec un peu de jus de citron…
Sur les ailes du monde, Audubon par Fabien Grolleau & Jérémie Royer aux éditions Dargaud à quant à lui été un peu plus mis en avant dans la presse, et d’un point de vue local également.
Cet album revient sur les voyages incessants de ce Français, mort avec la nationalité Américaine, et qui à le droit de rentrer dans la postérité avec son nom attribué à quelques milliers d’écoles et de rue aux Etats-Unis, ainsi qu’à l’association qui est la plus importante organisation de défense de l’environnement Américaine. Il est parti à la découverte de la majeur partie du territoire Nord-Américain afin de répertorier tous les oiseaux d’Amérique, et de les peindre.
Concernant des histoires traitant des indiens vous avez les innombrables westerns où vous pouvez les croiser, notamment Blueberry que l’on s’attendait (surtout moi) à voir ses histoires se terminer avec La tribu fantôme, car cela aurait été une belle fin: combattre aux côtés des indiens et disparaître telle une légende au-delà de la frontière au bras de Chini.
Mais si je ne devais garder qu’un seul auteur pour découvrir la culture Amérindienne avec tout l’amour pour leur culture qu’il a su versé au travers de ses différentes série, c’est bien évidemment Dérib, l’auteur de Celui-qui-né-deux-fois, Buddy Longway ou encore Yakari. Nul autre que lui ne m’a bouleversé à ce point, par son approche et ses écrits sur la culture indienne.
Vous savez ce que c’est: parfois vous faites quelque chose, d’urgent ou non, vous vous êtes bien organisé, tout au petit poil, et là, PAF, y’se passe un truc, et patatras, vous laissez tout tomber, et tout conte fée, pardon, tout compte fait, vous ne regrettez absolument pas ce contre-temps.
Dans la merveilleuse vie de la librairie qu’est la notre (car oui elle est merveilleuse notre vie, vous pensez bien) cela peut également se dérouler de la même manière, genre lundi dernier, je m’occupe de mes priorités du jour, je profite d’un temps libre pour vous préparer un nouvel article, et comme je l’ai dit plus tôt: PAF, une nouvelle réception de cartons de nouveautés des éditions Casterman. Si jusque là, rien n’est inhabituel dans notre quotidien, ce qui vient le bouleverser, c’est une éventuelle réaction lorsque l’on ouvre l’un des ouvrages reçus, et c’est ce qui m’est arrivé avec Tout conte fée de Bandini & Lionel Camou, et le lendemain quand j’ai pris le temps de le lire, je n’ai cessé d’enchaîner les fou-rires tout au long de ma lecture.
Il faut que j’ajoute à ce moment de mon article que mes deux collègues de travail ont beaucoup de mérite de travailler à mes côté, voire même on peut dire de me supporter au quotidien. En effet, j’ai plutôt tendance à les harceler avec des mauvais jeux de mots à longueur de journée, et plus la fatigue se fait sentir, plus les jeux de mots deviennent pourris, si ! si ! c’est irrémédiable. Et à voir leur tête déconfite, leur journée doit en être d’autant plus pénible.
Pourquoi cet aparté ? Parce que, avec Tout conte fée, le livre en est bourré, de calembours à toutes les sauces. Là je pourrais vous glisser, non pas un doigt, mais une boutade, comme quoi toutes les cales d’Hambourg sont bourrées de livres, où un truc du même acabit. Donc, oui ! dès le petit texte d’introduction les jeux de mots fusent, y compris certains qui ne me seraient jamais venus à l’esprit, bravo pour l’idée de l’idée de la cheminée qui chemine, en amateur de Desproges ou de Boby Lapointe, maîtres incontestés du verbe, messieurs Bandini & Camou, je le dis haut et clair: « J’aime beaucoup ce que vous faites !« .
Et puis, comment ne pourrais-je pas être séduit par cette histoire du mec qui veut se suicider, en se jetant du haut de l’un de ces immeubles parisiens, en s’accrochant une corde autour du cou (en règle générale, ou tout du moins c’est un conseil à ceux qui voudraient passer à l’acte, la pierre est suggérée au cas où vous souhaitez vous jeter dans l’eau, plutôt que d’une hauteur, non parce que sinon, le poids de la pierre risque de tirer un coup sec sur la corde que vous avez autour du coup, vous décapitant et vous ne pourrez pas profitez de la chute, ce qui serait dommage, étant donné que ce sera votre dernier souvenir, enfin je dis ça, je ne dis rien). Du coup, j’en reviens à notre suicidaire, il se trouve sur un de ces toits parisiens en zinc, et alors qu’il s’apprête à faire le grand saut, il fait son grand sot, et par ailleurs il en a même peur de glisser sur la surface polie du dit toit. C’est un comble ! Alors qu’il s’apprête à sauter du dessus des combles et descendre en trombe pour une fin en apothéose, de chipoter pour si peu.
Cela n’empêche, qu’il va être interrompu de façon impromptue par un énergumène qu’il n’avait pas remarqué jusqu’à présent, et pour cause, la personne qui le hèle est bloquée, donc cachée, dans l’une des cheminées qui se trouvent près de lui. Et qui dit bonhomme dans une cheminée, dit… Père Noël bien sûr. Bon il se trouve que l’on est que le 24 novembre, ce qui peut en perturber plus d’un, et c’est peut-être là que ça coince.
Tandis que nos deux énergumènes vont se lancer dans un nombre de conversations toutes plus philosophiques les unes que les autres, il faut que vous le sachiez (et pas seulement dans la colle) qu’il se passe de drôle de choses sous leurs pieds.
Une petite fille a disparue, et sa soeur est très inquiète. Le père Léon ne répond pas non plus aux appels de la concierge. Et les policiers vont découvrir également un indien mort dans son logis, non ! pas un tipi en plein Paris, juste un petit appart’ parisien comme tant d’autre. Alors le fait qu’il se pris une flèche en pleine poitrine laisse perplexe les enquêteurs: s’agit-il d’un meurtre ? D’un accident, alors qu’il nettoyait son arc ? Ou bien d’un suicide ? Ce sont des policiers… toutes les hypothèses sont à retenir, y compris les plus
Je vous invite à découvrir la suite des événements et avancées de l’enquête en lisant Tout conte fée de Bandini & Camou aux éditions Casterman, où lorsque l’on parle de disparition d’enfants, les mineurs ne sont pas toujours ceux que l’on croit, où mère-grand fait tout un tas de conchoncetés, et où il ne fait vraiment pas bon d’être livreur de pizzas en 1915, si ! si ! je vous assure. Et tant d’autres surprises vous attendent.
La Mystérieuse Librairie Nantaise vendue ? Non, pas vendue dans le sens: on a fait fructifier notre affaire, et on vient de la céder en faisant une plus value d’enfer et on part s’installer à Hawaï; non vendue dans le sens, on a vendue notre âme à des êtres démoniaques, sans aucune moralité, et on a décidé de vous en faire la promotion. Je parle bien évidemment de ces sympathiques racailles, les gens de Vide Cocagne, la maison d’éditions de Bandes Dessinées Nantaise.
Vide Cocagne nous gratifie de 3 nouvelles sorties ces derniers temps, voilà donc l’occasion de les rappeler à votre bon souvenir. Une maison d’éditions « indépendante », qu’est-ce que c’est? D’abord ce sont des p’tits gars qui n’en veulent. Qui ont des baloches grosses comme des montgolfières. Qui ne baissent pas les bras face à la tâche démesurée de l’autoédition. Dans leur démarche, ils bénéficient toutefois d’un grand nombre de camarades pour les soutenir: Thomas Gilbert Oklahoma Boy, Delphine Vaute Yvonne l’enfant château, Fabrice Erre Madumo premier seul & unique, Guillaume Carreau Les déserteurs héroïques, Nicoby Poète à Djibouti – Une vie d’amour, Geoffroy Monde Serge & Demi-Serge, Erwann Surcouf Pouvoirpoint… Vide Cocagne, c’est aussi des collection aux noms rigolos: Epicerie Fine, avec ses séries: SOB comics de Boris Mirroir, Muffin de Fabien Grolleau (& Thomas Gochi), DUM de Fabien Grolleau (encore lui ?!) et Abdel de Bruxelles, et TEXAS du sémillant Olivier Texier. Une autre collection, celle qui m’intéresse aujourd’hui, c’est Alimentation Générale, c’était le nom de leur ancien magazine, mais dorénavant vous allez avoir un album complet à chaque fois. Un dernier mot concernant l’équipe de Vide Cocagne, vous les retrouvez dans le projet Fumetti, la maison d’artiste qui se monte sur Nantes actuellement, un projet ambitieux consacré à la Bande Dessinée et l’illustration, et ces joyeux lurons font également partie des Catcheurs de Dessin à Moustache (la FOCDAM).
Passons aux choses sérieuses, s’il en est, puisque nous commençons avec L’école du gag, scénario de Jorge Bernstein et au dessin James.
A n’en pas douter, James était en tête de liste des auteurs susceptibles… mais non! pas son état d’âme, laissez moi finir ma phrase, …susceptibles de mettre en image ce bijou de l’humour.
Son cursus est classique, bizutage/stage/mémoires/travaux pratiques… il va apprendre auprès de la crème de l’humour et va devoir faire preuve d’innovation afin de dépasser ses pairs. De l’humour noir au running gag, en passant par l’humour raciste, tout y passe j’vous dis. C’est tellement con que c’en est bon, et tellement bon que c’en est con. J’en viens même à me dire que si je pose le livre par terre et qu’un client marche dessus par inadvertance, il ne manquera pas de glisser sur la peau de banane qui est dessinée dessus. Et cela me remémore toujours et encore les paroles de mon maître à penser Pierre Desproges, que « quelqu’un qui marche sur une peau de banane qui tombe et qui se fait mal, cela ne me fait pas rire… par contre si il meurt, oui là c’est drôle ».
Qu’est-ce que l’on peut trimbaler par tout encore, un truc qui tient dans la poche quand on en a de très grandes ? …Un nain bien sûr!!
Une brève histoire des NAINS de Prosperi Buri, c’est tout ce que vous avez voulu (ou pas) savoir sur les nains sans jamais oser le demander. Les nains à travers l’histoire, leur place dans la société, les nains célèbres, les légendes qui tournent autour des NAINS (pas trop vite sinon cela fait comme dans les jeux à la con où vous tournez avec votre front coller contre le haut d’un manche à balai, c’est un coup à perdre l’équilibre), les point de vue de la religion, des sociétés, les heures de gloire des NAINS… Tout, tout, tout vous saurez tout sur les petits nains !
Vous connaissez Mel Gibson, et ben maintenant vous connaîtrez Richard Gibson, peintre de Charles II; Antoine Godeau, poète et évêque de Grasse; Nikolaï Iejov, chef des services secrets de Staline (il était facile de le cacher un peu partout, sous la table, dans un capuchon de stylo…); des bouffons ça il y en a eu, comme Sebastian De Morra
Et encore, après avoir fait les belles heures, et surtout rempli les bourses des propriétaires des cirques et autres foires, ils ont conquit les petits et grands écrans, André Bouchet (passe-partout), Warwick Davis (Willow, Wicket dans Star-Wars, Filius Flitwick dans Harry Potter…), Hervé Villechaize (James Bond, bon vous n’y croyez pas une seconde, effectivement il n’a pas tenu le rôle de James, il a joué dans un James Bond– le film, pas le personnage- L’homme au pistolet d’or, et pour ceux qui ont plus de 30 ans, peut-être avez vous eu l’opportunité de le voir dans la série, l’île fantastique, dans le rôle de Tatoo).
Bon, dans ce cas précis, il m’a fallu le regard éclairé du libraire chevelu, pour me confirmer ce que je pressentais, il vaut mieux avoir lu et/ou connaître l’oeuvre de Chateaubriand pour bien apprécier tout le travail des auteurs. Mais il n’empêche que si comme moi, vous n’avez qu’une connaissance très sommaire de l’auteur, vous pourrez tout de même apprécier ce récit.
Outre les références littéraires, on y voit ses relations familiales, avec sa mère ou bien se femme qui apparemment tenait surtout du faire-valoir, ses positions politiques ainsi que sa fascination pour Napoléon. Son narcissisme aigu, sa joie de vivre débordante d’exubérance (là je suis sarcastique), son voyage en Amérique…
Quand Catherine Meurisse avait sorti Mes hommes de lettres, je le conseillais vivement en terme de culture générale et comme antisèche pour le BAC, mais avec une consigne toutefois, c’était de tomber sur un correcteur qui a de l’humour. Et ben avec Chateaubriand, c’est pareil, vous allez en sortir grandi, en ayant appris plein de truc qui vous permettront de briller en société, mais qui ne vous rapportera aucun point au cours d’une partie de Trivial Pursuit.
Vide Cocagne n’est pas en reste, car il faut que vous le sachiez (et pas seulement dans la colle), ils publient également dans la collection Alimentation Générale, Talk Show de Fabcaro, l’auteur de l’ouvrage maintes et maintes fois réimprimé: ZAÏ ZAÏ ZAÏ ZAÏ aux éditions Six Pieds Sous Terre.
Vous y retrouverez l’humour de l’auteur qui tir à boulet ardent sur le monde de la TV et spécialement ces fameuses émissions où tout le monde veut passer, en tout cas tous ceux qui croient qu’ils ont quelque chose à dire et qu’en plus ça intéresse quelqu’un ce qu’ils ont à dire.
Vous l’aurez compris, Vide Cocagne, ce sont des copains, et on les aime bien, parce qu’ils sont sympas, qu’ils font un chouette boulot et qu’ils ont plein de chouettes titres au catalogue, et pour les chauvins, c’est du local !