Etunwan, cela pourrait être un cri poussé vers le ciel, une ode à la liberté, que l’on souhaiterait voir crever l’abcès de l’indifférence ou encore lutter contre la disparition d’une nation… mais non ! Etunwan, nous le prononcerons avec révérence et discrétion, propre à sa signification: Etunwan-Celui-qui-regarde.
Thierry Murat revient sur le devant de la scène avec un nouvel album aux éditions Futuropolis: Etunwan Celui-qui-regarde; un récit magnifique, pour lequel le style bien particulier de Thierry Murat correspond tout à fait pour cette histoire d’un photographe, Joseph Wallace, qui parti accompagner une équipe de scientifiques vers les territoires encore inexplorés (par l’homme blanc, ce salaud) du grand Ouest Américain.
Si le personnage est fictif, il rend hommage à ce grand homme qui a photographié les indiens pendant un grand nombre d’années, Edward Sheriff Curtis, vous connaissez certainement malgré vous son travail car la plupart des photos d’Amérindiens que l’on peut voir à différentes occasions sont de lui. Je ne saurais que trop vous conseiller l’ouvrage Pieds nus sur la terre sacrée, regroupant plusieurs textes et déclarations de la nation Indienne, vous permettant de (re-)découvrir leur culture et leur philosophie, le tout copieusement illustré par un grand nombre de photos.
Joseph Wallace tient un journal intime au quotidien, histoire de retranscrire ses expériences, et permet à l’auteur Thierry Murat de jouer subtilement avec la composition de sa page en insérant le texte entre les images, qui parfois tiennent du témoignage photographique, sinon vous permet de découvrir la touche graphique que j’apprécie chaque fois avec cet auteur, qui donne des ambiances si particulières à chacun des ses albums.
La scène d’introduction rappelle l’ouverture de 8 minutes de Deadman de Jim Jarmusch, le face à face entre le « pied-tendre » qu’est notre narrateur, et un massacreur chevronné de bisons qui travaille pour les compagnies de chemins-de-fer qui s’étendent sur les territoires indiens et qui voient d’un mauvais oeil que ces grosses bestioles ralentissent leurs travaux.
Il fait la connaissance des membres de l’équipe d’exploration et se lie d’amitié rapidement avec leur guide, un homme blanc tout comme lui, mais qui est bien loin du stéréotype bourru et massacreur d’indiens. Non! Lui est allé à la rencontre de maintes tribus, parlent leurs dialectes, comprend leur rythme de vie et leurs coutumes, et c’est allègrement qu’il va les partager avec Joseph Wallace.
La colonne va bien évidemment croiser différentes tribus sur son chemin et être témoins des tensions qui relèvent du massacre des bisons, source de vie de la nation Indienne. C’est pourtant la fascination de Joseph pour les indiens et leur mode de vie qui va lui permettre de les rencontrer plus intimement, quitte à ce mettre à dos le reste de l’expédition, et lorsque le guide tentera d’expliquer à un jeune indien, que le blanc qui l’accompagne est capable de rendre la majestuosité de la forêt sur un « dessin », de là le premier contact sera établi et il pourra commencer sa série de portraits.
Au fur et à mesure de ses déambulations, il découvre que les indiens ont un système de transmission de l’information des plus efficaces et que sa réputation le précède. Si les indiens l’acceptent aussi facilement, c’est encore une fois dans le cadre de cette allégorie, de l’extermination des bisons (symbole de vie) qui à terme mènera à la disparition de toutes les tribus, tandis qu’ils reconnaissent en Joseph et surtout en son travail la concrétisation qu’ils ne disparaîtront pas complètement des mémoires car il restera toujours une trace d’eux grâce à ses photos.
Bien que fictif, Etunwan est un hommage fort à tous ceux qui sont allés à la rencontre de l’autre, afin de comprendre leur culture, leur vie, leur philosophie… et ce, bien au-delà de l’exemple des Amérindiens, et qui ont rapporté que ce soit par l’écrit, l’oral ou quelque soit la manière visuelle, leur témoignage.
Si j’ai choisi de vous parler de cet album: Etunwan; en dehors du fait qu’il m’a profondément séduit, c’est d’autant plus que cette année, nous avons eu le droit à une vague d’histoires concernant l’exploration de l’Ouest Américain à cette même époque: la colonisation des terres indiennes et des régions inhospitalières, ou le voyage de curieux qui souhaitaient voir de leurs yeux ces farouches guerriers qui faisaient trembler l’américain moyen, mais qui dans la réalité n’étaient déjà plus que l’ombre d’eux-même, abrutis par l’alcool et cantonnés dans des réserves, véritables mouroirs des êtres et de leur civilisation.
Truckee Lake de Christopher Hittinger chez les éditions Hoochie Coochie, l’histoire du convoi Donner, qui se mit en route depuis l’état du Missouri vers la Californie en 1846 et qui passa tout l’hiver 46/47 bloqués dans les montagnes rocheuses, ils partirent à 87 et seuls 48 survécurent. Alors qu’est-ce qui selon vous et arrivés aux 39 autres ? Je vous laisse deviner ou bien je vous donne un indice ? Habituellement on traite ceux qui pratiquent ceci de sauvages, d’êtres pire que des bêtes… Alors? Alors? Ben oui ! ils les bouffés bien sûr. Un récit à dégusté si je puis dire.

Pour les autres albums, nous avons reçu en dédicace le tout jeune scénariste et dessinateur Kevin Bazot pour Tocqueville vers un nouveau monde, un premier album publié par Casterman, d’après le récit de Tocqueville, Quinze jours dans le désert. Lorsque en 1831 Alexis de Tocqueville se rend en Amérique en tournée avec Joe Dassin, avec son ami Gustave de Beaumont, analyser et réaliser son oeuvre la plus connue De la démocratie en Amérique, ils profiteront des derniers jours de leur voyage pour se rendre à la rencontre du mythe de l’Ouest sauvage et de ses derniers représentants qui y vivent en harmonie.
Il a déjà eu le droit de paraître dans l’un de mes articles consacré aux éditions Vide Cocagne, Chateaubriand au nom de la prose, par Nena-Witko. Lui aussi se rendit sur place, mais ce fut surtout pour leur révéler que le vrai secret pour réussir sa blanquette, c’est de lier la sauce avec un peu de jus de citron…
Sur les ailes du monde, Audubon par Fabien Grolleau & Jérémie Royer aux éditions Dargaud à quant à lui été un peu plus mis en avant dans la presse, et d’un point de vue local également.
Cet album revient sur les voyages incessants de ce Français, mort avec la nationalité Américaine, et qui à le droit de rentrer dans la postérité avec son nom attribué à quelques milliers d’écoles et de rue aux Etats-Unis, ainsi qu’à l’association qui est la plus importante organisation de défense de l’environnement Américaine. Il est parti à la découverte de la majeur partie du territoire Nord-Américain afin de répertorier tous les oiseaux d’Amérique, et de les peindre.
Si l’on découvre un voyage extraordinaire, nous rencontrons également un homme qui eu toujours du mal à rester en place auprès de ses congénères et de sa famille, on y voit aussi que ces méthodes de travail étaient pour le moins peu orthodoxes et lui attireraient aujourd’hui les foudres de tous ceux qui l’encensent étant donné qu’il a massacré des milliers d’oiseau pour pouvoir les peindre en détail, mais autre époque, autres moyens, autres moeurs.
Concernant des histoires traitant des indiens vous avez les innombrables westerns où vous pouvez les croiser, notamment Blueberry que l’on s’attendait (surtout moi) à voir ses histoires se terminer avec La tribu fantôme, car cela aurait été une belle fin: combattre aux côtés des indiens et disparaître telle une légende au-delà de la frontière au bras de Chini.
Mais si je ne devais garder qu’un seul auteur pour découvrir la culture Amérindienne avec tout l’amour pour leur culture qu’il a su versé au travers de ses différentes série, c’est bien évidemment Dérib, l’auteur de Celui-qui-né-deux-fois, Buddy Longway ou encore Yakari. Nul autre que lui ne m’a bouleversé à ce point, par son approche et ses écrits sur la culture indienne.
Oka Hey !

Avant de rentrer de plain pied dans la vie adulte, pour certains d’entre-nous, il y a la case « étude » « université » et/ou « coloc' ». Sortie l’an dernier aux éditions Urban, « The New York Four » se focalise sur cette période charnière où tout se joue, les amitiés comme les décisions. Brian Wood, pour honorer le contrat le liant à l’éphémère collection « Minx » de DC destinée à un public féminin, avait décidé d’évoquer son amour pour New York, sa vie nocturne, sa jeunesse, son dynamisme, à travers la colocation de quatre jeunes femmes. Avec chacun des protagonistes, nous en arpentons les rues, nous nous grisons dans ses concerts et nous sommes impressionnés par ses buildings. Cet amour quasi viscéral, charnel pour la ville et ses habitants, nous pouvons le retrouver dans une de ses séries phares : « DMZ » en compagnie du même dessinateur Ryan Kelly. Ce dernier, avec une grande acuité, nous apporte grandeur dans les décors et humanité dans
Elles sont quatre, atypiques et profondément attachantes, révélant leur personnalité au fil des pages. Ren, Lorna, Marissa et Riley, la narratrice, sont les archétypes de ces jeunes adultes qui au contact des unes les autres mais aussi de la Ville vont se révéler à elle-même et aux autres. Prise de confiance, prise de conscience également, certaines vont apprendre à connaître une sœur, d’autres à s’affirmer… B.Wood et R.Kelly n’oublient pas également de rythmer l’intrigue par quelques rebondissements tels que ce mystérieux interlocuteur qui laisse des messages à Riley ou la rencontre d’Olive qui squatte l’immeuble. Ce récit complet, dont la fin a été un peu précipitée pour des raisons éditoriales, se lit avec beaucoup de plaisir et de simplicité…
Après les études, viennent les premiers jobs, les rencontres amoureuses un peu plus sérieuses et la confirmation (ou pas) que nos premiers choix n’étaient pas les mauvais. Dans « The Cute Girl Network« , paru aux éditions Glénat, Greg Means, MK Reed et Joe Flood nous content une petite histoire sans prétention abordée avec humour et décalage. Jack, bien que mignon et touchant, est le parangon de la maladresse, sous toutes ses formes. Entre ses mains, tout objet devient dangereux et son absence de filtre social le place dans des situations où il peut blesser l’amour-propre d’autrui ou paraître pour ce qu’il n’est pas. Sa nonchalance et sa candeur, en plus d’une soupe gratuite (Jack est vendeur de soupe ambulant) ont fait craquer Jane. Jane, elle-même, ne rentre pas dans les cases. Vendeuse dans un magasin de skate-board, skateuse douée, elle doit se battre quotidiennement pour exister dans ce milieu quasi exclusivement masculin. Le coup de foudre est assuré pour ce couple si étrangement assorti. Sauf que Jack a un passé amoureux et Jane des amies bien pensantes. Tout un réseau d’ex vont la mettre en garde contre le péril Jack… La force de ce récit est la détermination de Jane dans toutes les situations que ce soit dans ses engagements féministes à son échelle, la tendresse qu’elle porte à son copain ou son refus du diktat de bienséance amoureuse de « ce-qui-est-bon-pour-toi-que-tu-ignores-encore ». Pris dans l’air du temps, cette petite histoire apporte sa modeste contribution à casser les codes.


Inéluctablement, vient le moment où la quarantaine arrive : la bande de potes s’est assagie, les couples sont à présent des familles et l’heure du bilan a sonné. Tout ceci, Alex Robinson dans « Notre univers en expansion » (éd.Futuropolis) nous l’assène avec un réalisme teinté d’humour un brin désabusé. Après avoir exposé les affres et les joies de la trentaine à New York dans « De Mal en pis » et ses deux mini suites, il prolonge sa réflexion sur notre société 12 ans plus tard. Scotty et Ritu ont un enfant et en attendent un deuxième, Bill et Marcy sont en couple depuis longtemps et la question de l’enfant se pose, quant à Brownie, sa vie de célibataire lui convient bien ou tout cherche-t-il à le faire croire. Telle est la situation de départ.
Toutefois entre les reculades de Bill sur la paternité, la pression parentale pour avoir des petits-enfants ou les réunions de famille et leurs mesquineries et luttes larvées, le couple de Bill/Marcy sent que l’on attend encore plus d’eux. On pourrait penser qu’heureusement l’amitié, elle, est indissoluble mais se serait minimiser l’importance de choisir son camp entre sa femme ou son pote. Comme dans « The Cute Girl Network », le lecteur est amené à se demander ce qui est indissociable et capital dans un individu et la relation que l’on entretient avec lui, en opposition à ce qui fait partie de l’erreur, de l’accident de parcours qui ne devrait pas (ou peu) remettre en cause le jugement et les sentiments que l’on avait à son égard jusqu’ici. Le personnage de Brownie est riche puisqu’il est à la fois le plus immature, le plus fou et en même temps le plus lucide sur les difficultés de ses amis et de la vie en général. « Notre univers en expansion » brosse toutes les facettes de ce que l’amitié a à nous offrir lorsqu’on est à un âge où la maturité sereine tarde à venir.
Vous savez ce que c’est: parfois vous faites quelque chose, d’urgent ou non, vous vous êtes bien organisé, tout au petit poil, et là, PAF, y’se passe un truc, et patatras, vous laissez tout tomber, et tout conte fée, pardon, tout compte fait, vous ne regrettez absolument pas ce contre-temps.
Dans la merveilleuse vie de la librairie qu’est la notre (car oui elle est merveilleuse notre vie, vous pensez bien) cela peut également se dérouler de la même manière, genre lundi dernier, je m’occupe de mes priorités du jour, je profite d’un temps libre pour vous préparer un nouvel article, et comme je l’ai dit plus tôt: PAF, une nouvelle réception de cartons de nouveautés des éditions Casterman. Si jusque là, rien n’est inhabituel dans notre quotidien, ce qui vient le bouleverser, c’est une éventuelle réaction lorsque l’on ouvre l’un des ouvrages reçus, et c’est ce qui m’est arrivé avec Tout conte fée de Bandini & Lionel Camou, et le lendemain quand j’ai pris le temps de le lire, je n’ai cessé d’enchaîner les fou-rires tout au long de ma lecture.
Il faut que j’ajoute à ce moment de mon article que mes deux collègues de travail ont beaucoup de mérite de travailler à mes côté, voire même on peut dire de me supporter au quotidien. En effet, j’ai plutôt tendance à les harceler avec des mauvais jeux de mots à longueur de journée, et plus la fatigue se fait sentir, plus les jeux de mots deviennent pourris, si ! si ! c’est irrémédiable. Et à voir leur tête déconfite, leur journée doit en être d’autant plus pénible.
Pourquoi cet aparté ? Parce que, avec Tout conte fée, le livre en est bourré, de calembours à toutes les sauces. Là je pourrais vous glisser, non pas un doigt, mais une boutade, comme quoi toutes les cales d’Hambourg sont bourrées de livres, où un truc du même acabit. Donc, oui ! dès le petit texte d’introduction les jeux de mots fusent, y compris certains qui ne me seraient jamais venus à l’esprit, bravo pour l’idée de l’idée de la cheminée qui chemine, en amateur de Desproges ou de Boby Lapointe, maîtres incontestés du verbe, messieurs Bandini & Camou, je le dis haut et clair: « J’aime beaucoup ce que vous faites !« .
Et puis, comment ne pourrais-je pas être séduit par cette histoire du mec qui veut se suicider, en se jetant du haut de l’un de ces immeubles parisiens, en s’accrochant une corde autour du cou (en règle générale, ou tout du moins c’est un conseil à ceux qui voudraient passer à l’acte, la pierre est suggérée au cas où vous souhaitez vous jeter dans l’eau, plutôt que d’une hauteur, non parce que sinon, le poids de la pierre risque de tirer un coup sec sur la corde que vous avez autour du coup, vous décapitant et vous ne pourrez pas profitez de la chute, ce qui serait dommage, étant donné que ce sera votre dernier souvenir, enfin je dis ça, je ne dis rien). Du coup, j’en reviens à notre suicidaire, il se trouve sur un de ces toits parisiens en zinc, et alors qu’il s’apprête à faire le grand saut, il fait son grand sot, et par ailleurs il en a même peur de glisser sur la surface polie du dit toit. C’est un comble ! Alors qu’il s’apprête à sauter du dessus des combles et descendre en trombe pour une fin en apothéose, de chipoter pour si peu.
Cela n’empêche, qu’il va être interrompu de façon impromptue par un énergumène qu’il n’avait pas remarqué jusqu’à présent, et pour cause, la personne qui le hèle est bloquée, donc cachée, dans l’une des cheminées qui se trouvent près de lui. Et qui dit bonhomme dans une cheminée, dit… Père Noël bien sûr. Bon il se trouve que l’on est que le 24 novembre, ce qui peut en perturber plus d’un, et c’est peut-être là que ça coince.
Tandis que nos deux énergumènes vont se lancer dans un nombre de conversations toutes plus philosophiques les unes que les autres, il faut que vous le sachiez (et pas seulement dans la colle) qu’il se passe de drôle de choses sous leurs pieds.
Une petite fille a disparue, et sa soeur est très inquiète. Le père Léon ne répond pas non plus aux appels de la concierge. Et les policiers vont découvrir également un indien mort dans son logis, non ! pas un tipi en plein Paris, juste un petit appart’ parisien comme tant d’autre. Alors le fait qu’il se pris une flèche en pleine poitrine laisse perplexe les enquêteurs: s’agit-il d’un meurtre ? D’un accident, alors qu’il nettoyait son arc ? Ou bien d’un suicide ? Ce sont des policiers… toutes les hypothèses sont à retenir, y compris les plus
Je vous invite à découvrir la suite des événements et avancées de l’enquête en lisant Tout conte fée de Bandini & Camou aux éditions Casterman, où lorsque l’on parle de disparition d’enfants, les mineurs ne sont pas toujours ceux que l’on croit, où mère-grand fait tout un tas de conchoncetés, et où il ne fait vraiment pas bon d’être livreur de pizzas en 1915, si ! si ! je vous assure. Et tant d’autres surprises vous attendent.
La Mystérieuse Librairie Nantaise vendue ? Non, pas vendue dans le sens: on a fait fructifier notre affaire, et on vient de la céder en faisant une plus value d’enfer et on part s’installer à Hawaï; non vendue dans le sens, on a vendue notre âme à des êtres démoniaques, sans aucune moralité, et on a décidé de vous en faire la promotion. Je parle bien évidemment de ces sympathiques racailles, les gens de Vide Cocagne, la maison d’éditions de Bandes Dessinées Nantaise.
Vide Cocagne nous gratifie de 3 nouvelles sorties ces derniers temps, voilà donc l’occasion de les rappeler à votre bon souvenir. Une maison d’éditions « indépendante », qu’est-ce que c’est? D’abord ce sont des p’tits gars qui n’en veulent. Qui ont des baloches grosses comme des montgolfières. Qui ne baissent pas les bras face à la tâche démesurée de l’autoédition. Dans leur démarche, ils bénéficient toutefois d’un grand nombre de camarades pour les soutenir: Thomas Gilbert Oklahoma Boy, Delphine Vaute Yvonne l’enfant château, Fabrice Erre Madumo premier seul & unique, Guillaume Carreau Les déserteurs héroïques, Nicoby Poète à Djibouti – Une vie d’amour, Geoffroy Monde Serge & Demi-Serge, Erwann Surcouf Pouvoirpoint… Vide Cocagne, c’est aussi des collection aux noms rigolos: Epicerie Fine, avec ses séries: SOB comics de Boris Mirroir, Muffin de Fabien Grolleau (& Thomas Gochi), DUM de Fabien Grolleau (encore lui ?!) et Abdel de Bruxelles, et TEXAS du sémillant Olivier Texier. Une autre collection, celle qui m’intéresse aujourd’hui, c’est Alimentation Générale, c’était le nom de leur ancien magazine, mais dorénavant vous allez avoir un album complet à chaque fois. Un dernier mot concernant l’équipe de Vide Cocagne, vous les retrouvez dans le projet Fumetti, la maison d’artiste qui se monte sur Nantes actuellement, un projet ambitieux consacré à la Bande Dessinée et l’illustration, et ces joyeux lurons font également partie des Catcheurs de Dessin à Moustache (la FOCDAM).
Passons aux choses sérieuses, s’il en est, puisque nous commençons avec L’école du gag, scénario de Jorge Bernstein et au dessin James.
A n’en pas douter, James était en tête de liste des auteurs susceptibles… mais non! pas son état d’âme, laissez moi finir ma phrase, …susceptibles de mettre en image ce bijou de l’humour.
Son cursus est classique, bizutage/stage/mémoires/travaux pratiques… il va apprendre auprès de la crème de l’humour et va devoir faire preuve d’innovation afin de dépasser ses pairs. De l’humour noir au running gag, en passant par l’humour raciste, tout y passe j’vous dis. C’est tellement con que c’en est bon, et tellement bon que c’en est con. J’en viens même à me dire que si je pose le livre par terre et qu’un client marche dessus par inadvertance, il ne manquera pas de glisser sur la peau de banane qui est dessinée dessus. Et cela me remémore toujours et encore les paroles de mon maître à penser Pierre Desproges, que « quelqu’un qui marche sur une peau de banane qui tombe et qui se fait mal, cela ne me fait pas rire… par contre si il meurt, oui là c’est drôle ».
Qu’est-ce que l’on peut trimbaler par tout encore, un truc qui tient dans la poche quand on en a de très grandes ? …Un nain bien sûr!!
Une brève histoire des NAINS de Prosperi Buri, c’est tout ce que vous avez voulu (ou pas) savoir sur les nains sans jamais oser le demander. Les nains à travers l’histoire, leur place dans la société, les nains célèbres, les légendes qui tournent autour des NAINS (pas trop vite sinon cela fait comme dans les jeux à la con où vous tournez avec votre front coller contre le haut d’un manche à balai, c’est un coup à perdre l’équilibre), les point de vue de la religion, des sociétés, les heures de gloire des NAINS… Tout, tout, tout vous saurez tout sur les petits nains !
Vous connaissez Mel Gibson, et ben maintenant vous connaîtrez Richard Gibson, peintre de Charles II; Antoine Godeau, poète et évêque de Grasse; Nikolaï Iejov, chef des services secrets de Staline (il était facile de le cacher un peu partout, sous la table, dans un capuchon de stylo…); des bouffons ça il y en a eu, comme Sebastian De Morra
Et encore, après avoir fait les belles heures, et surtout rempli les bourses des propriétaires des cirques et autres foires, ils ont conquit les petits et grands écrans, André Bouchet (passe-partout), Warwick Davis (Willow, Wicket dans Star-Wars, Filius Flitwick dans Harry Potter…), Hervé Villechaize (James Bond, bon vous n’y croyez pas une seconde, effectivement il n’a pas tenu le rôle de James, il a joué dans un James Bond– le film, pas le personnage- L’homme au pistolet d’or, et pour ceux qui ont plus de 30 ans, peut-être avez vous eu l’opportunité de le voir dans la série, l’île fantastique, dans le rôle de Tatoo).
Bon, dans ce cas précis, il m’a fallu le regard éclairé du libraire chevelu, pour me confirmer ce que je pressentais, il vaut mieux avoir lu et/ou connaître l’oeuvre de Chateaubriand pour bien apprécier tout le travail des auteurs. Mais il n’empêche que si comme moi, vous n’avez qu’une connaissance très sommaire de l’auteur, vous pourrez tout de même apprécier ce récit.
Outre les références littéraires, on y voit ses relations familiales, avec sa mère ou bien se femme qui apparemment tenait surtout du faire-valoir, ses positions politiques ainsi que sa fascination pour Napoléon. Son narcissisme aigu, sa joie de vivre débordante d’exubérance (là je suis sarcastique), son voyage en Amérique…
Quand Catherine Meurisse avait sorti Mes hommes de lettres, je le conseillais vivement en terme de culture générale et comme antisèche pour le BAC, mais avec une consigne toutefois, c’était de tomber sur un correcteur qui a de l’humour. Et ben avec Chateaubriand, c’est pareil, vous allez en sortir grandi, en ayant appris plein de truc qui vous permettront de briller en société, mais qui ne vous rapportera aucun point au cours d’une partie de Trivial Pursuit.
Vide Cocagne n’est pas en reste, car il faut que vous le sachiez (et pas seulement dans la colle), ils publient également dans la collection Alimentation Générale, Talk Show de Fabcaro, l’auteur de l’ouvrage maintes et maintes fois réimprimé: ZAÏ ZAÏ ZAÏ ZAÏ aux éditions Six Pieds Sous Terre.
Vous y retrouverez l’humour de l’auteur qui tir à boulet ardent sur le monde de la TV et spécialement ces fameuses émissions où tout le monde veut passer, en tout cas tous ceux qui croient qu’ils ont quelque chose à dire et qu’en plus ça intéresse quelqu’un ce qu’ils ont à dire.
Vous l’aurez compris, Vide Cocagne, ce sont des copains, et on les aime bien, parce qu’ils sont sympas, qu’ils font un chouette boulot et qu’ils ont plein de chouettes titres au catalogue, et pour les chauvins, c’est du local !
Enfant, avez vous déjà eu peur du noir ?
La thématique de la peur du noir à déjà été traitée à plusieurs occasions, de différentes manières et pour différents âges. Que cela soit pour les plus petits avec la collection Petit Poilu et le titre La maison brouillard, de Pierre Bailly & Céline Fraipont aux éditions Dupuis.
Séverine Gauthier est à mes yeux l’une des meilleures scénaristes actuelles pour la jeunesse lorsqu’il s’agit d’aborder des thématiques particulières avec un soucis éducatif, et elle a l’art et la manière de s’allier à des illustrateurs de talent. En l’occurrence Jérémie Almanza a mis en image Aristide broie du noir aux éditions Delcourt jeunesse. Aristide est un garçon très intelligent (comme tous les enfants si on écoute leur parents respectifs, mais lui plus que d’autres) au grand dam de sa maîtresse et de sa maman. Pourquoi ? parce qu’il en est arrivé à un point où il ne sort plus le nez de ses livres et à du mal à être sociable avec ses camarades d’école, ça c’est pour la maîtresse. En ce qui concerne sa mère, c’est une autre histoire, certes c’est un garçon accaparé par ses livres, sage et tout, et tout, mais surtout Aristide à peur du noir, et ne cesse de chercher tous les subterfuges pour tromper sa mère lorsque vient l’heure du coucher afin de ne pas se retrouver dans le noir dans sa chambre et garder la lumière allumée. Il ira même jusqu’à inventer une machine à broyer du noir, histoire de faire disparaître l’objet de ses craintes, mais bien évidemment vous vous doutez que cela ne sera pas sans peine, pour lui, et pas sans surprises, pour vous !
Petit à petit, tout en restant dans le thème de la peur du noir, on affine avec l’autre sujet développé dans Le coeur de l’ombre, quand le héros va basculer dans un autre univers et/ou rencontrer des personnages qui incarnent les terreurs enfantines, le croquemitaine et autres monstres qui se cachent sous le lit ou dans les placards.
C’est un auteur complet, scénariste et dessinateur, Civiello a abordé le thème du croque mitaine par 2 fois aux éditions Delcourt Jeunesse avec, Humphrey Dumbar, le croquemitaine, et sa suite Jimmy l’apprenti croquemitaine.
Deux autres récits, Tigres & Nounours de Mike Bullock, Jack Laurence & Paul Guttierez, aux éditions Bamboo et L’étoffe des légendes de Raicht, Smith & Wilson aux éditions Soleil.
Dans L’étoffe des légendes, (petite aparté avant de commencer, le tome 1 est épuisé depuis un moment, presque aussi longtemps que l’on attend le tome 4), c’est un petit garçon qui va être kidnappé au beau milieu de la nuit par un être monstrueux sorti du placard, et ses jouets n’ont pu s’interposer. Du clown à ressort au petit soldat en plastique, en passant par l’ours en peluche… tous vont partir à la rescousse de leur protégé au péril de leur vie. Il est fort dommage que l’on ne puisse vous les présenter en magasin étant donné la rupture de titre, car l’univers graphique du dessinateur est a couper le souffle.
Venons en au fait avec Le coeur de l’ombre de Marco d’Amico, Laura Iorio & Roberto Ricci aux éditions Dargaud.
Ses parents voient d’un mauvais oeil l’influence que cette chanson peut avoir sur Luc, qui est un enfant vraiment trop impressionnable, il manque vraiment de confiance en lui et a peur de tout, du chien du voisin à ses camarades d’école, mais surtout lorsqu’il se retrouve tout seul dans le noir, le soir dans sa chambre.
C’est bien parce que ces monstres sont imaginaires, qu’habituellement il n’y a rien à craindre de ses peurs nocturnes, mais pour Luc cette fois, cela va être une autre paire de manche, car lorsque L’Uomo Nero va apparaître devant lui, en tentant de se blottir sous ses draps tout en se recroquevillant, leur tête vont s’entrechoquer.
La chose étant inconcevable, et ce même pour L’Uomo Nero, celui-ci va revenir chercher Luc et le faire basculer dans le monde des cauchemars et des terreurs nocturnes. Il n’y eut qu’un seul précédent d’interaction avec les êtres cauchemardesques, La Nullificatrice, et c’est auprès d’elle que va être conduit Luc afin de résoudre ce mystère.