Au menu, pastèque, poivre & sel, une tasse de thé et une petite ballade digestive

Il fait l’unanimité pour nous trois, non pas que nous désespérions, mais voici enfin l’album de la collection 7 de chez Delcourt, 2° saison, qui nous satisfait: 7 détectives de Hérik Hanna et Eric Canete. Voici un album très beau graphiquement, qui dénote des standards habituels mais qui saura séduire un très large public et, comme tous les albums de la collection, rend un hommage à un genre narratif en en respectant  ses codes.

7 détectives, une histoire policière donc, où vous pourrez vous amuser à y rechercher ne serait-ce que les détectives auxquels les auteurs font référence, un soupçon so-british, mais également une touche amerloque, un brin de franchouillardise et une larme de rigueur helvète. Ce sont tous des personnages qui vous rappelleront des classiques littéraires, concernant les meurtres, que ce soit les victimes, les modes opératoires, la façon d’élucider l’affaire ou de démasquer le(s) meurtrier(s), vous vous y amuserez autant que si vous jouiez une partie de Cluedo.

Vos 7 personnages sont magistralement introduits l’un après l’autre, dès le début de l’album, sur une pleine page, donnant l’ambiance du cadre et de la personnalité de chacun. Tous les 7 viennent d’être requis de par leur présence, en la demeure de Ernest Patisson. Le Capitaine MacGill, accompagné du Lieutenant Ocklay va leur présenter l’affaire peu orthodoxe qui les réunit, car si ce n’est l’impasse dans laquelle la police s’enlise, il n’en demeure pas moins que tous figuraient sur la liste laissée sur les lieux du crime par l’assassin lui-même : défi ou manipulation, les talents de chacun vont devoir être à la hauteur car d’autres victimes suivent et le mystère s’épaissit.

Vous êtes aussi mis à contribution, si vous le souhaitez bien évidement. Saurez-vous déjouer les embûches et autres traquenards tendus pour rendre l’enquête plus complexe encore ? Un indice tout de même, si vous connaissez vos classiques, Agatha Christie, Conan Doyle… (je tais les autres noms pour ne pas trop vous aider) cela vous aidera grandement dans votre enquête, détectivement-vôtre.

« Changement de rythme, changement de style », comme dirait l’autre, Les derniers corsaires de Jocelyn Houde et Marc Richard aux éditions de La (Paf)Pastèque.

Une histoire de sous-mariniers, et pour une des rares fois, pas des allemands, pas une histoire fantastique avec des phénomènes paranormaux… Non, une histoire qui se déroule pendant la Seconde Guerre Mondiale et qui s’intéresse en particulier à Walter Woolf, disparu en 1945. Qu’a donc de singulier ce second qui a attiré l’attention des auteurs : un petit dossier complémentaire à la fin de l’album répondra à vos questions; mais déjà ce qui est intéressant dans ce récit, c’est le microcosme des sous-mariniers ainsi que notre personnage principal, ambitieux, il ne rêve que du jour où il se verra confier le capitanât d’un sous-marin. Seulement cet homme a beau se targuer d’une expérience de navigation, il n’en reste pas moins un homme qui se trompe régulièrement, sur des prises de décisions mais également sur les valeurs humaines. Là où il voit de la chance, il faut en réalité voir une forte expérience et une solide connaissance des deux capitaines dont il était le second, et lorsque le premier d’entre-eux endosse l’une de ses erreurs qui a coûté le navire, rien que ça, il n’y voit que de l’orgueil mal placé.

Tout comme Immergés de Junker chez Glénat, Les derniers corsaires est un récit humain et historique qui comblera les spécialistes et les novices de ce genre d’aventure.

Je ne souhaite rien dévoiler du complément situé à la fin de l’album, mais sachez que le contenu en aurait été censuré, non on sait bien que la censure n’existe pas cela a juste été retiré d’internet dans les jours qui ont suivi sa mise en ligne, ce qui j’espère vous rendra un peu plus curieux de son contenu.

Un peu plus de légèreté et de rêverie en lisant le premier tome de En attendant l’aube, les lumières de la ville aux éditions Poivre & Sel (Massala) de Frederic Chabaud et Julien Monier.

Tom habite en ville, il est étudiant le jour et rêveur la nuit, enfin ses nuits d’insomnie il contemple la vie nocturne qui s’offre à lui depuis la fenêtre de sa chambre, son imagination prend ses aises lorsque son voisin, régulier comme un pendule, s’adonne à ses exercices, il l’imagine tel Batman se préparant avant une virée nocturne. Cette mystérieuse fille aperçue sur les toits, est-ce une vision ? Est-elle réelle ?

Son grand-père déjà lui avait donné le goût de l’errance de l’imaginaire, en observant l’âtre de la cheminée, où chaque braise brille telle une lumière de la ville dans la nuit, révélant des formes insoupçonnées, les enfants se prêtent facilement à ce petit jeu, tout comme leur goût de l’aventure les entraînent parfois à prendre des risques insensés. Ce sont ces souvenirs qui vont le pousser à monter sur les toits, à la rencontre de ces originaux qui prennent possession des lieux : cet homme qui renomme les étoiles nuit après nuit- « Sibyline de mai, cela a quand même plus de panache que ces andouilles qui l’ont nommé Pulsar m13 », cette femme que l’on appelle la dame en rouge et qui promène chaque nuit ses chats qui portent tous le nom d’un révolutionnaire…

Laissez-vous aller à cette errance nocturne, la poésie ne s’étendant pas seulement à l’histoire mais également au dessin, du soleil qui se couche sur la ville aux ambiances intérieur/extérieur, l’auteur qui joue avec la matière (je ne sais pas si c’est de la carte à gratter) donne une réelle atmosphère à son album.

Du vent sous les pieds emporte mes pas, de Frédéric Castadot et Gaëtan Brynaert dans la collection Quadrants.

Une sympathique histoire qui commence à la campagne avec un navire échoué au milieu d’un champ et qui se termine… vous ne pensiez tout de même pas que j’allais vous spoiler ce récit ? Léon est un petit garçon comme les autres, du moins de ceux qui n’aiment pas l’école et préfère battre la campagne avec son ami Fernand et c’est au cours de l’une de leurs escapades qu’il va tomber nez à nez avec ce bateau posé au milieu d’un champ près d’une rivière. La curiosité l’emportant, il s’hasarde à l’intérieur et va découvrir les tableaux du propriétaire plutôt bourru, mais qui vont lui chambouler l’esprit.

A leur âge, les filles aussi vous font tourner la tête et Clémence a les faveurs des deux jeunes gens, ce qui n’aidera pas Léon lorsqu’un drame bousculera son microcosme. Voici une partie des éléments, épars, qui vous donne le début de cette histoire, de cette quête initiatique de la vie de ce jeune garçon qui connaîtra plus tard les horreurs de la première guerre mondiale avant de passer par Bruxelles et pour plus tard… (deuxième frayeur ???)

A noter un clin d’oeil à René Follet qui nous fait bien plaisirs au chevelu et à moi-même.

Bonne lecture à tous.

 

 

 

 

 

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