Par l’eau ou par l’épée

Il y a quelques mois, je vous avais dévoilé tout le bien que je pensais du « Viandier de Polpette » scénarisé par Olivier Milhaud. Ce dernier, en quelques pages, donnait corps à un univers cohérent, original et surtout attachant. Il semblerait que ce jeune (?) homme soit à classer dans la catégorie des récidivistes.

En effet, il nous propose ce mois-ci un premier tome d’une série extrêmement prometteuse : « Agito Cosmos » (éditions Glénat). Dans un futur indéterminé, la mer a recouvert une grande partie des surfaces habitables. La population humaine, largement diminuée, a dû faire face et s’adapter pour survivre. La société est à présent stabilisée (notamment grâce à une aide extérieure) et tente de retrouver le lustre d’antan.

Suivent alors trois lignes d’intrigue pour l’instant distinctes : une femme soldat qui supervise une équipe d’archéologues sous-marins qui remontent des vestiges de la civilisation de « jadis » ; un jeune garçon qui s’apprête à accomplir le rite de passage à l’âge adulte sur une petite île ; un détective privé qui tente de déjouer les machinations d’un génie du crime.

Pour cet album, Olivier Milhaud s’est adjoint les talents de Fabien Mense qui s’était déjà illustré sur la série « Les Tikitis » issue de l’univers de Lucha Libre (Humanoïdes Associés). C’est frais, c’est beau, c’est dynamique, on est porté, captivé par une histoire qui certes s’installe plus qu’elle ne se développe dans ce premier tome. Mais elle laisse entrevoir d’ores et déjà d’agréables moments de lecture. Par l’esthétisme des personnages, par leurs mimiques et même par l’approche de l’histoire, je n’ai pu m’empêcher de penser à deux dessins animés : « Nadia et le Secret de l’Eau Bleue » et surtout « Sherlock Holmes » de Miyazaki. Vous l’aurez compris : c’est un gros coup de cœur !

Sans transition aucune, je suis comblé par le retour d’Ubel Blatt de Etorōji Shiono (éditions Ki-Oon). Après presque deux ans d’absence, le tome 11 renoue avec la fougue et le panache propre à cette série. Là où d’autres mangas d’heroïc fantasy (et il n’y en a pas tant que ça) aurait pu tomber dans le piège d’un classicisme convenu (des castes de chevaliers, des monstres, des elfes,..) ou dans le piège d’une mécanique trop prévisible (le syndrome Seyiar / Maisons / Escaliers, variante du porte/monstre/trésor), Ubel Blatt surprend et rebondit dans une direction inattendue qui ravive l’intérêt d’une simple vengeance.

L’auteur aime son monde et cela se sent tant il prend soin à le décrire et à le rendre vivant. Peut-être d’ailleurs est-ce là où réside un des défauts de cette histoire. A vouloir rendre un univers foisonnant et crédible, on doit miser sur un lectorat attentif et scrupuleux. Et moi je dois admettre qu’au bout du premier paragraphe encyclopédique, je cède…

Mais qu’à cela ne tienne, je resterai novice dans la connaissance du continent d’Ubel Blatt et j’en retirerai toujours autant de plaisir !

2 commentaires sur “Par l’eau ou par l’épée

  1. Ah ! Ubel Blatt ! Clair qu’il était attendu celui-là ! Mais bon, si la patience est le prix à payer pour un manga de cette qualité 🙂 (‘fin, dans les limites du raisonnable…). De même, je suis ravie (et étonnée) par le changement de direction. L’histoire de vengeance était certes passionnante, mais ça aurait pu être lassant de voir Koinzell se contenter de trucider ses anciens amis… A confirmer dans le tome 12.
    Quoi qu’il en soit, Shiono-san a choisi une bonne formule concernant la description de cet univers : on peut sans problème suivre l’histoire avec un minimum d’informations. Et pour les motivés/fans, les pages bonus qui terminent chaque tome, c’est que du bonheur !

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