Un début 2019 très artistique

L’art est mis à l’honneur et ce grâce à deux artistes de talent: Christian Lax qui sort le nouvel album de la collection issue du partenariat Futuropolis & Le musée du Louvre, Une maternité rouge. Taiyô Matsumoto quant à lui présente un titre chez Kana en lien avec l’art, éveil. Il est mis à l’honneur à l’occasion de l’exposition d’Angoulême, l’éditeur Kana publie le troisième et dernier volet de: Le rêve de mon père. Une édition à tirage unique de sa série Number 5 en deux intégrales. Pour ne pas être en reste, Delcourt vient de réimprimer Amer Béton et début février représente, dans une collection « prestige », Ping Pong. Que des bonnes nouvelles.

Les derniers récits de la collection Futuropolis et Louvre éditions m’avaient pleinement satisfait, Naoki Urasawa avec Mujirushi, Le signe des rêves et Taiyô Matsumoto et ses Chats du Louvre. Et si d’autres auteurs avant eux m’avaient séduits comme Liberge, De Crécy, M.A.Mathieu, je dois bien reconnaître que Christian Lax vient de marquer un grand coup avec Une maternité rouge.

En choisissant une histoire qui met en avant le pavillon des sessions, consacré aux arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, Christian Lax peut développer son récit sur plusieurs points. En premier lieu nous sommes témoins du « pillage » dans les années 60′ des oeuvres culturelles qui ont quitter leur terre d’Afrique pour finir dans les musées occidentaux. Nous enchaînons avec Alou, jeune Malien d’aujourd’hui, qui gagne sa vie en revendant le miel qu’il récolte de manière traditionnelle et ancestrale. Respectueux de l’enseignement de son art il vénère les gestes transmis et respecte ses dieux, mais ce n’est pas au goût des membres de l’état islamique qui fait régner la terreur et détruit toute trace culturelle qui ne correspond pas à leur vision du monde.

De cette rencontre explosive rejaillit un autre témoignage de ces ancêtres, une sculpture Dogon d’une figure de maternité, et l’un de ses aînés va lui confier la tâche de l’amener au musée du Louvre afin qu’elle retrouve une de ses soeurs qui y ait déjà exposée et qu’elle échappe ainsi au massacre culturel. Son chemin sera celui des migrants qui continuent de faire la une des journaux du mondes entiers, qui bravent mille périls avant d’échouer sur nos côtes. Nous croisons avec lui la route de ceux qui partagent ces périls, les volontaires et les associations qui leur apportent leur aide dans les camps de fortune, en l’occurrence sur les bords de seine aux abords du musée du Louvre.

Une nouvelle fois Christian Lax est en mesure de mettre en valeur une profonde humanité au coeur de son récit, son dessin nous dépayse dès les premières planches, nous partageons la quête de Alou, de la majestuosité d’un baobab au coeur du désert, auquel il rend hommage avant d’y prélever son miel, jusqu’à la terreur de la traversée à bord d’un frêle esquif perdu dans les méandres incertains de la mer Méditerranéenne, ne sachant pas qui arrivera vivant au bout du voyage.

Taiyô Matsumoto

Ce n’est pas la première fois que j’essaye du vous convaincre de l’intérêt ou ne serait-ce que la curiosité qu’il faut porter à cet auteur, mais quand l’actualité me donne une nouvelle fois l’occasion d’en faire des tonnes, il n’y a pas besoin de me pousser trop fort.

éveil, une histoire publiée dans un format équivalent à nos format franco-belge classiques (24*32 cm environ) couverture cartonnée, mais qui se lit dans le sens de lecture original de l’oeuvre. C’est une histoire complète qui va se dérouler au sein d’une tribu, constituée notamment de sculpteurs et de danseurs.

Les danseurs sont en charge de communiquer avec les divinités, mais celles-ci ne répondent à leur appel que si les danseurs portent des masques cérémoniels qu’elles reconnaissent dignes d’elles. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, la cérémonie ne fait pas écho aux oreilles des divinités.

C’est Tsubaki qui a été désigné pour réaliser les masques des danseurs, le sculpteur désigne son successeur, et c’est son plus jeune fils qui a hérité de sa charge, mais cela irrite les danseurs, à leurs yeux seul Yuri, le fils aîné, a les faveurs des dieux, arrive à les percevoir et à les sensibiliser au travers de ses créations misent en scène dans les danses. Seulement Yuri est hyper sensible, il appréhende le monde extérieur et n’ose s’aventurer en-dehors de sa maison ou de son atelier, ce qui ne l’aide pas non plus à s’intégrer au sein du groupe.

éveil est un récit initiatique, onirique et plein d’autres choses en « ique » genre magnifique, merveille artistique ou Mr Boombastic… 

L’autre perle est le dernier tome de sa trilogie, Le rêve de mon père, toujours chez Kana.

Nous sommes au début des années 90′ Shigeo vit seul avec sa mère, nous sommes à l’approche des grandes vacances et parce qu’elle a besoin de temps pour elle, Shigeo va devoir aller vivre quelques temps avec son père Hanao.

Hanao a passé la trentaine mais reste ancré dans son rêve d’intégrer la fameuse équipe des Giants, la meilleure équipe du circuit de Base Ball au Japon et ce malgré son âge avancé pour une carrière professionnelle. En attendant il fait parti de l’équipe du quartier, entraîne les enfants et les adultes au moyen de ses idées les plus farfelues, mais il n’empêche que malgré tout, ses talents sont indéniables et Shigeo ne peut que constater l’aura dont bénéficie son père. 

Shigeo fait tout autant montre d’intelligence et de précocité que son père Hanao semble être bête, pour ma part je préférerais dire qu’il est naïf face à la vie et agit dans la spontanéité de ses envies. Leur relation va être des plus tumultueuse, Shigeo se sentant l’obligation d’endosser la responsabilité de faire tourner la baraque comme il se doit.

Ce qui est touchant dans cette histoire, c’est entre autre chose, comment la perception de Shigeo évolue et ce dès le premier tome, le regard sur son père change malgré lui, il aimerait pouvoir garder son oeil critique et réprobateur vis à vis de son père, mais l’amour filial resurgit malgré tout. Après Sunny, Taiyô Matsumoto nous enchante une nouvelle fois sur la vie perçue par le regard d’enfants.

Et comme je le disais vous pouvez bénéficier des nombreuses rééditions ou remises en avant de ses différentes histoires.

 

 

 

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