Ici, une oeuvre

Bon, d’accord, vous avez boudé notre cadavre exquis, soit. Très bien. On passe l’éponge. N’en parlons plus. Tant pis…

Mais alors du coup, vous avez intérêt à venir voir l’oeuvre exposée dans la librairie dans le cadre du Voyage à Nantes.

Il s’agit de « Catastrophe » de Jean-Charles Blais, une linogravure réalisée en 1984.

On vous en met un tout petit bout. Vous savez ce qu’il vous reste à faire pour en voir l’intégralité 🙂 !

 

En 1981, Jean Charles Blais participe à l’exposition « Finir en beauté » qui sera l’acte de naissance de la figuration libre. Sa première exposition personnelle se déroule en 1982 au CAPC Musée d’Art Contemporain de Bordeaux.

Jean-Charles Blais commence à peindre sur des matériaux de récupération, notamment des affiches, des bidons, des cartons d’emballage et des feuilles de journaux. Dès 1982, il ne peint plus que sur des affiches arrachées, une surface irrégulière et épaisse qui guide l’artiste dans l’inscription de ses personnages, les défauts du support déterminant ses compositions. Ses premiers personnages sont de gros bonshommes qui semblent s’échapper à grandes enjambées de l’espace pictural. Les visages sont toujours dissimulés, ce qui les transforme en lourdes silhouettes qui, par la suite, s’affinent mais dont l’identité reste toujours absente.

Pour Jean-Charles Blais, ses figures ne sont plus des personnages mais des objets, ses corps sont des morceaux de peinture.

Les silhouettes de Jean-Charles Blais deviennent de plus en plus abstraites. Il ne reste finalement que des fragments en ombres noires. En 1985, Blais utilise de nouveaux supports, notamment des palissades en bois, et des couleurs plus chaudes apparaissent. Les oeuvres de l’artiste deviennent plus lumineuses et les contours des figures plus nets et découpés. Au début des années 90, Jean-Charles Blais effectue une série de sculptures de bustes et de têtes qu’il place en apesanteur élastique. Les oeuvres de Blais séduisent par leur simplicité apparente, mais ce serait oublier la force de la construction et la solidité des compositions qui mettent en valeur des personnages souvent déséquilibrés semblant vouloir échapper à la peinture. Depuis les années 90, Jean-Charles Blais se plonge dans une abstraction de matière proche de celle des abstraits américains des années 60. Cette peinture devient le substitut de la peau de ses personnages disparus. « Ma peinture est sans intention. » Jean-Charles Blais « Je suis un artiste qui n’a pas d’idées ni de sujets de tableaux. » Jean-Charles Blais

BLAIS Jean-Charles

1956 – Naissance de Jean-Charles Blais à Nantes. 1974 – Jean-Charles Blais étudie à l’Académie des Beaux-Arts de Rennes. 1980 – Jean-Charles Blais peint sur des matériaux de récupération et travaille sur des affiches arrachées. 1981 – Jean-Charles Blais adhère au mouvement de la Figuration Libre, figurant au côté de François Boisrond, Remy Blanchard et Robert Combas. 1982 – Première exposition personnelle de jean-Charles Blais au Musée d’Art Contemporain de la ville de Bordeaux. Cette même année, l’artiste expose aussi à la galerie Yvon Lambert à Paris qui exposera de nombreuses fois l’artiste les années suivantes. 1987 – Exposition personnelles des oeuvres de Jean-Charles Blais au Centre Pompidou à Paris. 1990 – Jean-Charles Blais décore la station de métro « Assemblée Nationale » à Paris, d’une immense fresque représentant des têtes et des bustes en couleurs, ces illustrations étant périodiquement renouvellées. 1991 – Jean-Charles Blais expose à la Staatsgalerie Morderner Kunst de Munich et à la galerie Catherine Issert à Saint Paul de Vence. 1994 – La chapelle de la salpétrière à Paris présente un accrochage Jean-Charles Blais dans le cadre du Festival d’Automne. 1996 – Jean-Charles Blais réalise un projet pour le Musée d’Art Moderne de New-York : « the telephone booths » lors de la célèbre exposition « thinking print ». 1998 – Jean-Charles Blais expose à la galerie Yvon Lambert à Paris puis à la Bawag foundation à Vienne des travaux fabiqués en tissus par un atelier de couture. 2000 – Jean-Charles Blais expérimente des travaux utilisant des techniques numériques, ses oeuvres sont exposées dans les plus grands musées et les plus prestigieuses galeries du monde entier.

La figuration libre fait irruption au mois de juin 1981, chez le critique d’art Bernard Lamarche-Vadel. Sur le point de déménager, il prête ses murs à un groupe hétéroclite de très jeunes peintres, Robert Combas, Hervé Di Rosa, Rémy Blanchard, François Boisrond, Jean-Charles Blais et Jean-Michel Alberola, il intitule cette exposition «Finir en beauté». L’artiste Ben, du groupe Fluxus, baptise ce mouvement «figuration libre». ». Des peintres de la figuration libre «populaire», issus des villes, Combas, Di Rosa, Blanchard, Boisrond, revendiquent leur appartenance à une culture urbaine de masse, une culture populaire qu’ils enrichissent de leur expérience personnelle. D’autres artistes, ceux de la figuration «savante», Blais, Alberola, cultivent l’art moins médiatique des maîtres d’autrefois.

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