les premières lectures de 2012

Bien le bonjour à vous tous, meilleurs voeux pour cette nouvelle année et mille excuses pour ce silence qui dure depuis début décembre, alors profitons de ce démarrage en douceur des parutions 2012 pour reprendre nos habitudes et nous attarder sur les titres qui valent le détour.

En premier lieu, ce fut un réel bonheur d’avoir Hervé Tanquerelle en dédicace samedi 14 janvier pour l’album réalisé en collaboration avec David B. : Les faux visages, une vie imaginaire du gang des postiches aux éditions Futuropolis. L’histoire de cette bande de braqueurs qui fit tourner la police en bourrique fin des années 60, début 70, braquant banque sur banque, tout en s’attirant une certaine sympathie du public. La longévité de leur bande, ils l’ont dû à leur originalité et leur discrétion à se tenir loin des réseaux dont ils étaient pourtant issus: si un casse n’est pas préparé à l’avance et que vous ne roulez pas des mécaniques face à votre succès, comment voulez-vous que les indics aient des infos à balancer?! De plus, on se retrouve dans une période où il faisait bon vivre pour les ripoux, la suspicion suivant, comment accorder crédibilité aux maigres indices qui auraient pu aider à les coincer.

Les auteurs se sont accordés une liberté de création et de narration qui ne gâche et ne trahit en rien ce qui a pu se passer au fil de ces années, nous n’y découvrons pas des robins des bois sympathiques, ce sont des malfrats qui parfois tuent, commettent des erreurs mais qui font preuves d’audace et de jugeotte, les destinées de chacun sont parfois trop floues pour en faire une biographie authentique, mais gageons que le résultat en fait un polar des plus réussi avec cette petite touche d’une époque révolue.

Les éditions Futuropolis font coup double avec un autre album qui sort du lot: La chambre de Lautréamont, par Edith et Corcal. Je suis content de retrouver Edith au dessin qui m’avait charmé il y à déjà quelques années avec Basil & Victoria, elle a eu d’autres projets entre temps, mais celui-ci me plait particulièrement, notamment pour le petit effet d’annonce que l’éditeur et les auteurs nous font en vous présentant cet ouvrage comme le premier roman graphique publié en 1874.

Auguste Bretagne, en ce fin 19e, gagne sa vie en écrivant des feuilletons pour la presse, il est en lien avec le mouvement zutique qui n’est autre qu’un prémice des mouvements: surréaliste, dadaïste et autres zazous; la facétie de ces derniers a le don de l’irrité aussi bien que de le faire paniquer, mais l’amour l’aide à endurer ces petits désagréments.

Auguste a emménagé dans un appartement ayant appartenu à un tout jeune écrivain: Lautréamont; fauché dans la fleur de l’âge et qui n’a jamais pu être édité autrement qu’à compte d’auteur. C’est parmis les affaires de ce dernier, qu’il va découvrir un exemplaire des « Chants de Maldoror » , oeuvre qui ne va pas le laisser indifférent. Dans la lignée de Maupassant, de E. A. Poe… l’atmosphére se dégageant de l’oeuvre va laisser l’imagination d’Auguste lui jouer quelques tours.

Un ouvrage vraiment intéressant, curieux et atypique.

L’hiver du dessinateur de Paco Roca aux éditions Rackham.

La bande dessinée espagnole est à l’honneur, et pour les honneurs je laisserai la parole, la plume, le clavier… enfin l’initiative à notre ami le libraire chevelu pour vous présenter ce bien bel et intéressant album.

Pour tous ceux qui ne le sauraient pas encore, le japon a réellement eu un dieu, qui est resté parmis eux au cours du 20° siècle: j’ai nommé le seul, l’unique l’irremplaçable Osamu TEZUKA et j’en suis un fervant adepte. Fin 2011, nous avions eu le droit à « Sous notre atmosphère » publié par Héditions, une anthologie d’histoires courtes parues entre 1968 et 1970 où l’auteur revient une nouvelle fois sur les dérives de l’humanité avec un discours moralisateur.

Pour ce début 2012, nous sommes doublement gâtés avec Alabaster chez Flblb et Le chant d’Apollon chez Kana.

Le premier est l’histoire d’un homme désirant se venger de l’humanité à laquelle il voue une haine féroce, à l’aide d’une formule scientifique, il devient un criminel international dans le genre de Fantomas.

Pour le second, voici un mélange d’histoire contemporaine et d’entité fantastique. Un jeune homme reconnu coupable de cruauté envers les animaux subit un traitement médical pour calmer ses ardeurs. Ses actes sont en fait motivés par sa répugnance du sentiment amoureux, ce qui l’amène à rencontrer la déesse de l’amour qui va jouer avec sa destinée.

Toujours autant de poésie mêlée avec des reflexions humanistes, d’humour, le tout servit par un dessin très simplifié qui balance bien avec la richesse de ses histoires. J’en connais déjà que ces parutions réjouissent.

Un autre manga, dans l’esprit de Battle Royal, Doubt, Judge, Higanjima… ce genre de récits où les personnages se retrouvent confinés soit dans un espace clos, ou bien un espace plus vaste mais qui est susceptible de ne laisser aucune opportunité d’échappatoire.

Bienvenue dans Btooom! de junya Inoue publié par Glenat. Btoom est le nouveau jeu vidéo à la mode, et notre personnage principal l’un des meilleurs joueurs en devenir. Après avoir arrêté ses études il y à déjà deux ans, il passe son temps dans sa chambre au désespoir de sa mère qui aimerait qu’il se sorte ses utopies de travailler un jour comme testeur pour une maison de production.

Seulement voilà que la fiction va devenir réalité, et l’apprentissage de la survie ne se fait pas si aisément qu’il aurait pu le penser. Bien dessiné avec une bonne atmosphère qui se dégage de ce manga classique mais efficace.

Je change encore de registre avec deux albums indépendants: un nouveau Jason « Athos en amérique » aux éditions Carabas, le grand retour de ses personnages animaliers au grand regard vide. Le découpage de ses planches et son dessin très clair avec un petit côté épuré ont ce petit côté hypnotique qui charme toujours.

Un recueil d’histoires courtes, de personnages qui se croisent, de parodie autobiographique: le rapport auteur/fan est savoureux. Un humour pince-sans-rire que l’on aime retrouver de temps à autres, il n’a qu’à voir la diversité de ses titres: Je vais te montrer quelque chose, J’ai tué Adolf Hitler, Chhht!

L’année dernière nous avions eu le droit au superbe île aux 100 000 morts, avec fabien Velhmann aux éditions Glénat.

Et pour finir, une histoire insolite sans parole sur un album grand format avec un découpage en grandes cases par planche:

Les aventures d’un homme de bureau japonais de José domingo chez Bang édiciones, où l’on découvre qu’il n’est pas toujours aisé de rentrer chez soi après sa journée de travail, comment un suschi géant vous transforme un homme, qu’il n’est pas recommandé de passer dans une famille cannibale au moment des repas, où le service postal est aux mains d’une secte… et que l’enfer n’est pas rose tous les jours.

Voilà, bonne lecture à tous.

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