En route pour de grandes aventures.

Nous avons encore plein de belles choses à nous mettre sous la dent avant de les ranger sur nos étagères, bien écrites, bien dessinées, mais dans ma sélection du jour, vous trouverez pour une partie de ces titres, une thématique commune.

Avant tout, je vais commencer par 2 titres qui sont méchamment bons: Le coeur des amazones, de Christian Rossi et Géraldine Bindi, aux éditions Casterman, ainsi que Gagner la guerre, livre 1 Ciudalia, de Frédéric Genêt d’après l’oeuvre de Jean-Philippe Jaworski, Le Lombard.

Christian Rossi est un auteur dont j’apprécie énormément le travail, nous avions mis en avant précédemment Deadline aux éditions Glénat, un western en one-shot, les lecteurs le connaissent peut-être un peu mieux grâce à West, chez Dargaud, un western également ou quasi assimilé puisque nous sommes au début du XXème siècle, une série en 6 tomes comprenant 3 récits en diptyques qui allient Histoire et ésotérisme, avec au scénario un certain Fabien Nury (Il était une fois en France, La mort de Staline, L’or et le sang, Katanga, Silas Corey…) mais pour ma part je crois que je l’ai découvert pour la première fois grâce à La gloire d’Héra et Tirésias que vous pouvez lire actuellement dans une version regroupant les 2 récits aux éditions Dargaud. Ces deux titres abordaient déjà la thématique de la mythologie, avec Le coeur des amazones nous revenons au temps de la guerre de Troie.

L’histoire prend place au moment où Achille a décidé de rompre le combat, il refuse de servir le roi Agamemnon qui vient de mettre la main sur la prisonnière qu’Achille venait de faire. Ce désistement a pour conséquence entre-autre de faire perdurer la guerre. Le public ignore parfois que ce conflit a duré plus de 10 ans, mais garde en mémoire que c’est l’histoire de la belle Hélène, qui s’en ai pris plein la poire et s’est vue attribuer tout un tas de noms d’oiseaux. Mais ce sont d’autres femmes qui nous intéressent: les Amazones.

Elles sont à proximité du conflit qui oppose les grecs et les troyens, et approche la cérémonie de la fête des fleurs des amours, elles doivent mettre la main sur des mâles reproducteurs afin d’agrandir leur tribu et préparer une nouvelle génération de guerrières. Elles lancent des raids éclairs sur le champ de bataille, s’en prenant à un camp ou à l’autre sans aucune distinction. Leur jeune reine, Penthésilée, a cependant un problème de taille, elle ne peut s’accoupler qu’avec un homme de sang royal, et c’est l’annonce de la présence du demi-dieu Achille qui va l’inciter à tout mettre en oeuvre pour se saisir de celui-ci.

En dehors du fait que l’histoire est à tomber, le dessin de Christian Rossi la met en valeur d’une façon encore plus éclatante, au fur et à mesure de ses albums il estompe ses traits préparatoires, et cette fois il se permet des zones blanches dans ses planches, leur donnant une luminosité captivante. Avec un tel album vous êtes partis pour une immersion dans la Grèce antique.

Gagner la guerre, livre 1 Ciudalia, de Frédéric Genêt d’après l’oeuvre de Jean-Philippe Jaworski, Le Lombard. Ce mois-ci, la version noir & blanc paraît en librairie, pour la version couleur vous devrez patienter un petit mois.

Tout comme Javier Negrete, J.R.R. Tolkien, Franck Herbert, ou encore feu Terry Pratchett et quelques grands autres auteurs, Jean-Philippe Jaworski a développé un univers de grande ampleur: géographiquement, peuplades, religions, politique, guildes… ; vous pouvez découvrir ses romans aux éditions Gallimard (folio en format « poche ») et aux Moutons électriques.

Avec ce premier album, Ciudalia, vous avez le récit complet d’une de ses nouvelles, Mauvaise donne, que vous pouvez retrouver dans le recueil Janua Vera, qui est une bonne opportunité pour découvrir cet univers, car il regroupe différents récits qui vous permet de comprendre la grande variété de personnalités, de contextes ainsi que les bases sur lesquelles tout est construit.

L’histoire se déroule à Ciudalia, capitale de la république du même nom, dirigée par la tripartie: Ploutocrate, Belliciste et Souverainiste. Notre personnage principal se nomme Don Benvenuto Gesufal, personnage peu recommandable de prime abord, il l’est encore moins lorsque l’on sait qu’il est membre de la guilde des Chuchoteurs, une société secrète d’assassins crainte et respectée par les différents pouvoirs en place. Il se voit convoqué par l’un de ses supérieurs, Don Mascarina (que l’on interpelle souvent en chantonnant de la façon suivante: Hey Mascarina) afin de se voir attribué un contrat. A partir du moment où vous êtes le commanditaire, vous pouvez exiger une façon bien précise de procéder, et si Don Benvenuto est un arbalétrier hors pair, ce contrat devra être exécuté à l’arme blanche et au corps à corps. Bien évidemment rien ne va se dérouler comme prévu et l’intrigue ne fera que s’épaissir au grand dam de Don Benvenuto. Après l’adaptation de La horde du Contrevent, voici une très belle opportunité de s’immerger dans un autre univers tout aussi haletant et mis en images avec maestria.

C’est à l’occasion de la sortie d’un album que Le chevelu et moi-même avons beaucoup aimé que j’aimerai aborder une thématique actuellement récurrente dans différentes histoires, les mondes parallèles.

L’album en question est le suivant: Ceux qui restent, de Josep Busquet & Alex Xöul, aux éditions Delcourt

Il existe depuis longtemps, sous la forme de romans, de bandes dessinées, de films des récits où un ou plusieurs personnages basculent de notre monde dans un monde fantastique parallèle au notre, et c’est ce qui arrive à ce jeune garçon, Ben, qui dormait bien sagement dans sa chambre jusqu’à ce qu’une créature, un Wumple, vienne le solliciter car seul lui est en mesure de sauver le royaume d’Auxfanthas.

A ce stade de l’histoire habituellement, le lecteur part à l’aventure avec le héros, découvre ce monde merveilleux, suit les péripéties du garçon, et après d’innombrables rebondissements le verra bien souvent rentrer chez-lui, grandit de cette expérience enrichissante. Cependant dans notre cas de figure, ce sont les parents dont allons partager l’inquiétude de la disparition de leur enfant.

Comment réagir dans pareille situation, quelles sont les questions qui peuvent nous tarauder, comment procéder. tout le monde sait que les mondes fantastiques, cela n’existe que dans les contes. Si au beau milieu de la nuit votre enfant venait à ne plus se trouver dans sa chambre, soit il a fugué, soit une personne mal intentionnée s’est introduite dans votre demeure et l’a kidnappé. Entre l’empathie de vos proches et du public pour le drame qui vous touche, et la suspicion que les enquêteurs peuvent avoir sur votre responsabilité, voilà une façon originale et novatrice d’aborder ce thème. Je ne vous en dit pas plus afin de conserver tout le charme de cet album.

Et donc, actuellement, vous pouvez découvrir Birthright, de Joshua Williamson, Andrei Bressan & Adriano Lucas, également chez Delcourt, en Comic. Une série en cours où dans ce cas de figure, nous suivons les événements des deux côtés du miroir, l’histoire familiale dans notre monde et la partie fantastique, les deux se télescopant allègrement, et là encore de manière particulièrement judicieuse.

De façon plus classique, en manga, vous avez: Moi, quand je me réincarne en slime, de Fuse, Taiki Kawakami & Mitz Vah, aux éditions Kurokawa; ainsi que Mushoku Tensei, nouvelle vie, nouvelle chance, de Fujikawa Yuka, Rifujin na Magonote & Shirotaka, chez Doki Doki.

Pour ces deux histoires, les personnages principaux meurent de notre côté, pour se voir l’opportunité d’un nouveau départ dans un autre univers mais avec leur souvenir de leur ancienne vie. Nous nous retrouvons dans des univers d’Heroic Fantasy classiques, avec une multitude de créatures fantastiques. L’originalité  de Moi, quand je me réincarne en Slime, est que l’intervention et l’imagination du personnage interfère sur l’univers et les créatures qu’il va croiser, modifiant leur apparence ou leur spécificité. Et puis il est vrai que de base, on ne se sentirait pas spécialement à son avantage en se redécouvrant sous la forme physique d’une grosse boule de matière visqueuse, et pourtant…

Et pour finir… roulement de tambour…

Final fantasy, Lost Stranger, de Hasuki Minase & Itsuki Kameya, aux éditions Mana Books, d’après l’univers mondialement connu des studios Square Enix. Final Fantasy est l’une des licences de jeux vidéos qui a le plus révolutionné le genre, et chaque sortie d’un nouvel opus est un événement. Il y a déjà eu précédemment d’autres mangas ou romans, en plus des films d’animations ou de la série animée, mais Final Fantasy, Lost Stranger est la première formule papier que je trouve vraiment à la hauteur. Cela fait près de 30 ans que je reste un fan invétéré de cette licence, et quasiment aucun autre jeu vidéo ne m’a apporté satisfaction comme ceux-là, et il y a 21 ans déjà, Final Fantasy VII marqua d’une pierre blanche l’histoire du jeu vidéo. Alors lorsqu’une histoire propose de suivre des joueurs (et employés de Square Enix) propulsés au sein de cet univers, cela titille ma curiosité et mon envie. Et le résultat est à la hauteur de mes espérances. 

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