Des BD très animées.

Chers amis lecteurs, n’allez surtout pas imaginez que l’on vous délaisse ou bien que l’on se repose sur nos lauriers, mais il faut bien reconnaître que cela fait déjà un moment que l’on a pas partagé nos coups de coeur sur notre site. Il ne tient qu’à nous de nous rattraper et de vous dévoiler ce que vous auriez pu rater. 

Pour commencer, Grégory Panaccione, le co-auteur de l’énorme carton Un océan d’amour (avec W. Lupano), mais aussi de Chronosquad, Match, Toby mon ami, Âme perdue et Qui ne dit mot (avec l’humoriste S. de Groodt), il est de retour juste avant l’été avec: Mini & Super VIP – Le mystère du Va-et-Vient, de Bozzetto & Panaccione, dans la collection Métamorphose aux éditions Soleil.

Dans quel contexte se situe l’histoire ? Le réchauffement climatique se porte à merveille, rassurez-vous ! Le moteur à explosion ne s’est pas vu supplanter par le petit nouveau électrique et les pots d’échappement pétaradent à tout-va, libérant leur gaz et donnant une belle couleur grise à toute la planète ainsi qu’aux poumons. Vous vous doutez bien que toute cette grisaille donne du baume au coeur et favorise la moindre dépression.

Il n’empêche que pour remonter le moral, on peut compter sur des personnages emblématiques, des modèles pour chacun d’entre nous de courage et d’abnégation LES VIP, Mini & Super. Depuis l’aube des temps, leurs gènes se sont transmis de générations en générations afin qu’ils puissent aider l’humanité de par leur pouvoir hors du commun.

Et si aujourd’hui Super VIP est le parfait exemple d’une force Herculéenne, d’une résistance à toute épreuve, d’une capacité à défier les lois de la gravité etc, etc… Mini VIP quant à lui est le plus parfait représentant de la faiblesse incarnée. Oh en tant que super héros, il peut tout de même sous le coup d’une énorme, que dis-je, d’une COLOSSALE concentration lévité à quelques centimètres du sol sur… ben… quelques centimètres de longueur. Mais qu’à ne cela ne tienne, il ne perd pas courage et tente à tout pris d’inventer la machine de ses rêves qui lui permettra d’égaler les pouvoirs de son frère.

Comme je vous le disais, le moral est au beau fixe, alors que Mini VIP essaye de ne plus être un looser, le seul super héros sur lequel tous nos espoirs reposent, Super VIP, lui est en pleine déprime, sa petite amie la quitté, et depuis il est incapable de mener la moindre mission à bon terme. C’est dans cet état de fait que Mini VIP va trouver une espèce de lampe torche, Le va-et-vient, qui ne marche pas, bien évidemment, du moins pas comme il s’y attendrait, et qui est liée au plus grand de tous les périls qui menace notre planète: une créature extraterrestre prépare de longue date une invasion de notre monde pour y élever ses rejetons. Si on ajoute à ça, le tournage du dernier King Kong, pardon du dernier Sing Song, un gorille dépressif et amateur de poésie, voici un album qui vous invite à un désopilant récit burlesque, le dessin de Panaccione se prêtant toujours aussi bien à une ambiance cartoonesque.

Le carton plein du succès pré-estival n’est autre que: Il faut flinguer Ramirez – Acte 1, de Nicolas Petrimaux aux éditions Glénat. A peine sorti qu’il a déjà été réédité, il a été mis en avant par un grand nombre de libraires et d’articles l’encensant et pour cause: il est d’une efficacité redoutable.

Lorsque nous l’avons reçu au milieu des nouveautés au fond du carton, il nous tout de suite fait de l’oeil avec sa couverture d’un orange bien chaud correspondant tout à fait à l’idée que l’on se fait de l’atmosphère Texane, la chaleur, la luminosité, la moiteur ainsi que les esprits rapidement mis à vif.

Ramirez: dans un dictionnaire c’est sa tête qui illustrerait la définition de l’employé modèle, plein d’abnégation, ne rechignant devant rien pour un travail parfait et le succès de son entreprise, mais toujours dans un cadre légal. Grâce à lui, son patron est Le n° 1 de l’aspirateur dans le monde, et en avance toujours sur ses concurrents.

Ramirez est capable de prouesses pour tenir les délais, exiger le meilleur de la machine, et ce malgré un petit chef juste au-dessus de lui qui lui en fait voir des vertes et des pas mûres. Il a une autre particularité: il est muet; donc en règle générale, il n’est pas une source de nuisance sonore pour ses collègues, d’autant plus qu’il est doté d’une réserve et d’une discrétion à toute épreuve.

Seulement pour faire de l’histoire de Ramirez un bon polar, il faut rajouter un ou deux ingrédients supplémentaires et si possible, bien pimentés, du genre, un duo de braqueuses qui vient de débarquer en ville, mais surtout la mafia mexicaine qui semble-t’il porte un intérêt tout particulier à notre représentant en aspirateurs, au point de vouloir le voir assez rapidement, et si possible d’une manière brutale et exemplaire.

Comme dans un film de Tarrantino ou de Guy Ritchie, de Jim Jarmusch avec Ghost Dog, le casting est à tomber, chaque personnage dont vous croiserez la route apporte sa touche à l’histoire, l’auteur agrémente en plus des pages de publicités supplémentaires qui enrichissent encore plus l’histoire et permet de s’immerger un peu plus dans l’ambiance, une perle je vous dis. Vous pouvez même vous faire un petit kif supplémentaire en allant voir les trailers qui existent sur le web. Vous voulez du rab ? Lorsque l’on sort son nez du bouquin, l’écriture est si superbement bien menée, que vous allez avoir plein d’idées pour la suite de l’histoire, Nicolas Petrimaux s’offre le luxe d’avoir écrit un récit dense, immersif et qui risque de receler un paquet de surprises au lecteur pour la seconde partie, des Bandes dessinées de cette qualité, cela devient rare, si! si!

Mon petit dernier, dans la lignée directe de Cowboy Bebop et de Samouraï Chamùploo: Renjoh Desperado de Ahndongshik aux éditions Kurokawa.

Un savant mélange de Western et de culture nippone, on y retrouve entre autre quelques créatures du patrimoine fantastique, dans la première histoire du deuxième volume qui vient de sortir, l’histoire se base sur un classique de la littérature fantastique avec des Tanuki qui prennent l’apparence d’humains et tendent un piège aux voyageurs esseulés en leur faisant croire qu’ils arrivent dans une auberge alors que c’est une maison abandonnée.

On s’y bat aussi bien à coup de sabre qu’à coup de Winchester, et notre héroïne, Monko, a, tout comme Guts dans Berserk, un canon à la place du bras gauche. Le design des personnage va chercher dans tous les genres, donc on ne s’étonne pas d’avoir des samouraïs avec une coupe « afro ».

Monko est un loup solitaire, on découvrira au fur et à mesure de l’histoire dans quelles conditions elle a perdu son bras. pour le moment vous n’avez juste à savoir qu’elle est à la recherche de l’amour de sa vie, et les beaux ténébreux vont se succéder sur sa route, pour leur plus grand malheur car cette femme fatale, l’est surtout pour la scoumoune qu’elle se trimbale et qui bénéficie toujours à autrui.

Nous plongeons dans tous les stéréotypes du genre: fille à gros seins, un peu niaise sur les bords, les méchants dans l’histoire sont tout aussi crétins et cela se lit sur leur visage, leur faciès et leur bande rappelle Ken le survivant ou encore Nicky Larson.

Voilà les 3 petites perles qui m’ont agréablement séduites et que je trouve tellement dynamiques et fluides que j’aimerais bien avoir l’opportunité de voir en version animées, d’où le titre. Très bel été à vous.

 

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