Rions un peu …

A’y’est, j’ai fini … de déballer les derniers cartons de nouveautés avant la reprise dans 2 semaines. Du coup, autant profiter du temps libre pour se tourner vers des titres qui datent un peu, mais que l’on a toujours plaisir à relire. C’est l’été, on a besoin de détente et de décontraction, à la rigueur un minimum de sport et rigoler permet de faire des abdos sans trop se fatiguer.

Quoi de mieux par ces jours de chaleur que la douce brise marine, tout le monde à bord avec Ratafia de POTHIER & SALSEDO aux éditions Milan. 5 tomes sont parus, les 4 premiers constituent un récit complet et le tome 5 est une histoire complète .

Tout commence aux Caraïbes, une partie de cartes se termine sur un carré d’as qui s’abat tel un couperet, ce qui n’a pas trop lieu de réjouir le sinistre personnage qui fait face à notre chanceux joueur. Celui-ci n’est autre qu’un jovial petit papy, qui a fait un effort sur sa panoplie de pirate. Sans mots dire, il se lève, ramasse son butin et rejoins nonchalament le bord du navire ancré dans la baie. Dans un silence absolu, le vieux capitaine prépare son navire au départ et s’enferme dans la cabine… « Vous êtes qui? » L’équipage découvre que le petit bonhomme en question, celui qui vient de leur passer sous le nez, qui s’amuse avec leur navire et qu’ils découvrent pour la première fois est leur nouveau capitaine.

Voici pour cette petite mise en bouche, je vous laisse le soin de découvrir par vous même que la partie de cartes du début de l’histoire n’était qu’une partie de kilo de merde, que les cartes aux trésors peuvent réserver bien plus de surprises que l’on croit, et qu’un dos fixe peut en cacher un autre.

Sorti tout droit des années 65 et des Pifs-Gadget, quel bonheur que de se laisser dépayser par MATTIOLI et son M le Magicien. Cette oeuvre rééditée par l’Assocation dénotait déjà à l’époque. Même encore maintenant, elle peut offrir un univers riche en idées loufoques. Nous suivons les récits courts, toujours sur une page, de M le magicien, pas beaucoup plus grand qu’une paquerette ou un champignon ; il a tout de même sauvé la vie de Corto Maltese. M assiste au douxspectacle qu’est la vie : quand l’abeille quitte la ruche, elle fait bz, quand elle revient, elle fait zb.

Ce chef d’oeuvre du patrimoine ravira petits et grands, par son onirisme, sa légèreté et sa simplicité .

Un de mes préférés, écartez les enfants,… un peu plus loin,… encore… Lincoln est mon fils de pute préféré, c’est pas de ma faute, c’est le métier de sa maman, et le manque de considération (clientèle exclue) que l’on peut porter à sa mère n’est rien comparé à l’exclusion dont est victime Lincoln .

Le personnage de Olivier, Jérôme & Anne-Claire JOUVRAY, ce jeune cowboy qui déteste l’humanité enière, va quitter sa ville natale en y mettant le feu. Son indifférence face à la vie ne va pas en laisser un autre d’indifférent: Dieu . Et Dieu, il peut avoir des idées bien arrêtées, s’il souhaite que Lincoln trouve une raison de vivre, il va lui en donner les moyens et surtout le temps .

Bien évidement, si Dieu s’intéresse à lui, le Diable n’est pas en reste, il ne nous reste plus qu’à suivre les aventures de notre anti-héros, avec les deux zozos sur le dos . 6 tomes publiés aux éditions Paquet, qui ne peuvent se lire individuellement mais dans l’ordre chronologique .

J’en ai déjà parlé, j’en reparlerai encore: LETURGIE, YANN, LETURGIE, un trio d’enfer pour un autre trio d’enfer, SPOON, WHITE et la plantureuse Courtney BALCONI . Huit beaux albums, chez Vents d’Ouest, qui relatent les aventures complètement barrées de ces deux pauvres loosers, seuls flics blancs dans un commissariat d’un quartier black de New-York . Leur capitaine tient du supérieur de Starsky & Hutch, seulement lui, son anxiété le fait s’empifrer de nourriture de tout genre, on le voit donc emplir son bureau au fil des aventures de son imposante présence .

Spoon, le gnôme, la teigne, accroc à l’univers Disney, il risquera sa vie pour son Goofy fétiche, il est également un fan invétéré de Clint EASTWOOD, d’où son flingue presque aussi gros que lui . Sa stupidité n’ayant d’égale que son narcissisme aigû, il poussera le vice jusqu’à piquer une cadillac rose, comme dans le film de Clint, alors qu’il est recherché par toutes les polices des Etats-Unis . Le piège grossier dans lequel il tombera peu de temps après n’arrange pas son image .

White, il cherche désespérément à être quelqu’un, à avoir un patrimoine, à avoir de la classe, avoir une certaine noblesse, enfin toutes ces qualités qui en font l’antithése de son nabot de collègue . « Qui se ressemble s’assemble », la part de bêtise de White vaut bien celle de Spoon, leur présence cumulée au même endroit à des allures d’exponentielles, vous vous rappelez ces courbes qui prennent des envolées vertigineuses en un temps record . Leur passion commune pour la belle Courtney, présentatrice télé des événements chauds pour une chaîne d’actualités, leur permet d’être présents à chaque fois qu’elle dégôte un scoop .  

Chaque album est une histoire complète et fait un clin-d’oeil à un genre cinématographique en particulier: la blackploitation des années 60-70, les James BOND, les thrillers (Psychose, le Silence des Agneaux…), les films Hong-Kongais …

Il ne faut pas se priver non plus des autres séries de YANN et la famille LETURGIE . De bonnes heures de rires garanties .

Bone de Jeff SMITH aux éditions Delcourt, où comment démontrer qu’il n’y à pas que des super-héros dans les comics . Bone est ce personnage avec ses airs de Casper le fantôme . Ses cousins sont assez doués pour s’attirer des problèmes, nous découvrons notre trio en fuite éperdue devant toute la population d’une ville dont ils ne sont autres que les descendants du père fondateur .

Leur chemin va les mener vers le pays des rats garous amateurs de tartes, le pays où une grand-mère bat les vaches à la course, un pays où une princesse a besoin d’un héros comme Bone .

La série est en 9 tomes, il existe 2 histoires individuelles qui complètent l’univers de Jeff SMITH, je préfère l’ancienne édition en noir & blanc, mais l’actuelle, colorisée, reste sympathique . Et les dragons ? vous les préférez avec ou sans bonnet de nuit ?

La fameuse affiche où 3 rats lisent « la Peste » de CAMUS dans une décharge en rigolant à gorge déployée est issue de l’univers déjanté de l’auteur-biker-rocker PTILUC : Pacush Blues (A noter l’ouverture du Pacush Bar à proximité de la librairie, on vous en parlera pour leur inauguration le 2 septembre) . Cette série sous acide revisite notre société vu par les rats qui vivent des vestiges de nos détritus, au mileu d’une décharge qui n’offre comme panorama, en dehors des immondices, que l’autoroute qui la coupe en deux .

13 albums, plus deux livres d’illustrations (face de rats),chez Vents d’OuestPTILUC a une autre série RAT’S, que je trouve personnellement moins efficace . Je terminerai par dire que le premier tome (Premières Mesures) à un arrière-goût d' »Idées Noires » de FRANQUIN qui n’est pas désagréable .

The last one, Garulfo, de AYROLES, MAIORANA et LEPREVOST aux éditions Delcourt . Cette série terminée en 6 tomes conjugue sous toutes les formes les personnages de contes de fées .

Garulfo n’est qu’une grenouille, oui, mais une grenouille qui va apprendre que si une princesse l’embrasse, il se transformera en prince charmant .

1-Trouver une princesse 2-Se faire embrasser par la-dîte princesse 3-Se transformer en prince 4-Si cela ne marche pas, revoir ses leçons, il faut également une sorcière pour lancer le sort…

Donc reprenons : 1-Trouver une sorcière 2-la persuader de lancer le sort sans contre-partie trop importante pour sa santé 3-En sortir vivant 4-Retrouver la princesse qui accepte d’embrasser les grenouilles 5-Retenter l’expérience 6-Affronter les conséquences …

Bonne lecture et relecture à tous .

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