Nous avons encore plein de belles choses à nous mettre sous la dent avant de les ranger sur nos étagères, bien écrites, bien dessinées, mais dans ma sélection du jour, vous trouverez pour une partie de ces titres, une thématique commune.
Avant tout, je vais commencer par 2 titres qui sont méchamment bons: Le coeur des amazones, de Christian Rossi et Géraldine Bindi, aux éditions Casterman, ainsi que Gagner la guerre, livre 1 Ciudalia, de Frédéric Genêt d’après l’oeuvre de Jean-Philippe Jaworski, Le Lombard.
Christian Rossi est un auteur dont j’apprécie énormément le travail, nous avions mis en avant précédemment Deadline aux éditions Glénat, un western en one-shot, les lecteurs le connaissent peut-être un peu mieux grâce à West, chez Dargaud, un western également ou quasi assimilé puisque nous sommes au début du XXème siècle, une série en 6 tomes comprenant 3 récits en diptyques qui allient Histoire et ésotérisme, avec au scénario un certain Fabien Nury (Il était une fois en France, La mort de Staline, L’or et le sang, Katanga, Silas Corey…) mais pour ma part je crois que je l’ai découvert pour la première fois grâce à La gloire d’Héra et Tirésias que vous pouvez lire actuellement dans une version regroupant les 2 récits aux éditions Dargaud. Ces deux titres abordaient déjà la thématique de la mythologie, avec Le coeur des amazones nous revenons au temps de la guerre de Troie.
L’histoire prend place au moment où Achille a décidé de rompre le combat, il refuse de servir le roi Agamemnon qui vient de mettre la main sur la prisonnière qu’Achille venait de faire. Ce désistement a pour conséquence entre-autre de faire perdurer la guerre. Le public ignore parfois que ce conflit a duré plus de 10 ans, mais garde en mémoire que c’est l’histoire de la belle Hélène, qui s’en ai pris plein la poire et s’est vue attribuer tout un tas de noms d’oiseaux. Mais ce sont d’autres femmes qui nous intéressent: les Amazones.
Elles sont à proximité du conflit qui oppose les grecs et les troyens, et approche la cérémonie de la fête des fleurs des amours, elles doivent mettre la main sur des mâles reproducteurs afin d’agrandir leur tribu et préparer une nouvelle génération de guerrières. Elles lancent des raids éclairs sur le champ de bataille, s’en prenant à un camp ou à l’autre sans aucune distinction. Leur jeune reine, Penthésilée, a cependant un problème de taille, elle ne peut s’accoupler qu’avec un homme de sang royal, et c’est l’annonce de la présence du demi-dieu Achille qui va l’inciter à tout mettre en oeuvre pour se saisir de celui-ci.
En dehors du fait que l’histoire est à tomber, le dessin de Christian Rossi la met en valeur d’une façon encore plus éclatante, au fur et à mesure de ses albums il estompe ses traits préparatoires, et cette fois il se permet des zones blanches dans ses planches, leur donnant une luminosité captivante. Avec un tel album vous êtes partis pour une immersion dans la Grèce antique.
Gagner la guerre, livre 1 Ciudalia, de Frédéric Genêt d’après l’oeuvre de Jean-Philippe Jaworski, Le Lombard. Ce mois-ci, la version noir & blanc paraît en librairie, pour la version couleur vous devrez patienter un petit mois.
Tout comme Javier Negrete, J.R.R. Tolkien, Franck Herbert, ou encore feu Terry Pratchett et quelques grands autres auteurs, Jean-Philippe Jaworski a développé un univers de grande ampleur: géographiquement, peuplades, religions, politique, guildes… ; vous pouvez découvrir ses romans aux éditions Gallimard (folio en format « poche ») et aux Moutons électriques.
Avec ce premier album, Ciudalia, vous avez le récit complet d’une de ses nouvelles, Mauvaise donne, que vous pouvez retrouver dans le recueil Janua Vera, qui est une bonne opportunité pour découvrir cet univers, car il regroupe différents récits qui vous permet de comprendre la grande variété de personnalités, de contextes ainsi que les bases sur lesquelles tout est construit.
L’histoire se déroule à Ciudalia, capitale de la république du même nom, dirigée par la tripartie: Ploutocrate, Belliciste et Souverainiste. Notre personnage principal se nomme Don Benvenuto Gesufal, personnage peu recommandable de prime abord, il l’est encore moins lorsque l’on sait qu’il est membre de la guilde des Chuchoteurs, une société secrète d’assassins crainte et respectée par les différents pouvoirs en place. Il se voit convoqué par l’un de ses supérieurs, Don Mascarina (que l’on interpelle souvent en chantonnant de la façon suivante: Hey Mascarina) afin de se voir attribué un contrat. A partir du moment où vous êtes le commanditaire, vous pouvez exiger une façon bien précise de procéder, et si Don Benvenuto est un arbalétrier hors pair, ce contrat devra être exécuté à l’arme blanche et au corps à corps. Bien évidemment rien ne va se dérouler comme prévu et l’intrigue ne fera que s’épaissir au grand dam de Don Benvenuto. Après l’adaptation de La horde du Contrevent, voici une très belle opportunité de s’immerger dans un autre univers tout aussi haletant et mis en images avec maestria.
C’est à l’occasion de la sortie d’un album que Le chevelu et moi-même avons beaucoup aimé que j’aimerai aborder une thématique actuellement récurrente dans différentes histoires, les mondes parallèles.
L’album en question est le suivant: Ceux qui restent, de Josep Busquet & Alex Xöul, aux éditions Delcourt.
Il existe depuis longtemps, sous la forme de romans, de bandes dessinées, de films des récits où un ou plusieurs personnages basculent de notre monde dans un monde fantastique parallèle au notre, et c’est ce qui arrive à ce jeune garçon, Ben, qui dormait bien sagement dans sa chambre jusqu’à ce qu’une créature, un Wumple, vienne le solliciter car seul lui est en mesure de sauver le royaume d’Auxfanthas.
A ce stade de l’histoire habituellement, le lecteur part à l’aventure avec le héros, découvre ce monde merveilleux, suit les péripéties du garçon, et après d’innombrables rebondissements le verra bien souvent rentrer chez-lui, grandit de cette expérience enrichissante. Cependant dans notre cas de figure, ce sont les parents dont allons partager l’inquiétude de la disparition de leur enfant.
Comment réagir dans pareille situation, quelles sont les questions qui peuvent nous tarauder, comment procéder. tout le monde sait que les mondes fantastiques, cela n’existe que dans les contes. Si au beau milieu de la nuit votre enfant venait à ne plus se trouver dans sa chambre, soit il a fugué, soit une personne mal intentionnée s’est introduite dans votre demeure et l’a kidnappé. Entre l’empathie de vos proches et du public pour le drame qui vous touche, et la suspicion que les enquêteurs peuvent avoir sur votre responsabilité, voilà une façon originale et novatrice d’aborder ce thème. Je ne vous en dit pas plus afin de conserver tout le charme de cet album.
Et donc, actuellement, vous pouvez découvrir Birthright, de Joshua Williamson, Andrei Bressan & Adriano Lucas, également chez Delcourt, en Comic. Une série en cours où dans ce cas de figure, nous suivons les événements des deux côtés du miroir, l’histoire familiale dans notre monde et la partie fantastique, les deux se télescopant allègrement, et là encore de manière particulièrement judicieuse.
De façon plus classique, en manga, vous avez: Moi, quand je me réincarne en slime, de Fuse, Taiki Kawakami & Mitz Vah, aux éditions Kurokawa; ainsi que Mushoku Tensei, nouvelle vie, nouvelle chance, de Fujikawa Yuka, Rifujin na Magonote & Shirotaka, chez Doki Doki.
Pour ces deux histoires, les personnages principaux meurent de notre côté, pour se voir l’opportunité d’un nouveau départ dans un autre univers mais avec leur souvenir de leur ancienne vie. Nous nous retrouvons dans des univers d’Heroic Fantasy classiques, avec une multitude de créatures fantastiques. L’originalité de Moi, quand je me réincarne en Slime, est que l’intervention et l’imagination du personnage interfère sur l’univers et les créatures qu’il va croiser, modifiant leur apparence ou leur spécificité. Et puis il est vrai que de base, on ne se sentirait pas spécialement à son avantage en se redécouvrant sous la forme physique d’une grosse boule de matière visqueuse, et pourtant…
Et pour finir… roulement de tambour…
Final fantasy, Lost Stranger, de Hasuki Minase & Itsuki Kameya, aux éditions Mana Books, d’après l’univers mondialement connu des studios Square Enix. Final Fantasy est l’une des licences de jeux vidéos qui a le plus révolutionné le genre, et chaque sortie d’un nouvel opus est un événement. Il y a déjà eu précédemment d’autres mangas ou romans, en plus des films d’animations ou de la série animée, mais Final Fantasy, Lost Stranger est la première formule papier que je trouve vraiment à la hauteur. Cela fait près de 30 ans que je reste un fan invétéré de cette licence, et quasiment aucun autre jeu vidéo ne m’a apporté satisfaction comme ceux-là, et il y a 21 ans déjà, Final Fantasy VII marqua d’une pierre blanche l’histoire du jeu vidéo. Alors lorsqu’une histoire propose de suivre des joueurs (et employés de Square Enix) propulsés au sein de cet univers, cela titille ma curiosité et mon envie. Et le résultat est à la hauteur de mes espérances.
Bouarf. Quel jeu de mot pourri pour commencer un article en l’honneur d’un dieu. Eh bien mes chers amis, il semblerait qu’il ait fallu attendre l’anniversaire posthume d’ Osamu Tezuka pour que certains éditeurs se réveillent enfin pour nous représenter certaines de ses oeuvres, mais attention, c’est un démarrage en douceur.
Astroboy, Blackjack, Le roi Léo, Phénix, Métropolis… Si vous souhaitez tout voir et tout lire la production de celui qui encore aujourd’hui est considéré comme le dieu du manga, vous en auriez pour très très longtemps. Au long de sa carrière, l’auteur a consacré certaines de ses séries à effectuer une rétrospective de l’histoire du Japon, du moment où il va quitter sa période « médiévale » pour rentrer dans l’ère moderne, marquant ainsi la quasi disparition du peuple Aïnou dans la seconde moitié du XIX ème siècle avec Shumari, jusqu’à la domination économique du pays sur le reste du monde dans les années 80′ avec Gringo. Entre ces deux titres, vous trouverez: L’arbre au soleil, Ikki Mandara, Barbara, BlackJack, Kirihito, MW, Nanairo Inko, Midnight et bien sûr Ayako et L’histoire des 3 Adolf.
Ces 2 histoires vont se dérouler à peu près à la même époque, pour Adolf, vous vous doutez bien que c’est pendant THE world war II, Ayako juste après la reddition du Japon pendant l’occupation Américaine. Si Osamu Tezuka invente une histoire qui permette de suivre la destinée de 3 hommes portant le même nom, il n’empêche qu’il utilise des infimes (et pas que) éléments de la réalité pour la située et l’étayer par la même occasion.
Ainsi, lorsque l’histoire va débuter, nous nous retrouvons au moment des jeux olympiques de Berlin, l’un de nos personnages principaux (mais qui ne s’appelle pas Adolf, lui) est un journaliste sportif venu couvrir l’événement et par la même occasion rendre visite à son frère venu suivre ses études en Allemagne, mais l’accession dans les phases finales du saut à la perche de l’un de ses compatriotes va le faire arriver en retard à leur rendez-vous. Son frère malheureusement viendra d’être arrêté par la police secrète et n’oubliez pas que nous sommes en pleine montée du nazisme.
Les deux autres Adolf qui nous intéressent sont deux enfants qui vivent au Japon à la même époque. Le premier est fils d’un boulanger juif qui a fuit l’Allemagne pour sauver sa famille de ce qu’il pressentait comme une fin radicale (comme quoi avoir de l’instinct en sauve quelques-uns). Le deuxième, est le fils croisé d’un diplomate allemand et d’une japonaise. Bien que le Japon et l’Allemagne soient alliés, et que le deuxième est semble-t’il le leader, notre petit Adolf, mi-allemand, mi-japonais, mi-ours et mi-sanglier puis mi-scorpion derrière, bref le petit gars y’vient p’têt d’un milieu aisé, et issu de la « race supérieure », il n’empêche qu’il se prend des roustes comme n’importe lequel des petits autres européens qui va à l’école avec des japonais qui n’aiment pas trop, ben tout ce qui n’est pas japonais en fait. C’est de là que va naître l’amitié entre ces 2 enfants, au coeur des événements de notre Histoire.
Concernant Ayako, nous nous situons dans l’après guerre, le Japon s’est rendu et vient le temps du retour chez eux des prisonniers de guerre. Rappelons que jusqu’à peu de temps, l’empereur était considéré comme un dieu vivant, obligé de renoncer à son statut, cela a créé des tensions au sein de la communauté Nippone, peu osaient dire tout haut qu’ils étaient heureux de la fin de la guerre, tandis que les autres se retranchaient dans les valeurs traditionnelles. Tout ça pour vous indiquer qu’il était plus que honteux d’avoir survécu aux combats, les personnes qui rentraient chez elles pouvaient être rejetées ou marginalisées. Ayako est la petite soeur de l’un d’entre-eux, elle appartient à une famille de propriétaires terriens, situés à la campagne. Dans le cadre de la reconstruction du Japon, le nouveau gouvernement sous la tutelle des américains a déposséder les propriétaires en morcelant leurs terrains en parcelles et les a redistribuées afin de reloger ceux qui avaient tout perdu avec la guerre. C’est dans ce contexte que notre soldat rentre chez lui et découvre les tensions au sein de sa famille, et petit à petit va découvrir les secrets inavouables des événements qui se sont déroulés en son absence. De plus, il se trouve que les américains ne l’ont pas lâché comme ça, il est devenu un agent de renseignement à leur service.
Et pour finir, j’aimerai également vous annoncer d’autres bonnes nouvelles pour ceux et celles que cela intéressent:
Concernant Les chats du Louvre, rappelons que le principe de cette collection, laisse le champ libre à des auteurs au trait original, de réaliser une histoire autour du musée. Pour ce récit, nous nous intéressons a différents individus, une guide et deux gardiens, ainsi qu’une bande de chats qui vivent dans les greniers et sur les toits du Louvre.
Encore une fois Taiyô Matsumoto fait preuve d’une extrême sensibilité, joue avec la fragilité de l’âme enfantine et ce, grâce à son dessin empli d’une délicatesse et finesse de trait qui me ravissent toujours autant depuis la première fois où j’ai découvert son travail.
Patrick quant à lui s’est vu mis en équipe avec le doyen des gardiens, Marcel, vieil homme patibulaire qui se soucie du bien être des quelques chats qui squattent le musée, et ce depuis des générations. Marcel a un secret: cela fait des années qu’il cherche désespérément sa soeur, Arrietta, qui, selon lui, se serait réfugiée dans l’un des tableaux du Louvre.
Tous 3 éprouvent un attachement particulier, tout comme au sein de la communauté des chats, pour le plus petit d’entre-eux: Flocon. Flocon a ceci d’exceptionnel, qu’il est un « passe-tableau », entendez par-là qu’il a la possibilité de se réfugier au sein des différentes oeuvres du musée et de s’y promener comme vous iriez faire une marche en campagne ou en bord de mer.

Je suis toujours partant pour un grain de folie, qu’il soit organisé d’avance ou encore mieux qu’il surgisse à l’improviste, alors lorsque j’ai ouvert L’automne à Pékin pour la première fois en librairie, le charme agit d’emblée, et du coup je le referme vite fait pour pouvoir l’apprécier avec un maximum de surprise lorsque je pourrai le lire dans les meilleures conditions possibles. Déjà de base, j’adore Boris Vian, que ce soit en tant qu’écrivain, chanteur ou musicien, donc je sais à quoi m’attendre: à tout ! Du possible à l’inimaginable, n’importe quoi peu surgir du cerveau de ce génie. Alors, pourquoi ne pas, une fois encore se laisser porter par sa folie douce ?
L’histoire commence avec cet homme qui prend le bus et s’endort à son bord pour enfin être réveillé par le contrôleur au terminus qui se situe aux portes du désert. Pas décontenancé pour si peu, au contraire c’est bien là qu’il se rendait, et d’un pas décidé, il s’enfonce au milieu de nulle part.
Enchaînons maintenant avec nos personnages principaux. Si Boris Vian est aux commandes, quoi de plus naturel que se retrouver dans le quartier de Saint-Germain des Prés dans une boîte de Jazz (mais sans Michel Jonas). Anne (c’est un homme) et Angel (c’est un homme aussi) sont entrain de s’encanaillés avec Rochelle, la petite amie du moment d’Anne. Après une nuit bien arrosée, ils prennent leur automobile pour rentrer chez eux, mais en route il renverse Cornélius, ingénieur pour la Wacco.
Ils le conduisent à l’hôpital, où le médecin de garde est plus préoccupé par par sa passion du modélisme aéronautique que par ses patients.
Les choses vont s’enchaîner pour nos deux ingénieurs désoeuvrés, et une opportunité s’offre à eux. comme Cornélius n’est plus en mesure de tenir ses engagements, ils le remplacent au pied levé et partent eux aussi pour le désert afin de réaliser pour la Wacco, la construction d’une voie de chemin de fer.
Ils en profitent au passage pour faire embaucher Rochelle comme secrétaire, ainsi que le médecin qui y voit là une opportunité de profiter de tout cet espace vide pour faire voler son aéronef, ainsi que son assistant, qui lui ne tenait pas tant que çà, à quitter le calme de son lieu de travail, surtout pour aller se perdre au milieu du désert. Sur place, Angel fera la rencontre d’une équipe d’archéologues, car un milieu désertique peut parfois révéler des trésors insoupçonnés, et l’aventure va enfin pouvoir commencer.
La commission artistique du centenaire de la première guerre mondiale, regroupant The lakes international Comic Art festival, On a marché sur la bulle et 14_18 Now, soutenue par le Heritage Lottery Fund & Arts Council England, et la liste est encore longue, commémore ce triste souvenir de l’histoire de l’humanité par un grand nombre de projets, parmi eux, une commande a été adressée à Dave Mckean: Black Dog: Les Rêves de Paul Nash. Nous avons la chance de voir cette très grande oeuvre traduite et publiée en France aux éditions Glénat.
Parfois le hasard fait vraiment bien les choses, si les organisateurs souhaitaient faire appel à Dave Mckean pour un projet si ambitieux, ils ne se doutaient pas de la fascination de l’auteur pour le travail de Paul Nash, artiste peintre et poète qui établit des passerelles entre l’homme et la nature.
Au travers des rêves de Paul Nash, nous allons suivre son parcours qui l’a amené à se retrouver confronté à l’horreur de la guerre, et le travail graphique de l’auteur rend hommage au travail du peintre qui le fascine tout en faisant basculer le lecteur dans ces visions d’horreur auxquelles tant d’hommes ont été confrontés. Il ne faut jamais oublier que si maintes et maintes tentatives de témoignages, sous toutes les formes que ce soient ont essayé de nous faire prendre conscience de ce qu’à été ce conflit sans précédent, il ne faut pas s’étonner que la plupart des témoins sont restés prostrés dans leur mutisme, car nul mot ne pourra jamais exprimer leurs sentiments.
Et pourtant Dave McKean réussi à en transmettre une part, et vous ne ressortirez pas indemne de votre lecture de cet ouvrage qui fait déjà partie de ma bibliothèque idéale et indispensable. il y a tellement de choses à voir que vous ne pourrez pas attendre avant de rouvrir cet album et pour autant garder la « fraîcheur » de votre première lecture et de vos impressions.
Et mon dernier petit plaisir n’est autre qu’un nouvel album des éditions çà & là, une maison d’éditions qui me rend toujours curieux, cette petite perle n’est absolument pas à lire si vous ne souhaitez pas vous spoiler la majeur partie des films que vous n’auriez pas vus et qui vont être abordés dans ce livre: Filmographique de Edward Ross.
Si vous souhaitez découvrir l’histoire du cinéma ou les dessous des films; ce que l’image animée a modifier le regard de nous, spectateurs, et notre perception du monde; comment l’arrivée de la parole a fait perde de l’expression corporelle et de la force narrative; l’omniprésence devant et derrière la caméra du genre masculin entraînant une vision erronée de la société et des thèmes abordés concernant le gente féminine ou bien les transgenre…
C’est toujours chouette de pouvoir s’instruire en s’amusant, d’apprendre des anecdotes qui épateront vos amis en soirée , de découvrir que ce film que vous croyiez connaître sur le bout des ongles vous réserve encore plein de surprises, et qu’une fois que vous refermerez ce livre, vous ne percevrez plus le monde comme avant. Comme disait Tarantino: « Vive le cinéma ».

La collection « 7 » des éditions Delcourt: chaque album est une histoire complète, avec différents auteurs pour chaque histoire, ce qui vous permet de découvrir tout un tas d’auteurs et de variés les plaisirs, tant sur le plan graphique que narratif. Vous pouvez piocher selon vos goûts et n’en prendre que certains, ou bien vous faire toute la « collec » pour voir le beau chiffre sept apparaître sur la tranche de vos albums bien alignés sur votre étagère. 7 macchabées vient de clore la troisième saison, il y a donc 21 albums de parus, ira-t’on jusqu’à 7 séries de 7 albums ? L’histoire ne le dit pas. Etant donné la diversité des genres, on peut facilement être en désaccord sur quel album nous a séduit si vous en discuté avec un autre lecteur.
Le hasard veut que pour nous trois, il y a juste un album par saison qui a fait mouche sur vos 3 libraires en même temps, d’autres nous ont plu bien évidemment mais jamais à l’unanimité. Dans la saison 1, 7 Missionnaires, de Alain Ayroles & Luigi Critone où comment le clergé face aux invasions incessantes des vikings décident de se « débarrasser » de 7 brebis galeuses parmi ses moines pour une mission d’évangélisation des hordes barbares ou bien d’éradication dans la douleur des frères qui se sont détournés du droit chemin.
Saison 2, le retour, cette fois c’était 7 Détectives de Herik Hanna & Eric Canete qui nous prenait sous son charme, avec un hommage à la littérature policière classique, une enquête réunissant les plus grands détectives du monde chargés par Scotland Yard de résoudre une vague de crimes, une histoire quasi interactive pour le lecteur qui pouvait s’amuser à retrouver à quels enquêteurs les auteurs faisaient référence et démêler l’affaire en même temps que les protagonistes. Cette histoire à donné lieu à la série Détectives, sept beaux albums remettant dans leur contexte d’origine chaque personnage.
Saison 3, la revanche du fils du beau frère du cousin de la vieille dame croisée chez le boulanger il’y à six ans: 7 Macchabées, de Henri meunier & Etienne Le Roux.
Streamliner t2, All-in day, de ‘Fane, aux éditions Rue de Sèvres. Suite et fin de ce récit customisé aux petits oignons, par l’un des dessinateurs qui illustra avec brio la série Joe Bar team.
Un rade perdu au milieu du désert tenu par un ancien as du pilotage de course de vitesse et sa fille, des gangs férus d’adrénaline, des hordes féministes à moto, l’ennemi public n°1 poursuivi par le F.B.I. qui est prêt à tout pour le mettre hors d’état de nuire.
Deux hommes en guerre,T1 Le ministre et l’espion, de Jef, Desberg et Claude Moniquet, chez Le Lombard collection Troisième Vague.
Je l’ai déjà dit, la politique fiction du genre Largo Winch, I.R.S et consorts, ce n’est pas ma tasse de thé, mais il arrive que parfois je me laisse convaincre, ce fut déjà le cas avec Koralovski chez le même éditeur.
Un membre des services secrets français qui a été en activité sur tous les fronts chauds, au courant de certains dérapages de personnes du premier plan politique, se voit contacté par l’un d’entre-eux qui se présente aux primaires de son parti pour les prochaines élections présidentielles. L’affaire n’est pas que glissantes, elle est poisseuse, dégueulasse même, et y être mouillé risque d’apporter un tas d’emmerde et pas que pour lui, ses maigres connaissances pourraient en pâtir également.
La saga de Grimr, Jérémie Moreau, aux éditions Delcourt.
Leur indépendance est leur force autant qu’elle est leur faiblesse, notamment parce que la liberté des uns provoque la jalousie des autres. Grimr continuera son parcours bravant les coups du sort, et ce, quelqu’en soit les conséquences. L’Islande est une terre de contraste, un lieu ou le forces de la nature se déchaînent peut-être pus fortes que nul part ailleurs, et notre histoire se déroule au XVIII ème siècle, alors que l’île vit ses heures les plus sombres de son histoire.
On retrouve Jérémie Moreau aux commandes, scénario & dessin, on a aimé son travail précédemment sur Le singe de Hartlepool en collaboration avec Wilfried Lupano (décidément il est partout ce garçon) et Max Winson, l’histoire de ce jeune joueur de tennis prodigieux et imbattu qui voit sa carrière chapeautée d’une main de fer par son père.
Et le petit dernier: Ces jours qui disparaissent, de Timothé le Boucher, chez Glénat.
Imaginez-vous un instant à voir le temps filer de telle manière, que du jour au lendemain, vous sautiez une journée. Un jour sur deux, vous vivez votre vie normale, sans jamais vous rappeler de ce que vous avez fait la veille, et dans l’angoisse de rater la journée suivante. c’est ce qui arrive à notre personnage, qui se pointant au travail, un jour qu’il pense être le lundi et débuté sa semaine, apprend que nous sommes déjà le mardi. Comment continuer vos activités, professionnelles, artistiques si comme Lubin maréchal vous faites parti d’une troupe de spectacle, louper les répétitions et ne pas entretenir son corps pour les performances qu’il doit réaliser.
et que se passe-t’il durant ces jours d’absence ? heureusement que la technologie est là pour se filmer et garder une trace des événements. Comment vous sentiriez-vous, si, un autre vous, décidait de suivre un autre parcours que le votre lorsque il vit les journées à votre place ?
Il en faut de la force de caractère pour les protagonistes des histoires que je m’en vais vous présenter. Trois comics, deux suites de séries et une nouveauté en One Shot, des histoires violentes mais pas dénuées d’intérêt, chacune avec son propre univers graphique, la première: Wild Blue Yonder, les aventuriers du ciel, de Mike Raicht, Zach Howard, Austin Harrison & Nelson Daniel, chez Glénat Comics.
Tout d’abord, ce récit m’a remis en mémoires des ambiances similaires, le film de Mamoru Oshii, The sky crawlers. Mamoru Oshii, vous le connaissez peut-être, réalisateur de génie de films comme les premiers Ghost in The Shell, Avalon, Jin-Roh la brigade des loups et tant d’autres encore. Avec The Sky Crawlers, nous nous situions demain dans notre monde, un conflit sans précédent à vu le jour et perdure depuis un certain temps.
L’origine de cette guerre s’est perdue, mais deux camps continuent de s’affronter, ayant toutefois des scrupules à causer des victimes, ils ont développer des soldats génétiquement à partir des gènes de combattants, et c’est maintenant de la chair à canon, des adolescents qui ne vieilliront pas, d’ailleurs au vu de leur destinée, leur espérance de vie est bien courte. et nous nous intéressons à un jeune pilote d’avion qui arrive sur la base où il est affecté, s’intégrer à un petit groupe d’intervention. Comme à son habitude Mamoru Oshii développe une histoire avec beaucoup de philosophie et c’est le genre de film que vous regarderez un bon nombre de fois, ne serait-ce que pour son basset Hound, son animal fétiche qu’il nous glisse à toutes les sauces.
L’autre film d’animation qui m’est venue en tête est une série plus grand public, il y a deux saisons, c’est Last Exile de Koichi Chigira à la réalisation et Range Murata au character design. Une histoire plus Steam Punk dans l’esprit, deux enfants, pilotes d’un avion et messagers/coursiers, dans un contexte de conflit entre différents pays, des guerres à l’ancienne, « tirez les premiers messieurs », où l’on aligne les soldats les uns en face des autres, et on compte les victimes par milliers. Néanmoins, la poésie et le charme est de rigueur dans cette série.
Wild Blue Yonder, l’Homme ne se refait pas et a bien évidemment foutu en l’air la planète en faisant exploser ses bombes nucléaires, le monde est plongé dans le chaos et des bribes d’humanités subsistent çà et là. 
Cola est l’actuelle meilleure pilote de défense de L’Aurore, véritable risque tout qui ne laisse jamais l’un de ses acolytes face au danger, et ce, même si cela doit contredire les ordres de sa mère qui dirige le vaisseau. Elle va se voir adjoindre un nouveau coéquipier, Tug, ancien mineur qui vient d’être recueilli à bord et qui va devoir apprendre le maniement du jet-pack.
Deux sorties pour des séries qui nous avaient bien plus auparavant, en commençant par le troisième tome de Manifest Destiny t3, Chiroptères et carnivores, de Chriss Dingess, Mathew Roberts & Owen Gieni, aux éditions Delcourt.
Thomas Jefferson, troisième président des Etats-Unis, envoie les deux hommes en exploration jusqu’à la côte Ouest en prévision des prochains convois de colon qui s’installeront sur ces terres, et en l’occurrence, se débarrasser des éventuels dangers qu’ils pourraient rencontrer.
Contrairement à la réalité, où il n’y a eu qu’une seule victime, notre histoire va réserver de biens étranges rencontres, toutes plus dangereuses et surprenantes les unes que les autres. Les chefs de missions savent à l’avance que des périls les menacent, et que des créatures fantastiques peuplent ces territoires inconnus. les zones les plus dangereuses coïncident avec la présence d’étranges arches qui émergent du sol, sur une hauteur vertigineuse et de textures des plus insolites.
L’expédition est constituée de soldats, de repris de justice, de scientifiques et quelques volontaires. Tous vont frôler la folie face aux rencontres improbables qu’ils vont faire, des bisons/centaures, des insectes géants, des êtres végétaux et tant d’autres encore. Cela va être une véritable hécatombe, mais qu’à ne cela ne tienne Lewis & Clark n’ont d’autre choix que de continuer et de mener leur expédition jusqu’au bout, et nul mutinerie ne sera tolérée. C’est en chemin qu’ils font la rencontre de Sacagawea et de son mari Toussaint Charbonneau, union bien particulière, elle n’avait que 15 ans alors, ils se tolèrent mais ne s’apprécient pas plus que ça, seulement Sacagawea ne peut plus rentrer dans sa tribu, c’est pourquoi elle accepte de guider la mission. Là aussi, nous sommes sur un récit violent, mais qui fait preuve d’une richesse d’ingéniosité dans le bestiaire qui est proposé, sur les relations humaines au sein de cet équipage et bénéficiant lui aussi d’une belle ambiance graphique.
Deadly Class t5 – Carousel, par Rick Remender, Wes Craig & Jordan Boyd, chez Urban Comics collection Indies.
Pour ceux qui ne connaissent pas la série, je ne vais rien dévoiler de l’histoire si ce n’est que vous trouverez un peu de tous les ingrédients d’une histoires d’adolescents qui fréquentent le lycée.
Georges Brassens disait que le pluriel ne valait rien à l’homme, mais dans certains cas, il est plutôt salvateur de ne pas se retrouver tout seul.
Street Fighting Cat de SP*Nakatema aux éditions Doki Doki.
Torao & Hige sont 2 chats de gouttières, comme tout un chacun, ils ont des rêves, notamment celui de se hisser tout au sommet de la gloire et de la hiérarchie féline, dominer les autres, c’est aussi ne plus avoir à se soucier d’avoir un abris, de la nourriture, mais pour le moment ce n’est pas le cas.
Hors, un jour, toujours habité par les remords, il va découvrir se qui se trame en ville: un nouveau venu chamboule tout, et sen prend à tous ceux qui se dresse sur son chemin pour devenir le maître de la ville.
Street fighting Cat est une série en quatre tomes et les 2 premiers sont déjà parus.
Et voici la viiiie, la belle vie qui coule dans nos veines… Si vous n’avez pas reconnu l’air (oui, j’ai bien dit l’air car je le chantais en écrivant), ni les paroles, c’est le générique de Il était une fois la vie.
Dans les nouveautés du moment, vient de paraître le deuxième volume des Brigades Humanitaires de Akane Shimizu, publié en France par Pika éditions.
Chaque chapitre présente la diversité de ce qui compose notre métabolisme, leur rôle, leurs fonctions, de l’acheminement des bulles d’oxygène à la défense contre les virus et autres bactéries, une véritable documentation des plus complètes. Cependant ATTENTION ! le réalisme choisi par l’auteur implique parfois de la violence visuel, les globules blancs ressemblent à de véritables psychopathes, il ne faut pas oublier que ces anticorps sont là pour éradiquer tout intrus à notre corps; mais on oublie pas de rigoler, surtout lorsque l’on voit comment il décide d’illustrer le virus de la grippe: souvenez vous dans quel état vous vous êtes retrouvé la dernière fois que vous êtes tombé malade, tout comateux, vidé de toutes vos forces, et bien il la représente sous la forme d’une horde de zombie qui se balade dans notre organisme pour nous contaminer.
Et, pour finir, une histoire bien délirante comme je les aime. Cette semaine est sorti le deuxième tome de Gloutons & dragons, de Ryoko Kui aux éditions Casterman.
Le titre fait bien évidemment référence au jeu de rôle Donjons & Dragons, série cultissime, vous prenez une équipe d’aventuriers propres à l’héroic fantasy, constituée, d’un chevalier, d’un mage, d’un voleur… Elle est composée de différentes races, homme, nain, elfe… Vous les mettez dans un donjon, à la recherche d’un trésor, ou dans tous les cas, assortis d’une quête, un soupçon de monstres par-ci, par-là, laissez mijoter et dégustez le résultat.
Vous connaissez les ingrédients, mais vous ne savez pas encore si vous êtes en mesure de le digérer ? Et ben c’est là que réside l’histoire. Jusqu’à preuve du contraire, tous parmi vous, amis lecteurs, vous vous nourrissez, et vous avez même, peut-être un plat de prédilection. peut-être encore, vous êtes vous essayés à créer vos propres recettes, ou tester un ingrédient dont vous ignoreriez tout jusqu’à présent. L’histoire de l’humanité est ce qu’elle est, parce que depuis la nuit des temps, on a mangé ce qui nous tombait sous la main, des fois on s’en sortait bien, des fois on en mourrait, et parfois même, dans d’atroces souffrances.
Notre équipe dans cette histoire vient de s’aventurer dans un donjon. En affrontant une créature monstrueuse, l’un d’entre-eux s’est sacrifié afin que les autres puissent être sauver et se retrouver comme par magie (ben non, pas « comme ») PAR MAGIE, à l’extérieur du donjon. Le chef d’équipe n’écoutant que son courage et sa responsabilité, il décide de repartir, seul, sauver son acolyte qui, pense-t’il, est encore vivant dans la panse de la bête. si les autres comprennent qu’il ne veut pas les mettre en péril, ils décident quand même de l’accompagner, on est une équipe soudée ou ne l’est pas.

Si le silence est d’or, mon rythme de parution de mes coups de coeur est sépulcral ces derniers temps, mais voilà que l’étrange est au rendez-vous et m’incite à vous faire une petite mise en avant des curiosités du moment.
A la folie… Pas du tout ! Sora Ono, aux éditions Delcourt/Tonkam.
Certaines histoires sont vraiment difficiles à définir, d’autant plus si à y bien regarder il n’y en pas, je m’explique. ce manga est un recueil de mini récits en 2 pages, pour la première partie, puis quelques pages pour la deuxième. Je vous l’ai annoncé tout de go, nous sommes sous le signe de l’étrange. A la folie, c’est d’abord un travail graphique remarquable pour la netteté de son trait, un dessin en pleine page qui vous fait découvrir une scène de vie de couple qui dégénère sur la page suivante, le découpage vous imposant de tourner la page pour découvrir la deuxième partie, et comme les personnages, vous la prendre… en pleine gueule, désolé, il n’y pas d’autre expression qui convienne.
To your eternity, Yoshitoki Oima, Pika édition.
Traverser l’éternité est un rêve qui traverse l’histoire de l’Humanité, les alchimistes, les créatures telles les vampires et autres immortels, les exemples ne manquent pas dans l’imaginaire de l’Homme.
L’enfant et le maudit, Siuil, a run, Nagabe, Komikku éditions.
Ce monde est coupé en deux, « l’intérieur« , le monde où les hommes ont trouvé refuge, et « l’extérieur« , vestiges de l’humanité où résident les « Maudits« . Ces créatures, être difformes à l’allure monstrueuse et bestiale, étaient autrefois des humains qui se sont vus métamorphosés, qu’importe l’explication, ce n’est pas un mode évolué comme le notre, plutôt médiéval où le fantastique garde son mysticisme et sa part d’inconnu. Une exception, une jeune fille vie au-delà des murs de la cité des hommes, dans les ruines du village d’où elle est originaire, et en compagnie du « maudit« ; elle attend le retour de sa mère. Le contact physique est interdit, sous risque de se voir maudit à son tour et de se transformer à son tour en créature, difficile alors pour le « professeur » de prendre soin de l’enfant encore fragile, si elle se foule la cheville, elle est obligée de rentrer par ses propres moyens car il ne peut la porter. Un récit onirique, teinté de poésie, une qualité de dessin exigeante et agréable, un incontournable des mangas publiés récemment ?
Tokyo Alien Bros, Keigo Shinzo, Le Lézard Noir.
La Terre est elle un lieu propice pour qu’une race extraterrestre vienne s’y installer ? C’est la mission de Fuyunosuke (c’est le nom dont cet être étrange s’est affublé) est chargé d’appliquer. Seulement, son caractère exubérant et enjoué, fait en sorte que cela fait plus d’un an qu’il n’a pas établi de rapport à ses supérieurs. Ils ont donc envoyé son frère aîné, que Fuyunosuke va baptiser Natsutarô à son arrivée, pour superviser et recadrer son cadet.
Mr Punch, Neil Gaiman & Dave Mc Kean, Urban Graphic.
La méthode narrative de Dave Mc kean alliant différentes techniques de dessins, de collage et de manipulation de matières, associée à l’univers très sombre de Mr Punch, donne un résultat final des plus dérangeant, renforçant l’intention première.
Comment aborder les filles en soirées de Neil Gaiman, Fabio Moon & Gabriel Bà aux éditions Urban Graphic.
Neil Gaiman, je vous l’ai déjà présenté en long, en large, en travers et j’en passe. C’est un auteur multi carte, il est écrivain, scénariste de Bandes-dessinées, auteur d’épisodes radiophoniques et d’albums jeunesse… Une de ses oeuvres phare est Sandman que je vous avais présentée fin 2016 à l’occasion de la sortie du tome 0. Il aime a travailler avec des dessinateurs au trait original, et c’est ce qui nous amène à Fabio & Gabriel.
Comment aborder les filles en soirées: ce n’est pas un guide pour célibataire malhabile ou quelque puceau que ce soit, et encore moins une brochure éditée par quelque site de rencontre, et pourtant il faut bien reconnaître que le livre n’est pas bien épais. Neil Gaiman est très fort pour écrire des récits puissants en peu de pages, mais je dois avouer que je suis étonné de voir que l’éditeur annonce une prochaine adaptation au grand écran de cette histoire, car ce qui fait que j’ai trouvé ce récit remarquable, c’est sa concision qui va de paire avec la brièveté de la soirée des deux protagonistes.
Enn et Vic sont deux adolescents Anglais de quinze ans (adolescent et Anglais, il y en a qui passe de dur moment dans la vie, et encore ado ça va passer avec le temps, tandis qu’Anglais… même en changeant de nationalité, on est foutu pour la vie, c’est un coup à finir sous les ponts).
En ce qui concerne Vic, quant à lui, cela ne lui cause vraiment aucun soucis et encore moins de question. beau gosse mais pas bellâtre, c’est le genre de gars qui arrive en soirée et qui tombe la plus belle fille en deux temps, trois mouvements. Pour lui, il n’y a pas de mystère, il conseille son copain de juste les aborder, entamer la conversation, ce sont justes des filles, pas des extraterrestres. Il peut bien comprendre la timidité d’Enn, mais il n’y a rien d’insurmontable à trouver le moindre sujet de débat qui permette d’établir le contact, et d’ailleurs ce soir, il faut qu’il mette tout ça en pratique.
Vic a un plan pour ce soir, il comptes’incruster à une soirée et a convié Enn à l’accompagner et c’est une bouteille sous le bras qu’ils se rendent tous deux en se fiant au son comme guide pour trouver la party. A peine arrivés, Vic, fidèle à lui même entame la conversation avec celle qui leur a ouvert la porte, et Enn commence a sillonner les pièces pour se rendre compte que la gente féminine est bien présente ce soir. D’abord il trouve la cuisine, repère propice au moindre repli stratégique en cours de soirée, et c’est dans la véranda qu’il va pouvoir faire sa première rencontre.
Au fur et à mesure de l’avancée de la soirée, les convives vont arriver et Enn va encore une fois faire montre de son manque de confiance en soi, mais qu’à ne cela ne tienne, il va franchir le cap et aborder certaines de ces charmantes demoiselles.
Alors pourquoi ne pas vous inviter vous aussi à cette soirée et vous laisser porter par une touche de poésie ? Aurez vous assez de cran à aborder ces filles en soirée et savoir être à l’écoute ?
Henriquet, L’homme-reine, de Richard Guérineau aux éditions Delcourt collection Mirages.
Ah là là, vous ne savez pas ce que c’est que d’être roi, vous ne pouvez pas comprendre, alors pour cela pourquoi ne pas vous plonger dans Henriquet ? A l’origine, il y a eu Jean Teulé (que l’on appellera Dieu), avec ses biographies à sa sauce, Je François Villon, Le Montespan, O Verlaine, Rainbow pour Rimbaud… certains de ses titres ont bénéficié d’une adaptation en bande Dessinée et Richard Guérineau quant à lui s’était vu confier celle de Charly
Malheureusement je ne suis vraiment pas assez calé en histoire, et je ne m’accorde pas assez de temps pour aller chercher l’information, mais l’impression qui m’ait donnée et les quelques bases que j’ai tout de même, me laisse à penser que bon nombre d’éléments mis dans l’album sont véridiques y compris certaines anecdotes, et puis, sait-on jamais, Richard Guérineau a peut-être mis la main sur les enregistrements de l’époque.
Henri III, dit Henriquet, hérite du royaume de France dans une situation des plus sombres. Le pays sort à peine du massacre de la Saint-Barthélemy, entre les différentes factions religieuses qui se tirent la bourre, et ceux qui souhaitent prendre le pouvoir, les trahisons vont bon cours. C’est bien simple, une chienne n’y retrouverait pas ses chiots. Si encore aujourd’hui, il n’est pas rare d’entendre parler de trahisons dans les sphères de l’état, à l’époque, l’assassinat était tout aussi courant, donc il fallait faire montre d’un sacré talent pour arriver à ses fins sans se faire prendre.
Et pourquoi Henriquet ? Ben oui, pourquoi affubler le roi d’un nom pareil, ce n’est pas n’importe qui tout de même, on ne se moque pas de son souverain comme de son voisin, verrait-on aujourd’hui le peuple Français parler de son président en ces termes ?
L’intérêt de ce type d’album est de se replonger dans notre Histoire, et le ton jovial de l’écriture permet d’assimiler un maximum d’informations, mais encore une fois, je déconseille de s’en servir comme anti-sèche à un examen, on au tôt fait de retenir certains éléments que l’examinateur ne verrait pas d’un bon oeil dans votre copie. Richard Guérineau s’était déjà fait plaisir dans Charly