De l'un, des dés, des pendants : de l'indépendant

Quatre parutions pour la collection vingt-quatre del’Employé du Moi:

 » Le type de la photo » de Thomas Mathieu : un homme et une femme, chabadabada chabadabada, se promènent dans la rue, ils flânent, prennent des photos et se prennent au jeu de suivre un inconnu en filature tout en s’inventant les vies possibles de l’homme en question. Un arrière goût de fenêtre sur cour, mais sympathique. 

« Du shimmy dans la vision » de Pascal Matthey, les délires enfièvrés d’un enfant se mêlent avec les images de télévision issues des « Bijoux de la Castafiore », lorsque Tournesol s’occupe du réglage, les images s’enchaînent, l’esprit fait le reste. Cet ouvrage est issu d’une proposition sonore lors des 24h de grandpapier.org .

« Muriel » de Anne Simon & Sandrine Martin, Muriel débarque en prison, elle est tellement sous le choc, elle ne se rappelle rien. Est-ce le traumatisme de son geste, est-elle innocente, est-ce que cette curieuse thérapie sonore va l’aider ?….

« Chipies » de Johan Massez, deux indécrottables semeuses de zizanie perturbent d’abord leur leçon de musique mais vont s’attirer les foudres d’un épicier et d’une bande de garnements. Elles vont devoir apprendre à assumer leurs actes…

Bon vent pour cette nouvelle collection « vingt-quatre » à l’employé du moi .

« Canopée ». Voici le nouvel album de Karine Bernadou chez Atrabile, l’auteur de « Croqueuses » aux éditions Delcourt et de « La femme toute nue » chez Sarbacane.

Honnêtement, c’est le genre d’album que vous appréciez le plus quand on vous en parle le moins avant. Telle cette petite fille qui grandit, laissez-vous conduire dans cette forêt qu’est la vie, où les grands méchants hommes vous attendent au détour du chemin. L’image du père est omniprésente, le bestiaire de ses rencontres des plus fourni : tournesol humain, homme sans visage … Il faut se laisser aller, se laisser charmer par son dessin et partir de l’autre côté de l’arc-en-ciel.

Aux éditions Tanibis, voici « Les monstres aux pieds d’argile » de Alexandre Kha, reccueil de six nouvelles inspirées de classiques de Kafka ou d’E.T.A. Hoffmann… Bestiaire insolite, un singe qui s’est trop bien intégré dans notre société, le Minotaure dans la société moderne, une promesse qui amène à la perte de son reflet et de son ombre… Voici un ensemble de fables modernes teintées de l’austérité des classiques du fantastique .

Vous êtes vous déjà posé La Question ? Que peut-on bien faire dans la vie lorsque l’on nait avec un handicap tel qu’avoir un pouce à la place du nez ? Besseron lui l’a fait. Les scientifiques ont-ils de l’humour en toutes circonstances ? Besseron lui l’a fait. Quelle est l’espérance de vie d’un extra-terrestre déguisé en lapin dans un bar à chasseurs lors d’un apéro déjà avancé ? Besseron lui l’a fait. Est-ce que j’arriverai à faire marrer au moins un mec si je dessine une BD d’histoires courtes complètement allumées ? Besseron lui l’a fait avec « Snack » aux éditions Même pas mal ! C’est lui également qui nous avait pondu le pas sérieux « Mélo biélo » chez Desinge&Hugo&cie .

Si jamais vous n’avez pas le temps d’aller marcher, de vous détendre au grand air, d’apprécier cette spontanéité d’un tête à tête avec un sanglier, contentez-vous de « La vie en montagne » de Fabio Ruotolo, publié par Pavesio.  L’auteur y propose des petits moments de vie, des événements qui gonflent la poitrine et vous gorgent de souvenirs impérissables. La bonhommie de son trait accentue le ridicule des situations, la sensibilité de ses personnages et il comble l’absence presque totale de textes.

Une petite touche de sérieux avec « De l’autre côté » de Simon Schwartz chez Sarbacane, nouveau récit où un auteur nous donne l’occasion de partager un des événements atypiques de notre histoire : comment ses parents sont passés de la RDA en RFA . Depuis « Goodbye Lenine », « La vie des autres », nous avons de plus en plus de témoignages sur un pays situé en plein coeur de l’Europe, mais qui a tenu toute une population dans une ignorance et un déni du monde extérieur. Simon était trop jeune pour comprendre pourquoi lui pouvait voir sa famille des deux côtés du mur, pourquoi une partie des membres de sa famille ne leur a plus adressé la parole pendant des années : « Et pourquoi au jardin d’enfants, ils ont tous deux mamies et deux papis, et pas moi ? »

L’album bénéficie d’une clarté des propos, d’une mise en page agréable, plein de bonnes choses pour vous faire passer un bon moment.

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